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Ville historique de Sucre

Brève description

Première capitale de la Bolivie, Sucre fut fondée par les Espagnols dans la première moitié du XVIe siècle. Elle possède de nombreux édifices religieux comme San Lazaro, San Francisco et Santo Domingo qui offrent une image bien conservée de l’alliance architecturale de traditions locales à des styles importés d’Europe.

casa de la libertad © A. Sandoval-Ruiz

Description longue

Le riche patrimoine du centre historique de la ville espagnole de Sucre (connue aussi comme la ville aux quatre noms : La Plata, Characas, Ciudad Blanca et Sucre) est un exemple extrêmement significatif, et particulièrement bien conservé, pour l'Amérique latine, de création d'un style architectural composite résultant de la fusion de traditions locales et de styles importés d'Europe.

La ville de La Plata a été fondée par Pedro de Anzures, marquis de Campo Rotondo, en 1538, en liaison avec l'exploitation des mines supervisée par Gonzalo Pizarro, qui s'intéressait à l'exploration de la région montagneuse orientale de la Cordillère des Andes. En 1559, le roi d'Espagne Philippe II, pour faciliter l'administration des territoires orientaux, ordonna la fondation de la Audiencia de Characas, avec ses quartiers généraux dans la ville de La Plata. La Audiencia avait une autorité judiciaire et des pouvoirs exécutifs, et présidait aux régions aujourd'hui occupées par le Paraguay, par le sud-est du Pérou, par le nord du Chili et de l'Argentine, ainsi que par la plus grande partie de la Bolivie. La ville espagnole présentait un plan urbain très simple, comparable à celui des villes fondées par les Espagnols aux Amériques au XVIe siècle. La richesse des minéraux de la ville de Potosí, située non loin de là, favorisa le développement économique de La Plata, qui était également un centre culturel majeur (université de San Francisco, académie royale Carolina, séminaire San Isabel de Hungria), et le siège de la Characas Audiencia, une institution qui préfigurait la Cour suprême actuelle.

En 1609, la ville devint le siège d'un archevêché et, au cours du XVIIe siècle, La Plata était devenue le centre judiciaire, religieux et culturel des territoires espagnols de l'est du continent. La première revendication à l'indépendance par des Américains s'y manifesta en 1809. L'indépendance fut proclamée en août 1825, donnant naissance à une nouvelle république, qui reçut le nom de Bolivie. Au cours de ces mêmes jours, le nom de la ville, La Plata, fut remplacé par celui de Sucre en l'honneur du maréchal António José de Sucre, qui combattit pour libérer le pays du joug espagnol.

Les constructions du centre historique sont caractéristiques de l'architecture locale du XVIIIe siècle, et semblables à celles construites à la même époque à Potosí. Les édifices plus récents (fin du XVIIIe siècle et début du XIXe siècle) conservent des patios, mais ont été adaptés au style néoclassique importé de l'Espagne métropolitaine. La maison de la Liberté est considérée comme le principal monument historique de la ville, parce qu'il fut le cadre des événements qui portèrent à l'indépendance de la Bolivie. Construit en 1621, il faisait à l'origine partie du couvent des jésuites.

Par ailleurs, de nombreux édifices religieux témoignent de la période qui a marqué le début de la ville espagnole, notamment les églises construites par les colons dès le XVIe siècle, comme San Lázaro, San Francisco, Santo Domingo et la cathédrale métropolitaine, dont la construction débuta en 1559, et qui n'était pas complètement achevée deux siècles et demi plus tard ; son architecture présente des traits mixtes, Renaissance, baroques et « Mestizo baroque ». L'église Santa Barbara est la seule église de style Renaissance en Bolivie. Toutes les églises de Sucre illustrent l'alliance architecturale de traditions locales à des styles importés d'Europe.

Source : UNESCO/CLT/WHC