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Kizhi Pogost

Kizhi Pogost

The pogost of Kizhi (i.e. the Kizhi enclosure) is located on one of the many islands in Lake Onega, in Karelia. Two 18th-century wooden churches, and an octagonal clock tower, also in wood and built in 1862, can be seen there. These unusual constructions, in which carpenters created a bold visionary architecture, perpetuate an ancient model of parish space and are in harmony with the surrounding landscape.

Kizhi Pogost

Le « pogost » de Kizhi, c'est-à-dire l'enclos paroissial de Kizhi, (l'une des nombreuses îles du lac Onega, en Carélie) abrite deux églises en bois du XVIIIe siècle et un clocher octogonal, également en bois, assemblé en 1862. Ces étonnantes constructions, où la science des charpentiers débouche sur les hardiesses d'une architecture visionnaire, perpétuent un modèle très ancien d'organisation de l'espace paroissial et s'harmonisent totalement avec le paysage environnant.

كيزي بوغوست

يُقصد بـ"بوغوست" سياج كيزي (وهي إحدى الجزر العديدة في بحيرة أونيغا، في كاريليت) وهي تأوي كنيستين من خشب من القرن الثامن عشر وبرج جرس مثمّن الأضلاع مصنوع أيضاً من الخشب وقد تمّ تجميعه عام 1862. هذه الأبنية المثيرة للاهتمام والتي يُترجم فيها علم النجارين جرأة في هندسة ذات رؤيا تُديم الطراز القديم لتنظيم مساحة الأبرشيّة وتنسجم كلّ الإنسجام مع البيئة المحيطة.

source: UNESCO/ERI

基日岛的木结构教堂

基日乡村教堂坐落在位于卡累利阿的奥涅加湖中的一个小岛上。那里还有两座18世纪的木结构教堂,以及一座建于1862年的木制八韵角钟楼。这些非同寻常的建筑,不仅和周围的景观极其协调,其木工工艺的科学性也展现出了梦幻般的视觉效果,并使这一古代教区得以永存。

source: UNESCO/ERI

Кижский погост

Кижский погост расположен на одном из многочисленных островов Онежского озера, в Карелии. Здесь можно увидеть две деревянные церкви XVIII в., а также восьмигранную колокольню, построенную из дерева в 1862 г. Эти необычные сооружения, являющиеся вершиной плотницкого мастерства, представляют собой образец древнего церковного прихода и гармонично сочетаются с окружающим природным ландшафтом.

source: UNESCO/ERI

Kizhi Pogost

Ubicado en Carelia, el “pogost” o recinto parroquial de la isla de Kizhi, una de las muchas que pueblan el lago Onega, comprende dos iglesias de madera del siglo XVIII y una torre octogonal con un reloj edificada en 1862. Estos sorprendentes edificios no sólo muestran el arte audaz de los carpinteros que materializaron una concepción visionaria de la arquitectura, sino que además perpetúan una antiquísima estructuración del espacio parroquial y se armonizan perfectamente con el paisaje circundante.

source: UNESCO/ERI

キジ島の木造教会
キジ島はサンクト・ペテルブルク北東のオネガ湖に浮かぶ小島。そこに1714年に建てられたプレオブランジェスカヤ教会は、釘を使わずに建てられた木造建築として知られており、その高い技術と美しさから「丸屋根の幻想」という別名をもっている。1784年建立のボグロスカヤ教会など各種の木造建築あり、島全体が木造建築群の博物館となっている。

source: NFUAJ

Pogost van Kizhi

De Pogost van Kizhi (of het omheinde gebied van Kizhi) ligt op een van de vele eilanden in het Onega meer in Karelië. Op het terrein bevinden zich ook twee 18e-eeuwse houten kerken en een achthoekige klokkentoren, ook van hout, gebouwd in 1862. Deze ongewone constructies – waarin timmerlieden een gedurfde en vooruitziende architectuur creëerden – bestendigen een oud model parochieruimte, in harmonie met het omringende landschap. Het omheinde gebied van Kizhi dateert uit de middeleeuwen en in de twee kerken worden de eerste kronieken uit de 16e eeuw bewaard. De kerken werden in 1693 door de bliksem vernietigd, maar later op dezelfde plek herbouwd.

Source : unesco.nl

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Kizhi Pogost, Novaya Vil'ya, Kareliya © WomEOS
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

L’ensemble architectural de Kizhi Pogost se dresse sur une étroite langue de terre au sud de l’île de Kizhi, petite île de l’archipel de Kizhi sur le lac Onega. Il abrite deux églises en bois du XVIIIe siècle : l’église de la Transfiguration et l’église de l’Intercession et un clocher octogonal, également en bois, assemblé en 1862 et considérablement remanié en 1874.

Les églises de l’île de Kizhi sont mentionnées pour la première fois dans des chroniques du XVIe siècle. Détruites par le feu après avoir été frappées par la foudre en 1693, elles furent reconstruites à l’endroit même des précédentes.

L’ensemble témoigne du savoir-faire extrêmement développé des charpentiers russes. Il est le seul, aujourd’hui, avec deux églises en bois à dômes multiples conservées en Russie. L’église de la Transfiguration est un monument qui présente des éléments architecturaux et structurels exceptionnels. Elle n’a pas son pareil dans l’architecture en bois, tant en Russie qu’ailleurs dans le monde. Considérée par la population locale comme une véritable merveille du monde, elle a donné naissance à la légende de Maître Nestor qui a bâti l’église de 37 m de haut sans un clou mais simplement à l’aide d’une hache. L’église de la Transfiguration était ouverte pendant la saison d’été, quand les fidèles des régions les plus reculées de la paroisse venaient assister à l’office. Une étude dendrochronogique des matériaux permet de dater sa construction postérieurement à 1713-14. L’octogone qui définit la composition de l’église cruciforme se prolonge aux quatre points cardinaux par des travées barlongues. La nef, flanquée de bas-côtés, est précédée à l’ouest d’un narthex débordant, accessible par deux escaliers. L’élévation de l’église de la Transfiguration dont la coupole centrale culmine à 37 mètres, est un chef-d’œuvre de composition étagée à coupoles multiples construite d’un seul tenant. Ici, sur un volume central surmonté de trois prismes octogonaux, l’architecte a disposé des bochkas (couvertures en forme d’arc outrepassé très cintré se terminant en accolade dans la partie supérieure) coiffées de 22 coupoles en bulbe. À l’intérieur, sous la superbe voûte en forme de pyramide tronquée qui est assimilée au ciel, une iconostase en bois doré enserre 102 icônes des XVIIe et XVIIIe siècles.

L’église de l’Intercession, ou église d’hiver, fait référence aux églises de « type bateau » dans une structure plus simple. Édifiée en 1764, elle appartient au type du « prisme octogonal sur cube ». Son élégante couronne de huit coupoles est un élément unique dans l’architecture en bois russe car ce type d’église était traditionnellement surmonté de toits en pavillon. Les huit coupoles entourent le bulbe central, haut de 27 mètres, qui couvre l’espace central parallélépipédique, ce qui lui donne une silhouette plus statique. À l’est, une petite abside à cinq pans abrite l’autel. À l’ouest, une longue nef est accessible par un seul escalier.

Le clocher de 30 m de haut est du type traditionnel du « prisme octogonal sur cube » avec un cube qui atteint les 2/3 de la hauteur de la structure). Le beffroi vient couronner la structure. Il a neuf piliers soutenant le toit en pavillon avec un bulbe couvert de bardeaux.

Le Kizhi Pogost est un monument unique de l’architecture en bois russe, chef-d’œuvre universellement reconnu de l’architecture mondiale. Il est remarquable pour l’harmonie de ses dimensions et de ses formes, et l’unité artistique de ses structures, bâties à différentes époques. La beauté architecturale de l’ensemble est soulignée par le paysage expressif qui peut être considéré comme un paysage national. 

Critère (i): Considéré par les habitants de la Carélie comme « la véritable huitième merveille du monde », le Kizhi Pogost représente en effet une réalisation artistique unique non seulement par la combinaison, dans le même enclos, de deux églises à coupoles multiples et d’un clocher, mais aussi par l’accord de ces structures en bois de conception originale, aux proportions idéales et en parfaite harmonie avec le paysage environnant.

Critère (iv): Parmi les cinq pogosts conservés à l’extrême nord-ouest de la Russie, le Kizhi Pogost offre un exemple éminent d’ensemble architectural caractéristique des implantations orthodoxes médiévales et postmédiévales dans des régions peu peuplées, où les missionnaires avaient dû composer avec des communautés chrétiennes disséminées sur un vaste territoire et avec la rudesse du climat. Accessible par voie d’eau ou de terre, le pogost regroupe des édifices religieux qui pouvaient aussi être utilisés en d’autres occasions ; le réfectoire spacieux servait, par exemple, de salle de réunion à la communauté villageoise.

Critère (v): Le pogost et les habitats regroupés dans le musée du site, au sud de Kizhi, offrent un témoignage exceptionnel sur l’architecture en bois traditionnelle de la Carélie et, plus largement, celle de la Russie du nord et de l’espace finno-scandinave.

Les charpentiers russes, célèbres dès la période médiévale jusqu’à Novgorod, avaient porté à son apogée l’art des assemblages. Des mutations irréversibles ont entraîné la disparition de ce savoir-faire traditionnel. C’est pourquoi il est absolument essentiel de conserver des ensembles comme celui de Kizhi Pogost, pour leur valeur illustrative dans l’histoire des techniques anciennes et pour ce qu’ils nous disent sur des modes de vie révolus.

Intégrité

Tous les attributs qui confèrent la valeur universelle exceptionnelle du bien se trouvent à l’intérieur de ses limites et ont la dimension appropriée pour assurer la représentation complète des éléments qui en révèlent l’importance. L’intégrité de l’ensemble architectural de Kizhi Pogost, entouré d’une clôture en bois, a été largement préservée et n’est pas menacée par le développement contemporain ou l’abandon.

Depuis les temps anciens, les églises paroissiales sur l’île de Kizhi sont le centre de la vie spirituelle de la région et le symbole communautaire d’un vaste monde paysan uni par des liens économiques, sociaux et familiaux. Il fallait donc que l’église, le cimetière et les bâtiments nécessaires à la vie religieuse des communautés dispersées soient regroupés dans un seul et même lieu.

Le Kizhi Pogost domine l’ensemble du territoire depuis des siècles. Les structures sont disposées sous la forme d’un triangle, ce  qui crée l’intégrité de l’ensemble. La structure des villages et le paysage, en reflétant le système de gestion traditionnelle des terres dans l’agriculture paysanne, non perturbés par l’activité de construction moderne, ont été préservés jusqu’à maintenant. Pour maintenir ces conditions, il convient de contrôler les aménagements dans le voisinage du bien et son cadre. 

Authenticité

Le Kizhi Pogost donne l’image du charpentier qui pousse un savoir-faire jusqu’à ses extrêmes limites. Les techniques de construction traditionnelles et les éléments structurels et décoratifs utilisés dans l’architecture russe au fil des siècles sont brillamment et parfaitement mis en œuvre dans les structures de l’ensemble.

Au cours de leurs 300 ans d’histoire, les monuments ont été réparés périodiquement. Au XIXe siècle, les murs des églises ont été recouverts de planches de protection peintes en blanc et les dômes recouverts de plaques métalliques. Les travaux de restauration de 1949-59 ont permis aux églises de retrouver leur aspect d’origine. En 1980-83, une charpente métallique a été installée pour étayer l’intérieur de l’église de la Transfiguration ; l’iconostase et les éléments de l’intérieur ont été démontés de la structure.

En dépit de ces interventions, les structures n’ont quasiment pas eu à être reconstruites et ont conservé une bonne partie des pièces et matériaux d’origine. Pour maintenir les conditions d’authenticité, les critères de restauration et les recommandations sont indispensables pour entamer notamment le traitement d’éléments de différentes époques ou des marques de témoignage.

Le Kizhi Pogost représente une étape importante dans l’établissement de l’orthodoxie dans le nord de la Russie. Les églises ont été utilisées pour des services liturgiques depuis leur construction, sauf pendant la période soviétique de 1937 à 1994. 

Éléments requis en matière de protection et de gestion

Le Kizhi Pogost est un monument fédéral d’histoire et de culture protégé selon la Loi fédérale N°73 « Sur le patrimoine culturel (monuments d’histoire et de culture) des peuples de la Fédération de Russie », en date du 25 juin 2002. En 1993, par un décret du Président de la Fédération de Russie, il a été listé dans le Code d’État des objets les plus précieux du patrimoine culturel des peuples de la Fédération de Russie. L’établissement de la zone tampon du Kizhi Pogost représente une phase essentielle dans la préservation de l’intégrité visuelle du paysage historique et pour assurer l’intégrité du bien et de son environnement. Il convient d’accorder beaucoup d’attention à la création de partenariats effectifs entre les autorités, les entreprises et les communautés, à la protection stratégique de ce paysage historique, à la promotion du Kizhi Pogost comme destination historique et culturelle. Il est nécessaire de définir clairement les spécificités d’éléments précieux du territoire et d’établir des formes juridiquement acceptables de leur usage.

Le « Plan de gestion du bien du patrimoine mondial de Kizhi Pogost » est un outil essentiel pour protéger la valeur universelle exceptionnelle du bien et coordonner les activités des parties prenantes. La gestion quotidienne de Kizhi Pogost est la responsabilité du Musée d’État en plein air de Kizhi qui effectue le suivi, l’entretien et la restauration des monuments du Pogost. En tant qu’objet particulièrement précieux du patrimoine culturel, l’équipe d’urgence en cas d’incendie et l’unité de police spéciale gardent le Kizhi Pogost.

Le maintien de la valeur universelle exceptionnelle du bien exige de connaître les spécificités de son milieu naturel et culturel et de développer des lignes directrices appropriées pour choisir les méthodes de restauration des monuments. La restauration de l’église de la Transfiguration qui vise à préserver le cadre, l’intérieur et l’iconostase, est prioritaire. Les leçons retenues du processus seront déterminantes pour aborder les nouveaux problèmes de conservation spécifiques.

Description longue
[Uniquement en anglais]

Kizhi Pogost is an outstanding example of an architectural ensemble typical of medieval and post-medieval orthodox settlements in sparsely populated regions where evangelists had to cope with far-flung Christian communities and a harsh climate. The pogost (enclosure) and the buildings grouped together to form the site museum on the southern part of Kizhi are exceptional examples of the traditional wooden architecture of Karelia and more generally of that of northern Russia and the Finnish-Scandinavian region.

Kizhi is located in the heart of an unreal landscape where the sky, reflected in the limpid waters of Lake Onega, seems to hold suspended in the pristine air hundreds of small islands. In summer they seem to sparkle in the sun. Long used as a landmark by sailors navigating through the White Sea, it appears to visitors arriving nowadays via hydrofoil from Petrozavodsk, the capital of the Karelian Republic 68 km to the south, as a glistening three-faceted jewel.

The pogost is on a narrow strip of land on the southern tip of the large island of Kizhi. It includes two 18th-century wooden churches and an octagonal bell tower, also of wood, which was built in 1862. These amazing structures, in which the science of carpentry created a bold visionary architecture, perpetuate a very ancient model of parish space that developed when the Orthodox Church began to spread to the northernmost reaches of the Russian world where small villages were widely scattered over an immense area. It was therefore necessary that the church, the graveyard and the buildings needed for the far-flung communities' religious life be grouped together in one place. The Kizhi pogost dates from the Middle Ages. Chronicles from the 16th century are the first to explicitly mention the existence of two wooden churches there. Destroyed by lightning in 1693, they were rebuilt on the same site.

Within the wooden polygonal enclosure, standing on either side of the rudimentary bell tower built by the carpenter Sysoj Osipov, are the two churches, the larger of the two, the summer church, on the north and the winter church on the south. The Church of the Transfiguration was used during the summer, when the faithful journeyed from the outermost regions of the parish to attend services. A dendrochronogical study of the materials sets its construction date after 1713-14. The octagon which defines the composition of the cruciform church is extended by oblong bays facing the four cardinal points. The nave, flanked with side aisles, is preceded on the west by a projecting narthex reached via two staircases. The height of the Church of the Transfiguration, whose central cupola culminates at 37 m, is a masterpiece of a multi-storey, multi-cupola, single-block structure, such as had already appeared in the high Middle Ages at Saint Sophia of Novgorod. Here, over a central volume covered with three octagonal frames, the architect placed bochkas (roofs whose peak is shaped like a horizontal cylinder with the upper surface extended into a pointed ridge) topped with 22 bulbous cupolas. Inside, under the so-called 'heaven' - a superb vault shaped like a truncated pyramid - there is a gilded wood iconostasis holding 102 icons from the 17th and 18th centuries.

The Church of the Intercession (Winter Church), is a simpler structure. Built in 1764, it is of the 'octagonal prism on a cube' type. The crown of eight cupolas encircling the 27 m high central onion dome, and which covers the central parallelepiped space, gives it a more static appearance. To the east a five-sided small apse contains the altar. To the west is a long nave accessible by a single stairway

Source : UNESCO/CLT/WHC