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Parc national des Virunga

Année d'inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril : 1994

Brève description

S'étendant sur 790 000 ha, le parc des Virunga présente une diversité d'habitats incomparable, allant des marécages et des steppes jusqu'aux neiges éternelles du Rwenzori, à plus de 5 000 m d'altitude, en passant par les plaines de lave et les savanes sur les pentes des volcans. Quelque 20 000 hippopotames fréquentent ses rivières, le gorille de montagne y trouve refuge, et des oiseaux en provenance de Sibérie viennent y passer l'hiver.

© Fauna & Flora International

Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Le Parc National des Virunga se distingue par sa chaîne de volcans actifs et la richesse de sa diversité d’habitats qui surpasse celle de tout autre Parc africain, avec sa gamme de steppes, savanes et plaines de lave, marécages, basses terres et ceintures forestières afromontagnardes jusqu’à sa végétation afro-alpine unique et aux champs de glace des monts Rwenzori dont les pics culminent à plus de 5 000 m. Le site inclut les massifs spectaculaires des Rwenzori et des Virunga qui abritent les deux volcans les plus actifs d’Afrique. La grande diversité des habitats a donné lieu à une biodiversité exceptionnelle, notamment des espèces endémiques et des espèces rares et mondialement menacées comme le gorille de montagne.

Critère (vii) : Le Parc National des Virunga offre certains des paysages de montagne les plus spectaculaires d’Afrique. Les monts Rwenzori aux reliefs tourmentés, avec leurs sommets enneigés, leurs falaises et leurs vallées abruptes, et les volcans du massif des Virunga couverts d’une végétation afro-alpine de fougères arborescentes et de lobélies, et leurs pentes couvertes de forêts denses, sont des lieux d’une beauté naturelle exceptionnelle. Les volcans, qui manifestent leur activité par des éruptions à intervalles réguliers de quelques années, constituent les formes terrestres dominantes de ce paysage exceptionnel. Le Parc présente plusieurs autres panoramas spectaculaires comme les vallées érodées des régions de Sinda et d’Ishango. Le Parc abrite aussi d’importantes concentrations de faune sauvage, notamment des éléphants, buffles et cobs de Thomas, et la plus forte concentration d’hippopotames d’Afrique, avec 20 000 individus vivant sur les berges du lac Edouard et le long des rivières Rwindi, Rutshuru et Semliki.

Critère (viii) : Le Parc National des Virunga est situé au centre du Rift Albertin, lui-même dépendant de la Vallée du Grand Rift. Dans la partie sud du Parc, l’activité tectonique due à l’extension de l’écorce terrestre dans cette région a fait émerger le massif des Virunga, composé de huit volcans, dont sept sont situés totalement ou partiellement dans le Parc. Parmi eux figurent les deux volcans les plus actifs d’Afrique – le Nyamuragira et le Nyiragongo tout proche – responsables à eux seuls des deux cinquièmes des éruptions volcaniques historiques sur le continent africain et qui se caractérisent notamment par l’extrême fluidité de leurs laves alcalines. L’activité du Nyiragongo a une importance mondiale en tant que témoignage du volcanisme d’un lac de lave : le fond de son cratère est en effet occupé par un lac de lave quasi permanent, qui se vide périodiquement avec des conséquences catastrophiques pour les communautés locales. Le secteur nord du Parc inclut environ 20 % du massif des monts Rwenzori – la plus vaste région glaciaire d’Afrique et la seule chaîne de montagnes véritablement alpine du continent. Il jouxte le Parc National des Monts Rwenzori en Ouganda, classé au patrimoine mondial, avec qui il partage le Pic Marguerite, troisième sommet d’Afrique (5 109 m).

Critère (x) : En raison de ses variations d’altitude (de 680 m à 5 109m), de pluviométrie et de nature de sols, le Parc National des Virunga possède une très grande diversité de plantes et d’habitats qui le mettent au premier rang des Parcs Nationaux africains pour la diversité biologique. On a identifié plus de 2 000 plantes supérieures, dont 10 % sont endémiques au Rift Albertin. Les forêts afromontagnardes représentent environ 15 % de la végétation. Le Rift Albertin abrite aussi plus d’espèces de vertébrés endémiques que toute autre région du continent africain et le Parc en possède de nombreux exemples. Le Parc abrite aussi 218 espèces de mammifères, 706 espèces d’oiseaux, 109 espèces de reptiles et 78 espèces d’amphibiens. Il sert aussi de refuge à 22 espèces de primates, dont trois espèces de grands singes – le gorille de montagne (Gorilla beringei beringei), le gorille des plaines de l’Est (Gorilla beringei graueri) et le chimpanzé de l’Est (Pan troglodytes schweinfurthi), et à un tiers de la population mondiale de gorilles de montagne. Les zones de savane du Parc abritent une population diverse d’ongulés et la densité de biomasse de mammifères sauvages est l’une des plus hautes de la planète (27.6 tonnes/km²). Parmi les ongulés, on trouve certains animaux rares comme l’okapi (Okapi johnstoni), endémique à la République Démocratique du Congo (RDC), et le céphalophe rouge (Cephalophus rubidus), endémique aux monts Rwenzori. Le Parc comporte aussi d’importantes zones humides essentielles pour l’hivernage de l’avifaune paléarctique.

Intégrité

Le parc est caractérisé par une mosaïque d’habitats extraordinaires qui s’étendent sur 790 000 ha.  Le bien est clairement délimité par l’ordonnance de 1954. Les richesses y sont bien protégées malgré les défis économiques et démographiques dans sa périphérie.

Le parc renferme deux couloirs écologiques hautement importants car ils relient respectivement les différents secteurs : le couloir de Muaro relie le secteur de Mikeno au secteur Nyamulagira, la côte ouest relie le secteur nord au secteur centre du massif des Virunga.  La présence du Queen Elizabeth National Park, aire protégée contigüe en Ouganda, constitue également un couloir écologique terrestre reliant les secteurs centre et nord. Enfin le lac Edouard constitue un couloir aquatique important.

Eléments requis en matière de protection et de gestion

Le bien est au bénéfice d’un statut de Parc national depuis 1925. Son autorité de gestion est l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), organisme qui a perdu de nombreux agents morts en service. Le parc se heurte à des problèmes de gestion.

Pour assurer la pérennité du bien, le parc doit être géré sur des bases scientifiques et disposer d’un plan de gestion qui faciliterait, entre autre, une meilleure délimitation des différentes zones. Une surveillance renforcée assurerait l’intégrité des limites du parc. Elle réduirait le braconnage, la déforestation, et la pression sur les ressources piscicoles (qui risquent de s’accroître), activités notamment de groupes armés isolés.  A cet effet, le renforcement des effectifs et de l’équipement disponibles ainsi que de la formation du personnel du parc sont primordiaux.

L’amélioration et le renforcement des infrastructures administratives et de surveillance contribueraient à réduire la pression sur les espèces rares et menacées comme les gorilles de montagne, les éléphants, les hippopotames et les chimpanzés. Vu la croissance démographique humaine importante, l’établissement de zones tampons dans tous les secteurs s’avère indispensable et urgent. Une autre priorité est celle d'établir un Fonds fiduciaire qui permettrait de garantir des ressources suffisantes pour la protection et la gestion de la propriété à long terme.

La promotion d’un tourisme localisé et contrôlé pourrait accroître les recettes et contribuer à un financement régulier pour le maintien du bien.

Description longue

[Uniquement en anglais]

The park lies in the north-east of the Democratic Republic of the Congo, on the border with Uganda and Rwanda, and includes part of Lake Edward (Idi Amin), the Semliki River valley, parts of the Rwindi, Ishasha and Rutshuru valleys south of the lake, the Virunga area within the Democratic Republic of the Congo, and part of the Rwenzori range. Lake Edward belongs to the Nile river system and Lake Kivu to the Congo Basin river system.

Features include hot springs in the Rwindi plains and the Virunga Massif volcanoes, such as Nyamulagira (3,068 m) and Nyiragongo (3,470 m), are still active. The areas of lowest and highest rainfall in the Democratic Republic of the Congo are in Virunga National Park.

The considerable altitudinal range results in marked climatic variations which affect the overall biological and geographical diversity of habitats. Habitat types include lakes at various altitudes, marshy deltas and peat bogs, savannahs and lava plains, low altitude equatorial forest, high-altitude glaciers, and snowfields (the Rwenzori peaks have permanent snow cover).

Located at the border between several biogeographic zones, the park protects both tropical rainforest and eastern steppe species, and its range of altitudes adds to the habitat variety. The diversity includes: bamboo and Hagenia forest on the mountains; equatorial forest along the Semiliki; wooded savannah of the Rwindi; steppes; various low savannahs; swamps and transitional habitats; dry thick forest; Neoboutonia macrocalyx forest on the lava plains; wet thick forest; alpine forests; and sparse vegetation above 4,300 m comprising mainly lichens and spermatophyta, although Graminae have been found growing at over 5,000 m.

Some of the largest wild animal concentrations in Africa occur along the rivers of the park. Mammals in the savannah of the Rwindi area include: elephant, hippopotamus, buffalo, numerous antelope including kob, defassa waterbuck and topi, warthog, lion and various monkeys. Large numbers of pelicans occur on the lower Rutshuru. In the Semiliki Valley and on the slopes of the Virunga mountains are gorilla, chimpanzee and okapi. In the extreme north are forest hog and bongo. Birds include Nahan's francolin, forest ground thrush, shoebill and probably papyrus yellow warbler.

Source : UNESCO/CLT/WHC

Description historique

[Uniquement en anglais]

Established in 1925 as Albert National Park (809,000ha); revised by Decree No. 69-041 of 22 August 1969 as Virunga National Park. Designated as a World Heritage site in 1979.

Source : évaluation des Organisations consultatives

Notes

  • Modification dans la numérotation des critères pour les biens inscrits pour leur valeur géologique et biologique sous le critère naturel N (ii). Le critère naturel N (i) a été ajouté. Voir Décision 30.COM 8D.1