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Monuments paléochrétiens et byzantins de Thessalonique

Brève description

Fondée en 315 av. J.-C., Thessalonique, capitale provinciale et ville portuaire, fut l'un des premiers foyers de diffusion du christianisme. Ses monuments chrétiens offrent des exemples éminents d'églises de plan central, de plan basilical ou de plan intermédiaire au cours d'une période allant du IVe au XVe siècle, constituant ainsi une série typologique diachronique dont l'influence fut considérable dans le monde byzantin. Les mosaïques de la Rotonde, de Saint-Démétrios et de Saint-David sont au nombre des grands chefs-d'œuvre de l'art paléochrétien.

Monuments paléochrétiens et byzantins de Thessalonique © UNESCO

Description longue

Les monuments chrétiens de Thessalonique sont de remarquables exemples d'églises construites selon un plan centré, basilical ou encore intermédiaire pendant une période comprise entre le IVe et le XVe siècle. Pour cette raison, ils forment une série de référence. L'influence des églises de Thessalonique sur le développement des arts monumentaux fut considérable, d'abord dans le monde byzantin, puis dans le monde serbe, que ce soit au cours du premier christianisme du haut Moyen Âge ou pendant la Renaissance des Paléologues. Les mosaïques de la Rotonde, de Saint-Démétrios et de Saint-David sont parmi les plus grands chefs-d'œuvre du premier art chrétien.

Thessalonique a été fondée juste après les villes nouvelles d'Alexandre, en 315 av. J.-C., par Cassandre qui lui donna le nom de son épouse Thessaloníki. La conquête romaine de la Macédoine en fit l'une des capitales provinciales de l'Empire. Port maritime cosmopolite et prospère, la ville prit une importance commerciale et stratégique croissante au cours de la période romaine, et fut l'un des premiers foyers de diffusion du christianisme. Saint Paul s'y rendit pour la première fois en 50 apr. J.-C., et y revint en 56 pour visiter l'Église qu'il avait fondée, et pour laquelle il témoigne d'une grande sollicitude dans ses Épîtres.

La splendeur et les vicissitudes changeantes de l'Église de Thessalonique au cours de l'Empire furent inextricablement liées pendant les premiers siècles du christianisme. C'est au cours de la période de construction du complexe palatial de Galère (298-311) que saint Démétrios fut martyrisé (vers 303). Quelque temps plus tard, la Rotonde, dont Galère voulait probablement faire son mausolée, fut convertie par les chrétiens en une église consacrée à saint Georges. Au nord du forum, ils construisirent la basilique Saint-Démétrios sur les vestiges des Thermes où la tradition place le lieu de la prison et du martyre de ce saint. Reconstruite en 412-413 par l'éparque Léontius et agrandie en 629-634 selon un plan grandiose qui comportait cinq nefs, l'église, bien que ravagée par un incendie en 1917, demeure l'un des principaux monuments du premier christianisme.

D'autres églises d'un grand intérêt archéologique ont été construites pendant la période byzantine : la basilique de la Vierge, dite Acheiropoietos, après 448 ; celle de Saint-David (fin du Ve ou début du VIe siècle) ; et surtout, Sainte-Sophie (VIIIe siècle), qui est un harmonieux mélange de plan grec cruciforme et de plan basilical à trois nefs. Après la conquête latine de 1205, elle devint la cathédrale de Thessalonique. Lorsque la ville revint à Byzance en 1246, de nouvelles églises y furent construites, dont Saint-Pantéléimon, les Saints-Apôtres, Saint-Nicolas-Orphanos et l'actuelle Sainte-Catherine.

Lorsque les Ottomans prirent le contrôle de la ville en 1430, nombre d'églises, anciennes ou nouvelles, furent transformées en mosquées, et d'autres lieux de culte islamiques furent construits (Hamza Bey Cami en 1467-1468, Alaca Imaret en 1484). Sous l'Empire ottoman (1430-1912), Thessalonique retrouva le statut de grande cité cosmopolite dont elle avait bénéficié au cours de l'ère chrétienne, notamment en raison de l'arrivée en 1492 de 20 000 juifs expulsés d'Espagne à la suite de l'édit de l'Alhambra. Le pluralisme des cultures se reflète dans la richesse du patrimoine de la ville, aujourd'hui tristement amoindri, qui furent décrits par des voyageurs comme Robert de Dreux (1665), Evliya Celebi (1668), Paul Lucas (1714), Félix de Beaujour (1797) et Abdul Mecid (1858).

Source : UNESCO/CLT/WHC