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Monastère de Ghélati

Gelati Monastery

Founded in 1106 in the west of Georgia, the Monastery of Gelati is a masterpiece of the Golden Age of medieval Georgia, a period of political strength and economic growth between the 11th and 13th centuries. It is characterized by the facades of smoothly hewn large blocks, balanced proportions and blind arches for exterior decoration. The Gelati monastery, one of the largest medieval Orthodox monasteries, was also a centre of science and education and the Academy it housed was one of the most important centres of culture in ancient Georgia.

La description est disponible sous licence CC-BY-SA IGO 3.0

Monastère de Ghélati

Le Monastère de Ghélati, situé à l’ouest de la Géorgie et fondé en 1106, est un chef-d’œuvre de « l’Âge d’or » de la Géorgie médiévale, période de puissance politique et d’essor économique entre le XIe et le XIIIe siècles. Le monastère se caractérise par des façades de grands blocs de pierre taillés et polis, des proportions équilibrées et la décoration extérieure des arcades aveugles. Le monastère de Ghélati, l’un des plus grands monastères orthodoxes médiévaux, était aussi un centre de science et d’éducation, et l’académie installée dans son enceinte était l’un des plus importants centres de culture de l’ancienne Géorgie.

La description est disponible sous licence CC-BY-SA IGO 3.0

Het Gelati klooster

Het Gelati klooster werd gesticht in 1106 in het westen van Georgië, en is een meesterwerk van middeleeuwse bouwkunst in het land. Het wordt gekarakteriseerd door facades van grote gladde gehouwen blokken steen, uitgebalanceerde proporties en blinde bogen ter decoratie. De belangrijkste gebouwen werden opgetrokken tussen de 12e en de 17e eeuw. Ze bevatten prachtige mozaïeken en muurschilderingen. Gelati was een van de grootste middeleeuwse orthodoxe kloosters en was een centrum van wetenschap en onderwijs. Het klooster huisvestte ook de Academie, een van de belangrijkste cultuurcentra in het oude Georgië.

Source : unesco.nl

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Monastère de Ghélati © Roberto Cantoni
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

En contrebas des versants sud des montagnes du Caucase septentrional, le monastère de Ghélati illustre « l’âge d’or » de la Géorgie médiévale, une période de puissance politique et de croissance économique qui dura pendant le règne du roi David IV « le Constructeur » (1089-1125) et celui de la reine Thamar (1184-1213). David commença la construction du monastère en 1106 près de sa capitale Koutaïssi, sur une colline boisée dominant la rivière Tskaltsitela. L‘église principale fut terminée en 1130, sous le règne de son fils et successeur Demetré. D’autres églises furent ajoutées au monastère tout au long du XIIIe et au début du XIVe siècle. Le monastère est richement décoré de peintures murales du XIIe au XVIIe siècle, et de mosaïques du XIIe siècle dans l’abside de l’église principale, représentant la Vierge à l’Enfant encadrée par des archanges. Sa grande qualité architecturale, sa décoration exceptionnelle, sa taille et sa claire qualité spatiale se conjuguent pour offrir une expression éclatante de l’idiome artistique de l’architecture de l’« âge d’or » géorgien et ses environs pratiquement intacts permettent une compréhension de la fusion intentionnelle entre architecture et paysage.

Ghélati n’était pas simplement un monastère, il s’agissait aussi d’un centre de science et d’éducation, et l’académie installée dans le monastère était l’un des établissements culturels les plus importants de la Géorgie ancienne. Le roi David rassembla dans son académie d’éminents intellectuels, comme Ioané Petritsi, un philosophe néo-platonicien, surtout connu pour ses traductions de Proclus, et Arsène d’Ikalto, un moine érudit dont les traductions d’ouvrages doctrinaux et polémiques furent compilées dans son Dogmatikon, ou livre des enseignements, influencé par l’aristotélisme. Ghélati était aussi doté d’un scriptorium où des moines scribes copiaient des manuscrits (bien que son emplacement ne soit pas connu). Parmi plusieurs livres créés ici, le plus connu est un Évangile du XIIe siècle richement enluminé, qui est conservé au Centre national des manuscrits.

En tant que monastère royal, Ghélati possédait aussi de vastes terres et était richement pourvu en icônes, dont la célèbre icône de la Vierge de Khakhouli montée sur or (qui se trouve maintenant au Musée national géorgien) ; et, à son apogée, il reflétait le pouvoir et la haute culture de la chrétienté orientale.

Critère (iv) : Le monastère de Ghélati est le chef-d’œuvre de l’architecture de « l’âge d’or » de la Géorgie et le meilleur représentant de son style architectural, caractérisé par des façades complètes de grands blocs taillés et polis, les proportions parfaitement équilibrées et la décoration extérieure des arcades aveugles. La principale église du monastère est l’un des exemples les plus importants du type architectural à croix inscrite, qui joua un rôle crucial dans l’architecture des églises chrétiennes orientales à partir du VIIe siècle. Ghélati est un des plus grands monastères orthodoxes médiévaux, qui se distingue par son rapport harmonieux avec son environnement naturel et son concept de planification globale bien pensé.

L’église principale du monastère de Ghélati est le seul monument médiéval existant dans la région historique plus vaste de l’Asie Mineure orientale et du Caucase qui possède encore une décoration avec des  mosaïques bien conservées, comparables aux plus belles mosaïques byzantines, et abrite le plus grand ensemble de peintures des périodes méso-byzantine, byzantine tardive et post-byzantine en Géorgie, dont plus de 40 portraits de rois, de reines, de hauts dignitaires ecclésiastiques, et la plus ancienne description des sept conciles œcuméniques.

Intégrité

L’enceinte monastique dans son ensemble est incluse dans le bien et contient tous les principaux édifices du XIIe siècle et ceux ajoutés au XIIIe siècle. Tous les attributs nécessaires pour exprimer la valeur universelle exceptionnelle sont présents et inclus dans la zone du bien. Aucune des caractéristiques originelles importantes du monastère remontant aux XIIe et XIIIe siècles n’a été perdue au fil des siècles, et son environnement paysager demeure largement intact. Tous les bâtiments ne sont pas dans un bon état de conservation.

Il existe certaines pressions dues aux projets de développement, dans la zone tampon et la zone plus large du bien, mais le niveau des menaces est faible et les processus sont actuellement sous contrôle.

Authenticité

Globalement, les formes architecturales, l’organisation spatiale et la décoration traduisent pleinement leur valeur. Pendant longtemps, d’importantes parties des peintures murales sont restées en mauvais état de conservation. Avec la réparation des toitures, le processus de dégradation a été ralenti et des travaux de restauration ont été entrepris, bien que certaines demeurent vulnérables.

Le bâtiment de l’académie, qui était dépourvu de toit en 1994, au moment de son inscription a vu son toit reconstruit avec des matériaux réversibles en 2009. La vaste zone tampon permet d’apprécier pleinement l’harmonie entre le monastère clos et son environnement naturel.

Éléments requis en matière de protection et de gestion

Le monastère de Ghélati est un monument classé d’importance nationale depuis l’époque soviétique et a été inscrit au registre national géorgien des monuments par décret présidentiel en 2006. La zone de protection culturelle a été agrandie au-delà du monastère de Ghélati afin d’englober la zone tampon par un Décret du ministère de la Culture et de la Protection des monuments en 2014. La zone tampon est protégée pour ses monuments, mais également pour ses attributs visuels. Les valeurs naturelles du paysage environnant sont réglementées par le Code forestier de Géorgie, la Loi sur la protection des sols, la Loi sur la protection de l’environnement et la Loi sur l’eau qui constituent le cadre légal de la gestion des forêts et des rivières de la zone. Les demandes concernant les nouvelles constructions ou les reconstructions dans la zone tampon, y compris les travaux d’infrastructure et de terrassement, doivent obtenir l’accord du Conseil de protection du patrimoine culturel, Section des zones protégées du patrimoine culturel et de l’Agence du patrimoine urbain.

Les travaux de conservation sont guidés par le plan directeur de conservation élaboré par le ministère de la Culture, de la Protection des monuments et des Sports de Géorgie en collaboration avec l’Église orthodoxe de Géorgie. Ce plan couvre la conservation des structures bâties, les propositions pour accompagner le renouveau de la vie monastique qui a débuté dans les années 1990 et les besoins de visiteurs. Il est nécessaire de maintenir des ressources adéquates pour des programmes de conservation à long terme. De même, un système de documentation pour tous les travaux de conservation et de restauration et pour les mesures tridimensionnelles et le suivi de la stabilité globale des divers bâtiments du monastère doit être mis en place. 

Un mémorandum de collaboration sur des questions relatives au patrimoine culturel entre l’Église orthodoxe apostolique autocéphale de Géorgie et le ministère de la Culture et de la Protection des monuments de Géorgie a été signé pour tous les biens de l’Église. La gestion quotidienne du bien est confiée à la communauté monastique qui vit dans le bien. Les interventions à plus long terme sont mises en œuvre par l’Agence nationale pour la préservation du patrimoine culturel de Géorgie. Son agence locale représentative est le Musée-réserve historique et architectural de Koutaïssi, qui est également responsable de l’accueil des visiteurs.

Le plan de gestion 2017-2021 reflète des contributions de l’Église, et d’organisations gouvernementales concernées et de groupes de communautés, qui étaient engagés dans le processus de consultation. L’objectif est d’élaborer une vision commune du bien. Le plan a été élaboré en harmonie avec le plan directeur pour la conservation, avec la stratégie de développement du tourisme Imereti et avec le plan de gestion de 2014 pour les zones protégées Imereti qui comprennent la vallée et le canyon de la rivière Tskaltsitela dans la zone tampon. Il doit être approuvé pour devenir pleinement opérationnel et exécutoire par les autorités compétentes. Il reste à mettre en place un Comité de gestion du bien et il est nécessaire de fixer les rôles et responsabilités principaux.