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Missions jésuites de la Santísima Trinidad de Paraná et Jesús de Tavarangue

Jesuit Missions of La Santísima Trinidad de Paraná and Jesús de Tavarangue

In addition to their artistic interest, these missions are a reminder of the Jesuits' Christianization of the Río de la Plata basin in the 17th and 18th centuries, with the accompanying social and economic initiatives.

Missions jésuites de la Santísima Trinidad de Paraná et Jesús de Tavarangue

Outre leur intérêt artistique, ces missions représentent les initiatives sociales et économiques qui ont accompagné la christianisation du bassin du Río de la Plata par la Compagnie de Jésus aux XVIIe et XVIIIe siècles.

البعثات اليسوعية للسانتيزيما ترينيداد دو بارانيا وجيزو دو تافارانغ

تمثّل هذه البعثات، عدا عن اهتمامها بالفن، المبادرات الاجتماعية والاقتصادية التي رافقت نشر الديانة المسيحيّة في حوض ريو دو لا بلاتا على يد جماعة يسوع خلال القرنَيْن السابع عشر والثامن عشر.

source: UNESCO/ERI

塔瓦兰格的耶稣和巴拉那的桑蒂西莫-特立尼达耶稣会传教区

除了在艺术方面的贡献之外,公元17世纪至18世纪天主教耶稣会的传教机构在银河盆地不仅传播了对基督的信仰,而且带来了社会和经济的发展。

source: UNESCO/ERI

Иезуитские миссии Ла-Сантисима-Тринидад-де-Парана и Хесус-де-Таваранге

Помимо того, что эти миссии представляют художественный интерес, они ещё и служат напоминанием о христианизации иезуитами бассейна реки Рио-де-ла-Плата в XVII и XVIII веках с сопутствующими этому процессу социальными и экономическими мероприятиями.

source: UNESCO/ERI

Misiones jesuíticas de la Santísima Trinidad de Paraná

Además de su interés artístico, estas misiones son representativas de las iniciativas sociales y económicas que acompañaron la cristianización de la cuenca del Río de la Plata por parte de la Compañía de Jesús en los siglos XVII y XVIII.

source: UNESCO/ERI

ラ・サンティシマ・トリニダード・デ・パラナとヘスース・デ・タバランゲのイエズス会伝道施設群
パラグアイ南部、アルゼンチンとの国境に近い、パラナ川北岸のイエズス会伝道所。ラ・プラタ地方に住む好戦的な部族であるグアラニー人のキリスト教化のために、17世紀にイエズス会は30カ所のレドゥシオン(インディオ教化集落)を建設した。この独自の社会組織である集落には、数千人のインディオが生活し、19世紀末まで全体が一つの独立国家であるイエズス会国家を形成していた。

source: NFUAJ

Jezuïtische missieposten van La Santisima Trinidad de Paraná en Jesús de Tavarangue

Deze artistiek waardevolle missieposten vormen een herinnering aan de kerstening van het stroomgebied van de Río de la Plata door de Jezuïeten in de 17e en 18e eeuw. La Santísima Trinidad – de meest ambitieuze missiepost en hoofdstad van de Guayrá – werd in 1706 gebouwd door de bekende jezuïtische architect Juan Bautista Primoli. Het heeft de best bewaard gebleven stedelijke structuur met onder andere de Plaza Mayor, een hoofdkerk en een kleine kerk, een school en klooster en begraafplaatsen. De kerk van Jésus de Tavarangue is vervallen – er resteert slechts een schoolruimte – maar heeft zijn imposante verschijning behouden.

Source : unesco.nl

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Missions jésuites de la Santísima Trinidad de Paraná et Jesús de Tavarangue © Public Domain
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Les Missions jésuites de La Santísima Trinidad de Paraná et de Jesús de Tavarangue font partie d’un ensemble de 30 missions du bassin du Río de la Plata établies par la Compagnie de Jésus (les Jésuites) au cours des XVIIe et XVIIIe siècles. Sept de ces missions étaient situées au Paraguay et les autres sur l’actuel territoire de l’Argentine et du Brésil. Les ensembles des différentes missions étaient rattachés à des villages appelés « réductions », dotés d’une structure urbaine unique. Selon les périodes, les missions ont adopté différents styles, mais toutes ont associé des éléments autochtones à des attributs chrétiens et à un symbolisme témoignant d’influences baroques, romanes et grecques, dans le cadre d’un processus d’acculturation sans précédent.

Les Jésuites sont arrivés dans la province de Guayrá en 1588. Avec l’autorisation du roi Philippe II d’Espagne, les missionnaires avaient pour objectif de christianiser la population autochtone et de la protéger du système de travail colonial de l’encomienda, un quasi-esclavage. Les habitants étaient donc réunis et engagés à se sédentariser et à se convertir au christianisme mais, contrairement à d’autres missions du Nouveau Monde, ils n’étaient pas forcés de s’européaniser. Beaucoup de traditions autochtones étaient maintenues et encouragées, comme la culture de la yerba maté (Ilex paraguariensis ou te jesuita en espagnol), qui est toujours un produit régional représentatif.

Les missions sont situées à environ 10 km l’une de l’autre, chacune étant entourée de sa propre zone tampon. Bien qu’aujourd’hui les missions soient essentiellement constituées de ruines et de vestiges archéologiques, leur plan initial toujours apparent montre des similarités : l’église constituait l’unité de base, le noyau urbain et le centre de la vie spirituelle. Près de l’église se trouvait la résidence des pères jésuites et tout à côté, la maison des caciques. Le reste de la mission comprenait une cour, des cloîtres servant d’ateliers, un jardin, le tupa mbaé, le cimetière et la prison. Juste à côté de l’église se trouvait une vaste place orientée vers les quatre points cardinaux et comportant des croix ou des statues et des sanctuaires aux quatre coins. Des rues de 16 à 18 m de large partaient des places. Les maisons des résidents autochtones étaient des bâtiments rectangulaires à arcades, de 60 m de long.

La mission de la Santísima Trinidad del Paraná est l’ensemble urbain le mieux préservé. Bien qu’établie en 1706, après la plupart des autres réductions, c’était aussi la plus ambitieuse des missions, avec son ensemble de bâtiments couvrant une superficie d’environ 8 ha. La grande église de pierre comportait un beau dôme et une décoration très soignée. Elle a été construite vers 1745 d’après le projet de l’architecte milanais Juan Bautista Prímoli. En plus de l’église principale, il reste des vestiges de la petite église, du collège ou de l’école, du cloître, des cimetières, des potagers, du beffroi, des maisons des autochtones et des ateliers.

La structure urbaine de Jesús de Tavarangue subsiste sous forme de ruine archéologique. Cette réduction a été fondée à un autre endroit en 1685 et transférée quelques années plus tard à son emplacement actuel quand on construisit la mission. Elle était constituée de l’église (restée inachevée), de la Grand-Place, de l’école rattachée à l’église et dont il ne subsiste qu’une pièce, et des maisons pour les orphelins et les veuves appelées coty guazú (grandes maisons). La mission comprenait aussi un verger pour les pères.

La mission de Jesús de Tavarangue en tant qu’expression architecturale se caractérise par l’association de différents styles, notamment le style mudéjar (christiano-arabe) avec ses arches trilobées. Il n’existe pas d’autres exemples de ce style, du temps des jésuites, dans la région qui constituait autrefois la Province du Paraguay ou Paracuaria.

Critère (iv) : La Santísima Trinidad de Paraná et Jesús de Tavarangue sont des exemples exceptionnels des missions jésuites construites aux XVIIe et XVIIIe siècles dans toute cette région. Les ruines archéologiques de ces ensembles urbains représentent une fusion des cultures par laquelle le processus de christianisation permettait à la population autochtone de conserver des éléments de leur culture traditionnelle.

Intégrité

Le bien est constitué des ruines de deux réductions qui contiennent les éléments de l’ensemble d’origine : églises, bâtiments de logements, écoles, boutiques et espaces ouverts tels que jardins et vergers. Les sites subsistent sous forme de ruines archéologiques, dans l’état où ils ont été abandonnés lors de l’expulsion des jésuites au XVIIIe siècle. La délimitation de l’aire proposée comprend tous les éléments nécessaires à l’expression de sa valeur universelle exceptionnelle.

Les biens semblent surtout menacés par des phénomènes atmosphériques violents, notamment des tempêtes, voire parfois des tornades. Chacun des deux éléments du bien est entouré d’agglomérations modernes et donc menacé de pression du développement urbain s’il n’est pas bien géré. Cela est particulièrement sensible avec le développement rapide des abords de La Santísima Trinidad où il a été suggéré de planter un rideau d’arbres. En 2003, une équipe interdisciplinaire d’experts a visité les Missions jésuites du Paraguay, du Brésil et d’Argentine et le rapport présenté au Comité du patrimoine mondial a recensé plusieurs problèmes auxquels étaient confrontés ces ensembles de biens : risque de pression touristique, absence de capacités en techniques de conservation, absence de ressources financières et humaines, et absence de gestion, y compris de réglementation.

Authenticité

Les deux éléments de cette inscription ont conservé leur authenticité de forme et de conception car le plan d’ensemble des missions d’origine est toujours visible, ainsi que les bâtiments. Les ensembles abandonnés et les églises ne sont plus utilisés selon leurs objectifs d’origine.

L’authenticité a été soigneusement prise en compte lors des travaux réalisés sur les sites, spécialement à La Santísima Trinidad, où la restauration et la consolidation se sont fondées sur un examen détaillé des vestiges visibles au-dessus de la surface et d’une étude archéologique des vestiges enfouis. À Jesús de Tavarangue, des travaux de stabilisation ont été effectués au collège et le site archéologique a été défriché.

Exigences de protection et de gestion

Les réductions de La Santísima Trinidad et de Jesús de Tavarangue sont la propriété de la Direction générale du Tourisme, et du Ministère des Travaux publics et des Communications qui est responsable de la gestion de ces biens. La garde, la protection et la responsabilité de la conservation ont été définies par une lettre d’intention d’août 1993, via le Sous-Secrétariat à la Culture de la Direction générale du Patrimoine culturel, le Vice-ministère de la Culture et la Direction générale du Tourisme (actuellement Secrétariat national du Tourisme).

Bien que le bien inscrit ne bénéficie pas d’une protection juridique spéciale, différents plans ont cependant été approuvés – notamment le plan d’étude archéologique, le plan de préservation de l’ensemble de la mission et un plan de gestion annuel. Un plan de gestion pour La Santísima Trinidad de Paraná a été achevé en octobre 2011 et le plan de gestion de Jesús de Tavarangue est en cours d’établissement.

Plusieurs projets de restauration entrepris à La Santísima Trinidad depuis 1980 ont été centrés sur les réparations des bâtiments endommagés. En outre, suite au rapport de 2003 au Comité du patrimoine mondial, des ateliers de conservation se sont tenus en 2003-2005 et ont permis la publication du Manual Básico de Conservación para las Misiones Jesuitícas Guaraníes (Manuel de base de conservation pour les missions jésuites guarani), utilisé par les missions de la région. Enfin, les réunions du Mercosur Cultural favorisent un espace de dialogue entre les pays concernés.

Description longue
[Uniquement en anglais]

The Society of Jesus established itself in the region known as the Guayrá in 1588, by permission of Philip II. One of its objectives became the protection of the Indians against the abuses of the colonial encomienda system of tribute or labour, which reduced them to a condition of virtual slavery; at the same time they would be brought into the Christian Church and educated into a sedentary form of life. Following the granting of the frontier zone of Paraguay to the Jesuits in 1609 by the Spanish Crown, they moved into the lands of the Guaraní people in the Rio de la Plata basin, where they created reducciones (settlements), each with its mission. There were 30 in all, 8 in latter-day Paraguay, 15 in Argentina, and 7 in Brazil.

La Santísima Trinidad, the most ambitious of these missions and the capital of the Guayrá, was built in 1706, the work of the noted Jesuit architect Juan Bautista Primoli. It was constructed in stone with a fine dome and elaborated decoration.

The reducción of Jesús de Tavarangue was founded in 1685, but moved some years later to its present site, when the mission was built.

Santos Cosme y Damián, founded in 1632 on Brazilian territory, moved to its present site in 1740.

La Santísima Trinidad de Paraná has the best preserved urban structure: Plaza Mayor, main church (crypt), small church, college and cloister, cemeteries, kitchen gardens, belfry, native houses and workshops.

The ruined church of Jesús de Tavarangue retains much of its imposing appearance, but only one room of the college survives. There are significant remains of the urban structure, including the Plaza Mayor, native houses and cemeteries.

The church of Santos Cosme y Damián was never finished. However, it has continued to serve as a place of worship. Other remains also survive, including one of the wings of the college, the cemetery, and contemporary Indian houses.

All three are in essence archaeological sites, consisting of ruined building and occupation layers, and so their authenticity is not in question. The church of Santos Cosme y Damián, being in current use, has some more recent features, but restoration interventions have respected the ancient fabric and materials.

La Santísima Trinidad, the best preserved of the three, is of great symbolic importance, because its decoration reflects the spirit of its conception, with its fusion of Christian and native artistic elements. Santos Cosme y Damiàn is important because, in addition to its historical significance, it has retained its role as a centre of worship for the village and district in which it is located.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique

La Compagnie de Jésus s'est installée dans la région connue sous le nom de Guayáa en 1588 par autorisation de Philippe II. L'un de ses objectifs a été la protection des Indiens contre les abus du système de "1' encomienda" par lequel ils étaient pratiquement réduits à l'esclavage et parallèlement convertis au christianisme et sédentarisés. Après qu'une zone reculée du Paraguay ait été attribuée par la Couronne espagnole aux Jésuites en 1609, la Compagnie de Jésus s'installa sur les terres du peuple Guarani dans le bassin du Rio de la Plata où ils créèrent des "reducciones" (villages) dont chacun possédait sa mission. Il y en eut 30 en tout 8 dans 1' ancien Paraguay, 15 en Argentine et 7 au Brésil.

La Santísima Trinidad, la plus grande et la capitale du Guayrá, a été construite en 1706. Elle est l'œuvre de l'architecte jésuite Juan Bautista Primoli. Elle a été réalisée en pierres et dispose d'une joli dôme et d'une décoration très soignée.

La reducción de Jésus de Tavarangue, fondée en 1685, fut déplacée quelques années plus tard à son emplacement actuel quand on construisit la mission.

La mission Santos Cosme y Damián, fondée en 1632 en territoire brésilien fut déplacée en 1740 sur les lieux qu'elle occupe encore aujourd'hui.

Source : évaluation des Organisations consultatives