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Crespi d'Adda

Brève description

Crespi d'Adda, à Capriate San Gervasio en Lombardie, est un exemple exceptionnel de ces « villages ouvriers » des XIXe et XXe siècles en Europe et aux États-Unis. Ils ont été construits par des industriels éclairés désireux de répondre aux besoins de leurs ouvriers. Le site est resté remarquablement intact et a partiellement conservé son usage industriel mais l'évolution des conditions économiques et sociales constitue une menace pour sa survie.

© Valerio Li Vigni

Description longue

 

Crespi d'Adda est un remarquable exemple du phénomène du village ouvrier en Europe et dans le nord de l'Amérique au cours du XIXe  siècle et du début du XXe  siècle. Il témoigne du rapport que les industriels éclairés voulaient alors établir avec leur personnel. La ville, conservée de manière remarquable, est encore partiellement en activité, bien que les mutations économiques et sociales constituent une menace évidente pour la survie de ce modèle.

Les premiers villages ouvriers d'Europe ont été construits en Belgique, en France, en Allemagne et en Grande-Bretagne pour loger les masses de main-d'œuvre que les industriels rassemblaient pour travailler dans leurs usines, établies à proximité des gisements de matières premières et de sources d'énergie. Les premiers exemples de ce type n'apparurent en Italie qu'à la suite de l'unification politique du pays, qui entraîna la création d'un marché national. Crespi, situé à Capriate San Gervasio (Bergamo), en représente l'exemple le plus caractéristique et le plus complet.

En 1875, Cristoforo Benigno Crespi, un industriel du textile originaire de Busto Arsizio (Varese), acheta la vallée d'une superficie de un kilomètre carré située entre le cours du Bembo et celui de l'Adda, au sud de Capirate, pour y installer une filature de coton sur les rives de l'Adda. Au commencement de 1878, il construisit tout autour, pour ses ouvriers, des maisons plurifamiliales à trois étages, sur le modèle européen. Lorsque son fils Silvio Benigno Crespi reprit l'affaire en 1889, il compléta et modifia le projet initial. Il abandonna le modèle des grands blocs d'habitation en faveur de maisons individuelles dotées de leur propre jardin, dont il pensait qu'elles favoriseraient l'harmonie, et seraient un rempart contre les conflits sociaux. À partir de 1892, et pendant cinquante ans, l'usine ne connut effectivement aucune forme de désordre. En plus des petites maisons, le complexe fut alors doté d'une usine hydroélectrique qui fournissait aux ouvriers une électricité gratuite, de toilettes et de bains publics, d'une clinique, d'une coopérative alimentaire, d'une école, d'un petit théâtre, d'un centre sportif, d'un presbytère et d'un dispensaire, et de différents services collectifs. Certains édifices présentaient une valeur symbolique plus marquée, comme l'église et le château (la résidence des Crespi), construits dans les années quatre-vingt-dix du XIXe  siècle, ou encore un nouveau complexe de bureaux et des maisons pour les propriétaires au sud de celles des ouvriers, du début des années vingt du XXe  siècle.

La grande dépression de 1929 et la dureté de la politique fiscale du fascisme obligèrent la famille Crespi à vendre le village à la STI, la compagnie des textiles italiens, qui le céda à la compagnie Rossari e Varzi en 1970. Il passa ensuite à la compagnie Legler, qui vendit la plupart des maisons, et fait actuellement partie du groupe industriel Polli, qui emploie environ 600 personnes - alors que le complexe en comprenait 3 200 lorsqu'il était au maximum de son activité.

Le complexe, divisé en deux parties par la route principale de Capriate, présente une forme géométrique régulière. À droite, l'usine forme un bloc unique et compact au décor médiéval, sur la rive gauche de l'Adda ; elle renferme les bureaux dessinés par Ernesto Pirovano, qui fut l'architecte de la plupart des constructions de l'époque de Silvio Benigno Crespi. Les maisons, construites à l'intérieur d'un réseau rectangulaire de rues disposées selon trois axes, se trouvent du côté opposé de la route principale. Dans le plan d'origine, il s'agissait d'édifices à deux étages destinés à plusieurs familles dont chacune disposait de quatre pièces. Actuellement, chaque maison individuelle familiale est dotée d'un petit jardin et d'un potager qui sépare les maisons des toilettes situées sur l'arrière du terrain. Les premières maisons se distinguent aisément des plus récentes par leur style et par leur plan. Les importantes variations dans le style architectural des différentes maisons contribuent à l'agrément de ce paysage urbain.

L'église a été dessinée par l'architecte Luigi Cavenaghi sur le modèle du temple de Santa Maria in Piazza à Busto Arsizio, construit par Bramante ; sa construction, commencée en 1891, fut terminée deux ans plus tard. Elle s'élève à l'extrémité nord de la ville sur une place près de laquelle se trouvent aussi l'église et le théâtre. Le château, construit par Pirovano, a été terminé en 1897 ; c'est un mélange d'éléments néogothiques lombards, de sculptures et de peintures à éléments maures du Veneto. L'ensemble rappelle la période gothique romantique, impression que renforce le recours à des éléments de construction hétérogènes. Le cimetière est dominé par le mausolée de la famille Crespi, qui est un édifice de style Art nouveau conçu par Gaetano Moretti.

 

Source : UNESCO/CLT/WHC

Description historique

Les premiers villages ouvriers ont été construits en Europe- Belgique, France, Allemagne et Grande-Bretagne- afin de loger les nombreux ouvriers, embauchés par les nouvelles générations d'entrepreneurs pour travailler dans leurs usines, installées à proximité des sources d'énergie et de matières premières. Ce n'est qu'après l'unification politique de l'Italie et la création d'un grand marché national que ces villages firent leur apparition dans la péninsule. Crespi, à Caprlate San Gervasio (Bergame), est le plus complet et le plus caractéristique d'entre-eux. Les autres sont Leumann à Colegno (Turin) et Rossi à Schlo (Vicence).

En 1875, Cristoforo Benigno Crespi, fabricant de textiles de Busto Arsizio (Varèse), acheta un km2 de terres dans la vallée située entre les rives du Bembo et de l'Adda, au sud de Capriate, avec l'Intention d'V Installer une filature de coton sur les rives de l'Adda. 11 décida de construire à proximité de la filature des maison de trois étages comportant plusieurs logements pour les familles de ses ouvriers. La construction fut entreprise dans les premiers mois de 1878 sur le modèle habituel en Europe. Quand le fils du fondateur. Silvio Benigno Crespi reprit la direction de l'usine en 1889, il termina et modifia le projet initial selon une approche d'urbanisme différente et une idéologie mieux définie. Il renonça aux grands bâtiments à plusieurs logements et leur préféra des maisons individuelles avec jardin qu'il estimait plus propices à l'harmonie et mieux adaptées pour résister aux conflits sociaux. Il mit cette politique en pratique dès 1892 et 11 avait sans doute fait le bon choix car pendant plus de cinquante ans Crespi ne connut ni grèves ni conflits sociaux. A côté des petites maisons conçues sur le modèle qu'li préconisait, il construisit une usine hydro-électrique qui alimentait gratuitement le village ouvrier en électricité, des bains et lavoirs publics, une clinique, une coopérative, une école, un petit théâtre, un centre sportif, un presbytère pour le prêtre local, un dispensaire pour le médecin local, ainsi que d'autres services collectifs. Silvio Benigno Crespl ajouta des bâtiments plus symboliques comme l'église, le château (résidence de la famille Crespi), un ensemble administratif à l'intérieur de l'usine et au sud des maisons des ouvriers. des maisons pour les propriétaires (les deux premiers bâtiments datent des années 1890 et les derniers du début des années 1920).

La crise de 1929 et la sévère politique fiscale du gouvernement fasciste obligea la famille Crespi à vendre tout le village à la STI, entreprise italienne de textile, qui à son tour le céda à Rossari e Varzl en 1970.11 passa ensuite à la société Legler qui vendit la majorité des maisons. 11 appartient actuellement au groupe industriel Polli qui emploie 600 personnes alors que les années d'activité maximum 3200 personnes y travaillaient.

Source : évaluation des Organisations consultatives