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Centre historique de Santa Cruz de Mompox

Historic Centre of Santa Cruz de Mompox

Founded in 1540 on the banks of the River Magdalena, Mompox played a key role in the Spanish colonization of northern South America. From the 16th to the 19th century the city developed parallel to the river, with the main street acting as a dyke. The historic centre has preserved the harmony and unity of the urban landscape. Most of the buildings are still used for their original purposes, providing an exceptional picture of what a Spanish colonial city was like.

Centre historique de Santa Cruz de Mompox

Fondée en 1540 sur les rives de la Magdalena, Mompox joua un rôle clé dans l'emprise espagnole sur le nord de l'Amérique du Sud. Du XVIe au XIXe siècle, la ville se développa parallèlement au fleuve, la première rue servant de digue. Le centre historique a préservé l'harmonie et l'intégrité de son paysage urbain. La majorité des bâtiments conservent aujourd'hui leur fonction d'origine, offrant ainsi l'image exceptionnelle de ce que fut une ville coloniale espagnole.

وسط سانتا كروز التاريخي في موبوكس

تأسست مدينة موبوكس عام 1540 على ضفاف نهر ماجدلينا وقد أدّت دوراً محورياً في سيطرة اسبانيا على شمال أمريكا الجنوبيّة. منذ القرن السادس وحتّى التاسع، نمت المدينة بمحاذاة النهر واستحال الشارع الأوّل سدّاً. حافظ الوسط التاريخي على انسجام منظره الحضري وتكامله. وتحافظ اليوم غالبيّة المباني على وظيفتها الأساسيّة فتُشكّل الصورة الاستثنائيّة على ما كان ماضياً مدينة مستعمرة اسبانيّة.

source: UNESCO/ERI

蒙波斯的圣克鲁斯历史中心

蒙波斯(Mompox)于1540年建立于马格达莱纳河(the River Magdalena)河畔,在西班牙殖民统治南美洲北部时发挥了重要作用。从16至19世纪,这个城市沿着河流两岸逐渐发展扩大,主要街道都担当着河堤的作用。历史中心保持了城市景观的和谐与统一。现在大部分建筑物,仍保留原来的使用目的,真实地反映了西班牙统治时期的殖民地城市画面。

source: UNESCO/ERI

Исторический центр города Санта-Крус-де-Момпокс

Момпокс, основанный в 1540 г. на берегах реки Магдалена, играл важную роль в испанской колонизации севера Южной Америки. С XVI по XIX вв. город развивался вдоль реки, его главная улица играла роль дамбы. Исторический центр сохранил гармонию и единство городского ландшафта. Большинство зданий все еще используется по своему первоначальному назначению, давая яркое представление о том, как выглядел испанский колониальный город.v

source: UNESCO/ERI

Centro histórico de Santa Cruz de Mompox

Fundada en 1540, a orillas del rí­o Magdalena, Mompox desempeñó un importante papel en el establecimiento de la dominación española en el norte de Sudamérica. Desde el siglo XVI hasta el XIX, la ciudad fue creciendo paralelamente al rí­o y su calle principal serví­a de dique de contención del rí­o. En su centro histórico se ha preservado la armoní­a e integridad del paisaje urbano. La mayorí­a de los edificios siguen cumpliendo todaví­a su función primigenia, ofreciendo así­ una imagen excepcional de lo que fue una ciudad colonial española.

source: UNESCO/ERI

サンタ・クルーズ・デ・モンポスの歴史地区
コロンビア北部の都市。南アメリカ北部の重要な拠点として、スペイン人が1540年に建設。16~18世紀にはマグダレナ川の両岸に発展した。歴史地には建設当時の都市景観の調和や統一感を保ち、スペイン植民地時代の姿を今に伝えている。

source: NFUAJ

Historisch centrum van Santa Cruz de Mompox

De stad Mompox werd in 1540 gesticht aan de oevers van de rivier de Magdalena. De oude stad heeft een belangrijke rol gespeeld in de Spaanse kolonisatie van het noorden van Zuid-Amerika. Van de 16e tot de 19e eeuw ontwikkelde de stad zich parallel aan de rivier, waarbij de hoofdstraat fungeerde als een dijk. Het historisch centrum heeft de harmonie en eenheid van het stedelijk landschap behouden. De stadsgebouwen schetsen een goed beeld van hoe een Spaanse koloniale stad er uitzag en de meeste gebouwen worden nog steeds gebruikt voor hun oorspronkelijke doeleinden.

Source : unesco.nl

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Centre historique de Santa Cruz de Mompox © OUR PLACE
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Santa Cruz de Mompox, située à l’intérieur des terres tropicales marécageuses du nord du département de Bolívar, a été fondée vers 1539 au bord du fleuve Magdalena, principal cours d’eau du pays. Mompox a eu une grande importance logistique et commerciale due à l’importance des échanges fluviaux entre le port de Carthagène et les territoires de l'intérieur. La ville a donc joué un rôle clé dans la colonisation espagnole du nord de l’Amérique du Sud. Son histoire forme une partie intégrante du processus de pénétration et de domination coloniales de la conquête espagnole et du développement des communications et du commerce observé du XVIIe au début du XIXe siècle. La ville s’est développée parallèlement au fleuve dont sa rue principale sinueuse suivait le cours en longeant les rives. Des digues (albarradas) ont été construites pour protéger la ville en période de crue. Au lieu d’une place centrale typique de la plupart des villes fondées par les Espagnols, Mompox comporte trois places en enfilade le long du fleuve, avec chacune son église, correspondant respectivement à trois anciens villages indiens. La plupart des bâtiments du centre historique de 458 ha sont dans un état de conservation remarquable et conservent aujourd’hui leur fonction d’origine, offrant ainsi l’image exceptionnelle de ce que fut une ville coloniale espagnole bordée par un fleuve.

L’identité du centre historique de Santa Cruz de Mompox en tant que port fluvial colonial définit le caractère unique et singulier de son architecture monumentale et domestique. À partir du XVIIe siècle, on construisit sur la Calle de la Albarada des maisons avec des petites boutiques au rez-de-chaussée. Ces maisons-magasins se présentent en séries de trois à dix unités. Elles constituent un élément fort du paysage urbain dans la mesure où leur entrée, ouverte sur le devant, partage un seul et même toit. Les maisons privées construites entre le XVIIe siècle et le début du XIXe siècle sont groupées autour d'un espace ouvert central ou latéral qui crée des liens entre les différentes unités en fonction du climat et des coutumes locales. Le plus ancien type de maison des marchands ou des officiers de la Cour présente un patio central, et souvent un patio secondaire à l'arrière de l'édifice, qui regroupe des espaces de service. La plupart des maisons conservent des éléments d'architecture importants – portails et intérieurs décorés, balcons et galeries. Les circonstances spéciales du développement de la ville le long du fleuve lui ont donné une qualité rarement égalée dans cette région. Son déclin économique au XIXe siècle a conféré une nouvelle dimension à son caractère, en le préservant, ce qui en fait l’exemple restant le plus remarquable de ce genre d’établissement urbain le long d’un fleuve.

Critère (iv) : Le Centre historique de Santa Cruz de Mompox fait partie intégrante du processus de pénétration et de domination coloniale à l'époque de la conquête espagnole, et du développement des communications et du commerce depuis le XVIIe siècle jusqu’au début du XIXe siècle.

Critère (v) : Les circonstances spéciales du développement de la ville, qui s’est étendue librement et longitudinalement le long d’une route sinueuse à peu près parallèle au fleuve, lui ont donné une qualité rarement égalée dans cette région du nord de l’Amérique du Sud. Son déclin économique ultérieur et le remarquable état de préservation qui en a résulté ont conféré une nouvelle dimension à son caractère, ce qui en fait l’exemple restant le plus remarquable de ce genre d’établissement urbain le long d’un fleuve.

Intégrité

Les limites du Centre historique de Santa Cruz de Mompoxsont clairement définieset incluent dans leur périmètre tous les éléments nécessaires à l’expression de sa valeur universelle exceptionnelle. Le bien est d’une taille suffisante pour assurer de façon appropriée la représentation complète des caractéristiques et processus qui témoignent de son importance, et il ne subit pas d’effets négatifs du développement et/ou de la négligence.

Authenticité

Comme Santa Cruz de Mompox a perdu beaucoup de son importance économique au XIXe siècle, son centre historique n’a pas été soumis aux contraintes du réaménagement, contrairement à d’autres villes de ce type dans le nord de l’Amérique du Sud. Son réseau de rues et une grande partie des plus anciens bâtiments sont restés intacts. Son niveau d’authenticité est élevé en termes de cadre, de matériaux et de techniques de construction. La plupart des bâtiments conservent aujourd’hui leur fonction d’origine. Le centre historique a donc maintenu ses fonctions résidentielles initiales. Il est généralement en bon état de préservation ; les propriétaires privés sont extrêmement fiers de leurs biens fonciers qu’ils maintiennent en bon état sans financement du gouvernement.

Le Centre historique de Santa Cruz de Mompoxest inondable. Le mur doté de digues qui protège La Albarrada et le centre historique fuit et se détériore, ce qui risque de poser des problèmes en matière de réseaux de distribution et de structure dans la maçonnerie, et de dégrader les murs à cause de l’humidité.

Eléments requis en matière de protection et de gestion

La propriété du Centre historique de Santa Cruz de Mompox est partagée entre des personnes privées, des institutions, l’Église catholique romaine (le diocèse de Magangué) et les autorités gouvernementales locales. Chose inhabituelle en Colombie, il existe à Mompox une tradition de maintien des maisons privées au sein d’une même famille. Le centre historique a été déclaré Monument national en vertu de la loi n° 163 de 1959, qui précise les principes de base de gestion et de protection du patrimoine culturel. Il est régi par un code municipal de la construction depuis 1970, qui contrôle strictement tous les travaux dans le centre historique. Il existe des dispositions juridiques visant à maintenir et protéger le patrimoine urbain et architectural tout en s’adaptant à l’évolution des conditions et des besoins du développement. La réglementation urbaine en vigueur pour le centre historique – qui délègue la responsabilité de certains aspects de la protection de ce bien historique aux autorités locales et régionales – a été approuvée par le Conseil des monuments nationaux en mars 1994.

L’Institut colombien de la Culture (COLCULTURA), organe du ministère de l’Éducation, est l’agence nationale responsable de la préservation du Centre historique de Santa Cruz de Mompox ; il est conseillé par le Conseil des monuments nationaux. Le Bureau du patrimoine culturel de COLCULTURA entreprend les projets de préservation par l’intermédiaire de la Division des centres historiques et du patrimoine architectural, et du secrétariat technique du Conseil des monuments nationaux. Il n’existe pas de plan de gestion pour le centre historique lui-même. Néanmoins, le très strict code de la construction de 1994, la réglementation urbaine, la loi nationale régissant tous les sites présentant un intérêt culturel, ainsi que le rôle de surveillance et le soutien technique du gouvernement national, exercent une gestion efficace de la zone. Il existe un contrôle des interventions réalisés par les propriétaires privés et des fonctions particulières sont assignées aux différentes entités participant à la protection. Ce code sert de modèle à toutes les villes historiques et centres-villes de Colombie. Il existe une zone tampon effective de 183 ha, comme l’exige le règlement d’urbanisme.

Le maintien de la valeur universelle exceptionnelle du bien au fil du temps va exiger de se préparer le fort risque d’inondation et de le limiter ; de prendre des mesures pour améliorer les conditions sociales et économiques de la communauté afin de résoudre les problèmes liés à la stagnation économique. Parmi d’autres importants problèmes de gestion soulevés lors de l’inscription : la restauration du caractère historique d’une importante partie de la ville entre les places de la Concepción et San Francisco et le long des rives du fleuve ; le maintien des efforts pour nettoyer les rives du fleuve ; et la mise en place d’un plan de tourisme respectueux de la qualité de l’expérience des visiteurs et favorisant l’établissement de mécanismes de partage des avantages pour stimuler et renforcer le soutien à la conservation du bien. Parmi les priorités pour y parvenir, il faudra parvenir à une planification et à une action concertées entre les autorités nationales, régionales et locales, et les communautés locales. La durabilité à long terme du bien bénéficierait également de la poursuite de l’établissement d’un plan intégré incluant toutes ces actions et de la mise à disposition d’un soutien institutionnel et financier adapté et durable.

Description longue

Le centre historique de Santa Cruz de Mompox est un remarquable exemple d'établissement colonial espagnol, construit sur les rives d'un cours d'eau important, et qui remplit une fonction stratégique et commerciale essentielle, remarquablement préservée jusqu'à nos jours.

Mompox a été fondée en 1540 par Juan de Santa Cruz, gouverneur de Carthagène, qui laissa son nom au site. Son histoire fait partie intégrante du processus de pénétration et de domination coloniales à l'époque de la conquête espagnole, et du développement des communications et du commerce du XVIIe  siècle au début du XIXe  siècle. La ville se trouve à l'intérieur des terres, sur l'une des voies d'eau majeures du pays, la Magoaren, près de son confluent avec la Cauca, l'autre voie de communication importante de cette région.

La ville s'est développée le long de la rivière, sur les rives de laquelle on construisit des murs pour la protéger des crues. Au lieu d'une place centrale comme siège du gouvernement, elle possédait trois plazas alignées, chacune dotée de sa propre église et correspondant à un établissement indien antérieur. Mompox avait une grande importance logistique et commerciale : le trafic entre le port de Carthagène et l'intérieur transitait par les rivières, et les routes terrestres convergeaient aussi vers la ville.

La croissance de Mompox a été favorisée par l'apparition d'une classe sociale dirigeante formée de colons, souvent directement placés au service des régimes coloniaux, auxquels était garanti le privilège de posséder la terre et d'utiliser comme esclaves pour les travailler les Indiens, qui avaient été privés de leurs terres et cantonnés dans de petites réserves. Les clercs et les membres des ordres religieux formaient l'autre partie de la classe dirigeante de la ville ; les églises et les couvents des augustins, des dominicains, des franciscains, puis des jésuites, lui conférèrent plus tard sa physionomie monumentale.

La lenteur du développement de Mompox au cours de la période coloniale se reflète dans son urbanisation : au cours du XVIIe  siècle, l'agglomération étroite et linéaire se transforma en un réseau bidimensionnel de rues reliées par des venelles, avec des façades de différents types. Ces rues déterminèrent l'évolution de la ville. Les plaines alluviales situées immédiatement derrière la Albarada furent gagnées par le développement ultérieur de la ville.

Avec les premières guerres d'indépendance et les guerres civiles qui les suivirent commença le déclin de Mompox, aggravé par le changement progressif du cours de la Magdalena qui porta à l'abandon sa rive, et priva le site de sa fonction de port de rivière. Il en résulta une stagnation économique qui dura jusqu'à la dernière décennie du XXe  siècle.

Le plan de Mompox procède de la relation de la ville avec sa rivière. Chaque place a ses propres églises qui ont servi de forts au cours des premières années de l'occupation du site. La plus intéressante est probablement l'église Santa Barbara qui remonte à la fin du XVIe  siècle et présente, outre une architecture délicate et un intérieur spacieux, une tour qui est le point de repère architectural majeur de la ville. À partir du XVIIe  siècle, on construisit sur la Calle de la Albarada des maisons dont les rez-de-chaussée présentent de petites boutiques. Les espaces ouverts sur leur façade sont couverts par un toit commun typique du paysage urbain ; beaucoup d'entre elles sont aujourd'hui devenues des habitations.

Les maisons privées construites entre le XVIIe  siècle et le début du XIXe  siècle sont groupées autour d'un espace ouvert central ou latéral qui crée des liens entre les différentes unités en fonction du climat et des coutumes locales. Le plus ancien type de maison des marchands ou des officiers de la Cour présente un patio central, et souvent un patio secondaire à l'arrière de l'édifice, qui regroupe des espaces de service. Les maisons conçues autour d'un patio latéral sont plus récentes, et généralement implantées dans un lot d'habitation plus petit, ou après la subdivision d'un édifice à patio central. La séparation d'une grande maison à patio central représente un sous-groupe distinct : les longs édifices isolés, divisés en petites habitations, remontent à la période la plus ancienne, et conservent des éléments d'architecture importants - portails et intérieurs décorés, balcons et galeries.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique

Mompox a été fondée en 1540, soit seulement sept ans après Carthagène et deux ans après Santa Fé de Bogota, capitale du nouveau royaume de Grenade, par Juan de Santa Cruz, gouverneur de Carthagène, Qui a donné son nom au site. Son histoire forme une partie intégrante du processus de pénétration et de domination coloniale enregistré pendant la conquête espagnole et aussi du processus de développement des communicatrons et du commerce observé du 17ème au début du 19ème siècles. Mompox est une ville installée sur les rives de la Magdalena, principal cours d'eau du pays et accès aux hautes terres de l'intérieur, à proximité de son confluent avec la rivière Cauco, autre importante voie de communication fluviale. La ville a été à l'origine implantée dans une zone légèrement en altitude (33 mètres au-dessus du niveau de la mer), plate, marécageuse et inondable.

La ville se développa le long des rives et des murs furent construits pour la protéger en période de crue. Au lieu d'une seule place sur laquelle auraient été construits les bâtiments du gouvernement, la ville fut dotée de trois places en enfilade, avec chacune son église, correspondant à trois anciens villages indiens. Mompox a eu une grande importance logistique et commerciale : les échanges fluviaux entre le port de Carthagène et les territoires de l'intérieur ainsi que les voies terrestres y convergeaient tous.

La croissance de Mompox a été favorisée par l'émergence d'une classe dirigeante de colons, souvent employée par le régime colonial et qui avaient le privilège de pouvoir posséder de la terre que les Indiens travaillaient pour eux comme de véritables esclaves (système de l'encomienda). Les Indiens furent privés de leurs terres et regroupés dans de petites réserves. Néanmoins, cette situation à laquelle venait s'ajouter la rudesse du climat et de la topographie rendaient difficiles les cultures et l'élevage, ce qui ne permit pas la constitution d'une solide base socio-économique dans la ville dont le développement s'avéra lent. En outre, une population hétéroclite vivant de la contrebande s'installa en ville. La croissance, telle qu'elle fut pendant la période coloniale résultait au nombre relativement restreint de très riches bourgeois dont la fortune était basée sur le commerce et les cultures. Un certain nombre d'entre eux vinrent de Carthagène, amenant avec eux des artisans qui leur permettaient d'assouvir leur besoin de luxe. Les membres du clergé et des communautés religieuses formaient un autre élément de la classe dirigeante de la ville. Les églises et couvents des augustins, des dominicains, des franciscains et plus tara, des jésuites imposèrent leur marque à l'aspect monumental de Mompox.

Le lent développement de Mompox pendant la période coloniale est reflété par sa configuration urbaine. Dans le courant au 17ème siècle, elle se transforma d'un petit village linéaire à une disposition plus bi-dimensionnelle de rues, de ruelles et de façades variées. Ce sont les rues qui ont déterminé l'évolution du tissu urbain avec pour preuve leur nom, témoin de leur fonction : la Calle Real del Medio (rue Royale du Centre), la Calle de Atras (rue de Derrière), la Calle de la Albarrada (rue de la Digue). La présence d'une plaine inondable à proximité immédiate de la ville, derrière la Albarrada, empêcha son développement. Le progrès de Mompox est bien illustré par l'historien du 18ème siècle, Pedro Salzedo del Villas, qui notait dans ses Apuntamientos Historiales, "la ville comporte six cents maisons et magasins avec des murs de briques et, pour la plupart, des toits de tuiles, bien construits, spacieux et confortables; ils sont solides, ont un ou deux niveaux et disposent de grands vestibules et de grands jardins. on compte en outre environ 1800 maisonnettes au toit de chaume".

Avec les premières guerres d'indépendance et les guerres civiles qui s'ensuivirent au début du 19ème siècle, Mompox commença à décliner ; ses riches concitoyens moururent ou fuirent en exil et du fait des hostilités, les cultures furent abandonnées. L'insécurité eut pour résultat la perte du dynamisme socioéconomique de la ville et de sa région ce qui empira avec la modification progressive du tracé de la rivière Magdalena, enlevant à Mompox sa qualité de port fluvial. 11 en découla une grande stagnation économique qui dura jusque vers les années 1980 où le tourisme redonna un certain regain d'activité à la ville.

Source : évaluation des Organisations consultatives