English Français
Aidez maintenant !

Tiwanaku : centre spirituel et politique de la culture tiwanaku

Tiwanaku: Spiritual and Political Centre of the Tiwanaku Culture

The city of Tiwanaku, capital of a powerful pre-Hispanic empire that dominated a large area of the southern Andes and beyond, reached its apogee between 500 and 900 AD. Its monumental remains testify to the cultural and political significance of this civilisation, which is distinct from any of the other pre-Hispanic empires of the Americas.

Tiwanaku : centre spirituel et politique de la culture tiwanaku

La ville de Tiwanaku fut la capitale d'un puissant empire préhispanique qui étendit son influence sur une vaste zone des Andes méridionales et au-delà, et atteignit son apogée entre 500 et 900 de notre ère. Les vestiges de ses monuments témoignent de l'importance culturelle et politique de cette civilisation qui se distingue nettement des autres empires préhispaniques des Amériques.

التيواناكو: المركز الروحي والسياسي لثقافة تيواناكو

كانت مدينة تيواناكو عاصمة لإمبراطورية قوية بسطت نفوذها قبل الغزو الإسباني على منطقة واسعة من الأنديز الجنوبية وغيرها من المناطق وبلغت ذروتها بين العام500 و900 ب.م. وتشهد آثار هذه المواقع على الأهمية الثقافية والسياسية التي ترتديها هذه الحضارة المتميّزة عن سائر الإمبراطوريات السابقة للغزو الإسباني في الأميركيتين.

source: UNESCO/ERI

蒂瓦纳科文化的精神和政治中心

蒂瓦纳科城(Tiwanaku)是古拉丁美洲印第安王国的首都,当时这一强大的帝国统治了南安第斯山脉及之外的广阔地区。公元500年至900年间,蒂瓦纳科城达到了鼎盛时期。这一地区的文明与美洲其他地方的古拉丁美洲帝国文明有所不同,其历史遗迹证明了这一文明在文化和政治上的重要性。

source: UNESCO/ERI

Древний город Тиауанако: духовный и политический центр доиспанской индейской культуры

Город Тиауанако, столица мощной доиспанской империи, которая господствовала на огромном пространстве, занимаемом Южными Андами и их окрестностями, достигла своего апогея в период с 500 до 900 гг. н.э. Памятники свидетельствуют о культурной и политической значимости этой цивилизации, которая выделяется среди всех других доиспанских империй Америки.

source: UNESCO/ERI

Tihuanaco: centro espiritual y político de la cultura tihuanaco

Tihuanaco fue la capital de un poderoso imperio prehispánico que alcanzó su apogeo entre los años 500 y 900 de nuestra era. Su influencia se extendió por una vasta zona de los Andes meridionales y otras regiones adyacentes. Los vestigios de sus monumentos atestiguan la importancia cultural y política de una civilización netamente diferenciada de las restantes culturas prehispánicas de América.

source: UNESCO/ERI

ティワナク:ティワナク文化の宗教的・政治的中心地
ボリビア東部、チチカカ湖の南16kmの高原に残る謎に包まれた都市遺跡。アンデス山脈以南の広大な地域を支配し、スペイン支配以前の帝国の紀元500~900年に最盛期を迎えた首都跡である。中心はティワナク文化特有の様式をもつ2つの巨大なピラミッド廃墟と、カラササヤの神殿複合建築。当時の姿を今に伝えるこの遺跡は、スペイン支配以前のアメリカ大陸のどの文化とも異なっており、文化的・政治的に重要な存在であったことを物語る。

source: NFUAJ

Tiwanaku: spiritueel en politiek centrum van de Tiwanaku cultuur

De stad Tiwanaku – hoofdstad van een krachtig pre-Spaans rijk – domineerde een groot deel van de zuidelijke Andes en verder. In de 8e eeuw na Christus ging het Tiwanaku rijk z'n meest invloedrijke fase in. In de uitgestrekte regio werden veel dochtersteden of kolonies opgericht. De belangrijkste daarvan was Wari in Peru dat zich later tegen Tiwanku keerde. De politieke dominantie van Tiwanaku begon af te nemen in de 11e eeuw en het rijk stortte de eerste helft van de 12e eeuw in. De monumentale overblijfselen getuigen van de culturele en politieke betekenis van deze beschaving, die zich onderscheidt van andere pre-Spaanse rijken van Amerika.

Source : unesco.nl

  • Anglais
  • Français
  • Arabe
  • Chinois
  • Russe
  • Espagnol
  • Japonais
  • Néerlandais
Tiwanaku : centre spirituel et politique de la culture tiwanaku © Rodrigo Varas
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Tiwanaku se trouve près de la rive méridionale du lac Titicaca, sur l’Altiplano, à une altitude de 3 850 m, dans la province d’Ingavi, département de La Paz. Une grande partie de la ville ancienne, en grande partie construite en adobe, a été effacée par la ville moderne. Les édifices monumentaux construits en pierre se sont toutefois conservés à l’intérieur de zones archéologiques protégées.

Tiwanaku, centre spirituel et politique de la culture tiwanaku, a d’abord été un petit lieu de peuplement qui s’est développé pour devenir une ville planifiée entre 400 et 900 apr. J.-C. Cette culture se définit essentiellement par l’organisation spatiale de ses fonctions civiles-cérémonielles, le centre de la cité étant placé en fonction des points cardinaux et construit en imposantes pierres de taille soigneusement sculptées. Tout un système complexe de drainage souterrain contrôlait le flux des eaux pluviales.

L’espace public-religieux de cette ville est rythmé par un ensemble de constructions architecturales qui correspondent aux différentes périodes d’avancées culturelles : le temple semi-souterrain, le temple de Kalasasaya, la pyramide d’Akapana et la pyramide de Pumapumku. De plus, l’espace politico-administratif est représenté par des constructions comme le palais de Putuni et le Kantat Hallita. Cet ensemble architectural reflète la structure politique complexe de la période et son caractère nettement religieux. Le monument le plus imposant de Tiwanaku est le temple d’Akapana. Cette pyramide se composait à l’origine de sept plates-formes superposées, contenues par des murs de soutènement en pierre de plus de 18 m de haut. Seul l’étage inférieur et une partie des murs intermédiaires ont été conservés. Les études ont permis d’établir que la pyramide était à l’origine revêtue de grès et d’andésite et surmontée par un temple. Elle est entourée de canaux de drainage très bien conservés. Les murs du petit temple semi-souterrain (Templete) sont faits de 48 piliers de grès rouge. Plusieurs têtes creusées dans la pierre sont insérées dans les murs, sans doute en souvenir d’une pratique d’exposition dans le temple des têtes tranchées des ennemis vaincus.

Au nord de l’Akapana, se trouve la Kalasasaya, grand temple rectangulaire ouvert, dont on pense qu’il était un observatoire. On y accède par une volée de sept marches, au centre de son mur Est. L’intérieur renferme deux monolithes sculptés et la monumentale porte du Sud, l’un des plus importants exemples de l’art de Tiwanaku : elle se compose d’un seul bloc d’andésite taillé pour former une grande porte dont les côtés étaient percés de niches (Hornacinas). Au-dessus de la porte, une frise délicatement travaillée en bas-relief figure en son centre une divinité debout sur une plate-forme à gradins, qui porte une coiffure élaborée et tient un sceptre dans chaque main ; la déesse est flanquée d’une rangée d’oiseaux anthropomorphiques et, aux extrémités du panneau, d’une série de visages humains. L’ensemble a été interprété comme un calendrier agricole.

Les fondateurs de cette cité ont perfectionné la technique de sculpture et de polissage de différentes sortes de pierres utilisées pour la construction, qui, avec des techniques architecturales particulières, ont embelli les espaces dotés de monuments.

Les fondements économiques de cette cité sont mis en évidence par l’existence de près de 50 000 champs agricoles, dénommés localement sukakollos, caractérisés par leurs techniques d’irrigation qui ont permis aux différentes cultures de s’adapter facilement aux conditions climatiques. Les terrasses artificielles constituent une importante avancée pour l’agriculture car elles ont rendu possible une forme d’agriculture durable et donc l’évolution de l’empire tiwanaku. Ces innovations, reprises par les civilisations suivantes, se sont propagées jusqu’à Cuzco.

La dynamique sociale de cette population du haut-plateau a été soutenue par de puissants éléments religieux exprimés dans une iconographie variée d’images zoomorphiques et anthropomorphiques stylisées. Le pouvoir politique et idéologique représenté sur différents supports matériels s’est étendu jusqu’aux frontières de l’empire, jusqu’aux populations des vallées et des régions côtières les plus éloignées. Beaucoup de villes et de colonies ont été édifiées dans cette vaste région sous la domination tiwanaku. Ce pouvoir a commencé à décliner au XIe siècle et l’empire s’est effondré dans la première moitié du XIIe siècle. Tiwanaku, centre spirituel et politique de la culture tiwanaku constitue l’une des plus importantes expressions urbaines pré-incas de la région andine en Amérique du Sud. Le site a été la capitale d’un puissant empire qui a duré plusieurs siècles et s’est caractérisé par l’utilisation de nouvelles technologies et de nouveaux matériaux pour l’architecture, la poterie, les textiles, les métaux et la fabrication de paniers. Il a été l’épicentre d’un savoir et de savoirs locaux car il a étendu sa sphère d’influence jusqu’aux vallées inter-andines et à la côte.

La politique et l’idéologie avaient un caractère religieux et se sont intégrées à la sphère d’influence, touchant divers groupes ethniques de différentes régions. Ce caractère multiethnique est manifeste dans la diversité stylistique et iconographique des matériaux archéologiques. Les bâtiments monumentaux du centre administratif et religieux du bien témoignent de la force économique et politique de la grande cité et de son empire.

Critère (iii) : Les ruines de Tiwanaku sont le témoignage remarquable de la puissance d’un empire qui a joué un rôle majeur dans le développement de la civilisation préhispanique des Andes.

Critère (iv) : Les monuments de Tiwanaku sont des exemples exceptionnels de l’architecture et de l’art cérémoniel et public d’une des manifestations les plus importantes des civilisations de la région andine.

Intégrité

Tous les attributs incarnant la valeur universelle exceptionnelle du bien sont représentés à l’intérieur de ses limites. Les vestiges archéologiques ont conservé dans une certaine mesure leur intégrité physique, bien que des mesures systématiques de conservation et d’entretien soient nécessaires pour assurer leur stabilité physique et leur protection contre les effets négatifs des conditions climatiques à long terme. De même, il est essentiel de faire effectivement appliquer des mesures réglementaires pour protéger les vastes zones de l’ancien ensemble urbain qui subsistent sous le village moderne de Tiwanaku et sous les exploitations agricoles, afin de maintenir l’intégrité de ces vestiges.

Authenticité

Comme la plupart des sites archéologiques, Tiwanaku a conservé un degré d’authenticité très élevé. Toutefois, un plan de conservation comportant des directives précises d’interventions prenant en considération la forme et la conception originales, ainsi que les matériaux utilisés pour la construction, devra être mis en œuvre pour s’assurer du maintien des conditions d’authenticité.

Eléments requis en matière de protection et de gestion

L’État bolivien a établi des réglementations au niveau des autorités nationales, départementales et locales concernant la conservation, la protection et la sauvegarde du bien. On peut citer entre autres la Constitution politique de l’État bolivien, art. 191, loi 03/10/1906 ; D.S. 11/11/1909 ; loi 8/05/1927 ; D.L. 08/01/1945 ; D.S. n° 05918-06/11/1961 ; R.M. n° 1652-27/11/1961 ; D.S. n° 7234-30/06/1965 ; R.M. n° 082/97-03/06/1997 ; D.S. n° 25263-30/12/1998. Réglementation départementale : RAP n° 0107-19/02/1999. Accords entre les institutions de l’État bolivien et la municipalité de Tiwanaku : Dossier d’engagement pour Tiwanaku du 22/02/1999 ; Accord de coopération interinstitutionnelle entre le vice-ministre de la Culture et la municipalité de Tiwanaku du 01/12/1998. Certificat municipal de protection du patrimoine archéologique de Tiwanaku du 08/01/2000. Les limites de protection et de sauvegarde du bien ont été établies aux termes du D.S. n° 25647-14/01/2000, où il est précisé que ce patrimoine culturel est la propriété de l’État et qu’il est divisé en trois zones. Les deux premières (Kalasasaya, de 23,5 ha et Pumapunku, de 7 ha) sont physiquement protégées ; la troisième zone (Mollukontu, de 41 ha) va être protégée dans le cadre du plan principal de conservation. Pour garantir l’intégrité et l’authenticité des zones classées propriétés de l’État bolivien, il a été créé une zone de protection constituée d’un périmètre de protection de 100 m de large, entourant les trois zones archéologiques précédemment délimitées comme une seule zone polygonale. Un programme prévoit également l’acquisition d’autres zones pour le compte de l’État bolivien.

D’autre part, le principal plan de gestion de Tiwanaku (1999-2009) comporte des outils de planification. Il existe aussi un plan de conservation. Le principal plan de gestion prévoit la mise en œuvre des programmes suivants : recherches archéologiques, conservation et restauration, recherche en anthropologie, infrastructure en général, diffusion et communication, et administration du site. Cela va également compléter le plan principal de conservation qui va traiter des facteurs naturels et humains qui affectent le site de Tiwanaku.

Description longue

Les ruines de Tiwanaku offrent un impressionnant témoignage du pouvoir d'un Empire qui a joué un rôle majeur dans les développements de la civilisation préhispanique des Andes. Ses constructions offrent des exemples exceptionnels d'architecture publique et sacrée, et de l'art de l'une des plus importantes civilisations de cette région.

Tiwanaku, au cours de la phase connue sous le nom de « période du village », vers 1200 av. J.-C., était à l'origine une petite agglomération. Elle était autosuffisante, avec une forme d'agriculture non irriguée fondée sur un bétail résistant aux grands froids, essentiel compte tenu de l'altitude élevée du site : elle produisait des tubercules comme les pommes de terre, la oca et les céréales, notamment le quinoa. Près du lac Titicaca, les zones les mieux protégées produisaient aussi du maïs et des pêches. Les habitants vivaient dans des maisons rectangulaires en adobe, qui donnaient sur des rues pavées.

Au cours du Ier  siècle apr. J.-C., Tiwanaku devint rapidement une petite ville, probablement grâce à l'introduction de la métallurgie du cuivre, qui permit de développer des instruments et des technologies plus avancées, et de créer un système d'irrigation. La classe supérieure opulente, qui contrôlait aussi le commerce rémunérateur de la laine provenant des grands troupeaux d'alpagas domestiqués de cette région, put dégager les fonds nécessaires à la construction de grands bâtiments publics en pierre et de routes pavées reliant Tiwanaku aux autres sites de la région. Les rives marécageuses du lac, où les conditions climatiques étaient plus favorables, furent alors bonifiées en créant des champs sur des terrasses surélevées.

L'apogée de l'Empire de Tiwanaku commença probablement au VIIIe  siècle. La métropole fonda alors de nombreuses villes ou colonies dans son vaste territoire. La plus importante, Wari, au Pérou, devait elle-même bientôt se poser en rivale de Tiwanaku. La domination politique de la ville commença à décliner au XIe  siècle, et son empire s'effondra dans la première moitié du XIIe  siècle.

Tiwanaku se trouve sur l'Altiplano, près de la rive méridionale du lac Titicaca, à une altitude de 3 850 m. Une grande partie de la ville ancienne, qui était pour une bonne part construite en adobe, a été effacée par la ville moderne. Toutefois, les édifices monumentaux construits en pierre se sont conservés à l'intérieur de zones archéologiques protégées. Le monument le plus imposant de Tiwanaku est le temple d'Akapana. Cette pyramide se composait à l'origine de sept plates-formes superposées, contenues par des murs de soutènement hauts de plus de 18 m. Seul l'étage inférieur et une partie des murs intermédiaires ont été conservés. Les études ont permis d'établir que la pyramide était à l'origine revêtue de pierre bleue et surmontée par un temple, comme c'était l'usage dans les pyramides d'Amérique centrale. Elle est entourée de canaux de drainage qui sont très bien conservés. Les murs du petit temple semi-souterrain (Templete) sont faits de 48 piliers de grès rouge. Plusieurs têtes creusées dans la pierre sont insérées dans les murs, certainement en souvenir d'une pratique d'exposition dans le temple des têtes tranchées des ennemis vaincus.

La Kalasasaya , un grand temple rectangulaire ouvert, dont on pense qu'il était un observatoire, se trouve au nord de l'Akapana. On y accède par une volée de sept marches, au centre de son mur oriental. L'intérieur renferme deux monolithes sculptés et la monumentale porte du Sud, l'un des plus importants exemples de l'art de Tiwanaku : elle se compose d'un seul bloc d'andésite taillé pour former une grande porte dont les côtés étaient percés de niches. Au-dessus de la porte, une frise élaborée en bas relief figure en son centre une divinité debout sur une plate-forme à gradins, qui porte une coiffure complexe et tient un sceptre dans chaque main ; la déesse est flanquée d'une file d'oiseaux anthropomorphes et, aux extrémités du panneau, d'une série de visages humains. L'ensemble a été interprété comme un calendrier agricole.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique

Tiwanaku commence par se développer modestement, au cours de sa « période villageoise », vers 1200 avant J.-C. Autosuffisant, le village privilégiait une forme d'agriculture non irriguée à base de cultures résistantes au gel, ce qui s'avère indispensable à une telle altitude, et produisait des tubercules tels que la pomme de terre (Solanum tuberosum), l'oxalide tubéreuse (Oxalis tuberosa) et des céréales comme la quinoa (Chenopodium quinoa). Sur certaines terres plus protégées, près du lac Titicaca, on a également pratiqué la culture du maïs et des pêches. La population vivait dans des maisons rectangulaires d'adobe reliées par des rues pavées.

Au cours du Ier siècle après J.-C., Tiwanaku prend rapidement les dimensions d'une petite ville. Cet essor est probablement dû à l'introduction de la métallurgie du cuivre et, par conséquent, à la confection d'outils de qualité supérieure. Ces derniers ont favorisé l'élaboration de systèmes d'irrigation qui entraîneront des excédents agricoles stimulant à leur tour l'émergence d'une structure sociale hiérarchique et l'apparition d'artisans spécialisés.

La classe dirigeante, qui contrôle également le commerce lucratif de la laine provenant des vastes troupeaux d'alpagas domestiqués de la région, finance la construction de grands édifices de pierre conçus par des architectes sur une échelle gigantesque et somptueusement décorés par des maçons qualifiés. Des rues pavées reliant Tiwanaku à d'autres villages de la région sont construites pour l'exportation des produits locaux à dos de lamas. La répartition des objets artisanaux en cuivre, céramique, textile et pierre issus des ateliers de Tiwanaku montre que vers 550 après J.-C., la ville était devenue la capitale d'un vaste empire s'étendant sur ce qui constitue actuellement le sud du Pérou, le nord du Chili, la majeure partie de la Bolivie et certaines zones d'Argentine.

Au bord du lac, les zones marécageuses, aux conditions climatiques plus propices, sont aménagées en champs en terrasses pour être cultivées. L'entreprise était colossale, la zone concernée étant estimée à 65 kilomètres carrés. Les camellones, larges de 6 mètres et pouvant atteindre 200 mètres de long, étaient divisés par des canaux d'irrigation de 3 mètres de large. Les canaux servaient non seulement à irriguer et à enrichir la terre, mais stockaient également la chaleur du jour, améliorant ainsi sensiblement le microclimat des champs.

L'empire de Tiwanaku entame sa phase de grande puissance au VIIIe siècle après J.-C. De nombreuses villes ou colonies fidèles voient le jour dans la région d'influence de Tiwanaku dont la plus importante est Huari, ville du Pérou qui parvient même à rivaliser avec Tiwanaku. À son apogée, Tiwanaku se serait étendue sur une zone de plus de 6 kilomètres carrés et aurait enregistré une population de 70 000 à 125 000 habitants.

Au XIe siècle, l'hégémonie politique de Tiwanaku commence à décliner et l'empire s'écroule dans la première partie du XIIe siècle pour des raisons encore incertaines. Les spécialistes, qui écartent désormais l'hypothèse de l'invasion et de la conquête, optent plutôt pour un changement climatique responsable de récoltes médiocres et pour une désagrégation progressive du pouvoir central qui aurait cédé aux pressions des différentes composantes réclamant leur autonomie.

Source : évaluation des Organisations consultatives