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Schokland et ses environs

Brève description

Tour à tour occupée et abandonnée au gré de l'avance des eaux, Schokland, presqu'île devenue île au XVe siècle, dut être évacuée en 1859. Grâce à l'assèchement du Zuiderzee, elle appartient depuis les années 1940 aux terres conquises sur la mer. Avec ses vestiges de présence humaine remontant à la préhistoire, Schokland symbolise la lutte sans équivalent menée par les Néerlandais contre l'eau.

Schokland et ses environs © Robert G

Description longue

[Uniquement en anglais]

Schokland and its surroundings is an outstanding example of the prehistoric and historic occupation of a typical wetland, especially in relation to the reclamation and occupation of peat areas. It is precisely because of these occupation and reclamation activities that large areas of land were lost. The formation of the Zuyder Zee itself can also be considered to be a result of these historic activities. Schokland is the last vestige of a once much larger area of occupation, excellently represented in this small area, with its settlements, cemeteries, terps (man-made settlement mounds), dykes and parcel systems. Continuing agricultural mechanization and the dehydration of deeper levels constitute a constant threat to the quality of the cultural and organic remains.

The soil in this area consists of coversands, an ice-pushed ridge of boulder clay, Pleistocene river dunes, and Holocene sediments, including the buried course of the Overijsselsche Vecht River and its tributaries. A post-Pleistocene rise in sea level resulted in an increase in peat formation and a corresponding decrease in the surface area of sandy soils. The earliest evidence of human presence in this area, as revealed by archaeological excavations, dates back to the late Palaeolithic period.

At the beginning of the 13th century, strong marine influences in the Almere were beginning to have an impact. At this time Schokland was still connected to the mainland by a peat ridge stretching to the south-east, which means that this area has to be considered as a polder, until around 1450, when the ridge eroded and Schokland became an island, like neighbouring Urk, which had been one since the 12th century. The distribution of terps and dykes from this period shows that land was being lost, much of it during storms such as that recorded in 1170.

A number of the terps lying to the east of the island were abandoned around 1400, work beginning on the creation of new terps at Oud Emmeloord, Middelbuurt and Zuidert. This was accompanied by a change in the economic basis of the communities from agriculture to fishing. At the same time the Almere was transformed into the Zuyder Zee. This loss of land and battle against the sea continued throughout the succeeding centuries, with the main losses being incurred on the west and north of the island. Protection became too great a burden for the local population, and so financial help was provided by the provincial council of Overijssel by means of a shipping tax, largely because of the importance of the fire beacon on the Zuidpunt. In 1710 Holland and Friesland gave additional financial support because of their economic reliance on the shipping routes that this beacon served. In 1660 Amsterdam, then the world's major port, obtained possession of Urk and Emmeloord and assumed the responsibility for their maintenance. During this time the four terps on the island were heightened and extended, using clay, manure, reeds and seagrass; the remainder of the island consisted of wet meadowlands.

Despite all these measures, the dykes and revetments were unable to prevent further inroads during the 19th century. The stone dyke designed to protect the entire island, construction of which began in 1804, proved too weak to provide continuing protection, because of the subsoil on which it was built, and storms and drifting ice regularly destroyed sections of it. The income of the inhabitants who remained on Emmeloord, Middelbuurt and Zuidert from fishing decreased steadily, and so it was decided to evacuate the island, which took place in 1859. Only a handful of buildings, including the church on Middelbuurt, were not demolished, and were used as service buildings for coastal defence work throughout the following century. Schokland's role was that of a breakwater protecting the coast of Overijssel and as a refuge for shipping. Following the passing of the Zuyder Zee Act in 1918 and the three subsequent acts designed to regulate its reclamation, the Noordostpolder in which Schokland is located was the second to be reclaimed. The last gap in the surrounding dyke was closed in December 1940 and the polder ran dry in 1942. Schokland, which had been an island for some five centuries, became part of one of the largest cultural landscapes of the present age, the IJsselmeerpolders.

Source : UNESCO/CLT/WHC

Description historique

Les preuves les plus anciennes de la présence de l'homme dans cette région, mises à jour par des fouilles archéologiques, remontent à la fin du paléolithique <10.000 ans avant J.-c. env.>. Des communautés de chasseurs y vécurent, devenant de plus en plus nombreuses pendant la période mésolithique. La découverte de villages et de cimetières ainsi que la pratique de l'agriculture attestent de l'occupation permanente du site au néolithique et au début de l'âge du bronze <4200-1800 avant J.-c. env.>. cependant, cette occupation n'a pas été continue, les habitants étant parfois contraints de partir devant la montée des eaux.

On trouve peu de preuves d'occupation jusqu'à 1000 après J.-c. quand, autour de Schokland, les tourbières commencèrent à être drainées et leurs eaux évacuées vers le bassin d'eau douce de Almere. Des poteries montrent que l'île était complètement drainée vers 1300. Cependant, le drainage des tourbières et le labourage oxyda la couche de tourbe et la réduisit. La surface du sol baissa et le niveau d'eau augmenta. Pour surmonter ce problème, de petites digues furent construites dans le but de maintenir l'eau hors des terres drainées. Certaines des digues les plus anciennes datent de la fin du 12ème siècle.

Au commencement du 13ème siècle, de fortes influences marines commencèrent à avoir un impact sur I'Almere. A cette époque, Schokland était toujours liée à la terre par une langue de tourbe au sud-est; cette région était considérée comme un polder jusque vers 1450, période à laquelle, la langue disparut, victime de l'érosion. Schokland devint une île tout comme sa voisine Urk qui l'était depuis le 12ème siècle. La disposition géographique des terps et des digues de cette période prouve que beaucoup de terres étaient progressivement perdues en particulier au cours d'orages comme ceux enregistrés en 1170.

un grand nombre de terps à l'est de l'île furent abandonnés vers 1400. La construction de nouveaux terps fut entreprise à Oud Emmeloord, Middelbuurt et zuidert. Cette période fut celle d'une modification du système économique au cours de laquelle la pêche remplaça l'agriculture. Au même moment. I'Aimere devint le zuiderzee. Cette perte progressive de terres <en particulier au nord et à l'est de l'île> et la lutte contre la mer se poursuivirent au cours des siècles suivants. La protection devint trop lourde pour la population locale obligeant le conseil provincial d'Overijssel à apporter son aide financière en levant une taxe sur la navigation en raison de l'importance du phare de la Zuidpunt. En 1710, la Hollande et la Frise apportèrent à leur tour leur aide financière en raison de leur dépendance économique des routes maritimes pour lesquelles ce phare était indispensable. En 1660, Amsterdam, à l'époque premier port du monde, devint propriétaire d'Urk et d'Emmeloord et assuma la responsabilité de leur entretien. A cette époque, les quatre terps de l'île étaient rehaussés et agrandis au moyen d'argile, de fumier, de roseaux et d'algues ; le reste de l'île étant des pâtures humides.

Malgré toutes ces mesures, les digues et protections ne purent empêcher l'avance des eaux au 19ème siècle. une digue en pierres destinée à protéger toute l'île dont la construction commença en 1804, s'avéra trop faible pour assurer une protection permanente du simple fait de l'inconsistance du sous-sol sur lequel elle était édifiée ; orages et glaces à la dérive en détruisaient régulièrement des portions. Le revenu des habitants Qui restaient, vivant de la pêche, sur Emmeloord, Middelbuurt et Zuidert déclina régulièrement et il fut décidé d'évacuer l'île en 1859. Seule une poignée de bâtiments dont l'église de Middelbuurt furent épargnés et furent utilisés lors des travaux pour la défense de la côte, entrepris au siècle suivant. Le role de Schokland fut celui de brise-lame protégeant la cote d'Overijssel et de refuge pour la pêche.

En application de la loi de 1918 pour le zuider zee et des trois décrets d'application destinés à réglementer son assèchement, la région du Noordostpolder dans laquelle se trouve Schokland fut la seconde à avoir été asséchée. Le dernier tronçon non fermé de la digue qui l'encerclait a été comblé en décembre 1940 et le polder fut complètement sec en 1942. Schokland qui avait été une île pendant près de cinq siècles devint élément de l'un des plus grands paysages culturels de notre ère, les usselmeerpolders.

Source : évaluation des Organisations consultatives