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Schokland et ses environs

Schokland and Surroundings

Schokland was a peninsula that by the 15th century had become an island. Occupied and then abandoned as the sea encroached, it had to be evacuated in 1859. But following the draining of the Zuider Zee, it has, since the 1940s, formed part of the land reclaimed from the sea. Schokland has vestiges of human habitation going back to prehistoric times. It symbolizes the heroic, age-old struggle of the people of the Netherlands against the encroachment of the waters.

Schokland et ses environs

Tour à tour occupée et abandonnée au gré de l'avance des eaux, Schokland, presqu'île devenue île au XVe siècle, dut être évacuée en 1859. Grâce à l'assèchement du Zuiderzee, elle appartient depuis les années 1940 aux terres conquises sur la mer. Avec ses vestiges de présence humaine remontant à la préhistoire, Schokland symbolise la lutte sans équivalent menée par les Néerlandais contre l'eau.

شوكلاند وضواحيها

لما كانت شوكلند تُحتل ومن ثمّ يُهجّر سكّانها بسبب ارتفاع مستوى البحر، وبعد ان كانت شبه جزيرة وأصبحت جزيرة في القرن الخامس عشر، اضطرّ أهلها لاخلائها في العام 1859. وبفضل تجفيف "الزويدرزي"، فهي تنتمي منذ الأربعينات الى الأراضي المحتلة على شاطئ البحر. ترمز شوكلاند التي لا تزال تحتوي على بقايا وجود بشري يعود لما قبل التاريخ، الى كفاح الهولنديين الذي لا مثيل له ضدّ الماء.

source: UNESCO/ERI

斯霍克兰及其周围地区

斯霍克兰曾是一个半岛,15世纪时变成了独立的岛屿 。由于海水的侵蚀,有人居住的岛屿被遗弃,1859年居民被迫撤离。但随着须德海的干涸,20世纪40年代起,海洋中的一部分领土又重新归属于斯霍克兰岛。岛上遗留着的史前时代人类的遗址,象征着荷兰人民与海水侵蚀进行长期抗争的英勇行为。

source: UNESCO/ERI

Район Схокланд

Полуостров Схокланд к XV в. в результате наступлении моря превратился в остров. Ранее обитаемый, но постепенно оставляемый людьми, он полностью лишился населения в 1859 г. После осушения залива Зёйдер-Зе район Схокланд, начиная с 1940-х гг., стал частью земель отвоеванных у моря, т.е. польдером. Схокланд символизирует давнюю борьбу народа Нидерландов с наступающим на сушу морем. Здесь обнаружены следы проживания человека, начиная еще с доисторических времен.

source: UNESCO/ERI

Schokland y sus alrededores

En el siglo XV el avance del mar convirtió la península de Schokland en una isla. Poblada y paulatinamente abandonada a medida que las aguas la iban inundando, la isla tuvo que ser totalmente evacuada en 1859. Gracias a la desecación del Zuiderzee, en 1940 pasó a formar parte de las tierras ganadas al mar. Este sitio posee vestigios de asentamientos humanos que datan de los tiempos prehistóricos y es un símbolo de la lucha secular de la población de los Países Bajos contra la invasión del mar.

source: UNESCO/ERI

スホクラントとその周辺

source: NFUAJ

Schokland en omgeving

Het schiereiland Schokland werd in de 15e eeuw een eiland. Door de dreigende overstroming van de zee moesten de bewoners het eiland regelmatig verlaten, en het moest definitief worden geëvacueerd in 1859. Vanwege de inpoldering van de Zuiderzee (IJsselmeer) werd het vanaf 1940 weer een deel van het land dat herwonnen werd op de zee. Op Schokland vindt men sporen van menselijke bewoning die teruggaan tot de prehistorie. Het symboliseert de heldhaftige, eeuwenoude strijd van Nederland tegen het opdringende water. Schokland is met zijn omgeving een uitstekend voorbeeld van de prehistorische en historische bewoning van een typisch waterrijk natuurgebied.

Source : unesco.nl

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Schokland et ses environs © Robert G
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

La lutte acharnée du peuple néerlandais contre les eaux remonte à plus de six mille ans et se poursuit de nos jours ; sans une vigilance constante, plus de la moitié du territoire actuel du pays serait entièrement sous les eaux ou sujette à de régulières inondations. Schokland était une péninsule qui, au XXe siècle, est devenue une île. Occupée puis abandonnée en raison de l’empiétement par la mer, elle a dû  être évacuée en 1859. Suite à la poldérisation du Zuider Zee, Schokland a été intégré aux terres gagnées sur la mer depuis les années 1940. Schokland possède des vestiges de colonie humaine remontant à l’époque préhistorique. Schokland est le symbole de la lutte acharnée, héroïque et ancestrale des populations néerlandaises contre l’empiétement par les eaux. Suite aux gigantesques travaux d’assèchement des terres qui ont commencé au début du XXe siècle, Schokland, les terps et les autres interventions humaines des environs symbolisent  le témoignage muet de l’habileté et du courage du peuple néerlandais face à cette éternelle menace naturelle.

La topographie des contours de l’ancienne île de Schokland, au dessus des plates étendues de terre du Noordoostpolder, gagnées sur la mer, est encore facile à tracer. Sur le territoire de l’ancienne île, on trouve quatre grands terps de villages, tous des sites archéologiques protégés. Un cinquième site présente des traces d’occupation remontant au Néolithique, à l’Âge du bronze et à l’Âge du fer.

Les vestiges des digues et des terps, situés à l’extérieur de l’île dans sa configuration actuelle, font apparaître les anciens contours de l’île et les terres qui ont disparu au cours des années. Également situés à l’extérieur de l’île actuelle mais sur le territoire du bien du patrimoine mondial, 160 sites archéologiques présentent des vestiges d’une occupation préhistorique. Une église et les ruines d’une église, des bâtiments résidentiels et commerciaux, des granges, un ancien port et des modèles de parcellisation (anciens et récents) complètent l’histoire de Schokland.

La zone témoigne de façon exceptionnelle d’une tradition culturelle propre à des insulaires menacés par les eaux et finalement évacués ; les premiers habitants des terres gagnées sur la mer ont cultivé et développé ces nouvelles terres. Le secteur constitue un exemple exceptionnel d’un type traditionnel d’habitation et d’utilisation des terres qui est représentatif de cultures, essentiellement lorsque celles-ci sont devenues vulnérables en raison de l’influence de changements irréversibles.

Critère (iii) : Schokland et ses environs conservent la dernière preuve existante d’une société datant de la préhistoire et des premiers temps de l’histoire qui s’est adaptée aux conditions précaires des colonies d’habitation en zone humide, sous la menace constante de l’irruption temporaire ou permanente de la mer.

Critère (v) : Schokland s’intègre dans un paysage culturel qui a été créé suite à l’assèchement de l’ancien Zuider Zee, un épisode de l’éternelle lutte acharnée du peuple néerlandais contre les eaux et l’une des réalisations humaines les plus gigantesques et les plus visionnaires du XXe siècle. L’histoire de cette région est admirablement représentée dans cette zone de petite taille, avec ses lieux d’habitation, ses cimetières, ses terps, ses digues et ses modèles de parcellisation.

Intégrité 

Bien que faisant partie intégrante depuis 1942 d’un nouveau paysage créé par l’homme, cette île « de l’intérieur » sur laquelle on pratique une agriculture extensive a toujours les contours, clairement visibles, de l’ancienne île qu’elle était, avec des vestiges patrimoniaux tels que les digues et les terps. Toute l’île est ses environs immédiats font partie du bien du patrimoine mondial. Des vestiges de toutes les phases de l’histoire de la colonisation de Schokland sont facilement reconnaissables : les traces de colonisation préhistorique sur le sol, les quatre terps sur la côte est de l’île, les bâtiments sur l’île elle-même, le système récent et caractéristique de parcellisation du polder et les zones végétales qui longent le bord de l’île. Sans un système de gestion adéquat, la déshydratation des terres et l’agriculture moderne pourraient menacer la zone et causer des dommages aux dépôts archéologiques.

Authenticité

L’authenticité du site réside dans son existence même. Le dossier de proposition d’inscription était intitulé « Symbole de la bataille néerlandaise contre les eaux », il s’agit là d’une description pertinente de Schokland et de son authenticité. On dénombre au moins 152 sites sur Schokland et aux alentours où des vestiges des colonisations préhistoriques, des digues et des terps ont été découverts. Tous ces éléments témoignent des anciens contours de l’île, des terres perdues au cours des années et des conditions de vie durant 6 millénaires. L’île elle-même, dans sa totalité, est toujours authentique. Des vestiges des premiers bâtiments construits sur l’ancienne île demeurent, à savoir l’église réformée hollandaise et la maison contigüe du pasteur (1834) et un hangar assez restauré destiné à accueillir un char à glace à Middelbuurt. Tous les autres bâtiments ont été démolis après l’évacuation de l’île en 1859. Les constructions en bois à Middelbuurt qui accueillent le Musée de Schokland sont des répliques, datant des années 1980, de bâtiments et de granges dans le style traditionnel du Zuider Zee. À Oud-Emmeloord, la maison du gardien de phare (1882) et la maison de la corne de brume (environ 1921) ont été conservées. Certaines des caractéristiques qui ont subsisté ont été reconstruites, par exemple le bassin du port à Oud-Emmeloord avec ses jetées et ses brise-glaces, les parois en pieux à Middelbuurt et les fondations de la balise sur le terp, à la pointe sud. Dans ce même secteur, certaines parties des fondations des églises ont été restaurées. L’église à Middelbuurt a été complètement restaurée et remeublée (sans ses meubles d’origine). Une société spécialisée dans ce type de travaux a restauré les ruines de l’église en ayant recours aux matériaux d’origine. Les ports, le brise-lame et le phare ont été reconstruits conformément à la législation en vigueur.

Éléments requis en matière de protection et de gestion

Schokland et ses environs comptent cinq sites archéologiques nationaux protégés (quatre terps et une zone avec des traces de colonisation préhistorique) et cinq bâtiments classés, à savoir la maison du gardien de phare et celle de la corne de brume sur le terps de Oud-Emmeloord à la pointe nord, l’ancienne église réformée hollandaise et le hangar du char à glace à Middelbuurt et une église en ruine à la pointe sud de l’ancienne île.

Depuis 2002, une zone tampon hydrologique a été établie à l’Est de l’île afin d’empêcher son affaissement et de prévenir d’éventuels dommages à l’inscription  des fouilles archéologiques entreprises dans le sol en raison de l’épuisement de la nappe phréatique. Le gouvernement a également acquis plus de 200 hectares de terres agricoles sur lesquelles il a mis fin à toute production.

En 2010, la Municipalité de Noordoostpolder est devenue propriétaire du site. La gestion actuelle, fondée sur un plan de gestion, est l’œuvre commune la Fondation du paysage Flevo (Stichting Flevolandschap) et de la municipalité de Noordoostpolder. En dehors de la zone gérée par Fondation du paysage Flevo et la municipalité (500 hectares), le territoire est également utilisé par des propriétaires et des locataires de terres agricoles. Cet usage agricole est destiné à conserver les diverses caractéristiques tout en générant des revenus. Le plan de gestion a été établi au terme d’accords particuliers et de mesures administratives. Il définit les tâches et responsabilités spécifiques en ce qui concerne la conservation, la gestion et l’accès au bien du patrimoine mondial de Schokland et ses environs. Le plan de gestion précise également la répartition des rôles en matière de gestion et de conservation. Il s’agit, en conséquence, d’un document qui bénéficie du soutien du plus grand nombre et qui présente une vision commune de la zone concernée, il vise à rassembler toutes les parties impliquées dans les activités concrètes, l’organisation et les finances. Il fournit également un cadre d’intégration pour évaluer la mise en œuvre de projets et d’idées.

L’un des plus importants projets pour les parties prenantes concerne le suivi permanent de l’état de conservation des sites archéologiques situés dans la zone autour de l’ancienne île. En raison de l’affaissement du sol, la relation entre les intérêts liés à l’usage agricole des terres et ceux liés à la conservation des vestiges archéologiques s’avère difficile. Depuis 2012, toutes les parties concernées s’efforcent d’établir une deuxième zone tampon hydrologique, couvrant 200 hectares de terres, à la pointe sud de l’ancienne île.

Le gouvernement néerlandais souhaite classer le bien du patrimoine mondial Schokland et ses environs « zone de conservation protégée » au titre de la Loi sur les monuments et bâtiments historiques de 1988 (Monumentenwet 1988).

Description longue
[Uniquement en anglais]

Schokland and its surroundings is an outstanding example of the prehistoric and historic occupation of a typical wetland, especially in relation to the reclamation and occupation of peat areas. It is precisely because of these occupation and reclamation activities that large areas of land were lost. The formation of the Zuyder Zee itself can also be considered to be a result of these historic activities. Schokland is the last vestige of a once much larger area of occupation, excellently represented in this small area, with its settlements, cemeteries, terps (man-made settlement mounds), dykes and parcel systems. Continuing agricultural mechanization and the dehydration of deeper levels constitute a constant threat to the quality of the cultural and organic remains.

The soil in this area consists of coversands, an ice-pushed ridge of boulder clay, Pleistocene river dunes, and Holocene sediments, including the buried course of the Overijsselsche Vecht River and its tributaries. A post-Pleistocene rise in sea level resulted in an increase in peat formation and a corresponding decrease in the surface area of sandy soils. The earliest evidence of human presence in this area, as revealed by archaeological excavations, dates back to the late Palaeolithic period.

At the beginning of the 13th century, strong marine influences in the Almere were beginning to have an impact. At this time Schokland was still connected to the mainland by a peat ridge stretching to the south-east, which means that this area has to be considered as a polder, until around 1450, when the ridge eroded and Schokland became an island, like neighbouring Urk, which had been one since the 12th century. The distribution of terps and dykes from this period shows that land was being lost, much of it during storms such as that recorded in 1170.

A number of the terps lying to the east of the island were abandoned around 1400, work beginning on the creation of new terps at Oud Emmeloord, Middelbuurt and Zuidert. This was accompanied by a change in the economic basis of the communities from agriculture to fishing. At the same time the Almere was transformed into the Zuyder Zee. This loss of land and battle against the sea continued throughout the succeeding centuries, with the main losses being incurred on the west and north of the island. Protection became too great a burden for the local population, and so financial help was provided by the provincial council of Overijssel by means of a shipping tax, largely because of the importance of the fire beacon on the Zuidpunt. In 1710 Holland and Friesland gave additional financial support because of their economic reliance on the shipping routes that this beacon served. In 1660 Amsterdam, then the world's major port, obtained possession of Urk and Emmeloord and assumed the responsibility for their maintenance. During this time the four terps on the island were heightened and extended, using clay, manure, reeds and seagrass; the remainder of the island consisted of wet meadowlands.

Despite all these measures, the dykes and revetments were unable to prevent further inroads during the 19th century. The stone dyke designed to protect the entire island, construction of which began in 1804, proved too weak to provide continuing protection, because of the subsoil on which it was built, and storms and drifting ice regularly destroyed sections of it. The income of the inhabitants who remained on Emmeloord, Middelbuurt and Zuidert from fishing decreased steadily, and so it was decided to evacuate the island, which took place in 1859. Only a handful of buildings, including the church on Middelbuurt, were not demolished, and were used as service buildings for coastal defence work throughout the following century. Schokland's role was that of a breakwater protecting the coast of Overijssel and as a refuge for shipping. Following the passing of the Zuyder Zee Act in 1918 and the three subsequent acts designed to regulate its reclamation, the Noordostpolder in which Schokland is located was the second to be reclaimed. The last gap in the surrounding dyke was closed in December 1940 and the polder ran dry in 1942. Schokland, which had been an island for some five centuries, became part of one of the largest cultural landscapes of the present age, the IJsselmeerpolders.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique

Les preuves les plus anciennes de la présence de l'homme dans cette région, mises à jour par des fouilles archéologiques, remontent à la fin du paléolithique <10.000 ans avant J.-c. env.>. Des communautés de chasseurs y vécurent, devenant de plus en plus nombreuses pendant la période mésolithique. La découverte de villages et de cimetières ainsi que la pratique de l'agriculture attestent de l'occupation permanente du site au néolithique et au début de l'âge du bronze <4200-1800 avant J.-c. env.>. cependant, cette occupation n'a pas été continue, les habitants étant parfois contraints de partir devant la montée des eaux.

On trouve peu de preuves d'occupation jusqu'à 1000 après J.-c. quand, autour de Schokland, les tourbières commencèrent à être drainées et leurs eaux évacuées vers le bassin d'eau douce de Almere. Des poteries montrent que l'île était complètement drainée vers 1300. Cependant, le drainage des tourbières et le labourage oxyda la couche de tourbe et la réduisit. La surface du sol baissa et le niveau d'eau augmenta. Pour surmonter ce problème, de petites digues furent construites dans le but de maintenir l'eau hors des terres drainées. Certaines des digues les plus anciennes datent de la fin du 12ème siècle.

Au commencement du 13ème siècle, de fortes influences marines commencèrent à avoir un impact sur I'Almere. A cette époque, Schokland était toujours liée à la terre par une langue de tourbe au sud-est; cette région était considérée comme un polder jusque vers 1450, période à laquelle, la langue disparut, victime de l'érosion. Schokland devint une île tout comme sa voisine Urk qui l'était depuis le 12ème siècle. La disposition géographique des terps et des digues de cette période prouve que beaucoup de terres étaient progressivement perdues en particulier au cours d'orages comme ceux enregistrés en 1170.

un grand nombre de terps à l'est de l'île furent abandonnés vers 1400. La construction de nouveaux terps fut entreprise à Oud Emmeloord, Middelbuurt et zuidert. Cette période fut celle d'une modification du système économique au cours de laquelle la pêche remplaça l'agriculture. Au même moment. I'Aimere devint le zuiderzee. Cette perte progressive de terres <en particulier au nord et à l'est de l'île> et la lutte contre la mer se poursuivirent au cours des siècles suivants. La protection devint trop lourde pour la population locale obligeant le conseil provincial d'Overijssel à apporter son aide financière en levant une taxe sur la navigation en raison de l'importance du phare de la Zuidpunt. En 1710, la Hollande et la Frise apportèrent à leur tour leur aide financière en raison de leur dépendance économique des routes maritimes pour lesquelles ce phare était indispensable. En 1660, Amsterdam, à l'époque premier port du monde, devint propriétaire d'Urk et d'Emmeloord et assuma la responsabilité de leur entretien. A cette époque, les quatre terps de l'île étaient rehaussés et agrandis au moyen d'argile, de fumier, de roseaux et d'algues ; le reste de l'île étant des pâtures humides.

Malgré toutes ces mesures, les digues et protections ne purent empêcher l'avance des eaux au 19ème siècle. une digue en pierres destinée à protéger toute l'île dont la construction commença en 1804, s'avéra trop faible pour assurer une protection permanente du simple fait de l'inconsistance du sous-sol sur lequel elle était édifiée ; orages et glaces à la dérive en détruisaient régulièrement des portions. Le revenu des habitants Qui restaient, vivant de la pêche, sur Emmeloord, Middelbuurt et Zuidert déclina régulièrement et il fut décidé d'évacuer l'île en 1859. Seule une poignée de bâtiments dont l'église de Middelbuurt furent épargnés et furent utilisés lors des travaux pour la défense de la côte, entrepris au siècle suivant. Le role de Schokland fut celui de brise-lame protégeant la cote d'Overijssel et de refuge pour la pêche.

En application de la loi de 1918 pour le zuider zee et des trois décrets d'application destinés à réglementer son assèchement, la région du Noordostpolder dans laquelle se trouve Schokland fut la seconde à avoir été asséchée. Le dernier tronçon non fermé de la digue qui l'encerclait a été comblé en décembre 1940 et le polder fut complètement sec en 1942. Schokland qui avait été une île pendant près de cinq siècles devint élément de l'un des plus grands paysages culturels de notre ère, les usselmeerpolders.

Source : évaluation des Organisations consultatives