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Temple d'Apollon Épikourios à Bassae

Brève description

Ce célèbre temple du dieu solaire et guérisseur fut construit vers le milieu du Ve siècle av. J.-C. dans la solitude des montagnes arcadiennes. Le mélange de l'archaïsme et de la sérénité du style dorique avec certaines audaces architecturales est caractéristique de cet édifice où se trouve le plus ancien chapiteau corinthien conservé.

Temple d'Apollon Épikourios à Bassae © UNESCO

Description longue

Isolé au sein d'un environnement admirablement préservé, le temple de Bassæ est un remarquable exemple de sanctuaire grec situé dans un environnement rural. C'est un édifice unique, présentant des traits archaïques marqués (surface allongée, rapport exceptionnel entre les 15 colonnes de la longueur et les 6 colonnes en façade, et orientation nord/sud) combinés à d'audacieuses innovations (recours aux ordres ionique et corinthien pour un édifice dorique, diversité de matériaux employés, originalité du plan de la cella et de l'adyton).

Les habitants de Philagia ont consacré ce temple à Apollon Épikourios, le dieu salutaire qui leur était venu en aide lorsqu'ils avaient été frappés par la peste. Ses ruines se dressent majestueusement à 1 130 m d'altitude dans la région montagneuse de l'Arcadie, au cœur du Péloponnèse, non loin d'Andritsaina. Construit dans la première moitié du Ve siècle av. J.-C. (vers 420-410 ?), il appartient à la première génération d'édifices postérieurs au Parthénon. Pausanias, qui admira sa beauté et son équilibre, l'attribue à l'architecte Ictinos, ce que les archéologues n'ont pas réussi à établir formellement.

Avec son plan allongé (39,87 x 16,13 m), le périptère est principalement construit en calcaire gris local. La colonnade extérieure du temple, hexastyle, se conforme à un ordre dorique extrêmement strict (les métopes ne sont pas figurées). À l'intérieur, en revanche, de délicates sculptures se marient à un style architectural plus sophistiqué. La façade du pronaos et l'opisthodomos, avec ses deux colonnes in antis, respectent l'ordre dorique. Dans la cella, cependant, une série de colonnes engagées ioniques s'adosse à des murets transversaux. Vers le sud, à l'emplacement de l'adyton, les deux dernières colonnes ioniques de la cella, placées à l'extrémité des murets obliques, flanquent une colonne corinthienne qui est isolée au centre du temple. La décoration présente un intérêt spécifique, notamment en raison des différents matériaux utilisés : les murs et les bases, ainsi que les tambours des colonnes, sont en calcaire, et les chapiteaux ioniques et corinthiens en marbre de Doliana, de même que les métopes sculptées de la frise extérieure de la cella, les plaques de la frise ionique à l'intérieur du sanctuaire, les guttae, les supports du toit et les tuiles de couverture.

Le chapiteau de la colonne centrale du temple de Bassæ est le plus ancien chapiteau corinthien conservé, ce qui fait de ce temple le modèle de tous les monuments inspirés par le style corinthien dans les civilisations grecque, romaine ou postérieure.

Situé à l'écart de la ville, le temple ne fut connu que tardivement. Un architecte français le découvrit par hasard en 1765, et le signala à l'attention du monde savant. La première fouille archéologique, en 1812, porta ses fruits mais eut des conséquences négatives pour l'intégrité du site. Il fut en effet dépouillé alors de 22 éléments sculptés de la frise ionique, et ces remarquables sculptures furent acquises en 1814 par le futur roi George IV d'Angleterre et transférées au British Museum, avec le chapiteau corinthien. Bien que privé de son décor exceptionnel (une centauromachie et une amazonomachie), le temple de Bassæ a été soigneusement restauré en 1902, mais l'état critique du monument exigea une nouvelle intervention en 1965.

Source : UNESCO/CLT/WHC