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Trèves – monuments romains, cathédrale Saint-Pierre et église Notre-Dame

Brève description

Colonie romaine dès le Ier siècle de notre ère, puis grande métropole marchande à partir du siècle suivant, Trèves, au bord de la Moselle, devenue l’une des capitales de la Tétrarchie à la fin du IIIe siècle, fut qualifiée de « seconde Rome ». Elle apporte un témoignage exceptionnel sur la civilisation romaine par la densité et la qualité des monuments conservés.

Trèves – monuments romains, cathédrale Saint-Pierre et église Notre-Dame © Silvan Rehfeld

Description longue

Trèves est un exemple de grande capitale romaine postérieure à la partition de l'Empire. Les vestiges du palais impérial, ainsi que l'aula Palatina et les thermes impériaux, présentent des dimensions impressionnantes. Cette ville constitue un témoignage exceptionnel de la civilisation romaine, du fait de la densité et de la qualité des monuments qui y sont conservés, notamment de son pont, de ses thermes, de son amphithéâtre et de ses entrepôts. L'art funéraire y a connu un important développement, et les ateliers de potiers, de verriers et de changeurs y étaient nombreux.

Parfois mentionné comme la « seconde Rome », Trèves ne put cependant prétendre à ce titre avant la partition de l'Empire par Dioclétien et l'institution de la Tétrarchie, sept ans plus tard. Pourtant, même auparavant, la ville romaine était florissante. Le premier centre de la ville coloniale, formé d'insulae régulières, pour la plupart construites durant le règne de Claude (41-54 apr. J.-C.), s'était étendu si loin vers le milieu du IIe siècle apr. J.-C. que l'on construisit un nouveau mur englobant les quartiers industriels et les thermes qui le jouxtaient au sud, l'amphithéâtre, qui se trouvait au-delà du decumanus maximus à l'est et, très vraisemblablement, un hippodrome. Au cours de la même période, un pont en grès et en basalte fut construit sur la Moselle, à l'ouest du decumanus, pour en remplacer un plus ancien, dont les fondations ont été mises au jour.

C'est entre 258 et 268, lorsque Postumus y élut résidence pour repousser les Francs et les Alamans sur la frontière (le limes), que Trèves devint capitale pour la première fois. Lorsque Constance Ier Chlore, qui régnait sur la Bretagne et la Gaule depuis la partition de 293, s'y installa, ce choix prit un caractère permanent.

La reconstruction de la ville, dont le nom fut alors changé en Treveris, fut entreprise sur une échelle plus ambitieuse par Constantin le Grand après 306. L'amphithéâtre restauré, les thermes, le circus maximus et ce qui reste de l'immense palais impérial, construction qui entraîna la destruction de différentes insulae, reflètent un choix politique délibéré issu du nouvel équilibre mis en place par la Tétrarchie. Trèves est associé de manière directe et tangible à l'un des principaux événements de l'histoire, la marche de Constantin contre Maxence en 312, qui préluda à l'édit de Milan (313), par lequel le christianisme fut reconnu comme religion officielle de l'Empire romain.

C'est à Trèves, en 326, que Constantin fonda les basiliques jumelles qui commémorent ses vingt ans de règne, et qui ont survécu en tant que cathédrale et église Notre-Dame. Après la mort du grand empereur, en 337, Trèves fut le lieu de résidence de son fils, Constantin II, puis de Valentinien et de Gratien. Capitale de l'Empire, la ville fut également le siège de la préfecture de la Gaule, un immense district administratif qui s'étendait du limes germanicus à l'océan Atlantique, et du Mur d'Hadrien à la Maurétanie Tingitane.

Au cours du règne de Constantin le Grand, Trèves joua un rôle de tout premier plan dans la diffusion du christianisme, mais les invasions des Goths amorcèrent son déclin. La capitale impériale fut alors transférée à Milan, qui était la capitale de la préfecture gauloise d'Arles. L'évolution de Trèves a cependant été marquée par une impressionnante continuité historique. Le plan de la ville reflète encore aujourd'hui sa physionomie du IIe siècle apr. J.-C., avec les principaux axes du cardo (la Simeonstrasse) et du decumanus (en correspondance du pont). Longtemps, les principaux monuments furent utilisés conformément à leur destination d'origine : ainsi, l'aula Palatina, où Constantin donnait audience, devint le palatium des comtes francs avant de tomber, autour de 1200, aux mains des évêques de Trèves qui, étant également princes électeurs, firent de cette vaste salle une partie de leur palais entre 1615 et 1647. La fonction de la seule porte romaine conservée, connue sous le nom de Porta Nigra, a été modifiée à différentes reprises.

D'autres édifices ont vu leur forme changer, mais non leur fonction, comme les deux basiliques de Constantin qui furent presque entièrement reconstruites entre le XIe et le XIIIe siècle et qui fossilisent ainsi, tels quels, des lieux de culte primitifs dont la position a été conservée.

Source : UNESCO/CLT/WHC