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Falaises de Bandiagara (pays dogon)

Cliff of Bandiagara (Land of the Dogons)

The Bandiagara site is an outstanding landscape of cliffs and sandy plateaux with some beautiful architecture (houses, granaries, altars, sanctuaries and Togu Na, or communal meeting-places). Several age-old social traditions live on in the region (masks, feasts, rituals, and ceremonies involving ancestor worship). The geological, archaeological and ethnological interest, together with the landscape, make the Bandiagara plateau one of West Africa's most impressive sites.

Falaises de Bandiagara (pays dogon)

En plus de ses paysages exceptionnels de falaises et de plateau gréseux intégrant de très belles architectures (habitations, greniers, autels, sanctuaires et toguna – abris des hommes), le site de la région de Bandiagara possède des traditions sociales prestigieuses encore vivantes (masques, fêtes rituelles et populaires, cultes périodiquement rendus aux ancêtres à travers plusieurs cérémonies). Par ses caractéristiques géologiques, archéologiques et ethnologiques et ses paysages, le plateau de Bandiagara est l'un des sites les plus imposants d'Afrique de l'Ouest.

صخور باندياغارا (بلاد الدوغون)

 يملك موقع باندياغارا، بالإضافة إلى مناظره الطبيعية الخلابة المؤلّفة من الصخور والهضبات الرمليّة التي تتميّز بالهندسات الجميلة (كالبيوت ومخازن الغلال والمعابد والملاجئ)، تقاليدَ اجتماعيّةً مدهشةً لا تزال تُمارَس حتى اليوم (كالأقنعة والاحتفالات الدينيّة والشعبيّة والشعائر الدينيّة التي تُقام بصورةٍ دوريّةٍ للأجداد في مناسباتٍ عديدة). وتُعتبر هضبة باندياغارا أحد أهم المواقع في غرب أفريقيا ويعود ذلك إلى صفاتها الجيولوجيّة والأثريّة وتنوّع الشعوب التي سكنتها ومناظرها الطبيعيّة.

source: UNESCO/ERI

邦贾加拉悬崖(多贡斯土地)

邦贾加拉的突出地形是悬崖和沙土高原,悬崖上建有大型建筑(房屋、粮仓、圣坛、神殿和集会厅)。这里现在仍然保留着许多悠久的传统(面纱、集会、祭祀仪式等)。正是这些建筑学、考古学和人类学的价值,以及优美的风景,使邦贾加拉高地成为最具西非地质地貌特征的地方之一。

source: UNESCO/ERI

Нагорье Бандиагара (земля догонов)

Бандиагара – это своеобразный ландшафт обрывистого песчаникового плато с уникальной скальной архитектурой (жилища, зернохранилища, алтари, святилища и места для общественных собраний). В этой местности еще сохраняются старинные народные традиции догонов (маскарады, празднества, различные ритуалы, в т.ч. связанные с культом предков). Археологическая и этнографическая ценность, наряду с уникальным ландшафтом, делает нагорье Бандиагара одним из наиболее экзотичных мест во всей Западной Африке.

source: UNESCO/ERI

Farallones de Bandiagara (País de los dogones)

Además de sus excepcionales paisajes de farallones y mesetas de arenisca con hermosas realizaciones arquitectónicas –viviendas, graneros, altares, santuarios y lugares de reunión o “togunas”–, la meseta de Bandiagara conserva toda una serie de tradiciones sociales ancestrales como la confección de máscaras y la celebración de fiestas populares y rituales, o ceremonias de culto a los antepasados. El paisaje y las características geológicas, arqueológicas y etnológicas de esta meseta hacen de ella uno los sitios más impresionantes del África Occidental.

source: UNESCO/ERI

バンディアガラの断崖(ドゴン人の地)

source: NFUAJ

Klif van Bandiagara (land van de Dogon)

De Bandiagara is een bijzonder landschap van kliffen en zandplateaus. Er is prachtige architectuur te vinden: huizen, graanschuren, altaren, heiligdommen en Togu Na – gemeenschappelijke ontmoetingsplaatsen. In de regio leven eeuwenoude sociale tradities voort die tot uiting komen in de vorm van maskers, feesten, rituelen en voorouder-vererende ceremonies. Het geologische, archeologische en etnologische belang van dit gebied – samen met het landschap – maken het Bandiagara plateau tot een van de meest indrukwekkende bezienswaardigheden van West-Afrika. De sociale en culturele tradities van de Dogon behoren tot de best bewaarde van het gebied van Afrika net onder de Sahara.

Source : unesco.nl

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Valeur universelle exceptionnelle
Brève synthèse

Le site des falaises de Bandiagara du pays Dogon est un vaste paysage culturel qui couvre 400 000 hectares et comprend 289 villages répartis entre les trois régions naturelles : plateau gréseux, falaise, plaine (plus des deux tiers du périmètre classé sont occupés par le plateau et les falaises).

Les communautés du site sont essentiellement des Dogon dont la relation étroite à leur environnement s’exprime dans ses traditions et rituels sacrés.

Le site du pays dogon est une région impressionnante de formation géologique et environnementale exceptionnelle. L’occupation humaine de la région, avérée depuis le Paléolithique, a permis le développement et l’intégration harmonieuse au paysage de cultures matérielles et immatérielles riches et denses dont les plus connues sont celles des Tellem, dont on pense qu’ils vivaient à l’abri des cavernes, et des Dogon.

Ce milieu hostile et difficile d’accès fut depuis le XVe siècle un refuge naturel qui répondait à une nécessité de défense des Dogon face à des envahisseurs très redoutables. Retranchés dès lors sur le plateau et accrochés au flanc des falaises, les Dogon ont du, grâce à cet abri défensif, préserver leur culture et leurs traditions des siècles durant. L’architecture du pays Dogon a su mettre à profit les contraintes physiques du lieu. Que ce soit sur le haut plateau, sur les flancs de la falaise ou dans la plaine, les Dogon ont exploité tous les éléments disponibles sur place pour ériger leurs villages, qui reflètent leur ingéniosité et leur philosophie de la vie et de la mort.

Les villages Dogon dans certaines aires culturelles sont composés de nombreux greniers, pour la plupart carrés à la toiture pointue couverte de chaume, la gin’na, ou grande maison de famille, comporte généralement deux niveaux. Sa façade de banco, dépourvue de fenêtres est néanmoins percée d’une série de niches et de  portes, souvent ornées de motifs sculptés : des rangées de personnages masculins et féminins symbolisant, le couple gémellaire ancestral.

L’une des formes les plus caractéristiques du pays Dogon est celle du togu-na, le grand-abri, un hangar qui abrite sous un toit de branchages supporté par des poteaux de bois non équarris, une plateforme où sont disposés des bancs pour les hommes.

Lieux privilégiés, les sanctuaires totémiques (binu) sont d’une grande variété : certains, dans des cavernes, perpétuent sans doute, des  lieux de culte Tellem ; d’autres, bâtis en banco, sont semblables aux maisons. Les plus vénérés sont à la charge du Hogon, prêtre d’un ou de plusieurs villages vivant seul, sous l’inspiration du serpent Lebè, dont le totem est souvent sculpté près de la porte de sa demeure.

L’intrusion de nouvelles « religions du livre » (Islam et Christianisme), depuis au moins le XVIIIe siècle, a contribué à fragiliser ce patrimoine qui subit aujourd’hui les effets pervers de la mondialisation liés au développement d’un tourisme culturel croissant et au phénomène de l’exode rural, conséquence de la sécheresse des dernières décennies.

Critère (v) : le pays Dogon est la manifestation exceptionnelle d’un système de pensée lié à la religion traditionnelle qui a su intégrer harmonieusement un patrimoine architectural tout à fait remarquable dans un paysage naturel fait d’éboulis et de formations géologiques impressionnantes. L’intrusion de nouvelles religions écrites (Islam et Christianisme) depuis au moins le XVIIIe siècle a contribué à rendre vulnérable ce patrimoine qui subit aujourd’hui les effets pervers de la mondialisation.

Critère (vii) : la falaise et ses éboulis constituent une aire naturelle d’une beauté unique et exceptionnelle en Afrique de l’Ouest. La diversité des formes géomorphologiques (plateau, falaises et plaine) du site est caractérisée par la présence de monuments naturels (grottes, dunes fixes et abris-sous roche) qui témoignent de l’influence continue de différents phénomènes d’érosion. C’est aussi dans l’environnement naturel qu’est localisée une plante endémique «l’Acridocarpus Monodii » dont l’aire de distribution se limite aux falaises, et des plantes médicinales spécifiques utilisées par les thérapeutes et autres guérisseurs Dogon. Ces plantes connaissent un dépérissement progressif à cause de la péjoration climatique (sécheresse et désertification) et du déboisement. Les relations du peuple Dogon avec son environnement s’expriment également dans des rituels sacrés associant de manière spirituelle le renard pâle, le chacal et le crocodile.

Intégrité

En raison de phénomènes socioéconomiques (exode, scolarisation, développement d’infrastructures), des activités humaines et de la dégradation de l’environnement (variations climatiques engendrant des sécheresses, la désertification ou bien des pluies torrentielles; pression démographique), la population quitte les villages installés sur l’escarpement abrupt pour la plaine. Certaines pratiques culturelles immatérielles connaissent des mutations liées au contact avec d’autres systèmes de valeurs importées (religions, tourisme culturel…). L’intégrité de ce bien très étendu est par conséquent menacée car plusieurs secteurs n’incluent plus tous les attributs de la valeur universelle exceptionnelle.

Authenticité

Les traditions sociales et culturelles des Dogon sont parmi les mieux préservées de l’Afrique subsaharienne, malgré certaines grandes mutations socio-économiques irréversibles. Les villages et leurs habitants sont fidèles aux valeurs ancestrales liées à un mode de vie original. L’intégration harmonieuse d’éléments culturels (architectures) au paysage naturel reste authentique, exceptionnel et unique. Néanmoins, les pratiques traditionnelles associées à la disposition de l’habitat et aux techniques de construction sont devenues vulnérables et par endroits, les relations entre les attributs matériels et la valeur universelle exceptionnelle sont fragiles.

Eléments requis en matière de protection et de gestion

Le bien est classé dans le patrimoine national par le Décret N° 89 – 428 P-RM du 28 décembre 1989en tant que sanctuaire naturel et culturel. Il s’y applique également la Loi régissant l’exploitation des forêts (N°68-8/AN-RN de février 1968) ainsi que l’Ordonnance N° 60/CMLN du 11 novembre 1969 concernant la chasse. Le Ministère de la culture du Mali étant l’ultime responsable de la protection du bien a délégué la gestion à la Mission Culturelle de Bandiagara.

La Mission Culturelle de Bandiagara a élaboré un plan de gestion et de conservation du site (2006-2010). Ce plan nécessite la mise en œuvre d’activités relatives à des programmes de conservation intégrée. Il met surtout l’accent sur l’amélioration des conditions de vie des communautés détentrices des valeurs patrimoniales du site.

Pour une gestion durable et efficace du site, la priorité demeure la mise en œuvre de programmes inscrits dans le plan de gestion et de conservation du site. Celui-ci s’inscrit dans une perspective de mettre en corrélation la gestion du patrimoine et le développement de l’économie locale. Le pays dogon est un site vivant, mais fragile, dont certaines valeurs importantes ne peuvent être préservées qu’en prenant en compte le mieux être des communautés locales, ce qui passe par la réalisation de projets ciblés de développement et d’aménagement de certaines infrastructures (par exemple, l’approvisionnement en eau des sites hauts perchés et la valorisation économique des ressources du patrimoine).

Il est essentiel d’effectuer une évaluation de la mise en œuvre du plan de gestion pour cibler davantage les préoccupations des populations et des responsables des collectivités territoriales décentralisées.

Une autre préoccupation est la nécessité de revoir le classement du site. Il est nécessaire que toute révision des délimitations reflète les vulnérabilités de certaines parties du bien en termes d'authenticité et d'intégrité.

Description longue
[Uniquement en anglais]

The Cliff of Bandiagara is an outstanding example of a traditional human settlement, representative of the Dogon culture, which has become vulnerable under the impact of tourism. The complex ritual relationships of the Dogon people with the environment include the use of curative and medicinal wild plants and the sacred associations with pale fox, jackal and crocodile.

The zone stretches from Gani-do in the south-south-west to Koudianga in the north-north-east, along the road linking Bankas, Koporo, Madougou and Diankabou. The sanctuary lies at the southern limit of the Sahara in an arid Sahelian region with averages of 580 mm of rainfall per year. It exhibits three distinctive geomorphological features: Bandiagara plateau, Bandiagara escarpment, and the Plaine du Sìno. The landscape consists of an ancient eroded terrain of flat tablelands, mesa and sandstone buttes. The rock substrate is predominantly upper sandstone of the Cambrian and Ordovician periods, formed into horizontal strata and characterized by a great variety of facies. Exposed horizontal strata periodically result in rock polygonation. In some areas the plateau is crowned by laterite, ironstone shield or impervious conglomerates. The escarpment has formed into numerous irregularities, indentations, promontories and is pierced by thalweg ravines, gorges or rocky passages connecting the plain and plateau. Thalwegs maintain a humid and shaded microclimate able to support dense vegetation. Water is also retained in rock fissures, resulting in seasonal boggy areas on horizontal or gently sloping rock strata.

The predominant vegetation type is Sudano-Sahelian open wood savannah with mosaics of steppe and chasmophytic flora. The plateau of Bandiagara is covered in a typically Sudanian savannah vegetation. A wide range of animal species is found in the region. The cliff and rock habitats support a diversity of species including fox-kestrel, Gabar goshawk, yellow-billed shrike, scarlet-cheated sunbird, abundant cliff chats and rock doves. Mammal species occur in the region and probably also in the Bandiagara escarpment.

The region is one of the main centres for the Dogon culture, rich in ancient traditions and rituals, art culture and folklore. The village of Sangha or Songo is celebrated for its triennial circumcision ceremonies and its rock carvings. The Dogon subsistence farmers did not arrive until the 15th and 16th centuries, yet the region is rich in unique architecture, from flat-roofed huts to tapering granaries capped with thatch, and cliff cemeteries. Symbolic relationships occur with the environment such as with semi-domesticated crocodiles, pale fox and jackal, and the development of elaborate masks, headdresses and ritual dances.

The large family dwelling was generally built on two levels. The facade was windowless but had a series of niches and two doors, often decorated with sculptured rows of male and female characters which symbolized the family's successive generations. The size of the house was almost exactly half that of the ginna and generally was on one floor. Women were temporarily excluded from the domestic group during their menstrual period, one or two circular-shaped women's houses being built at one end of the village for their use at this time. A distinction between the sexes was also made in the size of the granaries. Special areas were reserved for traditional shrines of which a great variety can be found. Some, in the caves, probably perpetuated the ritual sites of the Tellem cult. Others, built from banco, conform to several types of architecture. The most venerated are the responsibility of the Hogon, the priest who works for several villages. Living alone, his source of inspiration is the snake, whose totem is often sculpted near the door to his dwelling. The oldest mosques (Islam developed strongly in Dogon country during the 19th century) were built by local masons alongside the togu-na on the village common.

The integration of new elements in the traditional architecture is clear proof of the strength of Dogon civilization in the face of external contributions. However, it must stress the precarious preservation of these traditional habitats and handicraft techniques, lifestyles and way of thinking which helped the Dogon people to survive.

Source : UNESCO/CLT/WHC