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Trèves – monuments romains, cathédrale Saint-Pierre et église Notre-Dame

Roman Monuments, Cathedral of St Peter and Church of Our Lady in Trier

Trier, which stands on the Moselle River, was a Roman colony from the 1st century AD and then a great trading centre beginning in the next century. It became one of the capitals of the Tetrarchy at the end of the 3rd century, when it was known as the ‘second Rome’. The number and quality of the surviving monuments are an outstanding testimony to Roman civilization.

Trèves – monuments romains, cathédrale Saint-Pierre et église Notre-Dame

Colonie romaine dès le Ier siècle de notre ère, puis grande métropole marchande à partir du siècle suivant, Trèves, au bord de la Moselle, devenue l’une des capitales de la Tétrarchie à la fin du IIIe siècle, fut qualifiée de « seconde Rome ». Elle apporte un témoignage exceptionnel sur la civilisation romaine par la densité et la qualité des monuments conservés.

ترييرنصب رومانية وكاتدرائية القديس بطرس وكنيسة السيدة

إنها مستوطنة رومانية تعود إلى القرن الأول ومن ثم مدينة تجارية كبيرة بدءاً من القرن الثاني. اصبحت تريير الواقعة على ضفاف الموزل إحدى عواصم الحكم الرباعي في نهاية القرن الثالث وقد سمّيت "روما الثانية". إنها شهادة فريدة على الحضارة الرومانية بكثافة النصب المصانة ونوعيتها.

source: UNESCO/ERI

特里尔的古罗马建筑、圣彼得大教堂和圣玛利亚教堂

特里尔位于摩泽尔河畔,在公元1世纪时是罗马殖民地。从公元2世纪开始,逐渐发展成了一个伟大的贸易中心。到了公元3世纪末,这里则成了四帝制(Tetrarchy)的首都之一,称作“第二罗马”。它的保护完好的大量历史遗迹都是罗马文明的有力证据。

source: UNESCO/ERI

Древнеримские памятники, кафедральный собор Св. Петра и церковь Богоматери в городе Трир

Трир, расположенный на реке Мозель, с первого века нашей эры был древнеримской колонией, а начиная со второго века – центром торговли. В конце III в. он стал одной из столиц Тетрархии, и признавался «Вторым Римом». Количество и качество уцелевших здесь памятников представляют собой выдающееся свидетельство древнеримской цивилизации.

source: UNESCO/ERI

Tréveris - Monumentos romanos, catedral de San Pedro e iglesia de Nuestra Señora

Situada a orillas del río Mosela, la ciudad de Tréveris fue colonia romana desde el siglo I a.C. Cien años después se había transformado en una importante metrópoli mercantil. A finales del siglo III fue una de las capitales de la Tetrarquía y se le dio el nombre de “segunda Roma”. La densidad y estado de conservación de sus monumentos hacen de ella testimonio excepcional de la civilización romana.

source: UNESCO/ERI

トリーアのローマ遺跡群、聖ペテロ大聖堂及び聖母マリア教会

source: NFUAJ

Romeinse monumenten, Sint Petersdom en Onze-Lieve-Vrouwe kerk in Trier

Trier ligt aan de Moezel. Het was een Romeinse kolonie uit de eerste eeuw na Christus en vervolgens een groot handelscentrum in de eeuw daarna. Aan het einde van de derde eeuw werd het een van de hoofdsteden van de Tetrarchie en kwam bekend te staan als het ‘tweede Rome’. Het aantal en de kwaliteit van de overgebleven monumenten getuigen op een bijzondere manier van de Romeinse beschaving, zoals de brug, de resten van de versterkte muur, het amfitheater en pakhuizen. Het meest bekend is de overgebleven Romeinse poort, ook wel Porta Nigra (zwarte poort) genoemd. De Sinter Petersdom is de oudste kerk van Duitsland. De bouw in opdracht van de Romeinse keizer Constantijn, begon in 326 na Christus. De Onze-Lieve-Vrouwe kerk was een van de eerste gotische kerken in Duitsland en stamt uit 1260.

Source : unesco.nl

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Trèves – monuments romains, cathédrale Saint-Pierre et église Notre-Dame © Silvan Rehfeld
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse 

Trèves, située sur la Moselle dans l'ouest de l’Allemagne, fut une colonie romaine au Ier siècle de notre ère, puis un grand centre marchand au début du siècle suivant. Elle devint l’une des capitales de la Tétrarchie à la fin du IIIe siècle et fut qualifiée de « seconde Rome ». Le nombre et la qualité des monuments qui y sont conservés apportent un témoignage exceptionnel sur la civilisation romaine.

Aucun endroit au nord des Alpes ne comporte autant d'édifices romains et une telle densité de traces de colonie romaine conservés que Trèves, la « Rome du Nord ». Dans l'Antiquité tardive, Trèves était l’une des plus grandes villes de l'Empire romain ; siège du Préfet des Gaules, de Germanie, de Britannia et d’Hispania et, après la réforme impériale de l'empereur Dioclétien, elle devint le siège du vice-empereur (César) de l'Empire d'Occident.

Alors que les édifices construits au cours des premiers et deuxième siècles (le pont sur la Moselle, les thermes de Barbara, la Porta Nigra et la colonne lgel) illustrent la richesse de la ville marchande qui ravitaillait les villes de garnison et les forteresses sur le Rhin, les bâtiments monumentaux datant du règne de Constantin (les thermes impériaux, l’Aula Palatina, la Cathédrale) reflètent l’étendue du pouvoir impérial et la dernière revendication à la domination mondiale de l'Empire d’Occident avant le déclin de l’Antiquité (revendication reprise en Orient par la nouvelle capitale de l'Empire, Constantinople, qui se substituait ainsi à Trèves et à Rome).

Parmi les bâtiments conservés de l’Antiquité, au moins deux de ceux décrits ci-dessus sont uniques. La Porta Nigra, avec son état de préservation et sa composition architecturale (combinaison de porte fortifiée et d’architecture palatiale) est une réalisation singulière qui ne ressemble à aucune autre porte de ville romaine existante. Sa transformation en église double très inhabituelle au Moyen Age en fait aussi un symbole de l'histoire de l’Occident. La monumentale structure de brique de la Basilique, avec sa forme lapidaire et ses vastes dimensions intérieures (la plus vaste de l’Antiquité) était l'incarnation du siège et du pouvoir de l'Empire romain (sedes imperii).

L’un des plus anciens édifices religieux du monde occidental, la Cathédrale témoigne de la foi chrétienne depuis que Constantin a fait du Christianisme une religion tolérée et soutenue dans son Empire. Sa conception architecturale mêle des éléments de chacune des périodes classiques, médiévales et modernes, mais reste marquée par la conception monumentale de son origine. La série de tombeaux des archevêques couvre, avec quelques interruptions, toute la période du XIIe à la fin du XVIIIe siècle. La parclose romane, la chaire renaissance et certains des autels en marbre baroques sont des œuvres de sculpture majeures de leur périodes respectives.

L'Eglise Notre-Dame est la première église de style gothique classique français construite hors de France. La pureté de son style (elle a été achevée en seulement 30 ans) et l’application stricte d’un plan architectural gradué de type basilical pour sa partie centrale, pour lequel il existait des modèles partiels, mais aucun exemple complet en France, en font probablement le plus parfait exemple de construction sur plan central de style gothique.

Critère (i) : La Porta Nigra, énorme porte fortifiée en pierre massive flanquée de deux tours semi-circulaires à quatre niveaux, est une réalisation unique de l’architecture romaine du IIe siècle. Les vestiges du chœur et du cloître de l'église à deux niveaux construits dans ses murs par l'archevêque Poppo entre 1034 et 1042 ajoutent à l’intérêt du monument. 

Critère (iii) : Trèves apporte un témoignage exceptionnel sur la civilisation romaine par la densité et la qualité des monuments conservés : le pont, les restes de l’enceinte fortifiée, les thermes, l’amphithéâtre, les greniers, etc. L’art funéraire, dont témoigne la proposition d'inscription de la colonne Igel, et les productions artisanales des potiers, des verriers et des monnayeurs y ont prospéré particulièrement. 

Critère (iv) : Trèves est, au même titre qu’Istanbul, l'exemple d'une grande capitale romaine après la division de l'Empire. Les restes du Palais impérial, avec l'Aula Palatina et les thermes impériaux (les plus vastes de l'Empire romain après ceux de Dioclétien et de Caracalla à Rome) frappent par leur gigantisme. Sous la Basilique nord (actuelle Cathédrale), le décor d’un plafond peint, où l’on croit identifier les membres de la famille impériale (très probablement Helena et Fausta), témoigne lui aussi du caractère aulique de l’architecture.

Critère (vi) : Trèves est directement et tangiblement associée avec l'un des événements majeurs de l'histoire humaine : la marche de Constantin contre Maxence en 312, prélude à l'édit de Milan (313), qui signifiait la reconnaissance du Christianisme. 

Intégrité

Le tissu urbain de la ville correspond toujours à sa configuration du IIe siècle, avec les grands axes du cardo (Simeonstrasse) et du decumanus (Kaiserstrasse). Les composantes du bien du Patrimoine mondial sont soit des ruines bien préservées (thermes de Barbara, thermes impériaux, amphithéâtre), soit des monuments qui ont retrouvé leur apparence romaine au XIXe siècle grâce à la suppression d’ajouts ultérieurs (Porta Nigra) ou à la reconstruction (Basilique) ou à l’incorporation des structures romaines (pont de la Moselle, Cathédrale). La colonne Igel a survécu intacte, l'Eglise Notre-Dame a remplacé l'église sud de l’ensemble de la cathédrale de Constantin au XIIIe siècle. Tant par leur forme que leur dimension, tous les édifices romains témoignent de l'importance de l'ancienne capitale de l'Empire d'Occident jusqu'à ce jour. Tous sont des monuments historiques de grande valeur. 

Authenticité

Les efforts pour la protection et la préservation des monuments romains de Trèves ont commencé au début du XIXe siècle ; ils sont étroitement liés au développement de la protection des monuments en Prusse. Par conséquent, ces monuments ne sont pas seulement des documents authentiques de l'époque romaine, mais aussi des exemples significatifs de l'histoire de la préservation des monuments en Allemagne. Pendant la Seconde Guerre mondiale, seules la Basilique et l'Eglise Notre-Dame ont été endommagées par le feu et les bombardements ; elles ont été soigneusement restaurées entre 1954-1956 et 1946-1949 respectivement.

Eléments requis en matière de protection et de gestion

Les lois et règlements de la République fédérale d'Allemagne et de l'Etat de Rhénanie-Palatinat garantissent la cohérence de la protection des Monuments romains, de la Cathédrale Saint-Pierre et de l’Eglise Notre-Dame de Trèves. Ces monuments sont classés conformément à la Loi sur la Protection des monuments de Rhénanie-Palatinat. Une fois finalisée et approuvée, une zone tampon sera mise en place autour du bien.

Les questions de conservation et de construction sont traitées et gérées en étroite coopération entre les propriétaires (Land de Rhénanie-Palatinat, ville de Trèves, diocèse de Trèves), les autorités responsables de la conservation et les administrations responsables de l‘urbanisme, le ministère de la Science et de la Culture et la Commission-Trèves, fondée en 1926. Le mémorandum « Sauvegarder le patrimoine archéologique de Trèves » guide les mesures de conservation entreprises par les propriétaires. Le mémorandum est mis au point par la Commission-Trèves, organe consultatif, qui assure un suivi continu des monuments romains. Un Plan de gestion sera élaboré et consistera en une série de mesures de conservation et de maintenance pour assurer la protection supplémentaire du bien, de son utilisation durable et de son interprétation pour le public.

Description longue

Trèves est un exemple de grande capitale romaine postérieure à la partition de l'Empire. Les vestiges du palais impérial, ainsi que l'aula Palatina et les thermes impériaux, présentent des dimensions impressionnantes. Cette ville constitue un témoignage exceptionnel de la civilisation romaine, du fait de la densité et de la qualité des monuments qui y sont conservés, notamment de son pont, de ses thermes, de son amphithéâtre et de ses entrepôts. L'art funéraire y a connu un important développement, et les ateliers de potiers, de verriers et de changeurs y étaient nombreux.

Parfois mentionné comme la « seconde Rome », Trèves ne put cependant prétendre à ce titre avant la partition de l'Empire par Dioclétien et l'institution de la Tétrarchie, sept ans plus tard. Pourtant, même auparavant, la ville romaine était florissante. Le premier centre de la ville coloniale, formé d'insulae régulières, pour la plupart construites durant le règne de Claude (41-54 apr. J.-C.), s'était étendu si loin vers le milieu du IIe siècle apr. J.-C. que l'on construisit un nouveau mur englobant les quartiers industriels et les thermes qui le jouxtaient au sud, l'amphithéâtre, qui se trouvait au-delà du decumanus maximus à l'est et, très vraisemblablement, un hippodrome. Au cours de la même période, un pont en grès et en basalte fut construit sur la Moselle, à l'ouest du decumanus, pour en remplacer un plus ancien, dont les fondations ont été mises au jour.

C'est entre 258 et 268, lorsque Postumus y élut résidence pour repousser les Francs et les Alamans sur la frontière (le limes), que Trèves devint capitale pour la première fois. Lorsque Constance Ier Chlore, qui régnait sur la Bretagne et la Gaule depuis la partition de 293, s'y installa, ce choix prit un caractère permanent.

La reconstruction de la ville, dont le nom fut alors changé en Treveris, fut entreprise sur une échelle plus ambitieuse par Constantin le Grand après 306. L'amphithéâtre restauré, les thermes, le circus maximus et ce qui reste de l'immense palais impérial, construction qui entraîna la destruction de différentes insulae, reflètent un choix politique délibéré issu du nouvel équilibre mis en place par la Tétrarchie. Trèves est associé de manière directe et tangible à l'un des principaux événements de l'histoire, la marche de Constantin contre Maxence en 312, qui préluda à l'édit de Milan (313), par lequel le christianisme fut reconnu comme religion officielle de l'Empire romain.

C'est à Trèves, en 326, que Constantin fonda les basiliques jumelles qui commémorent ses vingt ans de règne, et qui ont survécu en tant que cathédrale et église Notre-Dame. Après la mort du grand empereur, en 337, Trèves fut le lieu de résidence de son fils, Constantin II, puis de Valentinien et de Gratien. Capitale de l'Empire, la ville fut également le siège de la préfecture de la Gaule, un immense district administratif qui s'étendait du limes germanicus à l'océan Atlantique, et du Mur d'Hadrien à la Maurétanie Tingitane.

Au cours du règne de Constantin le Grand, Trèves joua un rôle de tout premier plan dans la diffusion du christianisme, mais les invasions des Goths amorcèrent son déclin. La capitale impériale fut alors transférée à Milan, qui était la capitale de la préfecture gauloise d'Arles. L'évolution de Trèves a cependant été marquée par une impressionnante continuité historique. Le plan de la ville reflète encore aujourd'hui sa physionomie du IIe siècle apr. J.-C., avec les principaux axes du cardo (la Simeonstrasse) et du decumanus (en correspondance du pont). Longtemps, les principaux monuments furent utilisés conformément à leur destination d'origine : ainsi, l'aula Palatina, où Constantin donnait audience, devint le palatium des comtes francs avant de tomber, autour de 1200, aux mains des évêques de Trèves qui, étant également princes électeurs, firent de cette vaste salle une partie de leur palais entre 1615 et 1647. La fonction de la seule porte romaine conservée, connue sous le nom de Porta Nigra, a été modifiée à différentes reprises.

D'autres édifices ont vu leur forme changer, mais non leur fonction, comme les deux basiliques de Constantin qui furent presque entièrement reconstruites entre le XIe et le XIIIe siècle et qui fossilisent ainsi, tels quels, des lieux de culte primitifs dont la position a été conservée.

Source : UNESCO/CLT/WHC