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Réserve de faune à okapis

Année d'inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril : 1997

Brève description

La réserve de faune à okapis occupe environ un cinquième de la forêt d'Ituri au nord-est du pays. Le bassin du fleuve Congo, dont la réserve et la forêt font partie, est un des plus grands systèmes de drainage d'Afrique. La réserve de faune abrite des espèces menacées de primates et d'oiseaux et environ 5000 okapis, sur les 30 000 vivant à l'état sauvage. La réserve possède également des sites panoramiques exceptionnels, dont des chutes sur l'Ituri et l'Epulu. Elle est habitée par des populations nomades traditionnelles de Pygmées Mbuti et de chasseurs Efe.

. © Kim S. Gjerstad

Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

La Réserve de Faune à Okapis possède une flore d’une exceptionnelle diversité et abrite de nombreuses espèces endémiques et menacées, dont 1/6ème de la population existante d’okapis. La Réserve protège 1/5ème de la forêt d’Ituri, un refuge pléistocène dominé par une forêt dense sempervirente de « Mbau » et par une forêt humide semi-sempervirente qui s’entremêle avec des forêts marécageuses qui poussent le long des cours d’eau, avec des clairières localement appelées « edos » et des inselbergs.

Critère (x) : Sa localisation biogéographique, ses biotopes exceptionnellement riches et la présence de nombreuses espèces rares ou absentes des forêts de basse altitude adjacentes, suggèrent que la forêt d’Ituri a vraisemblablement servi, au cours des périodes climatiques antérieures plus sèches, de refuge pour la forêt tropicale humide. Au nord de la Réserve, des inselbergs granitiques abritent une flore particulière spécialement adaptée à ce microclimat, caractérisée par de nombreuses espèces endémiques telles que le Cycade géant (Encepholarcus ituriensis).

La Réserve compte 101 espèces de mammifères et 376 espèces d’oiseaux répertoriées. La population de l’espèce endémique Okapi (Okapia johnstoni), une girafe de forêt, est estimée à 5 000 individus. Parmi les autres mammifères endémiques à la forêt nord-est de la RDC identifiés dans la Réserve, se trouvent également la genette aquatique (Osbornictis piscivora) et la genette géante (Genetta victoriae). La Réserve abrite 17 espèces de primates (dont 13 diurnes et 4 nocturnes), le nombre le plus élevé pour une forêt africaine, dont 7 500 chimpanzés (Pan troglodytes).

La Réserve compte également l’une des populations d’ongulés de forêts les plus variées avec 14 espèces dont 6 espèces de céphalophes. Elle abrite la plus importante population d’éléphants de forêt (Loxodonta africana cyclotis) encore présente à l’est de la RDC, estimée à 7 500 individus, et elle est importante pour la conservation d’autres espèces de forêt comme le bongo (Tragelaphus eurycerus), l’antilope naine (Neotragus batesi), le chevrotain aquatique (Hyemoschus aquaticus), le buffle de forêt (Syncerus caffer nanus) et l’hylochère (Hylochoerus meinertzhageni). Elle est également répertoriée comme l’une des aires protégées les plus importantes d’Afrique pour la conservation des oiseaux avec la présence de nombreuses espèces emblématiques comme le paon du Congo (Afropavo congensis), ainsi que de nombreuses espèces endémiques à l’est de la RDC.

Intégrité

Les forêts de la Réserve comptent parmi les plus préservées de l’est du Bassin du Congo, et sa superficie est considérée comme suffisante pour maintenir sa faune. La Réserve fait partie d’un plus grand paysage forestier, celui de l’Ituri, qui reste peu touché par l’exploitation forestière et agricole.

Mesures de protection et de gestion requises

Le bien est protégé par un statut de Réserve de faune. La Réserve abrite une importante population autochtone, les pygmées Mbuti et Efe, pour laquelle l’écosystème forestier est essentielle économiquement et culturellement. Un plan de gestion comportant trois zones de gestion à l’intérieur de la Réserve a été proposé.

Cela inclut une zone intégralement protégée de 282.000 ha, comprenant 20% de la Réserve où toute chasse est prohibée et une zone à usage traditionnel de 950.000 ha, dans laquelle une chasse autogérée faisant appel à des méthodes traditionnelles est autorisée pour couvrir les besoins élémentaires des populations humaines de la Réserve en produits forestiers. Les installations permanentes et les défrichages agricoles sont autorisés dans une zone d’implantation de 18.000 ha qui comprend une étroite bande de chaque côté de la route nationale 4, qui traverse le secteur central de la Réserve, et le long d’une autre route secondaire qui relie Mambasa à Mungbere, à l’extrême est du bien. Il est prévu que la zone intégralement protégée soit déclarée parc national. Une zone-tampon de 50 km de large a été définie tout autour de la Réserve.

Contrôler l’immigration dans la zone d’implantation, circonscrire les empiètements agricoles à l’intérieur de la zone de 10 km de large située le long de la route et s’assurer de l’implication des populations autochtones, pygmées Mbuti et Efe, dans la gestion de la Réserve seront les enjeux majeurs de la gestion de cette Réserve. Un autre enjeu clé de la gestion concerne le contrôle du braconnage commercial et de l’exploitation minière artisanale. Alors que la Réserve bénéficie de l’appui de diverses ONG et de financements supplémentaires, il devient impératif d’obtenir des ressources humaines et logistiques afin d’assurer la gestion efficace du bien et de sa zone-tampon.

Description longue

[Uniquement en anglais]

The park is located in the north-east of the country in the Ituri Forest. Some 90% of the reserve lies within the Zone of Mambasa in the Ituri subregion, and the remainder within the Zones of Wamba and Watsa in Haut-Uele subregion. The park's northern boundary is the Nepoko River. The Ituri River, a major tributary of the Zaire River, forms part of the southern boundary.

From an elevation of about 600 m in the west, where the rolling plateaux of the Ituri drop onto the central Zaire basin, the forest rises to more than 1,000 m in the east, giving way abruptly to the savannah hills of the Albert Rift. The majority of the reserve is composed of gently rolling forested uplands. The most important geomorphological features are the Zaire drainage system and the mountains of the Albertine rift. The Zaire basin is one of the largest and most important drainage systems in Africa. Other important watercourses include the Lenda, Ngayu and Agamba rivers.

Floral diversity is high, four main forest types occur: swamp forest, mixed forest, Mbau forest and secondary forest. Swamp forest occurs in narrow strips along drainage channels throughout the reserve. Mixed forest typically has a crown height of 30-40 m, and a heterogeneous canopy with frequent emergent trees. Mbau forest tree height is typically 30-40 m with an even, dense canopy. The understorey is open but a subcanopy layer is absent.

There are 52 mammal species including endemic okapi. It has very localized distribution and the Ituri Forest is one of the major areas supporting okapi populations. Other species include the endemic water chevrotain, African golden cat, leopard, giant ground pangolin, giant forest genet, anubis baboon, bush pig, pygmy antelope and giant forest hog.

The Ituri Forest has one of the highest numbers of duiker species in Africa; 13 primate species have been observed, the largest number known for an African forest. Also present are Zaire clawless otter, brush-tailed porcupine, bongo antelope, Sitatunga antelope, black-legged mongoose, black mongoose and marsh mongoose. Two crocodiles are found, the African slender-snouted crocodile and the African dwarf crocodile.

The site has 329 bird species including spot-breasted ibis, olive ibis, long-tailed hawk, Nahan's francolin, black guineafowl, sandy scops owl, Nkulengu rail, Bate's nightjar, black spinetail, bare-cheeked trogon, Bedford's paradise flycatcher, black-collared lovebird, lyre-tailed honeyguide, endemic yellow-legged weaver and the endemic golden-naped weaver.

Hunter-gatherers and shifting cultivators have occupied the Ituri Forest for centuries. The ancestries of present forest peoples can be traced back to both Sudanic and Bantu migrations as well as to more pygmoid stocks. The Pygmy groups that today inhabit the Ituri forest include the Efe and Mbuti. They excel in the use and identification of wild plants. Pygmies have a semi-nomadic hunter-gatherer lifestyle and when not hunting with traditional nets or archery, gather insects, fungi, fruits, seeds, plants and honey. They depend on wild game and fish to supplement dietary protein requirements.

Most of the agrarians in the Ituri region are Bantu, the country's dominant ethnic group that includes Lese, Mamvu, Bira, Ndaka and Budu. Long-standing economic and cultural ties exist between pygmies and traditional forest agriculturalists, with the pygmies depending on exchanges to acquire cultivated starch foods to supplement a forest diet rich in protein.

Source : UNESCO/CLT/WHC