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Mont Taishan

Mount Taishan

The sacred Mount Tai ('shan' means 'mountain') was the object of an imperial cult for nearly 2,000 years, and the artistic masterpieces found there are in perfect harmony with the natural landscape. It has always been a source of inspiration for Chinese artists and scholars and symbolizes ancient Chinese civilizations and beliefs.

Mont Taishan

Objet d'un culte impérial pendant près de deux millénaires, le mont sacré Tai abrite des chefs-d'œuvre artistiques en parfaite harmonie avec la nature environnante. Il a toujours été une source d'inspiration pour les artistes et les lettrés chinois et il est le symbole même des civilisations et des croyances de la Chine ancienne.

جبل تايشان

يأوي جبل تاي المقدّس، وهو موضع عبادة الأباطرة لمدّة أكثر من ألفي عام، تحفاً فنية متناسقة كلّ التناسق مع الطبيعة المحيطة. ولطالما شكّل الجبل مصدر وحيٍ للفنّانين والمثقفين الصينيين لا بل هو رمز حضارات الصين القديمة ومعتقداتها.

source: UNESCO/ERI

泰山

近两千年来,庄严神圣的泰山一直是帝王朝拜的对象。山中的人文杰作与自然景观完美和谐地融合在一起。泰山一直是中国艺术家和学者的精神源泉,是古代中国文明和信仰的象征。

source: UNESCO/ERI

Гора Тайшань

Священная гора Тайшань («шань» по-китайски – гора), гармонично вписанная в окружающий ландшафт, на протяжении примерно 2 тыс. лет была важнейшим культовым объектом. Это место всегда вдохновляло китайских художников и ученых, и символизировало древние традиции Китая.

source: UNESCO/ERI

Monte Taishan

Lugar de culto imperial durante dos milenios, este monte sagrado alberga obras maestras de la arquitectura y el arte perfectamente armonizadas con su entorno natural. Sí­mbolo de las civilizaciones y creencias de la antigua China, el Monte Taishan ha sido siempre una fuente de inspiración para los artistas y letrados de este paí­s.

source: UNESCO/ERI

泰山

source: NFUAJ

Taishan berg

De heilige berg Taishan (‘shan’ betekent ‘berg’) vormde bijna 2.000 jaar lang een bedevaartsoord voor Chinese keizers van verschillende dynastieën. De berg is altijd een inspiratiebron voor Chinese kunstenaars en geleerden geweest. De gevonden kunstschatten zijn in perfecte harmonie met hun natuurlijke omgeving. Gerenommeerde geleerden – waaronder Confucius wiens geboorteplaats Qufu slechts 70 kilometer verwijderd is van Taishan – hebben gedichten, proza en kalligrafie opgedragen aan de berg. De tempel van de God van Taishan en de Tempel der Azuren Wolken – opgedragen aan zijn dochter, godin Laomu – dienden als model voor andere tempels tijdens de keizertijd in China.

Source : unesco.nl

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Mont Sacré Tai © Sacred Sites / Martin Gray
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Le mont Taishan, site d’une exceptionnelle valeur historique, culturelle, esthétique et scientifique, est la plus célèbre montagne sacrée de Chine. Des hommes s’y sont installés dès le Néolithique (un site Dawenkou se trouve à proximité) et cette montagne a été vénérée sans interruption durant les trois derniers millénaires. Vaste et imposante masse rocheuse de 25 000 ha culminant à 1 545 m d’altitude au-dessus du plateau environnant, le mont Taishan est considéré comme l’un des plus beaux panoramas de Chine et constitue depuis la nuit des temps un important creuset de la culture orientale d’Asie de l’est. La montagne était un lieu important du culte voué aux montagnes avant même l’an 219 AÈC, date à laquelle l’Empereur Qin Huan Di célébra les sacrifices Fengshan en son honneur pour faire savoir aux dieux qu’il avait réussi à unifier l’ensemble de la Chine. On dénombre sur la montagne 12 cérémonies impériales en hommage au Ciel et à la Terre, d’après les sources historiques, il y a près de 1 800 tablettes et inscriptions sur pierre et 22 000 temples, un ensemble qui fait du mont Taishan le plus important monument de Chine, une chambre aux trésors historiques et culturels mondialement célèbres.

Le monument phare, le Temple du dieu du Taishan, abrite le chef-d’œuvre taoïste peint en 1 009 ÈC intitulé « Le dieu du Taishan faisant un voyage ». Parmi les inscriptions figurent notamment les stèles de Zhang Qian, Heng Fang et Madame Jin Sun de la dynastie Han ; la Vallée des inscriptions rupestres de textes bouddhiques, datant de la dynastie des Qi du nord ; le Panégyrique du Taishan de Tang Xuanzong ; et les Stèles parallèles de la dynastie Tang. Il y a également un certain nombre d’arbres très anciens et remarquables, tels que : cyprès de la dynastie Han plantés il y a 2 100 ans ; un Sophora japonica de la dynastie Tang planté il y a 1 300 ans ; ainsi que le Pin du Bon-accueil et le Pin des Cinq-bureaucrates qui ont tous deux été plantés il y a quelque 500 ans. Ces éléments architecturaux, peintures, sculptures in situ, inscriptions sur pierre et arbres anciens font tous partie intégrante du paysage du mont Taishan.

 

Critère (i) : Le paysage du mont Taishan, l’une des cinq montagnes sacrées de la Chine traditionnelle, est une réalisation artistique unique. Les onze portes, quatorze arcades, quatorze kiosques et quatre pavillons qui jalonnent la volée de 6 660 marches déployées entre ciel et terre, plus que de simples prouesses architecturales, sont les touches finales apportées de mains d’hommes aux composantes d’un site naturel splendide. Ses dimensions en elles-mêmes placent ce paysage panoramique, qui a vécu 2 000 ans d’évolution, au rang des réussites humaines les plus grandioses de tous les temps.

 

Critère (ii) : Le mont Taishan, montagne la plus vénérée de Chine, exerce depuis 2 000 ans une influence multiple et très large sur le développement de l’art. Le Temple du dieu du Taishan et le Temple du nuage d’azur dédié à sa fille, la déesse Laomu, sont des prototypes qui après avoir été édifiés sur le mont Taishan ont ensuite servi de modèles dans la Chine entière à la période impériale. Le modèle théorique imaginant une montagne marquée par les traces de l’homme, où des structures élégantes – ponts, arcades ou pavillons – contrastent avec de noires forêts de pins ou des falaises rocheuses terrifiantes, n’aurait pu apparaître nulle part ailleurs qu’au mont Taishan.

 

Critère (iii) : Le mont Taishan est un témoignage unique des civilisations disparues de la Chine impériale et plus particulièrement de ce qui touche à leurs religions et à leurs arts et lettres. Il a été pendant 2 000 ans l’un des principaux lieux de culte où se rendaient les empereurs pour y pratiquer les sacrifices Fengshan en hommage au Ciel et à la Terre, sous l’égide du Fils du Ciel en personne. Il est depuis la période de la dynastie Han l’une des cinq montagnes symbolisant le Royaume céleste, selon la Doctrine des Cinq éléments qui est l’un des postulats fondamentaux de la pensée chinoise.

 

Critère (iv) : Le mont Taishan est un exemple exceptionnel de montagne sacrée. Le Palais des bénédictions célestes (1 008 ÈC), situé dans l’enceinte du Temple du dieu du Taishan, est l’un des trois plus anciens palais de Chine. Le Temple du nuage d’azur, également construit sous la dynastie Song, est un modèle typique de complexe architectural montagnard de par la manière dont sont agencés ses cours et ses bâtiments ; il s’agit là, avec le Temple du rocher divin avec sa Salle des mille bouddhas, d’exemples exceptionnels et parfaitement aboutis de grands temples. Tous témoignent de ce qu’étaient les périodes Tang et Song aux plans culturel et religieux.

 

Critère (v) : L’ensemble naturel et culturel formé par le mont Taishan comporte une implantation humaine traditionnelle : un centre cultuel datant de la période du Néolithique (Dawenkou), qui est devenu un exemple remarquable de rencontre entre la culture traditionnelle et les effets du changement irréversible provoqué par l’accroissement de la fréquentation et du tourisme.

 

Critère (vi) : Le mont Taishan est directement et concrètement impliqué dans des événements dont on ne peut minimiser l’importance pour l’histoire universelle, notamment l’émergence du Confucianisme, l’unification de la Chine et l’apparition de l’écriture et de la littérature en Chine.

 

Critère (vii) : Soumis à l’évolution naturelle sur près de 3 milliards d’années, le mont Taishan a été façonné par des processus géologiques et biologiques complexes qui ont abouti à créer une gigantesque masse rocheuse, couverte d’une végétation dense et dominant le plateau environnant. Cette montagne spectaculaire et majestueuse est le produit d’une association remarquable : un paysage naturel magnifique, soumis aux retombées culturelles de milliers d’années d’exploitation par l’homme.

 

Intégrité

Grâce à l’ancienneté de son statut de lieu sacré, le mont Taishan n’a subi que peu de modifications. La globalité de ses éléments lui permet de restituer pleinement et fidèlement l’association harmonieuse qu’il représente, entre un paysage naturel et une intervention humaine qui l’a modifié et mis en valeur pour en faire l’emblème de la foi et de la culture de la Chine ancienne.

Un téléphérique a été construit avant le classement du site au Patrimoine mondial, mais la majorité des visiteurs rejoint la région du sommet en gravissant à pied les 6 660 marches. L’intégrité du bien a peu souffert du tourisme et des équipements associés, mais il faut néanmoins fixer précisément jusqu’où peut s’étendre le développement de ces équipements. Il existe de vastes et imposants espaces qui ne comportent absolument rien d’historique ni de moderne, comme par exemple la très impressionnante Cuvette rocheuse inférieure. La montagne présente, pour l’essentiel, un aspect grandiose et sauvage qui ne correspond pas à l’idée qu’elle a connu des milliers d’années d’exploitation humaine.

 

Authenticité

Les éléments du patrimoine culturel du mont Taishan répondent à toutes les conditions d’authenticité : conception et forme, matériaux et substance, usage et fonction, traditions et techniques, situation et emplacement, esprit et expression. L’environnement humain et écologique de Taishan a été bien préservé sous l’ensemble des dynasties successives. Les vestiges géologiques ancestraux, les ensembles architecturaux issus de la Chine ancienne, les tablettes et inscriptions sur pierre ainsi que les arbres rares et très anciens ont tous fait l’objet de mesures attentives de protection et d’entretien.

 

Eléments requis en matière de protection et de gestion

La protection et la gestion du mont Taishan sont assurées depuis plus de 3 000 ans. L’organisation administrative qui s’en charge actuellement est le Comité directeur des panoramas et sites historiques de Taishan, siégeant dans la ville de Taian et composé de représentants de l’Office national du patrimoine mondial, du Bureau des vestiges culturels et des religions, du Bureau de l’hygiène et de la protection de l’environnement, et d’autres services et entités administratives compétents. L’entretien et la protection de Taishan sont financés sur des fonds alloués par le gouvernement, auxquels s’ajoutent les droits d’entrée perçus pour l’accès aux zones panoramiques.

En 1982, Taishan a été classé plus beau panorama national par le Conseil d’État de la République populaire de Chine. Conformément à la loi sur la Protection du patrimoine culturel et naturel mondial et aux autres lois et dispositions applicables de la République populaire de Chine, un document fixant les modalités de la Planification générale de la protection de Taishan a été adopté en octobre 2000 par le Comité permanent du Congrès national du peuple de la province du Shandong : la gestion globale de la protection du mont Taishan dispose ainsi d’un cadre juridique opérationnel. En 2004, le gouvernement de la ville de Taian a proclamé un niveau de protection maximale sur la zone des biens du patrimoine mondial, ce qui implique que tout projet de construction doit être soumis à l’approbation des services administratifs compétents selon les lois et procédures en vigueur.

L’on peut citer notamment, parmi les problèmes de gestion et de protection rencontrés, l’idée de mettre en place un plan de déplacement ainsi que des aménagements logistiques devant permettre de maîtriser les flux d’accès, et l’idée d’envisager comme cela était proposé de détruire ou de remplacer progressivement des bâtiments incongrus par d’autres, dans un style architectural adapté. Il importe par ailleurs de conserver une vision raisonnable et la maîtrise du lieu d’intervention, du nombre et du type d’opérations de retouche légère et de toilettage à mener, pour qu’elles fassent le moins possible obstacle à la perception des valeurs naturelles et culturelles du site par le visiteur. Il convient enfin de procéder à un véritable inventaire des caractéristiques naturelles du site, pour mieux documenter l’intégralité de la valeur du parc.

L'objectif spécifique de gestion à long terme pour la propriété est de contrôler les activités commerciales et touristiques dans la zone de protection afin de préserver l'intégrité et l'authenticité du bien.

Description longue

Le site majestueux du mont sacré Tai (Taishan), avec ses forêts et ses anciens temples se complétant l'un l'autre, a été le but d'un pèlerinage impérial pendant près de deux millénaires ; les chefs-d'œuvre artistiques qu'il renferme sont en parfaite harmonie avec la nature environnante. Source éternelle d'inspiration pour les artistes et les lettrés chinois, il est le symbole même des civilisations et des croyances de la Chine ancienne.

Situé dans la province du Shandong, juste au nord de la ville de Tai'an, Taishan s'élève sur une éminence abrupte située dans la vaste plaine du centre de la province du Shandong. C'est le plus ancien et le plus important exemple de système paléo-morphologique typique du cambrien dans l'est de la Chine. Connu sous le nom de complexe de Taishan, il comporte des roches magnétiques, métamorphiques et sédimentaires, ainsi qu'une masse intrusive provenant de différentes origines, formée au cours de l'archéen, voici 170 à 200 millions d'années. Par la suite, au cours du protérozoïque, la région de Taishan commença à s'élever, et ce mouvement se poursuivit jusqu'au milieu du cénozoïque. Le gneiss qui émerge dans la région de Taishan forme le socle de fondation de tout le nord de la Chine.

La végétation couvre 80 % de cette aire richement boisée, et sa flore est très variée, avec 989 espèces répertoriées. Les plantes médicinales sont au nombre de 462, y compris le ginseng de Taishan, le grémil chinois et l'odoratum, qui sont connus dans tout le pays. Il s'y trouve plus de 200 espèces animales, en plus de 122 espèces d'oiseaux ; de nombreux poissons vivent dans les eaux courantes entre 300 et 800 m d'altitude.

Taishan possède un patrimoine culturel très riche, dont l'intégration au cadre naturel est considérée comme un très précieux héritage. Les témoignages culturels consistent en objets commémoratifs, complexes architecturaux, sculptures en pierre et sites archéologiques de la plus grande importance. C'est l'un des berceaux de la civilisation chinoise, qui conserve des traces de la présence humaine remontant à 400 000 ans, avec l'homme de Yiyuan, dans le courant du paléolithique. Au cours du néolithique, voici 5 000 à 6 000 ans, le lieu était déjà devenu un centre culturel important, où s'épanouissaient deux cultures : la culture Dawenkou au nord de la montagne, la culture Longshan au sud.

Les périodes du Printemps et de l'Automne (770-476 av. J.-C.) de la dynastie des Zhou (1100-221 av. J.-C.) témoignent d'une première phase de créativité culturelle avec l'émergence de deux États rivaux, Qi au nord et Lu au sud de la montagne. Au cours de la période des Royaumes combattants (475-221 av. J.-C.), l'État de Qi bâtit un mur de 500 km de long pour se protéger contre les risques d'invasions de l'État de Chu. Les ruines de la plus ancienne des grandes murailles de l'histoire chinoises sont encore bien visibles aujourd'hui.

Pendant plus de 3 000 ans, les empereurs chinois des différentes dynasties ont fait des pèlerinages à Taishan pour y célébrer des sacrifices, ou pour le déroulement de cérémonies. Des inscriptions rupestres, des tablettes de pierre et des temples témoignent de ces visites. De célèbres lettrés, et notamment Confucius, dont la ville natale, Qufu, n'est distante que de 70 km, ont composé des poèmes et des textes en prose, ou ont laissé leur calligraphie sur la montagne.

Taishan fut aussi un important centre de culte pour les bouddhistes comme pour les taoïstes. En 351 av. J.-C., un moine révéré du nom de Lang, le premier à venir sur la montagne, construisit les temples de Lang et du Divin Rocher. Les temples de la Source de Jade, du Trésor du Dieu et de la Lumière Radieuse ont été construits sous les dynasties du Nord et du Sud (420-589 apr. J.-C.).

Le premier ministre de la dynastie des Tang (618-907 apr. J.-C.), Li Jiefu, considérait le temple du Divin Rocher comme l'un des quatre plus beaux de la Chine. Les lieux de culte taoïste comprennent le temple de la Reine Mère Céleste, le palais de la déesse Doumu, le temple du Nuage Azur, le temple du Bassin Arrière de Roche et le temple du Maître Suprême des Cieux. Le temple de la Reine Mère Céleste, construit avant la période des Trois Règnes (220-280 apr. J.-C.), est le plus ancien, tandis que le temple du Nuage Azur est le plus important en termes d'influence, puisque celle-ci s'exerce sur plus de la moitié de la Chine.

Source : UNESCO/CLT/WHC