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Art rupestre d’Alta

Rock Art of Alta

This group of petroglyphs in the Alta Fjord, near the Arctic Circle, bears the traces of a settlement dating from c. 4200 to 500 B.C. The thousands of paintings and engravings add to our understanding of the environment and human activities on the fringes of the Far North in prehistoric times.

Art rupestre d’Alta

Les pétroglyphes du fjord d'Alta, proche du cercle arctique, conservent la trace d'un habitat qui dura à peu près de 4200 à 500 av. J.-C. Des milliers de peintures et gravures nous aident à comprendre l'environnement et l'activité humaine à l'époque préhistorique aux confins du Grand Nord.

النقوش الحجرية في ألتا

تحافظ النقوش على الحجر في الزقاق البحري في ألتا القريبة من الدائرة الشمالية، على آثار مسكن دام من العام 4200 ق.م. إلى العام 500 ق.م. وتساعدنا ملايين الرسوم والنقوش على فهم البيئة والنشاط الإنساني في عصور ما قبل التاريخ على الحدود الشمالية الكبيرة.

source: UNESCO/ERI

阿尔塔岩画

临近北极圈阿尔塔海湾的这组岩画是公元前4200年至公元前500年人类居住遗迹的见证。数千幅岩石画和雕刻增加了我们对史前时代北极地区的环境和人类生活的认识。

source: UNESCO/ERI

Наскальные рисунки в Альте

Эта группа петроглифов в Альта-фьорде, близ Северного полярного круга, является следами, оставшимися от поселения, существовавшего здесь в период 4200-500 лет до н.э. Тысячи росписей и рельефов существенно облегчают нам понимание того, какими были среда обитания и деятельность человека на Крайнем Севере в доисторические времена.

source: UNESCO/ERI

Arte rupestre de Alta

El conjunto de petroglifos del fiordo de Alta, cercano al círculo polar ártico, conserva las huellas de un asentamiento humano que data de los años 4.200 a 500 a.C. Miles de pinturas y grabados nos permiten conocer mejor el medio ambiente y las actividades humanas de los tiempos prehistóricos en los confines del Gran Norte.

source: UNESCO/ERI

アルタのロック・アート

source: NFUAJ

Rotskunst van Alta

Deze groep rotstekeningen in de Alta Fjord, vlak bij de poolcirkel, draagt de sporen van een nederzetting uit circa 4.200 tot 500 voor Christus. De duizenden schilderingen en gravures zorgen ervoor dat wij het prehistorische leefmilieu en menselijke activiteiten aan de randen van het Hoge Noorden beter kunnen begrijpen. Deze schilderingen en gravures liggen op 45 locaties verspreid over zeven plaatsen. Tijdens deze periode verzamelden de bewoners van het gebied zich hier meerdere malen per jaar, waarschijnlijk om rituele ceremonies uit te voeren. De rotstekeningen zijn waarschijnlijk elementen in mythen en verhalen over werelden bewoond door mensen en geesten.

Source : unesco.nl

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© UNESCO
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse  

Le bien est situé dans la partie la plus septentrionale de la Norvège, au Nord du cercle Arctique, en aval du fjord d’Alta. Il rassemble des milliers de gravures et de peintures rupestres disséminées sur 45 sites dans cinq zones différentes en aval du fjord d’Alta (Kåfjord, Hjemmeluft, Storsteinen, Amtmannsnes and Transfarelvdalen). On trouve à Alta plus de représentations d’art rupestre réalisées par des chasseurs-cueilleurs que dans aucun autre endroit en Europe du Nord. Cela semble indiquer que pendant des milliers d’années, environ entre 5000 av. J.C. et l’an 0, Alta a été un important lieu de rencontre au Nord du cercle Arctique. Le développement de la gravure à Alta au cours de plusieurs millénaires peut être lié au soulèvement postglaciaire. Les plus anciennes gravures sont situées sur les points les plus élevés du paysage. À Alta, l’évolution du paysage au cours des époques préhistoriques est évidente et la localisation des gravures est un élément clé pour comprendre la chronologie de l’art rupestre dans la région circumpolaire.

L’art rupestre présent à Alta témoigne de la communication entre le monde des vivants et les mondes des esprits et donne un aperçu de la cosmologie des chasseurs et cueilleurs de la préhistoire. Il y a un nombre exceptionnellement élevé de représentations humaines et d’évocations fascinantes de la vie sociale, des danses, des processions et des rituels préhistoriques. Par ailleurs, cet art rupestre porte un témoignage unique sur l’interaction entre chasseurs-cueilleurs et le paysage. Les panneaux représentent des scènes de chasse, de pêche et de voyages en bateau, on pense qu’ils représentent des micro-paysages. Une grande variété d’espèces de faune circumpolaire est représentée (rennes, élans, ours, poissons, baleines, oiseaux de mer, etc.). L’étude de la culture matérielle est enrichie par les différents objets représentés sur les panneaux d’Alta. De bonnes conditions de conservation autorisent l’étude de la production d’art rupestre. Des recherches menées dans les grands sites de peuplement proches des gravures permettent une meilleure compréhension du contexte social de l’art rupestre d’Alta. Ce site d’art rupestre et les sites de peuplement adjacents attestent de la communication, à l’époque préhistorique, entre des zones distantes de milliers de kilomètres.

Critère (iii) : L’art rupestre d’Alta, avec ses milliers de peintures et de gravures, est un témoignage exceptionnel des multiples aspects de la vie, de l’environnement et des activités des sociétés de chasseurs-cueilleurs dans l’Arctique à l’époque préhistorique. La grande variété de motifs et de scènes d’une haute qualité artistique témoigne d’une longue tradition de sociétés de chasseurs-cueilleurs et de leur interaction avec le paysage ainsi que de l’évolution de leurs symboles et rituels entre approximativement l’an 5000 av. J.C. et l’an 0.

Intégrité

Presque tous les sites d’art rupestre connus à Alta sont présents sur le territoire du bien du patrimoine mondial. Tous les différents motifs, styles et phases chronologiques sont représentés par les composantes inscrites.

L’art rupestre a débuté près de ce qui était, à l’époque préhistorique, le littoral. Le paysage dans lequel s’inscrit le site d’art rupestre est demeuré relativement inchangé au cours des époques plus récentes, en particulier la vue qui s’étend sur plusieurs kilomètres dans le fjord n’a presque pas été affectée par l’activité propre aux temps modernes. À Alta, il est aisé d’imaginer le paysage évoluer au cours des périodes préhistoriques.

L’érosion naturelle et le vandalisme sont des menaces potentielles pour les gravures et les peintures. Seule une des cinq zones, Hjemmeluft, est ouverte au public. Dans le cadre de la stratégie de gestion des visiteurs, des plateformes et des passerelles en bois ont été construites afin de protéger l’art rupestre d’Alta de toute dégradation.

Authenticité

La presque totalité de l’art rupestre d’Alta se trouve sur des roches qui sont demeurées in situ. À l’exception de quelques rares cas de gravures exécutées sur des grosses pierres détachées, on peut observer tout l’art rupestre sur le soubassement rocheux, il est exceptionnellement bien conservé. Jusqu’à leur découverte, environ 30% des gravures étaient recouvertes d’une couche de tourbe et n’ont pas été, depuis lors, fortement dégradées. Les gravures étant demeurées en grande partie intactes, la technique de production peut être aisément étudiée. De nouvelles techniques de nettoyage, développées à Alta, ont débarrassé les surfaces rocheuses des lichens dont la croissance était potentiellement préjudiciable, et ont considérablement amélioré la visibilité des gravures. Hjemmeluft est la plus grande zone dans laquelle on trouve des gravures. Elles y ont été taillées dans un grès très dur, riche en quartz. L’état de conservation va d’exceptionnellement bon à bon. Certaines des gravures le long des passerelles ont été peintes en rouge afin de les rendre plus faciles à voir. Cette pratique fait l’objet d’incessantes discussions car elle compromet les conditions d’authenticité.

Dans les trois autres zones où l’on trouve des gravures, les types de roche rencontrés sont plus souples, l’érosion y a donc été plus forte. Néanmoins même à Kåfjord, où l’ardoise rouge est plus fissurée que dans les autres zones, la plupart des figures ont été conservées sous la tourbe et les marques de leur taille, exécutée il y a des milliers d’années, peuvent encore être étudiées. La zone qui présente des peintures rupestres, Transfarelvdaden, a été découverte par les scientifiques dans les années 1960, les panneaux semblent cependant avoir toujours été connus des autochtones. Ils sont bien conservés et peints sur des surfaces rocheuses sèches au moyen d’argile rouge comme pigment et de graisse animale comme liant.

Éléments requis en matière de protection et de gestion

Les sites inscrits en tant qu’éléments du bien du patrimoine mondial sont protégés par la Loi sur le patrimoine culturel norvégien. L’État partie en a la responsabilité globale et les autorités du comté assurent la responsabilité de la gestion du bien au niveau régional. Un groupe de coopération pour le bien du patrimoine mondial a été créé en 1998, il regroupe des représentants de tous les niveaux administratifs, de l’Université de Tromsø, du Musée d’Alta et du Parlement Sáme de Norvège.

La gestion quotidienne est assurée par le Musée d’Alta, en conformité avec les lignes directrices et les principes du plan de gestion qui est révisé à intervalles réguliers. Le personnel est composé d’experts en éducation et en archéologie. Les principales responsabilités qui incombent à la gestion sont l’assistance et l’éducation des visiteurs et des écoles ainsi que le suivi et l’entretien y compris le développement de méthodes d’actions de protection. Une documentation approfondie est produite et fait l’objet d’un archivage numérique. Le principal problème est le processus de dégradation provoqué par la végétation, le gel et d’autres phénomènes naturels. Un certain nombre de méthodes destinées à limiter et à ralentir le processus de dégradation ont été développées, d’autres sont actuellement en phase d’essai. Le vandalisme constitue également une menace potentielle. Certains des sites qui ont été découverts sont proches de zones résidentielles, en conséquence, un suivi attentif par les autorités en charge du patrimoine culturel de tout projet d’aménagement susceptible d’avoir un impact visuel sur le bien est devenu nécessaire.

 

Description longue
[Uniquement en anglais]

The Rock Drawings of Alta constitute the most important piece of evidence in favour of the existence of human activity in the confines of the Great North during the prehistoric period. Studied from 1967, the petroglyphs of the Alta fjord in the province of Tromsø were immediately classed among the leading rock art sites in the world. Close to the Arctic Circle, they are a valuable illustration of human activity between 4200 and 500 BC in the Northern Hemisphere.

The position of the paintings and engravings with respect to sea level at different postglacial periods constitutes a relative dating element, which is corroborated by objective iconography data. According to the principle of reverse stratigraphy, the most ancient works are generally the highest, the most recent being close to the present sea level (the height difference is roughly 26 m). They are primordial evidence of the fauna, representing reindeer, elks, bears, dogs and/or wolves, foxes, hares, geese, ducks, swans, cormorants, halibut, salmon and whales, and of the environment. They also depict boating, hunting, trapping and fishing scenes, as well as people taking part in dances and ritual acts. In the final phase, some agricultural activities, rendered precarious by the climate, appear to have supplemented certain staples traditionally provided by hunting and fishing.

The thousands of paintings and engravings located at 45 sites scattered over seven localities illustrate a chronological sequence consisting of four phases. The largest area is at Hjemmeluft/Jiepmaluokta, where Alta Museum is situated. Approximately 3,000 figures have been found here. This is the only area open to the public. In addition, there is an area with rock paintings. Some of the panels at Hjemmeluft/Jiepmaluokta are linked by wooden footways.

Hunters and fishers in the late Stone Age/early Metal Age, between 6,200 and 2,000 years ago, made the rock carvings in Alta. During this period, Hjemmeluft/Jiepmaluokta was where people from the coast and inland regions, who gathered here several times a year perhaps in connection with seasonal, nomadic journeys, performed ritual ceremonies. The rock carvings depict some of the beliefs held by these people and the rites they practised. The rock carvings were probably elements in myths and stories about the worlds inhabited by the people and the spirits.

The rock carvings at Hjemmeluft/Jiepmaluokta were hewn into the massive and hard sandstone using one stone as a chisel and another stone or an antler as a hammer. The outlines of the figures were pecked out first, and then the lines and surfaces were chiselled out. Today many of the figures are difficult to see, and, therefore, some of the figures along the wooden footway are painted with a red colour resembling the colour of the rock paintings in Scandinavia. However, the majority of the rock carvings in Alta are not painted.

The museum exhibition covers the period from the pioneer settlement 11,000 years ago to the birth of Christ. It gives a thematic introduction to Finnmark's prehistory, which has been studied by researchers ever since the geologist and archaeologist Anders Nummedal discovered the earliest settlements in this part of Norway in 1925. This pioneer settlement in the early Stone Age was previously known as the Komsa Culture, named after the little mountain in Alta where Nummedal made his first finds. Throughout the Stone Age and early Metal Age, hunting and fishing people lived off the ample resources in the area. The first immigrants settled on the coast, but people gradually also occupied the interior. In the large rock art areas in Alta, groups from coast and inland met to practise religious rites and beliefs.

The rock carvings in Alta indicate that this was a religious meeting-place in the late Stone Age (4200-1800 BC) and early Metal Age (1800 BC). Various types of bear-hunting scenes are common among the oldest rock carvings, suggesting that the bear may have been viewed in a similar way 5,000-6,000 years ago as it was in the pre-Christian Sámi religion. The Sámi gods are presented as they are depicted on the Runebommen (magic drum). The exhibition also shows how, in the Sámi religion, nature was regarded as possessing a soul and being alive.

Source : UNESCO/CLT/WHC