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Cavalier de Madara

Madara Rider

The Madara Rider, representing the figure of a knight triumphing over a lion, is carved into a 100-m-high cliff near the village of Madara in north-east Bulgaria. Madara was the principal sacred place of the First Bulgarian Empire before Bulgaria’s conversion to Christianity in the 9th century. The inscriptions beside the sculpture tell of events that occurred between AD 705 and 801.

Cavalier de Madara

Le Cavalier de Madara, représentant un cavalier vainqueur d’un lion, est sculpté sur une falaise de 100 m de haut, près du village de Madara, dans le nord-est de la Bulgarie. Madara a été le premier lieu sacré du premier Empire bulgare, avant la conversion de la Bulgarie au IXe siècle. Les inscriptions qui figurent à côté de cette sculpture relatent des événements survenus entre 705 et 831.

فارس مادارا

يجسّد تمثال فارس مادارا فارساً يتغلّب على أحد الأسود وهو منحوت في جرف صخري يبلغ علوه 100 متر، بالقرب من بلدة مادارا، في شمال شرق بلغاريا. شكّلت مادارا أول مكان عبادة في الإمبراطورية البلغارية الأولى، قبل اعتناق بلغاريا الديانة المسيحية في القرن التاسع. وتسرد الكتابات المحفورة بجانب هذا التمثال بعض الأحداث التي جرت بين عامَي 705 و813.

source: UNESCO/ERI

马达腊骑士崖雕

马达腊骑士崖雕刻画的是一位骑士斗败狮子的场面,位于保加利亚东北部马达腊镇附近的一面高约100米的悬崖之上。在公元9世纪前,保加利亚人并不信仰基督教,那时马达腊是保加利亚第一帝国主要的宗教场所。在崖雕的边上还刻有铭文,讲述了公元705年至801年间发生的事件。

source: UNESCO/ERI

Мадарский всадник

Мадарский всадник – это фигура воина, побеждающего льва, вырезанная в утесе около деревни Мадара на северо-востоке Болгарии. Мадара была главным священным местом первого Болгарского царства до того, как Болгария в ХI в. приняла христианство. Надписи поблизости от скульптуры сообщают о событиях, которые происходили в этой местности между 705 и 801 гг.

source: UNESCO/ERI

El Caballero de Madara

El Caballero de Madara es una figura esculpida en un peñasco de 100 metros de altura, que representa un jinete vencedor de un león. Recibe su nombre de la cercana aldea de Madara, situada al noreste de Bulgaria. Madara fue el lugar sagrado más importante del primer Imperio Búlgaro, antes de la conversión de este país al cristianismo en el siglo IX. Las inscripciones que acompañan la escultura relatan acontecimientos ocurridos entre los años 705 y 813 d.C.

source: UNESCO/ERI

マダラの騎士像

source: NFUAJ

Madara ruiter

De Madara ruiter is een reliëf van een majestueuze ruiter op 23 meter hoogte boven de grond. Het beeld – een ridderfiguur die met een speer een leeuw heeft overmeesterd – is uitgehouwen in een 100 meter hoge klif in de buurt van het dorp Madara in Noordoost-Bulgarije. Madara was een belangrijke heilige plek van het eerste Bulgaarse keizerrijk, voordat het land bekeerd werd tot het christendom in de 9e eeuw. De inscripties naast de ruiterfiguur vertellen over gebeurtenissen die plaatsvonden tussen 705 en 801 na Christus. De beeldhouwer gebruikte drie verschillende methodes om de figuren te maken.

Source : unesco.nl

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Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Le Cavalier de Madara est un relief unique, une œuvre d'art exceptionnelle, créée dans les premières années de formation de l'État bulgare, au début du VIIIe siècle. Il est le seul de son genre, sans aucun parallèle en Europe. Il subsiste à ce jour dans son état authentique, sans aucune altération passée ou actuelle.

Il est exceptionnel, non seulement en tant qu'œuvre de la sculpture bulgare, avec ses tendances réalistes caractéristiques, mais aussi en tant que source historique remontant aux premières années de l'établissement de l'État bulgare. Les inscriptions qui entourent ce relief constituent en effet une chronique d'événements importants survenus sous les règnes de célèbres khans bulgares : Tervel, Kormisos et Omurtag.

Critère (i) : Le Cavalier de Madara est une œuvre d'art exceptionnelle datant du début du VIIIe siècle. Il est le seul de son genre, sans aucun parallèle en Europe.

Critère (iii) : Le Cavalier de Madara est exceptionnel, non seulement en sa qualité de sculpture réaliste bulgare, mais aussi en tant que source historique sur les premières années de l'État bulgare, car les inscriptions qui entourent le relief constituent une chronique d'événements survenus sous les règnes de célèbres khans.

Intégrité

Le relief sculpté dans le rocher représentant le Cavalier de Madara comprend à l'intérieur de ses limites suffisamment d'éléments de mise en valeur. Il se trouve dans une réserve archéologique qui abrite d'autres monuments archéologiques, dont certains datent de 2000 ans. Les limites définies, ainsi que la zone de protection, assurent la préservation des abords du bien.

En raison d'une certaine instabilité du rocher qui le supporte, le relief a un sérieux et permanent problème de conservation, bien que les altérations de son intégrité ne soient pas notables. L'association de l'érosion causée par le vent et du ruissellement des eaux en surface dû aux fortes pluies et à la neige fondante provoque une érosion du rocher. Le bien a fait l'objet de nombreuses recherches archéologiques, géodésiques, géologiques, hydrologiques, statiques, sismographiques, physico-chimiques, et dernièrement, microbiologiques. Tous ces efforts exceptionnels de recherche ont été intégrés dans une base de données et leurs résultats ont permis de définir les paramètres des interventions immédiates de conservation. En 2007, un Projet international de recherche de solutions pour la conservation du relief a été réalisé et l'évaluation des interventions proposées est en attente.

Authenticité

La forme et la conception, l'emplacement et le cadre, les matériaux et la substance, l'esprit et le caractère du Cavalier de Madara ont conservé leur authenticité.

Besoins en matière de protection et de gestion

La gestion est assurée selon :

- La Loi sur le Patrimoine culturel (Journal officiel, n° 19, 2009) et la législation afférente. Cette loi réglemente la recherche, l'étude, la protection et la promotion du patrimoine culturel immeuble de Bulgarie, ainsi que l'établissement de plans de conservation et de gestion de ses biens culturels immeubles inscrits sur la Liste du patrimoine mondial.

De plus, une législation secondaire, publiée par le Gouvernement en 1981 (Ordonnance n° 22 intitulée « Protection des Réserves historiques et archéologiques de Pliska, Preslav et Madara », promulguée dans le Journal officiel, n° 14, 1981) s'applique également.

Afin d'assurer la conservation du relief, il convient d'effectuer les interventions proposées lors du Projet international de 2007. 

Description longue

Le sculpteur a représenté en bas relief un cavalier majestueux, haut de 23 m, dans une falaise presque verticale de 100 m de hauteur. Le cavalier, suivi par un chien, plonge une épée dans un lion gisant aux pieds de son cheval. Dans l'Antiquité, des tribus thraces habitaient cette plaine, où elles avaient aménagé un ancien sanctuaire dans la vaste grotte ouverte sous la falaise, connue aujourd'hui sous le nom de grotte de la Nymphe.

Une forteresse et une grande ferme (villa rustica) qui prospérèrent au pied de la colline pendant plus de trois siècles, au cours de la période romaine, furent désertées au moment du déclin de l'Empire romain. Les tours pointues de la forteresse furent rebâties lorsque la première capitale bulgare, Pliska, fut fondée à proximité.

Au cours de la période difficile qui marque la fin du VIIe siècle, les relations entre le jeune État bulgare et Byzance étaient extrêmement complexes. Les Bulgares obtinrent le droit de fonder leur État au lendemain d'une bataille victorieuse, mais Byzance se considérait comme l'héritière de l'Empire romain, et ne cessa jamais de revendiquer ce territoire. Lorsque l'empereur byzantin Justinien, chassé de son trône, demanda l'aide du khan bulgare Tervel OK? ou Terbel (G.Larousse), il fut obligé d'accepter ses conditions. L'empereur fut réinstallé sur le trône de Constantinople grâce à l'armée bulgare, en 705 : ainsi, un quart de siècle seulement après sa fondation, l'État bulgare était non seulement reconnu, mais recevait même un tribut de Byzance.

Le cavalier de Madara a été sculpté au tout début du VIIIe siècle, trois décennies environ après la fondation de l'État bulgare, en 681, et marque son triomphe : sa reconnaissance par l'Empire byzantin. Le relief ne représente pas seulement une scène symbolique abstraite, mais aussi une image bien spécifique qui possède sa propre histoire, et un profond symbolisme. La place choisie pour le réaliser est telle que la forme de la roche donne plus de relief à certaines parties de la représentation, tandis que d'autres sont presque plates, parce qu'elles ont dû être sculptées sur la paroi verticale de la falaise.

Le sculpteur a utilisé trois techniques de taille. Il a d'abord détouré les images en creusant un sillon large de 1,5 cm pour une profondeur de 2 cm (seul le lion n'est pas entouré par ce type de sillon). Il a ensuite abaissé la surface environnante de manière que la figure saille vers l'avant. Enfin, il a couvert les figures avec un stuc rouge de façon à mieux les mettre en relief sur le fond de la roche. Ce stuc a été en grande partie détruit par les éléments, mais on en voit encore différentes traces ; les lettres des inscriptions étaient également comblées avec ce type de stuc. Le sculpteur a fait en sorte que le relief apparaisse clairement vu d'une certaine distance. Les éléments de cette composition habile sont agencés de manière à éviter la distraction, et à souligner l'effet de la composition.

Cette sculpture présente une combinaison originale de caractères statiques et dynamiques, de gestes conventionnels et de détails réalistes. L'image est celle d'un événement spécifique, mais elle a une portée triomphale qui la situe au-delà des limites du temps. Cependant, bien que cette œuvre monumentale combine le concret avec l'abstrait, l'inscription gravée sur les côtés droit et gauche de la composition fournit des informations brèves, précises et simples sur l'événement et les circonstances auxquelles il se rattache. La signification historique profonde du relief est ultérieurement clarifiée par les inscriptions portées autour des figures, qui ont été faites au cours de trois phases successives, et sont en relation avec d'importants événements. Ce sont les plus anciennes inscriptions protobulgares, et les plus anciennes traces d'écriture de toute l'histoire bulgare.

Ces traditions débutent avec les trois textes du relief de Madara qui marquent le commencement des annales historiques, mais sont aussi en rapport avec les représentations et le sens de la scène de victoire représentée sur le relief. L'existence d'un État n'acquiert sa pleine signification qu'avec sa reconnaissance internationale, et ces textes mentionnent précisément les événements liés à l'émergence de cet État avec son entrée, en tant que partenaire respecté, sur la scène internationale.

Source : UNESCO/CLT/WHC