English Français
Aidez maintenant !

Ville historique de Sucre

Historic City of Sucre

Sucre, the first capital of Bolivia, was founded by the Spanish in the first half of the 16th century. Its many well-preserved 16th-century religious buildings, such as San Lázaro, San Francisco and Santo Domingo, illustrate the blending of local architectural traditions with styles imported from Europe.

Ville historique de Sucre

Première capitale de la Bolivie, Sucre fut fondée par les Espagnols dans la première moitié du XVIe siècle. Elle possède de nombreux édifices religieux comme San Lazaro, San Francisco et Santo Domingo qui offrent une image bien conservée de l’alliance architecturale de traditions locales à des styles importés d’Europe.

مدينة سوكريه التاريخية

أسس الإسبان مدينة سوكريه، العاصمة الأولى لبوليفيا، في النصف الأول من القرن السادس عشر. وهي تضم العديد من المباني الدينية كسان لازارو وسان فرانسيسكو وسانتو دومينغو التي تعكس جميعها صورة محفوظة عن المزيج الهندسي بين التقاليد المحلية والأنماط المستوردة من أوروبا.

source: UNESCO/ERI

苏克雷古城

玻利维亚第一个首都苏克雷城是16世纪上半叶由西班牙人建立的。当地保存完好的一些16世纪宗教建筑,例如圣洛伦佐教堂(San Lázaro)、圣弗朗西斯科教堂(San Francisco)和圣多明戈教堂(Santo Domingo),都体现了当地建筑特色和欧洲外来建筑风格的融合。

source: UNESCO/ERI

Исторический город Сукре

Сукре, первая столица Боливии, была основана испанцами в первой половине XVI в. Хорошо сохранившиеся религиозные здания XVI в., такие как Сан-Ласаро и Санто-Доминго, иллюстрируют смешение местных архитектурных традиций со стилями, заимствованными из Европы.

source: UNESCO/ERI

Ciudad histórica de Sucre

Fundada por los españoles en la primera mitad del siglo XVI, Sucre fue la primera capital de Bolivia. Cuenta con numerosas iglesias bien conservadas de esa época –por ejemplo, las de San Lí¡zaro, San Francisco y Santo Domingo– que ilustran la mezcla de las tradiciones arquitectónicos locales con los estilos importados de Europa.

source: UNESCO/ERI

古都スクレ

source: NFUAJ

Historische stad Sucre

Sucre - de eerste hoofdstad van Bolivia - werd gesticht door de Spanjaarden in de eerste helft van de 16e eeuw. De gebouwen in het historische centrum van de stad zijn kenmerkend voor de 18e-eeuwse lokale architectuur. De gebouwen uit de late 18e en vroege 19e eeuw zijn aangepast aan een neoklassieke stijl meegenomen uit grootstedelijk Spanje. De vele goed bewaard gebleven 16e-eeuwse religieuze gebouwen, zoals de San Lázaro, San Francisco en Santo Domingo, illustreren de vermenging van de lokale architectonische tradities met stijlen geïmporteerd uit Europa. Zo toont de architectuur van de Metropolitan kathedraal invloeden van de Renaissance, Barok en 'Mestizo Baroque'.

Source : unesco.nl

  • Anglais
  • Français
  • Arabe
  • Chinois
  • Russe
  • Espagnol
  • Japonais
  • Néerlandais
casa de la libertad © A. Sandoval-Ruiz
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse  

La Ville historique de Sucre, située au pied des collines de Sica Sica et Churuquella dans le sud-centre de la Bolivie, est une excellente illustration, intacte et bien conservée, du métissage architectural réalisé en Amérique Latine par l’assimilation des traditions locales et des styles importés d’Europe. Fondée par les Espagnols en 1538 comme Ciudad de la Plata de la Nueva Toledo (Ville de l’Argent de la Nouvelle Tolède) sur les terres de culture autochtone Yampara de la confédération Charcas, La Plata fut longtemps le centre judiciaire, religieux et culturel de la région. La ville fut renommée en l’honneur du défunt leader de l’indépendance Antonio José de Sucre en 1839, au moment où elle fut proclamée première capitale de la Bolivie.

La ville hispanique fut conçue selon un urbanisme simple avec une voirie en damier, semblable aux autres villes fondées par les Espagnols en Amérique au XVIe siècle. La richesse minière de la proche ville de Potosí influa sur le développement économique de La Plata, qui fut aussi un important centre culturel (université de Saint-François-Xavier, académie royale Carolina, séminaire Sainte-Isabelle-de-Hongrie) et siège de l’Audience de Charcas, précurseur de l’actuelle Cour Suprême. En 1609 la ville devint le siège d’un archevêché et durant le XVIIe siècle La Plata fit office de centre religieux pour les territoires espagnols de l’est du continent.

De nombreux bâtiments religieux, situés sur les 113.76 ha du centre historique de la ville, témoignent de la période qui a marqué les débuts de la ville hispanique, y compris des églises datant du XVIe siècle telles que Saint-Lazare, Saint-François, Saint-Dominique et la Cathédrale Métropolitaine dont la construction commença en 1559 et ne fut pas achevée avant 250 ans. La Casa de la Libertad (Maison de la Liberté), construite en 1621 comme une partie du couvent des Jésuites, est considérée comme le monument historique le plus important de Bolivie car c’est là où eurent lieu les événements qui ont conduit à l’indépendance du pays. Les bâtiments du XVIIIe siècle sont caractéristiques de l’architecture locale, et similaires à ceux construits durant la même période à Potosí. Les bâtiments plus récents (fin du XVIIIe et début du XIXe siècle) conservaient les patios qui avaient caractérisé les périodes antérieures mais furent adaptés au style néo-classique importé de l’Espagne métropolitaine. Les bâtiments de Sucre illustrent avec éloquence le mélange des traditions architecturales locales et des styles importés d’Europe, y compris ceux du début de la Renaissance, Mudéjar, gothique, baroque et néo-classique, entre les XVIe et XIXe siècle.

Critère (iv ) :

Le riche patrimoine du centre historique de la ville hispanique de Sucre (La Plata) est une excellente illustration, intacte et bien conservée, de ce métissage architectural réalisé en Amérique Latine par l’assimilation des traditions locales et des styles importés d’Europe.

Intégrité

La délimitation du bien englobe tous les éléments nécessaires à l’expression de la valeur universelle exceptionnelle de la Ville historique de Sucre, y compris les bâtiments construits entre les XVIe et XIXe siècles qui illustrent l’assimilation et le mélange des traditions architecturales locales et des styles importés d’Europe. La délimitation est donc d’une taille suffisante (472.8 ha) pour permettre une représentation complète des caractéristiques et processus qui transmettent l’importance de ce bien. De même, le bien ne subit pas des effets négatifs liés au développement ou au manque d’entretien. Il y a une zone tampon de 358.24 ha.

Authenticité

La Ville historique de Sucre est authentique en termes de formes et conceptions, matériaux et substances, et de situation et cadre. Ses bâtiments, produit architectural de la symbiose des styles locaux et importés, ont été maintenus et conservés d’une manière homogène et harmonieuse  autant dans la forme que dans le cadre, en harmonie avec l’environnement.

Eléments requis en matière de protection et de gestion

La Ville historique de Sucre est protégée par diverses lois nationales, décrets suprêmes, ordonnances nationales et municipales et résolutions qui déterminent spécifiquement des mesures de protection légale, incluant parmi d’autres la Constitution Politique de l’État, Art. 191 ; la Loi sur les Monuments nationaux, 8/5/1927 ; les Monuments d’art : Déclaration, à Sucre, de 8 monuments nationaux, Art. 8 du Décret Suprême (D.S.) 11/4/1930 ; Déclaration comme ville historique du centre-ville ancien de la ville de Sucre, D.S. Nº 9004 du 27/11/1969 ; Déclaration comme Monuments Nationaux des bâtiments et structures situés à Sucre, D.S. Nº 9365 du 27/8/1970 ; Normes complémentaires sur le patrimoine artistique, historique, archéologique et de monuments, D.S. Nº 05918 du 6/11/1961 ; et la Loi de l’encouragement du patrimoine, Nº 2068 du 12/4/2000    

L’agence responsable de la gestion du bien est le Ministère des Cultures dépendant du gouvernement national, qui a développé des politiques de préservation et de conservation comme la Régulation du Patrimoine historique (Chapitre IV) et l’Approche Mesurant la Performance du Traitement du Patrimoine Historique (Chapitre III) du Plan Régulateur de Sucre de 1974. Le plan emploie les supports social, économique et éducatif à travers le développement du tourisme culturel envisagé comme une ressource pour le maintien et la préservation du centre-ville historique. Les outils municipaux clés incluent le Plan Majeur de Revitalisation du Centre-ville Historique, approuvé par O.M. Nº 083/08 ; et le Règlement de Conservation des Zones Historiques de Sucre, approuvé par O.M. Nº 003/98, instrument légal et technique qui régule les interventions dans les trois zones protégées du centre-ville historique et inclut encouragements et pénalités. L’Unidad Mixta Municipal de Patrimonio Histórico – Plan de Rehabilitación de las Áreas Históricas de Sucre « PRAHS » (Unité Mixte Municipale de Patrimoine Historique – Plan de Réhabilitation des Zones Historiques de Sucre « PRAHS ») est responsable du respect du règlement ; toute action ou intervention dans le centre-ville historique doit avoir l’approbation de cette unité La préservation et la conservation de la Ville historique de Sucre s’appuie sur les normes de niveau international, avec des financements nationaux et internationaux.

Le maintien de la valeur universelle exceptionnelle du bien au fil du temps nécessitera de s’assurer que la valeur universelle exceptionnelle, l’authenticité et l’intégrité du bien ne sont pas compromises par des menaces potentielles ou identifiées. Le plan de développement de Sucre devra, toutefois, renforcer les aspects liés à la préservation du patrimoine culturel.

Description longue

Le riche patrimoine du centre historique de la ville espagnole de Sucre (connue aussi comme la ville aux quatre noms : La Plata, Characas, Ciudad Blanca et Sucre) est un exemple extrêmement significatif, et particulièrement bien conservé, pour l'Amérique latine, de création d'un style architectural composite résultant de la fusion de traditions locales et de styles importés d'Europe.

La ville de La Plata a été fondée par Pedro de Anzures, marquis de Campo Rotondo, en 1538, en liaison avec l'exploitation des mines supervisée par Gonzalo Pizarro, qui s'intéressait à l'exploration de la région montagneuse orientale de la Cordillère des Andes. En 1559, le roi d'Espagne Philippe II, pour faciliter l'administration des territoires orientaux, ordonna la fondation de la Audiencia de Characas, avec ses quartiers généraux dans la ville de La Plata. La Audiencia avait une autorité judiciaire et des pouvoirs exécutifs, et présidait aux régions aujourd'hui occupées par le Paraguay, par le sud-est du Pérou, par le nord du Chili et de l'Argentine, ainsi que par la plus grande partie de la Bolivie. La ville espagnole présentait un plan urbain très simple, comparable à celui des villes fondées par les Espagnols aux Amériques au XVIe siècle. La richesse des minéraux de la ville de Potosí, située non loin de là, favorisa le développement économique de La Plata, qui était également un centre culturel majeur (université de San Francisco, académie royale Carolina, séminaire San Isabel de Hungria), et le siège de la Characas Audiencia, une institution qui préfigurait la Cour suprême actuelle.

En 1609, la ville devint le siège d'un archevêché et, au cours du XVIIe siècle, La Plata était devenue le centre judiciaire, religieux et culturel des territoires espagnols de l'est du continent. La première revendication à l'indépendance par des Américains s'y manifesta en 1809. L'indépendance fut proclamée en août 1825, donnant naissance à une nouvelle république, qui reçut le nom de Bolivie. Au cours de ces mêmes jours, le nom de la ville, La Plata, fut remplacé par celui de Sucre en l'honneur du maréchal António José de Sucre, qui combattit pour libérer le pays du joug espagnol.

Les constructions du centre historique sont caractéristiques de l'architecture locale du XVIIIe siècle, et semblables à celles construites à la même époque à Potosí. Les édifices plus récents (fin du XVIIIe siècle et début du XIXe siècle) conservent des patios, mais ont été adaptés au style néoclassique importé de l'Espagne métropolitaine. La maison de la Liberté est considérée comme le principal monument historique de la ville, parce qu'il fut le cadre des événements qui portèrent à l'indépendance de la Bolivie. Construit en 1621, il faisait à l'origine partie du couvent des jésuites.

Par ailleurs, de nombreux édifices religieux témoignent de la période qui a marqué le début de la ville espagnole, notamment les églises construites par les colons dès le XVIe siècle, comme San Lázaro, San Francisco, Santo Domingo et la cathédrale métropolitaine, dont la construction débuta en 1559, et qui n'était pas complètement achevée deux siècles et demi plus tard ; son architecture présente des traits mixtes, Renaissance, baroques et « Mestizo baroque ». L'église Santa Barbara est la seule église de style Renaissance en Bolivie. Toutes les églises de Sucre illustrent l'alliance architecturale de traditions locales à des styles importés d'Europe.

Source : UNESCO/CLT/WHC