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Île de Mozambique

Island of Mozambique

The fortified city of Mozambique is located on this island, a former Portuguese trading-post on the route to India. Its remarkable architectural unity is due to the consistent use, since the 16th century, of the same building techniques, building materials (stone or macuti) and decorative principles.

Île de Mozambique

La ville fortifiée de Mozambique est située sur cette île, qui était un ancien comptoir portugais sur la route des Indes. Son étonnante unité architecturale est due à l'utilisation constante, depuis le XVIe siècle, des mêmes techniques et matériaux (pierre ou macuti) et des mêmes principes décoratifs.

جزيرة الموزمبيق

تقع مدينة الموزمبيق المحصّنة على هذه الجزيرة التي كانت تُعتبر بمثابة متجر برتغالي قديم على طريق الهند. وتعود وحدتها الهندسيّة المدهشة إلى الاستعمال المستمر للتقنيات والمواد ذاتها (الحجارة والماكوتي) والمبادئ التزيينيّة نفسها منذ القرن السادس عشر.

source: UNESCO/ERI

莫桑比克岛

坚不可摧的莫桑比克城就建在这个岛上,它是历史上葡萄牙人前往印度途中的一个贸易口岸。自16世纪以来,由于城镇建设自始至终使用相同的建筑技术、采用相同的建筑材料以及遵循相同的装饰原则,使得整个城镇的建筑风格保持着惊人的一致性。

source: UNESCO/ERI

Город-остров Мозамбик

Укрепленный город Мозамбик, расположенный на одноименном острове, – это бывший португальский торговый форпост на пути в Индию. Его замечательная архитектурная целостность обусловлена последовательным использованием, начиная с XVI в., одних и тех же методов строительства, строительных материалов (камень «макути») и приемов украшения фасадов.

source: UNESCO/ERI

Isla de Mozambique

En esta isla se halla la ciudad fortificada de Mozambique, antigua factoría portuguesa situada en la ruta marítima de la India. Su sorprendente unidad arquitectónica se debe a la una utilización constante de los mismos métodos de construcción y materiales (piedra o macuti) desde el siglo XVI, así como la aplicación de principios ornamentales siempre idénticos.

source: UNESCO/ERI

モザンビーク島

source: NFUAJ

Eiland Mozambique

Op het eiland Mozambique ligt de versterkte stad Mozambique, een voormalige Portugese handelspost op de route naar India. Zijn opmerkelijke architecturale eenheid is te danken aan het – sinds de 16e eeuw – consequente gebruik van dezelfde bouwtechnieken, bouwmaterialen (steen of ‘macuti’) en decoratieve principes. Het grondgebied van Mozambique werd bewoond door een Bantu stam en rond het jaar 900 door de Arabieren bezet. Vasco da Gama heeft het eiland veroverd terwijl hij op zoek was naar een route over zee naar India. De haven van Mozambique was een van de belangrijkste havens en handelsposten van Portugal op de zeeroute naar India.

Source : unesco.nl

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Île de Mozambique © OUR PLACE The World Heritage Collection
Valeur universelle exceptionnelle

Brief Synthesis

L’Île de Mozambique est un récif corallien calcaire situé à 4 km de la côte continentale, à l’entrée de la baie de Mossuril dans l’océan Indien, dans la province de Nampula, en République du Mozambique. Un pont construit dans les années 1960 relie l’île au continent. L’île forme un archipel avec deux petites îles inhabitées, Goa et Sena, à l’est.

Les communautés insulaires sont intimement liées à l’histoire de la navigation dans l’océan Indien, l’île ayant joué, dès le Xe siècle, un rôle unique dans les liens commerciaux intercontinentaux. Son importance historique internationale est associée au développement et à l’établissement des routes maritimes portugaises entre l’Europe occidentale et le sous-continent indien.

Deux types différents de demeures et systèmes urbains se rencontrent sur l’Île de Mozambique : la ville de pierre et de chaux d’influences swahilie, arabe et européenne dans la moitié nord, et la ville de macuti (la ville aux toits de feuilles de palmiers) de l’architecture africaine traditionnelle dans le sud. La ville de pierre et de chaux, avec ses immeubles administratifs et commerciaux, fut le premier siège du gouvernement colonial portugais qui dura de 1507 à 1898. Par la suite, la capitale fut transférée à Lourenço Marques, aujourd’hui Maputo.

Le tissu urbain et les fortifications de l’Île de Mozambique sont des exemples exceptionnels d’une architecture et de techniques de construction qui résultent d’une diversité culturelle et de l’interaction de peuples d’origine bantoue, swahilie, arabe, perse, indienne et européenne.

L’incroyable unité architecturale de l’île provient de l’utilisation ininterrompue des mêmes techniques de construction, avec les mêmes matériaux et les mêmes principes décoratifs. La plus ancienne forteresse de l’île encore debout (Saint-Sébastian, 1558-1620), les autres bâtiments défensifs et de nombreux édifices religieux (dont un bon nombre date du XVIe siècle) complètent le patrimoine de l’île.

Critère (iv) : La ville et les fortifications établies sur l’Île de Mozambique sont un exemple remarquable d’une architecture où traditions locales, influences portugaises et, dans une moindre mesure, influences indiennes et arabes, s’entrecroisent.

Critère (vi) : L’Île de Mozambique est un important témoignage de l’établissement et du développement des routes maritimes portugaises entre l’Europe occidentale et le sous-continent indien, et par là l’Asie toute entière.

 

Intégrité

Les limites englobent l’intégralité de l’Île de Mozambique. Les deux autres îles de l’archipel sont situées dans la zone tampon. Les limites incluent l’ensemble des attributs clés de la valeur universelle exceptionnelle. Néanmoins, l’environnement de l’île est vulnérable et la zone tampon doit être étendue.

Les importants attributs architecturaux de même que les techniques d’édification de la forteresse inutilisée et des bâtiments défensifs, religieux et administratifs demeurent dans la ville de pierre et de chaux ; tous nécessitent une restauration. De nombreux édifices historiques sont dans un état de délabrement avancé, certains étant en ruines.

Dans la ville de macuti, un conséquent afflux de population lors de la guerre des 16 ans (1976-1992), a entrainé surpopulation et pauvreté, problèmes d’approvisionnement en eau et problèmes d’assainissement, érosion et délabrement sérieux des bâtiments, des infrastructures techniques et de l’environnement construit. Toujours dans cette ville, la rareté et les coûts élevés des matériaux de construction n’ont pas favorisé l’exécution des travaux d’entretien ni d’amélioration.

L’état de conservation du patrimoine architectural n’était pas pleinement satisfaisant lors de l’évaluation de l’ICOMOS. En 2011, les conditions étaient pires en raison des pressions extrêmes de la population. L’intégrité de l’île principale est hautement vulnérable.

L’île est également sur la trajectoire des cyclones et de nombreux travaux de réparation sur les édifices endommagés sont devenus nécessaires à la suite de la tempête dévastatrice de 1994.

 

Authenticité

Les maisons et structures existantes de l’île apportent la preuve que les matériaux et techniques de construction sont originaux. La majorité des bâtiments qui avaient une fonction administrative, commerciale et militaire ont, en règle générale, conservé la forme et le style de leur période de construction mais la conservation d’un monument vivant, conjuguée à de difficiles problèmes socio-économiques et à des demandes changeantes sur le tissu urbain, exige une approche particulièrement sensible.

S’appuyant sur la nature authentique du bien qui subsiste et la mettant en valeur, une étude exhaustive intitulée ‘Programme pour un développement humain durable et une conservation intégrale’, avec des recommandations pertinentes qui reconnaissent pleinement l’authenticité restante des îles, a été préparée à la suite d’une mission circonstanciée en 1996.

Toutefois, les résidences traditionnelles ont changé de forme et de style en conséquence des différentes influences et de l’évolution des circonstances sociales et économiques affectant l’île. Si les actuelles tendances de développement ne sont pas inversées et si sa transformation à travers l’usage de matériaux de construction moderne continue, il existe une réelle possibilité que l’authenticité de la ville de macuti soit compromise. L’authenticité générale du bien est hautement vulnérable.

 

Exigences de protection et de gestion

Depuis 1878, des règlements locaux ont limité les modifications apportées à l’environnement urbain et sont, en principe, toujours applicables. La liste des monuments historiques classés, réalisée par l’ancienne Commission coloniale des monuments et reliques historiques au Mozambique en 1943 et les années suivantes, est actuellement révisée selon de nouveaux critères en vertu de la politique nationale en matière de protection des monuments.

La loi pour la protection du patrimoine culturel mozambicain (loi n° 10/88) précise que toute la ville ancienne est explicitement classée comme un ensemble urbain et que tous les bâtiments antérieurs à 1920 sont classés comme patrimoine culturel national devant être inscrit au Registre national du patrimoine culturel auprès du ministère de la Culture. En vertu de cette loi, les devoirs de garantie et d’entretien de tout détenteur d’un bien du patrimoine culturel classé sont également définis.

À l’Indépendance en 1975, la Constitution mozambicaine a défini la propriété immobilière, stipulant que les conditions d’usage et de profit étaient régies par l’État. En 1976, tous les immeubles en location ont été nationalisés et l’Administração do Parque Imobiliário do Estado (APIE) (Administration du parc immobilier d’État) a été instaurée et chargée du recouvrement des loyers - dont 30 % devaient couvrir la gestion de l’APIE et l’entretien des bâtiments. Toutefois, cette mesure n’a pas eu de suite, étant donné les défis généraux auxquels il a fallu faire face.

En 1975, le Service national des musées et des antiquités a été mis en place et, en 1977, une Brigade pour la conservation et la restauration de l’Ilha de Moçambique a été instituée, suivie d’un Bureau pour la conservation et la restauration des monuments en 1980. Un programme de coopération a débuté avec les pays nordiques en 1983 mais n’a duré que deux ans, en raison de l’insécurité créée par la situation de guerre.

La loi pour la protection du patrimoine culturel du Mozambique a été promulguée en 1988 et a automatiquement déclaré l’ensemble de l’île patrimoine culturel national. Le ministère de la Culture a formellement été identifié comme responsable de la protection du patrimoine culturel à travers la Direction nationale du patrimoine culturel mais cette unité a été abolie en 1996. Néanmoins, les deux départements des musées et des monuments ont continué à coordonner les activités sur l’île.

En conséquence des conclusions du rapport de la mission circonstanciée de 1996 dans le « Programme pour un développement humain durable et une conservation intégrale », un programme international sur deux ans, avec financement conjoint, a permis d’initier un certain nombre de micro-projets en matière d’eau et d’assainissement, de développement du tourisme et de restauration du patrimoine.

D’autres missions de suivi en 2000, 2003, 2005, 2006, 2007, et notamment celle de 2010, ont révélé que quelques progrès positifs avaient été faits, comme la constitution d’un nouveau ministère de la Culture et la réinstauration de la Direction nationale du patrimoine culturel, de même que le renforcement des contrôles de développement. Faisant écho aux autres constatations, la mission de 2010 a observé que beaucoup restait à faire, en particulier pour ce qui était de la coordination des travaux de conservation et de la formation ; de l’enrayement de l’effondrement des bâtiments ; du traitement des problèmes d’eau et de rejet des eaux usées ; de la mise en œuvre d’un plan d’action d’urgence ; de l’institution d’une autorité responsable ; de la délimitation d’une zone tampon ; et des progrès vis-à-vis des constatations des précédentes missions.

De plus, en 2006 le gouvernement a approuvé un statut spécial pour l’île et créé un Bureau de la conservation qui est désormais établi mais a besoin de personnel plus spécialisé.

Un plan de gestion pour le bien du patrimoine mondial a été finalisé et approuvé par le gouvernement du Mozambique en 2010, avec le soutien de différents partenaires internationaux, dont l’UNESCO, le Fonds africain du patrimoine mondial et le Programme Afrique 2009. Le plan garantira la protection des aspects matériels et immatériels du bien et de sa zone tampon, à travers la reconnaissance formelle des systèmes de protection traditionnels qui existent depuis des décennies et autres mesures. Une commission technique a également été établie pour l’île. Un programme de coopération avec le Centre du patrimoine mondial s’intéresse à la manière dont le système de gestion pourrait bénéficier d’idées de l’initiative sur le Paysage urbain historique et aide également à définir une zone tampon qui doit être soumise au Comité du patrimoine mondial pour approbation.

Le bien en est à un stade critique et il est nécessaire d’apporter une expertise multidisciplinaire qui pourra aider à soutenir une initiative majeure afin d’encourager un développement durable au vu des importants problèmes de surpopulation et des menaces qui pèsent sur le tissu bâti et les espaces urbains (Declaração submetida ao ICOMOS).