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Ville préhispanique de Chichen - Itza

Brève description

Cette ville sacrée était l’un des plus grands centres mayas de la péninsule du Yucatan. Tout au long de son histoire, qui s’étend sur presque mille ans, la ville fut embellie grâce à la contribution de différents peuples. Mayas et Toltèques ont laissé sur la pierre des monuments et des œuvres artistiques I’empreinte de leur vision du monde et de l’univers. L’extraordinaire fusion des techniques de construction mayas avec les nouveaux éléments venus du Mexique central fait de Chichen-Itzá l’un des exemples les plus importants de la civilisation maya-toltèque du Yucatan. Plusieurs bâtiments de cette civilisation subsistent, notamment le temple des Guerriers, El Castillo et l’observatoire circulaire connu sous le nom d’El Caracol.

Pyramide en terrasses de Kukulkan, El Castillo – Le château © M & G Therin-Weise

Description longue

Chichén Itzá est le plus important témoignage archéologique de la civilisation maya-toltèque dans le Yucatán (Xe-XVe siècle). Ses monuments, notamment ceux du groupe septentrional, qui inclut la grande cour du jeu de pelote, le temple de Kukulkan et le temple des Guerriers, comptent au nombre des chefs-d'œuvre indiscutables de l'architecture d'Amérique centrale du fait de la beauté de leurs proportions, du raffinement qui a présidé à leur construction et de la splendeur de leurs décors sculptés. Ces monuments ont exercé une influence importante dans toute la zone du Yucatán entre le Xe et le XVe siècle.

Situé à mi-distance entre Mérida et Cancún, Chichén Itzá est le plus au nord des célèbres sites archéologiques du Yucatán. Couvrant plus de 300 ha, c'est également l'un des plus vastes et des plus riches en monuments. Mais c'est aussi, et surtout, le plus significatif en termes historiques, parce qu'il illustre deux périodes fondamentales dans l'histoire des civilisations préhispaniques du centre de l'Amérique.

La ville a été construite près de deux cavités naturelles (cenotes ou chenes), qui permirent facilement, au cours de la période classique, d'emprisonner l'eau souterraine dans le cenote de Xtoloc. La date de sa fondation oscille sensiblement selon les sources locales : un manuscrit donne 415-435, un autre 455. La ville qui s'est développée dans le secteur connu sous le nom de Chichén Viejo possédait déjà d'importants monuments d'un grand intérêt : l'édifice des Nonnes, l'église, l'Akab Dzib, le Chichan Chob, le temple des Panneaux et le temple du Cerf. Ils ont été construits entre le VIe et le Xe siècle dans le style maya caractéristique, qui se répandit par la suite au nord comme au sud des collines de Puuc.

Le second site de Chichén Itzá, qui est le plus important pour les historiens, correspond à la migration des guerriers toltèques descendus vers le sud, depuis le plateau mexicain, au cours du XVe siècle. Selon la version la plus répandue, le roi de Tula, Ce Acatl Topiltzin Quetzalcoatl, ou Kukulkan, selon le nom que les Mayas lui donnèrent, au terme de nombreuses années d'errance, se serait emparé de la ville entre 967 et 987. Quoi qu'il en soit, il est sûr que les envahisseurs toltèques s'attaquèrent à la population locale avec une telle férocité que, cinq siècles plus tard, les chroniques des « livres sacrés » des Mayas en faisaient encore état. Les Toltèques imposèrent le rituel du sacrifice humain qui n'était jusqu'alors que rarement pratiqué dans cette région, s'il le fut même jamais.

La conquête du Yucatán porta à la création d'un nouveau style qui mêlait les traditions maya et toltèque, caractéristique du phénomène d'acculturation qui était alors en œuvre. Chichén Itzá offre un bon exemple de cette fusion. En témoignent par exemple le groupe d'édifices situé au sud, le Caracol (l'escargot), un observatoire astronomique circulaire qui doit son nom à son escalier en spirale et, au nord, la pyramide de Quetzalcoatl, ou Castillo. Cette dernière est entourée de terrasses sur lesquelles ont été construits les principaux complexes monumentaux : au nord-ouest, la grande cour de la pelote, Tzompantli ou le mur du Crâne, le temple connu sous le nom de temple du Jaguar et la maison des Aigles ; au nord-est, le temple des Guerriers, le groupe des Mille Colonnes, le marché, les cours de pelote ; au sud-ouest, la tombe du grand prêtre.

Cette architecture nouvelle, aujourd'hui définie comme « maya-yucatèque », s'est inspirée des anciens édifices pour la construction des murs et des voûtes, en incorporant différents éléments toltèques dans son décor. En dehors des scènes de bataille, qui sont représentées avec un luxe de détails, l'apport le plus évident du Mexique central est la représentation du Serpent à plumes Quetzalcoatl, qui figure sur les colonnes et les soubassements où d'énormes têtes de reptiles dessinent un puissant motif décoratif. Les célèbres statues du dieu de la pluie Chac-Mool, représenté selon une pose typique, à demi couché, sont un autre exemple de l'influence du centre du Mexique.

Chichén Itzá a connu entre la fin du Xe et le XVe siècle des vicissitudes historiques complexes. Le pouvoir absolu des chefs militaires semble s'être relâché lorsque la ville rejoignit la ligue Mayapán, à laquelle appartenait aussi Uxmal. Après le XIIIe siècle, plus aucun monument important ne semble y avoir été construit, et la ville déclina rapidement après la chute de Mayapán. En 1556, l'évêque Diego de Landa visita ses ruines presque abandonnées, et recueillit les légendes relatives à ses différents monuments. Les ruines de la ville n'ont été explorées qu'à partir de 1841.

Source : UNESCO/CLT/WHC