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Missions jésuites de Chiquitos

Jesuit Missions of the Chiquitos

Between 1696 and 1760, six ensembles of reducciones (settlements of Christianized Indians) inspired by the ‘ideal cities’ of the 16th-century philosophers were founded by the Jesuits in a style that married Catholic architecture with local traditions. The six that remain – San Francisco Javier, Concepción, Santa Ana, San Miguel, San Rafael and San José – make up a living heritage on the former territory of the Chiquitos.

Missions jésuites de Chiquitos

Six ensembles de « réductions » (installations des Indiens christianisés) inspirées des cités idéales des philosophes du XVIe siècle que les jésuites fondèrent de 1696 à 1760 et où se mêlent étroitement architecture catholique et traditions locales, San Francisco Javier, Concepción, Santa Ana, San Miguel, San Rafael et San José forment aujourd’hui un patrimoine toujours vivant sur l’ancien territoire des Chiquitos.

الإرساليات اليسوعية في محافظة الـ تشيكيتوس

أسس اليسوعيون بين العام 1696 و1760 ستّ مجّمعات من مستوطنات للهنود المعتنقين الديانة المسيحية، إسترشاداً بالمدن المثالية التي تصوّرها فلاسفة القرن السادس عشر. وتمزج هذه المستوطنات بين الأسلوب الهندسي الكاثوليكي والتقاليد المحلية. ولا تزال إرساليات سان فرانسيسكو خافيير، وكونسيبسيون، وسانتا آنا، وسان ميغيل، وسان رافائيل، وسان خوسيه تشكّل تراثاً حيّاً على أرض التشيكيتوس القديمة.

source: UNESCO/ERI

奇基托斯耶稣传教区

由于受到16世纪哲学家关于“理想城市”观念的影响,耶稣会的一些教士于1696至1760年间建立了六个当地基督教徒聚落,其建筑风格完美地融合了天主教建筑和当地传统。现存的六处遗址分别是圣弗朗西斯科哈维尔(San Francisco Javier)、康塞普西翁(Concepción)、圣阿尼娅(Santa Ana)、圣米格尔(Santa Ana)、圣拉斐尔(San Rafael)和圣霍斯(San José),共同构成了前奇基托斯地区活的遗产。

source: UNESCO/ERI

Иезуитские миссии на землях индейцев чикитос

В период с 1696 по 1760 гг. шесть ансамблей «редусьонес» (поселений обращенных в христианство индейцев) были созданы иезуитами, которые вдохновлялись мечтами об идеальных городах философов XVI в. Миссии были построены в стиле, соединявшем черты католической архитектуры и местные традиции. Эти шесть сохранившихся миссий – Сан-Франциско-Хавьер, Консепсьон, Санта-Ана, Сан-Мигель, Сан-Рафаэль и Сан-Хосе – представляют собой живое наследие индейцев чикитос.

source: UNESCO/ERI

Misiones jesuí­ticas de Chiquitos

Este sitio comprende seis reducciones fundadas por los jesuitas entre 1696 y 1760. La organización de estas poblaciones de indios convertidos al cristianismo se inspiró en las ciudades ideales de los filósofos del siglo XVI. El estilo de las construcciones es fruto de la fusión de la arquitectura católica con las tradiciones locales. Las seis poblaciones de San Francisco Javier, Concepción, Santa Ana, San Miguel, San Rafael y San José, ubicadas en el antiguo territorio de los indios chiquitos, forman todaví­a hoy un patrimonio vivo.

source: UNESCO/ERI

チキトスのイエズス会伝道施設群

source: NFUAJ

Jezuïtische missieposten van de Chiquitos

Tussen 1696 en 1760 richtten de Jezuïeten zes reeksen reducciones op (nederzettingen van gekerstende Indianen) geïnspireerd door de 'ideale stad' van de 16de-eeuwse humanistische filosofen. De bouwstijl was een vermenging van katholieke architectuur en lokale tradities. De jezuïeten definieerden het stedelijk model met de Indianenhuizen op regelmatige afstand langs de drie zijden van een rechthoekig plein en de vierde zijde gereserveerd voor de kerk, werkplaatsen, scholen of een hofje dat weduwen en verlaten vrouwen huisvestte. De zes overgebleven posten – San Francisco Javier, Concepción, Santa Ana, San Miguel, San Rafael en San Jose – vormen samen een levendig erfgoed op het voormalige grondgebied van de Chiquitos.

Source : unesco.nl

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Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Entre 1691 et 1760, une série de remarquables « réductions d’Indiens » (reducciones de indios), des installations d’Indiens christianisés, en grande partie inspirées par les « cités idéales » imaginées par les philosophes humanistes du 16e siècle, ont été fondées par la Compagnie de Jésus dans le territoire chiquito à l’est de la Bolivie. Dans cette région, à la frontière semi-aride de l’Amérique du sud espagnole, connue de nos jours sous le nom de Chiquitanía, les Jésuites et les indigènes placés sous leur protection ont mêlé architecture européenne et traditions locales. Les six missions historiques qui demeurent intactes (San Francisco Javier, Concepción, Santa Ana, San Miguel, San Rafael et San José) constituent à ce jour un patrimoine vivant, quoique vulnérable, sur le territoire de Chiquitanía.

Le modèle urbain idéalisé de ces missions a pour caractéristiques la construction de maisons pour les Indiens sur les trois côtés d’une place rectangulaire, le quatrième coté étant réservé à l’église, aux ateliers et aux écoles. Les églises constituent de remarquables exemples de l’adaptation de l’architecture religieuse chrétienne européenne aux conditions et aux traditions locales. Elles ressemblent à de grandes maisons avec un toit à pignon surplombant une galerie orientée à l’ouest qui s’étend comme un auvent. De longs murs délimitent trois nefs intérieures, séparées entre elles par des colonnes en bois, et deux galeries extérieures, elles-mêmes soutenues par des colonnes. Cet ensemble constitue un type unique d’architecture remarquable par le traitement particulier des colonnes et des balustrades en bois sculpté.  La seule exception est l’église de San José, dont la construction en pierres a été inspirée par un modèle baroque. Outre leur riche décoration intérieure, beaucoup de ces églises renferment de remarquables objets d’art populaire tels que des sculptures, des peintures, des autels et des pupitres.

Contrairement à d’autres missions jésuites d’Amérique du sud, les missions jésuites de Chiquitos ont survécu à l’expulsion de la Compagnie de Jésus en 1767 bien que dans les années 1850 le système des reducciones ait disparu. Ces ensembles architecturaux traditionnels sont récemment devenus plus vulnérables en raison des changements induits par la réforme agraire de 1953 qui a menacé l’infrastructure sociale et économique locale.

Critère (iv) : Les églises des missions chiquitos de Bolivie, grandes maisons couvertes d’un toit à deux pentes à large auvent débordant sur une galerie ouest, offrent un exemple remarquable d’adaptation de l’architecture religieuse chrétienne aux conditions et traditions locales. La présence de murs longitudinaux déterminant trois nefs intérieures divisées par des poteaux de bois et deux galeries extérieures reposant également sur des poteaux constitue – sauf à San José où la construction, en pierres, s’inspire d’un modèle baroque – un type d’architecture d’une forte originalité, accentuée par le traitement particulier des colonnes et des balustres en bois.

Critère (v) : Ces architectures traditionnelles, qui abritent souvent de remarquables œuvres d’art populaire (ainsi à l’église de Santa Ana), sont devenues vulnérables sous l’effet des mutations qui menacent les populations chiquitos après la réforme agraire de 1953.

Intégrité

À l’intérieur des limites des missions jésuites de Chiquitos se trouvent tous les éléments nécessaires à l’expression de la valeur universelle exceptionnelle du bien. Les 7160,75 hectares qui comprennent les centres urbains des municipalités où se trouvent les limites du bien des six missions jésuites de Chiquitos sont en conséquence d’une taille adaptée afin de garantir la complète représentation des caractéristiques représentatives de l’importance du bien. Par ailleurs, le bien ne souffre pas des effets négatifs liés au développement économique ou à un mauvais entretien.

Authenticité

Les missions jésuites de Chiquitos sont authentiques en termes de formes et d’architecture, de matériaux et de consistance, ainsi que d’emplacement et de cadre. Les actions de conservation et de réhabilitation ont été menées, depuis les années soixante-dix jusqu’aux années quatre-vingt-dix, par l’architecte suisse Hans Roth et par d’autres architectes. En règle générale, les restaurations sur les bâtiments des églises visaient à renforcer les structures, restituer les parties disparues, intégrer les peintures murales et restaurer les moulures et les corniches (San Rafael, Santa Ana). Les missions étant situées dans les villages, leur modernisation constitue une menace permanente pour le bien.

Eléments requis en matière de protection et de gestion

Les missions jésuites de Chiquitos ont été déclarées « Monument national de Bolivie » par un Decreto Supremo le 4 janvier 1950, « Monuments historiques et culturels de Bolivie » par la loi N° 2164 du 18 décembre 2000 et « Patrimoine culturel, historique et religieux » par la loi N° 42 du 23 avril 2012 du Département autonome de Santa Cruz. Les engagements à la sauvegarde des missions ont été pris en août 1990 au moyen de résolutions spécifiques du Comité Pro Santa Cruz et de la Corporation pour le développement de Santa Cruz (Corporación de Desarrollo de Santa Cruz – CORDECRUZ) et de la résolution N° 03/90 du Comité directeur du Conseil de régulation de Santa Cruz de la Sierra. Des engagements pour mettre en œuvre une protection adaptée des missions et de leurs églises au niveau local ont été pris au moyen de l’ordonnance N° 09/90 du Conseil municipal de Concepción, de l’ordonnance N° 10/90 du Conseil municipal de San Miguel de Velasco, de l’ordonnance N° 11/90 du Conseil municipal de San José de Chiquitos et de l’ordonnance N° 12/90 du Conseil municipal de San Javier. Il n’existe pas de zone tampon pour le bien inscrit.

Le bien est géré par le Ministère des cultures de l’État plurinational de Bolivie. Le Plan Misiones, Plan de Rehabilitación Integral de las Misiones Jesuíticas de Chiquitos (Plan de réhabilitation complète des missions jésuitiques de Chiquitos) a été établi en 2007 par l’Agencia Española de Coopéración Internacional (Agence espagnole de coopération internationale), le diocèse de San Ignacio de Velasco et le vicariat de Ñuflo de Chávez. L’objectif principal du Plan Misiones a été et est encore l’amélioration des conditions de vie des populations locales par la sauvegarde, la conservation et la réhabilitation du patrimoine des missions de Chiquitos. Le plan se décompose en quatre principales parties : planification, réglementations, interventions et communication et sensibilisation. Sur la base d’un inventaire complet du patrimoine, la phase de planification comprend des plans de gestion urbaine (Planes de Ordenamiento Urbano – POU) et des plans de revitalisation des zones patrimoniales (Planes de Revitalización de Áreas Patrimoniales – PRAP). Ces plans ont permis d’identifier et de préparer des plans spécifiques tels que le Plan d’amélioration du logement et des espaces publics (Plan de Mejoramiento de Vivienda y Espacios Pùblicos – PMV).

Maintenir la valeur universelle exceptionnelle du bien au cours du temps nécessitera que l’on garantisse que cette valeur, ainsi que l’authenticité et l’intégrité du bien, ne soient pas compromises par la modernisation ou par toute autre menace identifiée ou potentielle. Les missions étant situées dans l’enceinte des villages, la modernisation représente une menace permanente pour le bien. La protection légale devait donc être renforcée.

Description longue

Envoyés par la Couronne espagnole pour conquérir les Indias del Cielo, les Pères jésuites arrivèrent dans le vice-royaume du Pérou en 1567 pour convertir les communautés indigènes au christianisme. La première église collégiale fut fondée en 1577 à Potosí, en territoire bolivien, bientôt suivie, en 1592, par une nouvelle maison à Santa Cruz de la Sierra. Les Jésuites paraissent avoir rationalisé, dans le territoire chiquito, le modèle des reducciones (implantations d'Indiens christianisés) profondément inspiré par la cité idéale des philosophes humanistes. Entre 1696 et 1760, six groupes de reducciones ont été fondés dans un style qui mariait architecture catholique et traditions locales.

Les Jésuites définirent un modèle urbain : les maisons des Indiens étaient régulièrement espacées le long de trois des côtés d'une place rectangulaire, dont le quatrième était réservé à l'église, à l'église collégiale, à deux ateliers, et parfois aussi à la casa de la Misericordia, qui recueillait les veuves et les femmes abandonnées. Contrairement à d'autres missions jésuites du sud de l'Amérique qui furent abandonnées après 1767, certaines des reducciones des Chiquitos survécurent à l'expulsion de la Compagnie de Jésus. Les six qui demeurèrent - San Francisco Javier, Concepción, Santa Ana, San Miguel, San Rafael et San José - en représentent aujourd'hui un vivant témoignage au sein du territoire qui avait appartenu aux Chiquitos.

Les églises des missions chiquitos de Bolivie offrent un remarquable exemple d'adaptation de l'architecture religieuse chrétienne au milieu et aux traditions locales. De longs murs définissent intérieurement trois nefs divisées par des colonnes en bois et deux galeries extérieures, reposant également sur des colonnes, offrant ainsi l'exemple d'une architecture tout à fait originale, qui se distingue en outre par le traitement particulier des colonnes en bois et des balustrades. La seule exception est offerte par San José, dont la construction en pierre a été inspirée par un modèle baroque. Ces ensembles architecturaux traditionnels, qui renferment souvent de remarquables objets d'art populaire, sont devenus vulnérables en raison des changements qui ont affecté le statut du peuple chiquito à la suite de la réforme agraire de 1953.

San Francisco Javier, la plus ancienne, et la plus à l'ouest, est aujourd'hui un petit village dont l'habitat traditionnel préserve différentes caractéristiques de l'architecture domestique des Jésuites, bien que l'on n'y trouve que rarement la hauteur de 6,25 m que ceux-ci avaient fixée pour chaque maison ; l'école a survécu, ainsi que l'église conçue par le père Martin Schmidt. Concepción, fondée en 1709, ne fut pas occupée de manière permanente avant 1722 ; l'église, commencée en 1725, est due au même architecte. Santa Ana a été fondée en 1755 et son église construite entre 1768 et 1831, après l'expulsion des Jésuites. San Miguel a été fondée en 1721 ; le plan de son église, dont la construction débuta en 1750, est dû au père Johann Messner. San Raphael n'a conservé, de l'époque jésuite, que son église, construite vers 1750 par le père Martin Schmidt ; elle se distingue par une promenade externe en galerie et par un clocher en bois. San José, fondée en 1698, était l'une des plus intéressantes reducciones chiquitos ; quatre chapelles pour des processions se trouvent aux angles de sa place. Le complexe religieux a été largement remanié au XVIIIe siècle.

Source : UNESCO/CLT/WHC