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Centre historique de San Gimignano

Brève description

La ville de San Gimignano delle belle Torri est située en Toscane, à 56 km au sud de Florence. C'était un important point de relais pour les pèlerins qui se rendaient à Rome ou en revenaient par la Via Francigena. Les familles nobles qui contrôlaient la ville avaient bâti quelque 72 maisons-tours (jusqu'à 50 m de hauteur), symboles de leurs richesses et de leur pouvoir. Il ne reste que 14 de ces tours mais San Gimignano a conservé son ambiance et son apparence féodales. La ville recèle également des chefs-d'œuvre de l'art italien des XIVe et XVe siècles.

Centre historique de San Gimignano © UNESCO

Description longue

San Gimignano offre un témoignage exceptionnel de la civilisation du Moyen Âge : dans un espace réduit, la ville rassemble toutes les structures typiques d'un espace urbain - places et rues, maisons et palais, puits et fontaines.

San Gimignano se trouve dans le Val d'Elsa, à 56 km au sud de Florence. Au cœur du territoire étrusque, son enceinte et ses maisons fortifiées présentent une physionomie tout à fait spécifique. San Gimignano, situé sur la via Francigena, était une étape pour les pèlerins allant à Rome, ou qui en venaient. Placée à l'origine sous la juridiction des évêques de Volterra, la ville conquit son indépendance en 1199, avec son premier podestà. La ville libre, connue sous le nom de San Gimignano delle Belle Torri, traversa alors une longue période de prospérité qui dura jusqu'en 1353, lorsqu'elle entra dans la mouvance de Florence. Une enceinte de 2 177 m de longueur, renforcée plus tard par cinq tours circulaires, fut construite autour de la petite ville en 1262.

La ville, contrôlée par deux grandes familles rivales - les Ardinghelli, sympathisants des guelfes, et les Salvucci, qui étaient gibelins -, fut le théâtre de conflits incessants entre les deux clans. Soixante-douze maisons-tours, symboles de leur richesse et de leur pouvoir, y furent construites, dont quatorze se dressent encore aujourd'hui ; parmi elles, la maison Cugnanesi, sur l'ancienne via Francigena (via San Giovanni), la maison Pesciolini sur la via San Matteo et le palais Franzesi Ceccarelli, via del Castello, dans le plus ancien quartier de la ville. La façade asymétrique de ce dernier tourne ingénieusement la loi de 1255 qui stipulait qu'aucune nouvelle maison ne devait mesurer plus de 12 brasses de largeur, pour une profondeur de 24 brasses.

La ville s'est développée autour de deux places principales, la piazza della Cisterna et la piazza del Duomo.

Le centre de la piazza della Cisterna, de plan triangulaire, est occupé par un beau puits ; elle est bordée de maisons-tours : les tours jumelles des Ardinghelli à l'ouest, la tour des Benucci, la maison Rodolfi et le palais Razzi au sud, le palais Cortesi au nord.

La piazza del Duomo présente un plan plus complexe, qui remonte à la fin du XIIIe siècle. Elle regroupe la plupart des monuments publics et privés de la ville : à l'ouest, la collégiale de Santa Maria Assunta ; à l'est, l'ancien palais du Podestat (1239), transformé ensuite en hôtellerie, puis en théâtre, et qui est actuellement inutilisé, ainsi que la tour de la Rognosa et la tour Chigi ; au sud se trouvent le palazzo del Popolo et la torre Grossa, haute de 54 m, qui fait face aux tours jumelles des Salvucci, au nord.

Le centre historique de San Gimignano contient une série de chefs-d'œuvre de l'art italien des XIVe et XVe siècles encore conservés à leur emplacement d'origine : dans la cathédrale, la fresque du Jugement dernier, le Ciel et l'Enfer de Taddeo di Bartolo (1393), le martyre de saint Sébastien de Benozzo Gozzoli, et surtout les magnifiques fresques de Domenico Ghirlandaio - le cycle de sainte Fina et l'Annonciation dans le baptistère de San Giovanni. Les immenses fresques de Benozzo Gozzoli représentant saint Sébastien et saint Augustin sont également des œuvres d'art majeures.

Les fresques commandées par la Ville, en 1303, à Memmo di Filippuccio, pour décorer les appartements du podestat dans le palazzo del Popolo comptent parmi les documents les plus souvent reproduits pour illustrer la vie quotidienne au début du XIVe siècle, dont elles figurent de nombreux aspects domestiques.

Source : UNESCO/CLT/WHC