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Vieille ville de Caceres

Old Town of Cáceres

The city's history of battles between Moors and Christians is reflected in its architecture, which is a blend of Roman, Islamic, Northern Gothic and Italian Renaissance styles. Of the 30 or so towers from the Muslim period, the Torre del Bujaco is the most famous.

Vieille ville de Caceres

On retrouve l'histoire des batailles entre les Maures et les chrétiens dans l'architecture de cette ville qui présente un mélange de styles roman, islamique, gothique du Nord et Renaissance italienne. De la période musulmane subsistent environ trente tours, dont la Torre del Bujaco est la plus célèbre.

مدينة كاسيريس القديمة

تحكي هندسة هذه المدينة تاريخ المعارك بين العرب والأوروبيين وهي مزيج من الطراز الروماني والإسلامي والقوطي للشمال وللنهضة الإيطاليّة. ويبقى من الحقبة الإسلاميّة ثلاثون برجاً أشهرها توري ديل بوخاكو.

source: UNESCO/ERI

卡塞雷斯古城

卡塞雷斯城历史上摩尔人和基督徒的争斗也反映在了该城的建筑中,罗马式、伊斯兰式、北哥特式和意大利文艺复兴式的建筑风格在这里和谐地融为一体。城中现存有大约30座穆斯林时期建造的高塔建筑,其中布哈科塔最为著名。

source: UNESCO/ERI

Старый город в Касересе

История города, проходившая в битвах мавров с христианами, отражена в его архитектуре, где смешаны самые разные стили – древнеримский, исламский, северная готика и итальянское Возрождение. Среди 30 башен, сохранившихся с мусульманских времен, наиболее известна башня Торре-дель-Бухако.

source: UNESCO/ERI

Ciudad vieja de Cáceres

La historia de las batallas libradas entre moros y cristianos se refleja en la arquitectura de esta ciudad, que presenta toda una variedad de estilos: románico, islámico, gótico septentrional y renacentista italiano. De la época musulmana subsisten unas treinta torres. La más célebre de ellas es la del Bujaco.

source: UNESCO/ERI

カーセレスの旧市街

source: NFUAJ

Oude stad van Cáceres

De geschiedenis van Cáceres werd gedomineerd door gevechten tussen de Moren en de christenen. Dit is terug te zien in de architectuur van de stad. Zo zijn er veel versterkte huizen, paleizen en torens te vinden. De bouwstijl is een mix van uiteenlopende en tegenstrijdige invloeden, zoals de islamitische kunst, noordelijke gotiek, Italiaanse renaissance en kunst van de Nieuwe Wereld. Van de ongeveer 30 torens uit de islamitische periode is de Torre del Bujaco de meest bekende. De muren van de stad zijn een uitzonderlijk voorbeeld van de vestingwerken die de Almohaden bouwden in Spanje.

Source : unesco.nl

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Vieille ville de Caceres © UNESCO
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse 

La Vieille ville de Cáceres est un ensemble urbain de 9 ha entouré d’une muraille de 1 174 m, situé dans la Communauté autonome d’Estrémadure, dans le sud-ouest de la péninsule Ibérique.

Cáceres a été une ville sur un itinéraire commerçant et le centre politique de la noblesse locale pendant de nombreux siècles. Depuis l’époque préhistorique, des populations de différentes cultures se sont rassemblées à Cáceres et ont créé son fort enracinement historique. Le lieu a d’abord été occupé par des colonies de peuplement préromaines, puis par les Romains, les Arabes, les Juifs et les chrétiens.

On peut observer et étudier l’influence et les vestiges de ces cultures dans l’ensemble fortifié de Cáceres, qui présente une grande variété typologique et constructive – depuis l’architecture populaire jusqu’aux maisons-palais d’une sobriété caractéristique, et aux tours de la noblesse datant de l’époque gothique et de la Renaissance. On retrouve l’histoire des batailles entre les Maures et les chrétiens dans l’architecture de cette ville où l’on retrouve le style roman, islamique, gothique du Nord et Renaissance italienne. Le bien comporte aussi d’importants monuments religieux – églises, ermitages et couvents.

Cáceres offre un exemple éminent de ville dominée du XIVe au XVIe siècle par de puissantes factions rivales, comme en témoigne l’organisation de l’espace dominante dictée par l’implantation des maisons fortes, des palais et des tours. Cette ville d’Estrémadure porte les traces d’influences les plus diverses et les plus contradictoires. La conception urbaine de la partie intra-muros de la ville est un exemple de ville médiévale qui a façonné son aspect actuel au fil des siècles.

La recherche pluridisciplinaire des dernières décennies a permis de mieux comprendre l’évolution et les importantes transformations de Cáceres ; elle a collecté des informations sur les techniques de construction dans la ville fortifiée, et a distingué une rare unité structurelle dans la partie ouest de l’ensemble historique. 

Critère (iii) : Les murailles de Cáceres apportent un témoignage exceptionnel sur les fortifications édifiées en Espagne par les Almohades. Souvent comparée à la Torre de Espantaperros de Badajoz ou à la Torre del Oro de Séville, la Torre Mochada de Cáceres s’intègre à un ensemble de murs et de tours largement conservé et représentatif d’une civilisation.

Critère (iv) : Cáceres offre un exemple éminent de ville dominée du XIVe au XVIe siècle par de puissantes factions rivales, l’organisation de l’espace étant dictée par l’implantation des maisons fortes, des palais et des tours. Cette ville d’Estrémadure est unique par ses caractéristiques historiques car, du Moyen Âge à l’époque classique, s’y sont exercées les influences les plus diverses et les plus contradictoires – gothique du Nord, arts de l’islam, de la Renaissance italienne et du Nouveau Monde. 

Intégrité

Tous les éléments nécessaires à la transmission de la Valeur universelle exceptionnelle du bien se trouvent à l’intérieur de ses limites. L’ensemble architectural, entouré de ses murailles et caractérisé par la présence de maisons fortes, de demeures palatiales et de tours, conserve un haut degré d’intégrité matérielle. Le cercle défensif est un élément d’importante puissance matérielle et visuelle.

Le bien n’est pas confronté à d’importantes menaces pour les attributs justifiant sa Valeur universelle exceptionnelle. D’importantes actions sont réalisées par le secteur public et le secteur privé pour la préservation et l’entretien du bien. De plus, le Plan spécial de revitalisation et de protection du patrimoine architectural de la ville de Cáceres garantit un maintien des conditions d’intégrité et d’authenticité. 

Authenticité

L’authenticité du bien est largement maintenue dans cette ville gothique et Renaissance comptant de nombreuses constructions nobles de qualité (maisons fortes) du XVe siècle et demeures palatiales du XVIe siècle ayant en majorité conservé leur maçonnerie de granit. Cáceres conserve un nombre considérable de bâtiments qui témoignent des luttes des nobles et de la paix amenée par l’unification des différents royaumes par le roi et la reine catholiques. Tout cela reste facile à interpréter grâce à la préservation du plan, de la forme et de la conception générale du lieu.

Les murailles de Cáceres montrent l’influence des différentes cultures qui ont marqué l’endroit – depuis la fin de la période de la République romaine jusqu’à la domination chrétienne – à travers les différents motifs et matériaux utilisés par chacune. Ainsi, les musulmans qui pratiquaient l’art du siège des villes, surtout pendant la période almohade lorsqu’il a fallu rénover les murailles, ont-ils ajouté les tours défensives caractéristiques. De nouvelles tours (Púlpitos) ont été ajoutées et d’autres (Bujaco) ont été modifiées lors de la période chrétienne médiévale. 

Éléments requis en matière de protection et de gestion

La gestion du bien relève de la responsabilité des administrations publiques compétentes, du Conseil municipal de Cáceres et du gouvernement régional d’Estrémadure. Le Plan spécial de revitalisation et de protection du patrimoine archéologique de la ville de Cáceres (en vigueur depuis 1990), la loi 2/99 sur le Patrimoine historique et culturel d’Estrémadure et la loi 16/1985 sur le Patrimoine historique espagnol constituent le cadre juridique et réglementaire applicable pour la protection du bien.

Le Plan spécial de protection, en tant qu’outil de planification urbaine, régit le régime urbain des terrains concernés, en dehors des normes de construction et de la conservation du patrimoine bâti, mais incluant le patrimoine archéologique qui définit l’évolution historique de l’urbanisme du lieu depuis l’époque romaine. Le Plan spécial de protection couvre une zone plus vaste que le bien inscrit et il est donc particulièrement centré sur la protection de l’ensemble exceptionnel.

La loi 2/99, en tant que réglementation sectorielle en termes de culture, précise, définit et régit les aspects liés à la conservation du patrimoine matériel ou non, pour le transmettre aux générations futures.

La mise en œuvre du Plan spécial de revitalisation et de protection du patrimoine archéologique de la ville de Cáceres va exiger un suivi systématique et une révision pour répondre à l’évolution de la situation. Il faudra aussi adapter ce plan pour se conformer aux réglementations nationales et internationales, et définir un projet cohérent et global pour la ville, en établissant des directives et des priorités en vue d’une réhabilitation matérielle et fonctionnelle de la cité historique.

De plus, le Plan de gestion devra définir une zone tampon et des mécanismes de protection pour assurer la préservation du cadre du bien. Ce plan devra aussi inclure un Plan de circulation, de mobilité et d’accessibilité, ainsi qu’un Plan directeur d’interventions dans les espaces publics.

La création d’un Consortium de la Ville des Monuments – constitué du Conseil municipal de Cáceres, du gouvernement régional d’Estrémadure et du gouvernement central espagnol – va également être essentielle. Ce consortium fonctionnera comme un organisme financier et technique et sera doté d’une administration spécialisée centrée sur la coordination et la coopération nécessaires entre ces entités.

Description longue
[Uniquement en anglais]

Cáceres is an outstanding example of a city that was ruled from the 14th to 16th centuries by powerful rival factions: fortified houses, palaces and towers dominate its spatial configuration. This city in Estremadura bears the traces of highly diverse and contradictory influences, such as Islamic arts, Northern Gothic, Italian Renaissance, arts of the New World, etc. The walls of the city bear exceptional testimony to the fortifications built in Spain by the Almohads. The Torre Desmochada in Cáceres is part of an ensemble of walls and towers which is representative of a civilization and which has been largely conserved.

Few traces of the Colonia Norbensis Caesarina, founded 29 BC, remain in the urban landscape; here and there traces of the cardo and the decumanus can be perceived. All that is left of the Roman wall, substantially reworked by the Arabs, is a few wall sections and some foundation stones.

Caesarina, its name in the 6th century, played only a minor role in the Visigothic Kingdom. It had lost almost all its prominence when the Arabs seized it and made it a fortified city, called Qasri, which in the 12th century Al-Idrisi saw as the principal bridgehead against the Christians. Moreover, during the 12th-century wars, after the Almohads had lost and then retaken the city several times, they built remarkable fortifications which completely changed the appearance of the Roman walls. Flanking towers were positioned externally a few metres from the rampart and connected to it by a wall; five of the towers, rectangular in shape, still stand to the west, including the famous Torre del Bujaco; two polygonal towers can be seen to the south (Torre Redonda and Torre Desmochada); to the east, the Torre de los Pozos, rising 30 m above the rampart walk, is partly built into a barbican.

Few monuments have survived from the Muslim period within the walls. The most significant is the five-nave reservoir with three bays, incorporated into the Casa de las Veletas in the 16th century. Although most of the monuments have been lost (the site of the Alcázar was parcelled out in 1473), the pattern of the streets, with winding backstreets that open on tiny squares or turn into narrow alleys, is a survival from urban planning during the Almohad period. The number of patios and interior gardens also bears testimony to the influence of Qasri on Cáceres.

Alfonso IX, King of León, recaptured the city from the Moors in 1229. The destiny of Cáceres shifted again in the 14th century with the massive influx of noblemen who had initially been excluded from repoblación as a result of measures imposed by Alfonso IX. In the space of a few decades, fortified houses dotting the landscape made the city a perfect example of a feudal city, which since 1312 had been the stage for power struggles between rival clans. Notable among the oldest seigniorial fortresses are the Palacio de la Generala, the house and tower de las Cigüeñas, Casa de los Ovando-Perero, Torre de los Espaderos, and Casa Espadero-Pizarro or Casa del Mono.

In the 15th and 16th centuries, noble pride is demonstrated by richly decorated coats of arms and a surge of towers, machiccolation and crenellation. The Catholic Kings tore down most of these unusual constructions, but preserved some in deference to the wishes of a few select lords (e.g. Palacio de los Golfines de Arriba, Palacio de las Cigüeñas). Only their smaller proportions and a more modest system of defence distinguish the city's exquisite stone houses from the palaces (Casa de Aldana, Casa del Sol, Casa del Aguila, Casa de Ulloa, Casa de Carvajal, etc.). When the 'Americans' returned, new palaces were constructed: Palacio Godoy, built by a newly rich conquistador and Palacio de los Toledo-Moctezuma, built in the second half of the 16th century for the grandson of the Aztec who had greeted Cortes when he reached Mexico. A wide variety of styles is reflected in these constructions and the city's contemporary structures, palaces, churches or convents. The later addition of the imposing Jesuit church of San Francisco Javier (1755) did not disturb the harmony of an urban fabric which had been remodelled according to a common pattern.

Source : UNESCO/CLT/WHC