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Églises de Moldavie

Brève description

Ces huit églises du nord de la Moldavie, construites de la fin du XVe siècle à la fin du XVIe siècle, et couvertes de fresques extérieures, sont des chefs-d’œuvre inspirés de l’art byzantin. Elles sont authentiques et particulièrement bien conservées. Loin d’être de simples décorations murales, ces peintures constituent une couverture systématique de toutes les façades et représentent des cycles complets de thèmes religieux. Leur composition exceptionnelle, l’élégance des personnages et l’harmonie des coloris s’intègrent parfaitement dans le paysage environnant. Les murs intérieurs et extérieurs de l'église du monastère de Suceviţa sont entièrement décorés de peintures murales de la fin du 16e siècle. Elle est la seule à montrer une représentation de l'Echelle de saint Jean Climaque.

Église de la Résurrection du monastère de Sucevi?a © Nomination File

Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Les églises à peinture murale extérieure du nord de la Moldavie, construites de la fin du XVe siècle à la fin du XVIe siècle, sont des chefs-d’œuvre inspirés de l’art byzantin. Ces huit églises du nord de la Moldavie sont uniques en Europe. Elles sont authentiques et particulièrement bien conservées. Loin d’être de simples décorations murales, ces peintures constituent une couverture systématique de toutes les façades et elles représentent des cycles complets de peintures murales religieuses. Leur composition exceptionnelle, l’élégance des personnages et l’harmonie des coloris s’intègrent parfaitement dans le paysage environnant.

Critère (i) : Les peintures extérieures des églises du nord de la Moldavie recouvrent la totalité des façades. Elles représentent un phénomène artistique unique et homogène, directement inspiré de l’art byzantin. Ce sont des chefs-d’œuvre de la peinture murale, d’une valeur esthétique exceptionnelle par leur chromatisme abouti et la grande élégance des personnages. Elles présentent des cycles historiés de la Bible et des Saintes Écritures, dans la tradition chrétienne orthodoxe.

Critère (iv) : L’idée de recouvrir complètement les surfaces extérieures des églises par des peintures constitue un exemple éminent d’un type de construction et de décoration des églises adopté en Moldavie, qui illustre le contexte culturel et religieux des Balkans, de la fin du XVe siècle à la fin du XVIe siècle.

Intégrité et authenticité

L’église monastique de Suceviţa n’a subi aucune modification notable au cours de son histoire. Elle conserve de manière pleinement intègre sa structure architecturale originelle de la fin du XVIe siècle, ainsi que son ensemble de peintures murales, tant intérieures qu’extérieures. Le monastère qui l’enserre a conservé son apparence initiale, notamment son enceinte historique. Le paysage environnant, de type rural et forestier, n’a subi que peu de transformations et d’aménagements jusqu’à présent.

Les peintures murales sont authentiques, car elles n’ont subi que des interventions minimales. Elles sont dans un bon Etat de conservation. Les restaurations entreprises depuis les années 1970 ont été faites avec soin, dans un souci poussé du respect de l’authenticité tant des motifs que des pigments et des conditions de conservation. Les restaurations de la toiture ont rendu à l’église son aspect premier, documenté par les sources iconographiques anciennes.

Mesures de protection et de gestion requises

La protection du bien est satisfaisante, au niveau de l’ensemble de la série comme à Suceviţa, où il s’agit d’un lieu de culte au sein d’un monastère en activité. La protection est complétée par le plan d’urbanisme général de cette zone de la commune de Suceviţa, récemment promulgué (janvier 2010). Il doit permettre un contrôle actif des constructions et des aménagements dans la zone tampon et dans l’environnement paysager de l’église et du monastère. Le plan de gestion a été rédigé, ainsi que la partie concernant l’extension. Le Comité de coordination du bien en série a été institué, mais son fonctionnement local doit être précisé.

Description longue

[Uniquement en anglais]

In the European art of the period, the exterior mural painting of the northern Moldavian churches is a unique phenomenon in Byzantine art and a masterpiece of mural art. In terms of the art of Romania, this group of churches constitutes a specific phenomenon, from the point of view of architecture as well as painting. Their exterior painted walls constitute an exceptional aesthetic value, forming a perfect symbiosis between colour, architecture, and surrounding landscape.

Moldavia became an independent state in the 14th century, achieving its apogee during the anti-Ottoman crusades of princes Stephen the Great and Peter Rares. This also produced a cultural flowering, and the most remarkable series of churches. A general Christian tradition of decorating the exteriors of churches was adopted and extended in Moldavia. This had its own specific iconography, dominated by certain obligatory themes: the Church Hierarchy, the Last Judgement, and the Tree of Jesse. These monuments form a compact and coherent group in chronological terms, all being built in the 1530s and 1540s, during the reign of Peter Rares. They are all within a 60 km radius of Suceava, the residence of the Moldavian princes.

The Church of the Holy Rood, Patrauti, built in 1487 by Stephen the Great, was pillaged in 1653 and 1684 and restored by Prince Nicolas Mavrocordat in the early 18th century. It is a small three-apsed building consisting of a sanctuary, a naos crowned with a high drum, and a narthex. The monumental interior mural painting represents the Passion Cycle.

At the Church of St George of the former Voronet Monastery, also founded by Stephen the Great, the naos and sanctuary were painted between 1488 and 1496 and the narthex in 1552. It is a three-apse structure, with an exonarthex added in 1546. The interior murals represent the Passion Cycle. The walls and the vault of the exonarthex are covered by the 365 scenes of the Calendar of Saints. The exterior murals depict traditional scenes, and the famous Last Judgement, on the western wall.

The Church of the Beheading of St John the Baptist was built as the residence of the Governor of Suceava, Luca Arbore. It was decorated at the order of his granddaughter in 1541 and became the village church when the family died out. The Arbore family is represented in a votive tablet on the wall of the naos and by funerary portraits in the narthex. The high quality of the interior paintings continues on the exterior.

The three-apsed Church of St George, formerly the Metropolitan Church of Moldavia until the late 17th century, is now the catholicon of the Monastery of St John of Suceava. The interior paintings, although somewhat darkened, have exceptional plastic qualities. The exterior paintings of 1534 only survive on the west and south facades, and depict the four traditional themes. They are exceptional by virtue of their monumental composition, elegant silhouettes, harmonious colours and perfect Cyrillic inscriptions.

The Church of St Nicholas and the Catholicon of the Monastery of Probota was built by Prince Peter Rares in 1531 as a family mausoleum. All the paintings are contemporary with the church with the exception of those in the sanctuary, repainted in the 19th century. The exterior mural paintings, in poor condition, show evidence of the hand of a master in their outstanding composition and remarkable use of colours.

The Church of the Assumption of the Virgin of the former Monastery of Humor dates back to before 1415, but the present structure was built in 1530 by the great Logothete Theodore Bulberg and the wife, Anastasia, of Peter Rares. It exhibits certain architectural variations from the traditional three-apsed monastery church, such as the lack of a drum over the narthex.

The Church of the Annunciation of the Monastery of Moldovita was rebuilt by Alexander the Good, but the present structure is earlier. It is very similar in form and decoration to the Humor church, and is believed that the same master may have been responsible for both churches.

Source : UNESCO/CLT/WHC

Description historique

La Moldavie est devenue un état indépendant au 14ème siècle; son apogée se situe pendant les croisades d'Etienne le Grand contre les Ottomans (1457-1504) et celles de Pierre Rares (1527-38, 1541-46). Cette période a également assisté à l'éclosion d'un grand mouvement culturel dont les églises aux murs extérieurs peints sont la plus étonnante manifestation. Une grande tradition chrétienne consistant à décorer l'extérieur des églises s'est alors développée en Moldavie, au point que l'intégralité des façades se trouva ainsi recouverte de peintures. Cette tradition avait sa propre iconographie dominée par certains thèmes spécifiques incontournables : la Hiérarchie de l'Eglise, le Jugement dernier, l'Arbre de Jesse.

Les monuments, objets de la proposition d'inscription sur la Liste du Patrimoine mondial forment un groupe cohérent au plan chronologique, tous ayant été construits dans les années 1530 et 1540 sous le règne de Pierre Rares. 11s sont tous situ& dans un rayon de soixante kilomètres de Suceava, résidence des princes de Moldavie de l'époque. Aucun ne semble avoir été construit après 1552.

Source : évaluation des Organisations consultatives