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Île Macquarie

Brève description

Cette île de 34 km de long sur 5 km de large est située dans l’océan Austral, à 1 500 km au sud-est de la Tasmanie et à peu près à mi-chemin entre l’Australie et le continent antarctique. L’île constitue la partie exposée de l’arête sous-marine Macquarie, soulevée en cet endroit où la plaque tectonique indo-australienne rencontre celle du Pacifique. Il s’agit d’un site dont la conservation géologique présente une importance majeure car c’est le seul endroit de la planète où des roches en provenance du manteau terrestre (6 km au-dessous du fond de l’océan) sont exposées de façon active au-dessus du niveau de la mer. On trouve parmi ces roches uniques de remarquables exemples de basalte en coussin et d’autres roches extrusives.

© M & G Therin-Weise

Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

L’île Macquarie se situe à 1.500 kilomètres environ au sud-est de la Tasmanie, à mi-chemin entre l’Australie et le continent antarctique. Le bien comprend l’île Macquarie, les îlots Judge et Clerk situés à 11 kilomètres au nord, les îlots Bishop et Clerk, à 37 kilomètres au sud, et les rochers, les récifs et les eaux situés dans un rayon de 12 milles nautiques. Longue de 34 kilomètres et large de 5,5 kilomètres en sa plus grande largeur, l’île principale occupe une surface d’environ 12.785 hectares. Le bien s’étend sur 557.280 hectares.

L’île Macquarie présente une valeur universelle exceptionnelle à double titre. En premier lieu, c’est le seul endroit au monde où les roches en provenance du manteau terrestre (6 kilomètres au-dessous du fond de l’océan) sont exposées de façon active au-dessus du niveau de la mer. L’île offre ainsi une occasion unique d’étudier en détail les caractéristiques et les processus géologiques de la formation de la croûte océanique et de la dynamique des plaques. Parmi ces roches, on trouve de remarquables exemples de basalte en coussin et d'autres roches extrusives. En second lieu, ce site isolé et battu par les vents, constitué de falaises abruptes, de lacs et d’une végétation extrêmement diverse, offre un spectacle exceptionnel marqué par une beauté sauvage et naturelle que vient compléter une faune nombreuse, en particulier des colonies de pingouins et de phoques.

 

Critère (vii) : Parfois décrite comme un grain de poussière jeté dans l’immensité de l’océan Austral, l’île Macquarie offre un spectacle exceptionnel de beauté naturelle et sauvage. Elle est peuplée de nombreuses populations de pingouins et de phoques. Le bien se situe sous les latitudes connues sous le nom de “Cinquantièmes Hurlants”, en raison de la fréquence des vents violents et des tempêtes de mer qui ont sculpté les paysages de l’île Macquarie. Un plateau côtier sert de support à des zones gorgées d’eau et couvertes d’une végétation luxuriante, formant ainsi un marécage posé sur de profonds gisements de tourbe baptisés “édredons de plumes”. L’ensemble est encadré par des parois abruptes qui s’élèvent de façon spectaculaires jusqu’à un plateau parsemé d’innombrables lacs et bassins. Les vents d’ouest incessants, qui gagnent en force à mesure qu’ils franchissent la barrière de l’île, conjugués aux changements topographiques, entraînent une extrême diversification de la végétation qui, en l’espace de quelques mètres, se transforme de prairies luxuriantes en fjeldmark épars. 

La beauté et l’attrait de l’île proviennent en grande partie de sa faune nombreuse et variée qui se réunit pendant la période de reproduction, comme les pingouins. La population reproductrice des Gorfous de Schlegel (Eudyptes schlegeli), espèce endémique de l’île Macquarie et des îlots tout proches de Bishop et Clerk, est évaluée à plus de 850.000 couples, soit l’un des plus importants rassemblements d’oiseaux au monde. Chez les manchots royaux (Aptenodytes patagonicus), la population reproductrice, évaluée à 150.000-170.000 couples en 2000, continue à se multiplier. Les poussins manchots royaux, qui ne s’éloignent pas du nid avant un an, survivent aux rigueurs de l’hiver en se blottissant les uns contre les autres sur les plages balayées par le vent et la neige. Les quatre espèces d’albatros qui nichent dans les falaises abruptes et accidentées sont facilement observables pendant la nidification. Les éléphants de mer australs (Mirounga leonina) forment eux aussi des colonies impressionnantes pendant la période de reproduction.

 

Critère (viii) : L’île Macquarie et ses îlots périphériques présentent des caractéristiques géologiques exceptionnelles. C’est en effet le seul endroit au monde où des roches en provenance du manteau terrestre sont exposées de façon active au-dessus du niveau de la mer. L’île constitue la partie exposée de l'arête sous-marine Macquarie, soulevée en ce point où la plaque tectonique indo-australienne rencontre celle du Pacifique. Cet exemple unique d’exposition montre une séquence remarquablement complète de la structure et de la composition de la croûte océanique et du manteau supérieur, et constitue un témoignage géologique de l’expansion des fonds océaniques et des processus tectoniques à l’œuvre depuis des centaines de millions d’années. L’évolution géologique de l’île Macquarie, qui a commencé il y a 10 millions d’années, se poursuit aujourd’hui encore. L’île se caractérise en effet par des séismes et une vitesse de relèvement rapide, phénomènes liés aux processus géologiques qui se produisent le long de la limite entre les deux plaques.

Des séquences à tous les niveaux de la croûte, jusqu’à 6 kilomètres au-dessous du fond de l’océan, sont exposées, résultat du basculement et du soulèvement différentiel à l’œuvre sur l’île Macquarie. Il s’agit-là d’un témoignage exceptionnel des séquences que l’on trouve fréquemment entre le fond des océans et le manteau supérieur mais qui n’ont été observées nulle part ailleurs dans les affleurements de surface. L’absence de déformation qui caractérise cette croûte exposée est hautement significative car elle permet d’observer divers éléments de la croûte océanique indissociables et interdépendants dans leurs relations naturelles.

L’île Macquarie est la seule ophiolite (système géologique bien développé et étudié) reconnue qui se soit formée dans un bassin océanique majeur. On considère par conséquent que la géologie de l’île constitue un lien entre les ophiolites continentales et celles qui se trouvent dans la croûte océanique.

 

Intégrité

De par sa taille et les éléments qu’il contient, le bien met en évidence les caractéristiques majeures des processus géologiques de l’île Macquarie et des îles périphériques, Bishop et Clerk et Judge et Clerk. Les principaux éléments de la zone de déformation de Macquarie sont tous inclus dans le bien.

L’impact de l’activité humaine, qui se manifeste sur l’île Macquarie depuis 1810, a entraîné une profonde transformation du biote de la réserve. L’exploitation commerciale des phoques et des pingouins, ainsi que l’introduction d’espèces exotiques, ont provoqué l’extinction de certaines espèces endogènes et le déclin important d’autres espèces. Les associations végétales et les cycles de nutriments ont été modifiés en conséquence, ce qui eut pour effet d’avantager certaines espèces au détriment des autres.

Lancés en 1960, les programmes actifs de gestion ont pour objectif de stopper et/ou d’inverser certaines de ces tendances. Dans plusieurs cas, ces programmes ont entraîné des changements très rapides, comme l’éradication des chats passés à l’état sauvage et des râles wékas sur les îles. Cependant, il faudra peut-être plusieurs siècles pour que les programmes de gestion permettent aux processus naturels de l’écosystème de se rétablir. L’île Macquarie est isolée, bien protégée et bien gérée.

 

Eléments requis en matière de protection et de gestion

Le bien est exposé aux conséquences du changement climatique anthropique. L’intégrité du bien, qui est géré et surveillé, est également menacée par la prolifération d’espèces et d’agents pathogènes introduits. Un projet d’éradication des dernières espèces de mammifères nuisibles (lapins, rats noirs et souris) est en cours et devrait être achevé en 2016.

L’île Macquarie, les îlots voisins de Judge et Clerk et de Bishop et Clerk ainsi que les eaux environnantes dans un rayon de trois milles nautiques sont gérées comme une réserve naturelle par le Tasmanian Parks and Wildlife Service (PWS). La gestion de la réserve est guidée par le Plan de gestion 2006 de la zone nature sauvage de la réserve naturelle de l’île Macquarie. Les eaux comprises dans un rayon de 200 milles nautiques à l’est de la réserve font partie pour l’essentiel de la Macquarie Island Commonwealth Marine Reserve, gérée par le Gouvernement australien en coopération avec le PWS.   

La gestion globale des valeurs de patrimoine mondial est définie par une loi, Environment Protection and Biodiversity Conservation Act 1999 du Commonwealth(EPBC Act). Tous les biens australiens du patrimoine mondial sont considérés comme des “éléments d’importance nationale en matière d’environnement” et sont protégés et gérés en vertu de cette loi, instrument juridique permettant la mise en œuvre des obligations de l’Australie en vertu de plusieurs accords multilatéraux sur l’environnement, dont la Convention du patrimoine mondial. Conformément à l’EPBC Act, toute action qui a, aura ou est susceptible d’avoir un impact important sur les valeurs de patrimoine mondial d’un bien du patrimoine mondial doit être portée à la connaissance du ministre compétent pour examen. Une telle action sans autorisation préalable entraîne l’application de sanctions sévères. Dès lors qu’un site est inscrit au patrimoine mondial, la loi prévoit l’élaboration de plans de gestion qui précisent les aspects clés du site concernant le patrimoine et le mode de gestion des valeurs de ce site.

La loi sur l’environnement a avant tout pour objet de protéger de tout impact éventuel les éléments environnementaux revêtant une importance nationale, tels que les biens du patrimoine mondial, même si l’origine de l’impact se situe à l’extérieur du bien ou si les valeurs du bien sont mobiles (la faune par exemple). Elle constitue ainsi un outil supplémentaire pour protéger les valeurs des biens du patrimoine mondial de tout impact extérieur.

Description longue

[Uniquement en anglais]

Macquarie Island is an oceanic island in the Southern Ocean, lying 1,500 km south-east of Tasmania and approximately halfway between Australia and the Antarctic continent. The island is the exposed crest of the undersea Macquarie Ridge, raised to its present position where the Indo-Australian tectonic plate meets the Pacific plate. It is a site of major geo-conservation significance, being the only place where rocks from the Earth's mantle (6 km below the ocean floor) are being actively exposed above sea level.

It is the only island in the world composed entirely of oceanic crust and rocks from the Earth's mantle deep below the surface.

Macquarie Island probably began as a spreading ridge under the sea with the formation of new oceanic crust somewhere between 11 million and 30 million years ago.

At some stage the spreading halted and the crust began to compress, squeezing rocks upward from deep within the mantle. As the ridge grew it eventually became exposed above the ocean surface about 600,000 years ago. Thus, rocks normally only occurring deep within the Earth's mantle have become exposed on the surface.

Since Macquarie Island emerged, it has mainly been carved by marine processes such as wave action, unlike other subantarctic islands, which have been shaped by glaciers.

These unique exposures include excellent examples of pillow basalts and other extrusive rocks.

The main landscape feature is a central rolling plateau 250-300 m above sea level, bounded on all sides by steep cliffs, from the foot of which extends a coastal platform up to 800 m wide. Glacial drift up to 20 m thick covers much of the plateau and there are several lakes.

Among the most aesthetically appealing sights of the island are the vast congregations of wildlife, particularly penguins, on suitable parts of the coastal terrace, especially during breeding seasons.

During the breeding season on suitable beaches elephant seals also form impressive colonies. Four species of albatross nest on steep and rugged cliffs, both on the main island and on nearby Bishop and Clerk Islands.

The terrestrial area of Macquarie Island is a State Reserve with protection extending to low water mark. The marine values are protected by the Macquarie Island Marine Park declared by the Commonwealth on 28 October 1999. The primary purpose of the marine park is to protect the conservation values of the region from human disturbance. The marine park contains the world's largest marine highly protected zone, covering more than 16 million hectares.

Sealers discovered the island in 1810 and inhabited it periodically throughout the 19th century, exterminating the fur seals and greatly reducing the elephant seal population. In 1870, gangs came to exploit the king and royal penguin populations for oil, eliminating the former. The original elephant seal population of about 100,000 animals was reduced by 70% as a result of these operations. The visitors also brought exotic mammals and caused the extermination of two endemic subspecies of land birds.

There are no permanent human inhabitants on Macquarie Island although the Australian Antarctic Division station is occupied all year round. The only access to the island is by sea and there are no harbors or landing facilities, so ship-traffic in the area is minimal.

Source : UNESCO/CLT/WHC