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Centre historique de Lima

Historic Centre of Lima

Although severely damaged by earthquakes, this 'City of the Kings' was, until the middle of the 18th century, the capital and most important city of the Spanish dominions in South America. Many of its buildings, such as the Convent of San Francisco (the largest of its type in this part of the world), are the result of collaboration between local craftspeople and others from the Old World.

Centre historique de Lima

Bien que sérieusement endommagée par des tremblements de terre, cette « ville des rois » a été jusqu'au milieu du XVIIIe siècle la capitale et la ville la plus importante des territoires sous domination espagnole en Amérique du Sud. Nombre de ses monuments (comme le couvent San Francisco, le plus grand de ce genre dans cette partie du monde) sont des créations communes d'artisans locaux et de maîtres du Vieux Continent.

وسط ليما التاريخي

بالرغم من التضرّر الكبير الذي تعرّضت له هذه المدينة جرّاء الهزات الارضية، بقيت "مدينة الملوك" هذه، حتى منتصف القرن الثامن عشر، العاصمة وأهم المدن التي كانت خاضعة للحكم الاسباني في أميركا الجنوبية. أما أبرز آثارها (كدير سان فرنسيسكو وهو الأضخم من نوعه في هذه المنطقة في العالم)، فهي ابتكارات مشتركة بين حرفيّين محليّين ومعلّمي القارة القديمة.

source: UNESCO/ERI

利马的历史中心

虽然该市先后经历了多次地震的严重破坏,直到18世纪中叶,这个“帝王之城”一直是西班牙在南美洲占领区的首都和重要城市。这里的许多建筑,如南美洲最大的建筑圣弗兰西斯科女修道院,都是当地的能工巧匠和来自旧大陆的建筑师共同建造的。

source: UNESCO/ERI

Исторический центр Лимы

Несмотря на большой урон, нанесенный землетрясениями, этот "Город королей" оставался до середины XVIII в. столицей и важнейшим городом испанских владений в Южной Америке. Многие из его зданий, такие как самый большой в этом регионе мира монастырь Святого Франциска, это результат сотрудничества местных умельцев и мастеров Старого света.

source: UNESCO/ERI

Centro histórico de Lima

Lima, la “Ciudad de los Reyes”, fue la urbe y capital más importante de los dominios españoles en América del Sur hasta mediados del siglo XVIII. Pese a los graves daños sufridos por los terremotos, posee numerosos monumentos arquitectónicos, como el convento de San Francisco, el más grande de esta parte del mundo en su género. Muchos edificios limeños son creaciones conjuntas de artesanos y artistas locales y arquitectos y maestros de obras del Viejo Continente.

source: UNESCO/ERI

リマ歴史地区

source: NFUAJ

Historisch centrum van Lima

Lima wordt ook wel de ‘Stad van de Koningen’ genoemd. Hoewel aardbevingen Lima zware schade toebrachten, was het tot halverwege de 18e eeuw de hoofdstad en belangrijkste stad van de Spaanse landen in Zuid-Amerika. Veel van de gebouwen zijn het resultaat van de samenwerking tussen lokale ambachtslieden en anderen uit de Oude Wereld. Een mooi voorbeeld hiervan is het Klooster van San Francisco, het grootste klooster van dit type in dit deel van de wereld. Lima werd op 5 januari 1535 gesticht en speelde vanaf 1542 een leidende rol in de geschiedenis van de Nieuwe Wereld.

Source : unesco.nl

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Centre historique de Lima © Silvan Rehfeld
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Le Centre historique de Lima – la « Ciudad de los Reyes » (Ville des Rois) – est situé dans la vallée du Rímac. La ville a été fondée par le conquérant espagnol Francisco Pizarro en janvier 1535 sur les territoires dirigés par la chefferie de la vallée du Rímac. Lima a été la capitale politique, administrative, religieuse et économique de la vice-royauté du Pérou et la ville la plus importante des territoires sous domination espagnole en Amérique du Sud. Elle a joué un rôle de tout premier plan dans l’histoire du Nouveau Monde, de 1542 jusqu’au XVIIIe siècle, lorsque les créations des vice-royautés de la Nouvelle-Grenade (1718), et surtout de La Plata (1777), mirent graduellement fin à l’omnipotence de la plus ancienne colonie espagnole en Amérique du Sud.

Le processus d’évangélisation entraîna l’arrivée de plusieurs ordres religieux vers la fin du XVIe siècle. Ceux-ci reçurent un accueil très favorable qui se traduisit par la construction de nombreux et vastes couvents et églises très élaborés. Des hôpitaux, des écoles et des universités furent également construits. C’est ainsi que l’Université San Marco a été construite en 1551. La vie sociale et culturelle de la ville était organisée à l’intérieur de ces lieux, ce qui donna au Centre historique un caractère conventuel caractéristique de l’aspect de la ville jusqu’à la moitié du XXe siècle. C’est là que se développèrent une création et une production artistiques de très haut niveau, dont l’influence se fit sentir dans la plupart des régions d’Amérique du Sud. La mutation démographique depuis la ville coloniale jusqu’à nos jours explique les importantes modifications du paysage urbain. Il ne reste en effet que peu de traces du Centre historique de Lima dans la métropole d’aujourd’hui, à l’exception de quelques remarquables ensembles : la Plaza de Armas (avec la cathédrale, la chapelle Sagrario, le palais archiépiscopal), la Plaza de la Vera Cruz avec Santo Domingo, et surtout le complexe monumental du couvent de San Francisco. Bien que les aménagements urbains du XXe siècle, et notamment le percement, en 1940, de l’Avenida Abancay, aient rogné cet immense domaine, San Francisco présente encore un ensemble de bâtiments conventuels remarquable par son étendue, sa cohérence, la beauté de l’architecture et la richesse du décor intérieur.

Nombre de constructions et ouvrages d’art édifiés pendant la période de la vice-royauté sont aujourd’hui d’importants monuments historiques, comme le pont de pierre sur le Rímac, le Paseo de Aguas, la Alameda de los Descalzos et la Plaza de Toros de Acho, situés dans le district actuel de Rímac, et le Cimetière général, actuellement appelé Presbítero Matías Maestro. Au XVIIIe siècle, la ville était entourée de murs qui persistèrent jusqu’en 1870. Au cours de cette période, l’architecture de Lima a changé à la suite de plusieurs forts tremblements de terre en 1586, 1687 et 1746. Les bâtiments ont donc été stabilisés avec du pisé et des briques au rez-de-chaussée et de la quincha (utilisée à l’époque préhispanique) au premier étage, ce qui a amélioré le comportement des structures lors des séismes. L’architecture civile s’est alors caractérisée par des façades, des halls, des patios et en particulier des balcons fermés en porte à faux, qui ont peu varié de style et de genre pendant la période républicaine, jusqu’à la fin du XIXe siècle. Ce fut alors le point de départ de la « modernisation » urbaine et l’introduction de nouveaux styles d’architecture inspirés par l’Europe. Les monuments historiques (édifices religieux ou civils comme le palais Torre Tagle) situés dans le périmètre du site du patrimoine mondial, datent des XVIIe et XVIIIe siècles et sont des exemples typiques du style baroque hispano-américain. L’architecture des autres bâtiments est souvent représentative de la même époque, de sorte que – malgré l’insertion dans l’ancien tissu urbain de constructions du XIXe siècle (telle la Casa Courret de style Art nouveau) – ce noyau historique de la ville est évocateur de Lima telle qu’elle était à l’apogée du Royaume espagnol du Pérou.

Critère (iv) : Le centre historique de Lima  témoigne de l’architecture et du développement urbain d’une ville coloniale espagnole très importante en Amérique Latine sur le plan politique, économique et culturel. Il représente une expression exceptionnelle d’un processus culturel régional qui préserve ses valeurs architecturales, techniques, typologiques, esthétiques, historiques et urbaines adaptées en termes de disponibilité des matériaux, climat, séismes et exigences de la société. San Francisco de Lima offre un exemple éminent, et l’un des plus complets, d’un ensemble conventuel de l’époque coloniale en Amérique latine.

Intégrité

Bien que sérieusement endommagée par des tremblements de terre (1940, 1966, 1970 et 1974), la zone délimitée comme Centre historique de Lima possède tous les éléments et les caractéristiques physiques justifiant sa valeur universelle exceptionnelle sur une superficie assez vaste incluant, outre le tracé urbain, le couvent San Francisco et plusieurs exemples d’architecture civile, religieuse, militaire et industrielle du XVIIe au XXe siècle.

De plus, les caractéristiques urbaines et de construction subsistent dans la zone tampon où l’on trouve encore de nombreux édifices, surtout du XIXe et du début du XXe siècle, qui témoignent du développement urbain du Centre historique.

En dehors de la détérioration naturelle qui affecte l’intégrité matérielle des bâtiments, le Centre historique de Lima souffre d’autres facteurs qui le dégradent en termes d’image physique, environnementale et urbaine. Le plus évident est l’exploitation commerciale incontrôlée de bâtiments anciens reconvertis en « centres commerciaux populaires », ainsi que la forte présence de transports publics et privés qui créent de la pollution et des vibrations. De plus, la population augmente en raison d’une émigration d’autres régions du pays vers le Centre historique (400 000 habitants en 1940 ; 7 000 000 en 1990). Ces nouveaux venus vivent, pour un prix très bas, dans des bâtiments historiques traditionnels, tandis que les propriétaires déménagent vers les nouvelles zones urbaines périphériques ; les logements sont donc surpeuplés, ce qui entraîne une détérioration et un usage excessif de ces bâtiments anciens. Il est bien évident qu’il n’y a ni conservation ni entretien de ces constructions, par manque d’intérêt, négligence, mauvaise compréhension des valeurs fonctionnelles et culturelles de la part des utilisateurs comme des autorités, et manque de ressources. Ces questions devront être traitées de façon systématique et cohérente pour garantir la préservation des conditions d’intégrité. Les bâtiments publics, églises et couvents sont généralement mieux conservés.

Authenticité

L’authenticité du Centre historique de Lima est intacte car elle préserve en grande partie les caractéristiques originales de sa conception urbaine lors de sa fondation, avec son plan en damier, ainsi que la zone d’expansion du XVIe au XIXe siècle, y compris les sentiers préhispaniques menant vers le nord (Chinchaysuyo) et vers l’est (Antisuyo).

Les monuments publics, privés et religieux ont généralement conservé leurs valeurs architecturales, techniques, typologiques, esthétiques, historiques et urbaines, qui résultent de l’intégration de styles européens de différents stades du processus d’évolution historique de la ville du XVIe au XXe siècle. Ces bâtiments se sont aussi adaptés à l’environnement régional en termes de disponibilité des matériaux, de conditions météorologiques, de tremblements de terre et d’exigences de la société. De même, l’usage, les fonctions et les traditions associés à la vie de la ville donnent au Centre historique son caractère particulier, sa spécificité et son identité. Il représente une expression incomparable d’un processus culturel régional, malgré les tremblements de terre, la spéculation immobilière et le commerce non réglementé, entre autres aspects. Cependant, les conditions d’authenticité sont menacées par des interventions inadaptées qu’il conviendra de contrôler par la mise en application de réglementations et de directives précises.

Eléments requis en matière de protection et de gestion

LeCentre historique de Lima est protégé par la réglementation juridique du pays : Constitution politique de l’État ; loi n° 28296 – loi générale sur le Patrimoine culturel national ; résolution n° 2900 de 1972 classant la ville ancienne comme Zone de monuments et de bâtiments possédant une valeur patrimoniale ; résolution ministérielle n° 505-74-ED de 1974 ; résolution ministérielle n° 0928-80-ED de 1980 ; résolution ministérielle n° 1251-1985-ED de 1985 ; ordonnance municipale n° 009 et n° 515 de 1989 ; résolution administrative n° 159 de 1990 et résolution administrative n° 1352 de 1991, entre autres, classant d’autres monuments comme Monuments possédant une valeur patrimoniale.

Les limites du Centre historique de Lima, avec sa protection maximum et ses zones tampons, sont clairement définies par l’ordonnance municipale n° 062 de 1994, publiée par la Municipalité métropolitaine de Lima. Les interventions sur le patrimoine culturel sont réglementées par la Municipalité et la Réglementation nationale sur la Construction (Titre IV).

La municipalité métropolitaine de Lima partage la responsabilité de la gestion du Centre historique de Lima avec la Municipalité du district de Rímac puisqu’il en fait partie. Le Ministère de la Culture est l’autorité gouvernementale spécialisée chargée de préserver le patrimoine culturel de la nation avec les organes susmentionnés ; il a pour rôle de coordonner les questions relatives à la préservation du patrimoine culturel.

La Municipalité métropolitaine de Lima possède un Bureau de Contrôle de l’Urbanisme et l’Entreprise municipale immobilière de Lima (EMILIMA) est chargée de la planification et de la préparation des projets d’interventions. Elle a établi des instruments de gestion comme le Plan métropolitain d’aménagement et le Plan du Centre historique de Lima (1987), qui a établi des directives de base, et défini des interventions et des projets concernant la situation et la structure urbaine, l’environnement, l’aménagement du territoire, le système de transport, l’habitabilité et la dynamique urbaine.

Description longue
[Uniquement en anglais]

The historic centre of Lima bears witness to the architecture and urban development of a Spanish colonial town of great political, economic, and cultural importance in Latin American. San Francisco de Lima is an outstanding example of a convent ensemble of the colonial periods in Latin America and, along with Santa Catalina de Arequipa, is one of the most complete.

Lima was founded on 5 January 1535. The city played a leading role in the history of the New World from 1542, when Charles V established the Viceroyalty of Peru there, to the 18th century when the creation of the Viceroyalties of New Granada (1718) and particularly of La Plata gradually put an end to the omnipotence of the oldest Spanish colony on South America.

The demographic change, from the colonial city to today, explains the serious modifications to the urban landscape. Scant trace of the historic centre of Lima can be seen in the present metropolitan area, with the exception of a few remarkable ensembles - the Plaza de Armas (with the cathedral, Sagrario chapel, archbishop's palace), the Plaza de la Vera Cruz with Santo Domingo, and especially the monumental complex of the convent of San Francisco (founded by Emperor Charles V and Francisco Pizarro).

The fortified port of Callao defended the town from attack by sea, while a fortified enceinte was built at the end of the 17th century to protect Lima from potential invaders attacking from inland territories. The University of San Marcos was established in the Peruvian capital in 1551 and the first shop opened in 1584. The town's cultural life was strongly influenced by the many religious orders (monasteries of San Francisco, Santo Domingo, San Augustín and others) founded within it. In the 17th century Lima flourished as an economic and cultural centre.

The historic monuments (religious or public buildings, such as the Torre Tagle palace) which lie within the perimeter of the World Heritage site date from the 17th and 18th centuries and are typical examples of Hispano-American Baroque. The architecture of the other buildings is often representative of the same period. Thus, despite the addition of certain 19th-century constructions (such as Casa Courret in the Art Nouveau style) to the old urban fabric, the historic nucleus of the town recalls Lima at the of the Spanish Kingdom of Peru.

Although urban development in the 20th century - the construction of the Avenida Abancay in 1940 - has whittled away at this immense domain, San Francisco still presents an ensemble of convent buildings that is remarkable for its surface area, its coherence, the beauty of the architecture and the richness of interior decorations. Within the monumental complex are three churches - San Francisco, La Soledad and El Milagro - which connect with a number of communal areas laid out around five cloisters. Most of the buildings date from the 17th century, because the 1655 earthquake destroyed the original buildings, some of which, like the Church of the Miracle (El Milagro), had been built before 1553. The reconstruction undertaken in 1657 owes much to the Portuguese architect Constantino de Vasconcelos, succeeded in 1668 by his disciple Manuel de Escobar, a native of Lima, who protected the Baroque structures against earthquakes by using indigenous techniques: common joists and ribs of wood, vaults and cupolas of earth on reed lattices.

Inside the church, the projections in white on a red ochre background highlight the lovely simplicity of volumes and let the full symphony of the gilt and colour of the Baroque altarpieces burst forth. Several of the most striking features of the convent building (e.g. the main two-storey cloister, the chapter house and the monks' choir, are universally known and admired. Their architectural quality is enhances by splendid decoration: azulejos wall coverings, marble altarpieces, frescoes and paintings, the artesonados ceilings of the cloister, the stalls in the monk' choir and in the chapter house, the woodwork in the sacristy, and others.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Notes
  • L'ancien site de l’ « Ensemble conventuel de San Francisco de Lima », précédemment inscrit sur la Liste du patrimoine mondial, est inclu dans le « Centre historique de Lima ».