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Eglises peintes de la région de Troodos

Brève description

La région de Troodos abrite l'une des plus fortes concentrations d'églises et de monastères de tout l'ancien Empire byzantin. Les dix monuments choisis pour être inscrits sur la Liste du patrimoine mondial, depuis de petites églises rurales dont l'architecture rustique contraste avec le raffinement du décor jusqu'à des monastères comme Saint-Jean Lampadistis, sont tous richement décorés de peintures murales qui offrent un panorama de l'histoire de la peinture byzantine à Chypre.

Eglises peintes de la région de Troodos

Description longue

Les églises de la région de Troodos sont des exemples bien conservés d'architecture rurale religieuse de la période byzantine. Le raffinement de leur décor contraste avec la simplicité de leur structure ; seuls les peintres postbyzantins les plus récents, avec leur style « rustique », sont en harmonie avec cette architecture vernaculaire.

Les peintures de la région de Troodos sont un remarquable témoignage de la civilisation byzantine à l'époque des Comnène, avec les ensembles de Nikitari et de Lagoudera. Le premier, dans lequel une dédicace mentionne le nom d'Alexis Comnène, a probablement été réalisé par des artistes de Constantinople, tandis que le second a été peint au moment même de la chute d'Isaac Comnène et de l'avènement de Gui de Lusignan.

Bien qu'il soit impossible de confirmer quelque influence directe que ce soit, il existait au XIIe  siècle une relation extrêmement étroite entre la peinture à Chypre et l'art chrétien occidental (relations stylistiques dans le cas des peintures de Nikitari ; relations iconographiques pour celles de Lagoudera). La question des liens très complexes entre ces deux chrétientés est documentée par les monuments chypriotes qui précèdent la formation du royaume franc des Lusignan, qui fut un jalon fondamental dans la transmission des relations artistiques entre l'Est et l'Ouest.

La région des monts de Troodos, au cœur de Chypre, renferme l'une des plus importantes concentrations d'églises et de monastères de l'Empire byzantin, qui conquit l'île en 965. Le complexe des dix monuments inscrits sur la Liste du patrimoine mondial, tous richement décorés de peintures murales, donnent une vision d'ensemble de la peinture byzantine et postbyzantine à Chypre. Il s'agit aussi bien de petites églises, dont le style architectural rural est en net contraste avec leur décor hautement raffiné, que de monastères comme Saint-Jean-Lampadistis.

Le cycle de la Panagia Phorbiotissa de Nikitari, qu'une dédicace permet de faire remonter à 1105-1106, et celui de la Panagia tou Arakou de Lagoudera, réalisé au cours des six derniers mois de 1192, comptent parmi les ensembles les plus significatifs. Ces peintures sont l'expression parfaite de l'art rudimentaire de la période des Comnène. Les peintures des XIIIe et XIVe  siècles sont également attestées par des œuvres de très grande qualité à Nikitari, à l'église de la Vierge à Moutoullas, à Saint-Héracleidius, qui est l'une des églises jumelles du monastère de Kalopanayotis, ainsi qu'à Saint-Jean-Lampadistis. Enfin, la peinture postérieure à la chute de l'Empire byzantin répand les solutions artistiques mises au point à Constantinople ; elle est bien représentée par le narthex du monastère de Kalopanayotis, par l'église Saint-Michel-l'Archangeà Pedhoulas (1474), par celle de la Sainte-Croix à Platanistasa (1494), etc.

Hormis l'église Saint-Nicolas à Kakopetria, qui renferme des fresques du XIe (Transfiguration, résurrection de Lazare, entrée à Jérusalem), du XIIe (les quarante martyrs de Sébaste, le Jugement dernier, saint Nicolas), du XIVe (Nativité, saint Théodore et saint Georges) et du XVIe  siècle (donateurs et inscriptions dédicatoires à partir de 1520, naissance de la Vierge), très peu d'églises présentent un décor qui témoigne de la succession des différentes phases.

L'église de la Transfiguration du Sauveur (Ayia Sotira) à Palaichori est dotée d'un toit à la charpente de bois au fronton élancé, couvert en tuiles. Ce type de couverture, qui n'existe nulle part ailleurs dans le monde byzantin, fait des églises de Chypre un témoignage tout à fait unique d'architecture religieuse. Caractéristique de la région montagneuse de Troodos, l'église est particulièrement remarquable pour son important cycle de peintures murales, qui remontent au XVIe  siècle.

Source : UNESCO/CLT/WHC

Description historique

Bien que la dernière ligne de l'inscription où figurait la date de la construction et de la décoration de l'église de la Transfiguration du Sauveur (Ayia Sotira) ait été effacée, les recherches menées par des spécialistes les situent au début du XVIe siècle. Pour ce qui concerne les peintures murales qui ornent l'intérieur de l'église, les études iconographiques et stylistiques comparatives avec des églises de la région (églises de la Sainte-Croix à Agiasmati, 1494 et Saint-Mamas à Louveras, 1495, Saint-Sozomenus, 1513 et de l'Archange-Panagia Theotokos, 1514 à Galata), ont permis de les dater de la deuxième décennie du XVIe siècle. Au début du XVIIe siècle, un mur d'enceinte est érigé sur les flancs sud et ouest de l'édifice.

Source : évaluation des Organisations consultatives