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Taos Pueblo

Brève description

Dans la vallée d'un petit affluent du Rio Grande, cet ensemble d'habitations et de centres cérémoniels en adobe est représentatif de la culture des Indiens Pueblo de l'Arizona et du Nouveau-Mexique.

Pueblo de Taos © Edmondo Gnerre

Valeur exceptionnelle

Situé dans la vallée d’un petit affluent du Rio Grande, ce centre de peuplement indien pueblo, constitué d’habitations et de centres cérémoniels en adobe, est représentatif de la permanence de la culture d’un groupe d’Indiens Pueblo d’aujourd’hui. C’est l’un des groupes d’établissements établis à la fin du XIIIe siècle et au début du XIVe siècle dans la vallée du Rio Grande et ses affluents qui ont survécu jusqu’à nos jours. Il constitue une étape importante de l’histoire de la vie urbaine, communautaire et culturelle et du développement de cette région. Pueblo de Taos est semblable aux établissements des Anasazi dans la région des Four Corners, ou d’anciens Pueblo dans des endroits comme Chaco Canyon et Mesa Verde, et maintient une culture florissante dotée d’une culture vivante.

Critère (iv) Pueblo de Taos est un exemple remarquable d’un type traditionnel d’ensemble architectural de la période préhispanique des Amériques, unique dans cette région et qui, en raison de la culture vivante de sa communauté, a maintenu avec succès la plupart de ses formes traditionnelles jusqu’à nos jours.

Description longue

[Uniquement en anglais]

Taos is a remarkable example of a traditional type of architectural ensemble from the pre-Hispanic period of the Americas and unique to this region which has successfully retained most of its traditional forms to the present day. Thanks to the determination of the latter-day Native American community, it appears to be successfully resisting the pressures of modern society.

The culture of the Pueblo Indians extended through a wide geographical area of northern Mexico and the south-western United States. Taos is the best preserved of the pueblos north of the borders defined by the Treaty of Guadalupe Hidalgo (1848). Located in the valley of a small tributary of the Rio Grande, Taos comprises a group of habitations and ceremonial centres (six kivas have been conserved), which are representative of a culture largely derived from the traditions of the prehistoric Anasazi Indian tribes who settled near the present borders of Arizona, New Mexico, Utah and Colorado.

Taos's modest rural community appeared before 1400, characterized by common social and religious structures and traditional agricultural practices. In the modern historical period the two major characteristics of the Pueblo civilization were mutually contradictory: unchanging traditions deeply rooted in the culture and an ever-constant ability to absorb other cultures. Their faculty for acculturation gradually began to appear following the first Spanish expedition of the Governor of New Galicia, Francisco Vasquez de Coronado, in 1540-42.

The entire 18th century was a time of wars in which Taos played an important part in resisting the colonizers. The breeds of cattle and types of grain were introduced by the conquerors into their agricultural system. Attempts to convert the Pueblos to Christianity were ill-received but unconsciously the religious mentality of the people changed.

Taos Pueblo shows the traditional method of adobe construction: the pueblo consists of two clusters of houses, each built from sun-dried mud brick, with walls ranging from 70 cm thick at the bottom to about 35 cm at the top. Each year the walls are still refinished with a new coat of adobe plaster as part of a village ceremony. The rooms are stepped back so that the roofs of the lower units form terraces for those above. The units at ground level and some of those above are entered by doors that originally were quite small and low; access to the upper units is by ladders through holes in the roof. The living quarters are on the top and outside, while the rooms deep within the structure were used grain storage. The roofs are made from cedar logs, their ends protruding through the walls; on the logs are mats of branches on which are laid grasses covered with a thick layer of mud and a finishing coat of adobe plaster. It is a massive system of construction but one well suited to the rigours of the climate.

In 1970 the people of Taos obtained the restitution of lands usurped by the government, which included the sacred site of the Blue Lake. At the same time, their ritual ceremonies include both a Christmas procession and the Hispano-Mexican dance of the Matatchines.

The two main adobe building complexes retain their traditional three-dimensional layout. Certain features, such as doors and windows, have been introduced over the last century. Taos Pueblo represents a natural evolutionary process: it has adjusted to a changed social and economic climate and reflects the acculturation of European traits and the relaxing of needs of defensive structures.

Administration of Taos Pueblo is vested in the Taos tribe, which is deeply conscious of its heritage and of the material expression of that heritage in the buildings of the settlement. The pueblo of Taos has tended to become a seasonal habitat reserved for ceremonial functions and tourist attractions.

Source : UNESCO/CLT/WHC

Description historique

La culture des Indiens Pueblos concerne une vaste zone géographique couvrant le nord du Mexique et le sud-ouest des Etats-Unis. Elle survit encore dans un certain nombre de communautés des Etats Chihuahua (Mexique), Arizona et Nouveau-Mexique (Etats-Unis). Le village de Taos est le mieux conservé des ensembles pueblos au nord de la frontière définie par le traité de Guadalupe Hidalgo (1848).

C'est, dans la vallée d'un petit affluent du Rio Grande, un ensemble d'habitations et de centres cérémoniels (6 kivas sont conservées) représentatif d'une culture qui hérita largement des traditions des Indiens Anasazi lorsque les populations préhistoriques établies aux limites actuelles de l'Arizona, du Nouveau-Mexique, de l'Utah et du Colorado connurent une récession définitive et que de grands sites comme Mesa Verde et Chaco (inscrits respectivement en 1978 et 1987 sur la Liste du Patrimoine mondial) furent abandonnés, dans la deuxième moitié du 13ème siècle. en raison peut-être de profondes modifications climatiques.

La prolifération des petits "pueblos" dans la vallée du Rio Grande et de ses affluents, mise en relation avec la disparition des grandes communautés Anasazi, est l'un des faits majeurs dans l'histoire du peuplement du continent nord-américain. Des agglomérations rurales modestes. caractérisées par des structures sociales et religieuses communes, par des pratiques agricoles traditionnelles perfectionnées au cours de la période "classique" par un recours systématique à l'irrigation apparurent alors. Celle de Taos paraît s'être définie avant 1400.

A l'époque historique, la civilisation des Pueblos se définit à la fois, et fort contradictoirement, par l'enracinement de traditions immuables et par une faculté sans cesse renouvelée d'acculturation. Celle-ci se manifesta graduellement au lendemain de la première expédition espagnole, celle de Francisco Vasquez de Coronado, gouverneur de la Nouvelle-Galice, en 1540-1542. Dès 1613, les habitants de Taos résistaient au système des encomiendas grâce auquel certains Espagnols levaient un tribut en nature sur le village. En 1634, le missionnaire Fray Alonso de Benavides se plaignait au pape de leur attitude "rebelle".

Tout le 18ème siècle fut une époque de guerres où Taos joua un rôle important dans la résistance aux colonisateurs. Cependant, les espèces de bétail et de céréales introduites par les conquérants étaient annexées de bon gré au système agro-pastoral et une christianisation mal tolérée (la première église fut incendiée lors de la plus importante révolte Puebla en 1680) modifiait insensiblement les mentalités religieuses traditionnelles. Des oppositions analogues entre un irrédentisme de principe et une assimilation de fait marquent les deux étapes historiques suivantes : de 1821 à 1848, la période de l'administration mexicaine; de 1848 à nos jours, celle de l'administration des Etats-Unis. Les habitants de Taos ont obtenu en 1970 la restitution des terres usurpées par le gouvernement qui donnaient accès au site sacré du Lac Bleu. En même temps, leurs cérémonies rituelles incluent désormais la procession de Noël mais aussi la danse hispano-mexicaine des Matatchines.

De nos jours, le village paraît tout d'abord conforme à la description qu'en donnait, en 1776, Fray Francisco Atanasio Dominguez. Si toutefois. l'enceinte de terre qui le rendait comparable à l'une des cités de la Bible subsiste, on peut observer de nombreuses modifications.

A l'ouest, le couvent des missionnaires et l'église sont ruinés. Une nouvelle église a été construite au 19ème siècle, sur le côté ouest de la plaza nord. Les maisons en adobe à plusieurs niveaux conservent toujours leur forme et leur silhouette d'origine mais les détails ont changé. Les portes qu'on utilisait traditionnellement et en grande partie pour faire communiquer les pièces entre elles sont maintenant utilisées comme moyen d'accès au rez-de-chaussée et aux terrasses des étages supérieurs. Les fenêtres qui étaient traditionnellement de petite dimension et peu nombreuses sont devenues des éléments communs. A Taos, la prolifération des portes et des fenêtres au cours du temps reflète l'acculturation des caractéristiques européennes ainsi que l'atténuation des besoins en structures défensives. Des cheminées aménagées à l'intérieur des pièces d'habitation sont venues s'ajouter aux fours situés en plein air.

Source : évaluation des Organisations consultatives