Cathédrale de Bagrati et monastère de Ghélati
Année d'inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril : 2010
Brève description
La cathédrale de Bagrati, du nom de Bagrat III, premier roi de la Géorgie unifiée, fut construite à la fin du Xe et au début du XIe siècle. Elle fut détruite en partie par les Turcs en 1691. Ses ruines s'élèvent au centre de la ville de Kutaïsi. Le monastère de Ghélati, dont les principaux bâtiments furent édifiés du XIIe au XVIIe siècle, est un ensemble bien préservé, riche de mosaïques et de peintures murales. La cathédrale et le monastère représentent l'épanouissement de l'architecture médiévale de Géorgie.
Description longue
Le monastère de Ghélati présente une importance particulière du fait de son architecture, de ses mosaïques, de ses peintures murales, de ses émaux et de ses ferronneries d'art. Ce n'est pas un simple monastère : c'était un foyer de science et d'éducation, et l'académie qui s'y installa fut l'un des principaux foyers de culture de l'ancienne Géorgie.
Le monastère appartient à l'« âge d'or » de la Géorgie médiévale, une période de puissance politique et de croissance économique qui dura pendant le règne du roi David III (le Constructeur) et de la reine Thamar. C'est David qui commença la construction du monastère en 1106 ; il fut achevé en 1130 sous le règne de son fils et successeur, Demetré. On lui ajouta différents édifices au XIIIe et au début du XIVe siècle, mais la période d'invasions étrangères et de soulèvements internes qui suivit entraîna d'importants dommages qui culminèrent avec la destruction de l'église due à un incendie allumé par les envahisseurs turcs, en 1510. Les travaux de reconstruction commencèrent au début du XVIe siècle lorsqu'il devint la résidence du katholikos de Géorgie occidentale, et se poursuivirent aux XVIIe et XVIIIe siècles. Le monastère de Ghélati échappa à l'invasion turque, mais perdit son rôle épiscopal au début du XIXe siècle lorsque la Géorgie fut annexée par la Russie.
La cathédrale de Bagrati se trouve sur la colline située sur la rive gauche de la Rioni ; elle est accessible par un long escalier sinueux. Bien que partiellement détruite par les Turcs en 1691, elle se dresse encore, en ruine, au centre de Koutaissi. Des chapiteaux richement décorés et des fragments de piliers et de voûtes jonchent tout l'intérieur du bâtiment. Son plan est cruciforme, avec trois des bras de la croix (est, sud et nord) terminés par des absides semi-circulaires, tandis que le quatrième (ouest) est droit.
Les façades, les chapiteaux et les bases ont été traités en différents styles qui témoignent des choix opérés par les maîtres bâtisseurs successifs du bâtiment. Peu après l'achèvement de l'édifice principal, une tour formée de trois étages a été construite à son angle nord-ouest ; on pense que c'était la résidence de l'évêque de Koutaissi.
Le monastère est clos par un mur de pierre qui ouvre aujourd'hui à l'est, alors qu'on y accédait à l'origine par le porche sud qui abrite la tombe de son fondateur, David le Constructeur. L'église principale, au centre de l'enceinte, est flanquée par l'église Saint-Georges à l'ouest et par l'église Saint-Nicolas, à deux étages, derrière laquelle se trouve l'Académie. La masse externe de l'église est allégée par des arcs décoratifs sur toutes ses façades, qui soulignent sa forme élancée. L'intérieur, surmonté par une vaste coupole, combine ampleur de l'espace et solennité, et la lumière y pénètre par ses nombreuses baies. L'entrée principale, formée de trois portails, se trouve à l'ouest ; l'œil est immédiatement attiré par la célèbre mosaïque du XIIe siècle figurant dans la calotte de l'abside, qui représente la Vierge à l'Enfant avec deux archanges vivement colorés sur fond d'or. Les fresques qui couvrent les murs sont plus récentes ; elles illustrent des scènes bibliques et des personnages historiques, dont David III le Constructeur.
L'église Saint-Georges est une structure massive du XIIIe siècle surmontée par une coupole, avec trois absides saillantes. La coupole repose sur deux larges colonnes de pierre et sur les angles des absides. Percée de nombreuses baies, elle conserve des lambeaux de son décor pictural d'origine dans son porche ouest ; les fresques de l'église principale sont du XVIe siècle. L'église Saint-Nicolas, de la fin du XIIIe siècle, est un édifice très particulier : construite sur deux niveaux, elle présente un rez-de-chaussée entièrement ouvert par des arcades sur ses quatre côtés. L'église proprement dite, un petit édifice à coupole, à l'étage supérieur, est accessible par un escalier en pierre. De forme polygonale, elle coiffe entièrement le corps de bâtiment inférieur. Un baldaquin voûté en pierre reposant sur quatre colonnes a été construit au XIIe siècle au-dessus d'une source, au nord de l'église principale. Au cours du XIIIe siècle, on ajouta à cette structure une salle et un clocher ouvert. L'édifice de l'Académie, un grand bâtiment éclairé par de larges fenêtres arquées, remonte au règne de David le Constructeur. Un porche richement décoré a été ajouté au XIVe siècle au centre de ses trois portails d'origine. Des sièges de pierre sont disposés le long des murs, qui étaient décorés de peintures.
Source : UNESCO/CLT/WHCDescription historique
Les plus anciens éléments relatifs à Kutaïssi découverts à ce jour remontent au 6ème siècle de notre
ère, période où l'Empire byzantin et la Perse combattirent pour conquérir la Géorgie. A cette époque, Kutaïssi
était une ville typique du début du moyen âge avec une forteresse au sommet d'une colline surplombant une ville
ceinte de murs et construite à l'endroit où un pont enjambait la rivière Rioni. Au cours de la première moitié
du Sème siècle, pendant le règne du roi Archil, la ville connut une très forte expansion. Elle fut choisie comme
résidence royale au milieu du Sème siècle quand la Géorgie orientale fut occupée par les Arabes ; elle connut
son apogée aux 10 et llèmes siècles.
La construction de la cathédrale de Bagrat, sur l'ordre de Bagrat III, premier roi de la Géorgie unifiée,
commença pendant le dernier quart du 10ème siècle et fut terminée au tout début du 11ème siècle. Cette
nouvelle étape de l'évolution architecturale de la ville symbolisa la fin des luttes engagées pour unifier le pays.
La cathédrale fut consacrée en grande pompe en présence des représentants de toutes les régions de Géorgie.
Le monastère de Ghélati appartient à "l'Age d'or" de la Géorgie médiévale, période de solidité
politique et de croissance économique qui dura pendant le règne du roi David IV (le Constructeur) et celui de
la reine Thamar. David commença la construction du monastère en 1106 ; elle fut terminée en 1130 sous le
règne de son fils et successeur Demetré. L'une de ses fonction fut de servir de lieu de sépulture à la famille
royale de Géorgie. C'est pourquoi, il devint un domaine royal. Autre destination, le monastère abrita
l'Académie, projet cher au cœur d'un roi érudit. L'Académie entre autres projets, traduisit en géorgien des
textes religieux et séculiers et enseigna de nombreux sujets.
Des bâtiments furent ajoutés au monastère tout au long du 13ème et au début du 14ème siècle mais il arriva une période d'invasions et de révoltes internes qui provoquèrent de nombreux dégâts jusqu'à ce qu'en
1510, les envahisseurs Turcs soient à l'origine d'un incendie qui détruisit l'église. Les travaux de restauration
commencèrent dès le début du 16ème siècle quand le monastère devint la résidence du katolicos de Géorgie
occidentale ; ils se poursuivirent aux 17ème et 18ème siècle.
En 1691, les Turcs envahirent à nouveau la Géorgie et firent sauter la cathédrale : les toits et le dôme
s'effondrèrent. Les porches sud et ouest restèrent intacts jusqu'à la fin du 19ème siècle mais ils sont également
en ruines aujourd'hui. Le monastère de Ghélati échappa à la destruction mais perdit son rôle épiscopal au début
du 19ème siècle quand la Géorgie fut annexée par la Russie.
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