Sanctuaire du Bon Jésus à Congonhas
Brève description
Construit pendant la seconde moitié du XVIIIe siècle, le sanctuaire, situé dans le Minas Gerais, au sud de Belo Horizonte, se compose d’une église au somptueux décor intérieur rococo d’inspiration italienne, d’un escalier en terrasse décoré de statues de prophètes et de sept chapelles abritant un chemin de croix où les groupes polychromes sculptés par l’Aleijadinho sont le chef-d’œuvre d’un art baroque original, pathétique et hautement expressif.
Description longue
Le XVIIIe siècle a marqué l'âge d'or du Minas Gerais, qui comptait plus de 30 000 prospecteurs en 1712. De surcroît, la dévotion de ces pionniers suscita une extraordinaire floraison d'un art religieux pénétré de réminiscences baroques, influencé par les courants rococo, et plein d'une inventivité expressionniste tout à fait moderne.
À Congonhas de Campo, le vœu d'un immigrant portugais qui avait miraculeusement guéri d'une infirmité fut à l'origine de la construction de l'un des plus étonnants groupes de monuments de l'art chrétien. Enfoui dans la nature encore luxuriante des montagnes brésiliennes, le sanctuaire fait partie intégrante du paysage, et réalise la fusion complète de l'homme, de la nature et de la divinité au sein de la culture brésilienne. L'ensemble comporte l'église du Bom Jesus, construite au sommet du Morro do Maranhão, qui fut terminée en 1772. Inspiré par les sanctuaires du Bom Jesus do Motosinhos, non loin d'Oporto, et du Bom Jesus de Braga, tous deux au Portugal, le complexe fut terminé en un peu plus de soixante ans de dur labeur, et représente une création originale, au style unique, due aux meilleurs artistes et artisans brésiliens de cette époque.
L'église est une construction simple, dans la tradition des premiers édifices religieux du Minas Gerais. Toutefois, après la mort de son fondateur, Feliciano Mendes, en 1765, son intérieur reçut un somptueux décor rocaille et de style rococo inspiré par des modèles italiens, qui modifia profondément son apparence originelle.
L'église est l'œuvre de l'architecte Francisco Lima Cerqueira et des maîtres maçons Domingos Antonio Dantas et Antonio Rodrigues Falcado, qui la complétèrent en 1773. Cerqueira fut notamment l'auteur des remarquables innovations incorporées à l'architecture de l'église, qui aboutirent à la création d'une école régionale d'architecture spécifique. Le plan de l'édifice se compose d'une seule large nef qui s'achève par une chapelle principale où se trouve l'autel. Deux grands clochers se dressent de part et d'autre de la structure centrale, en retrait de sa façade, et sont couverts par des coupoles semblables à celles des chapelles, mais plus petites. La façade est un simple carré dans lequel s'ouvrent un portail dont les piédroits sont finement sculptés, ainsi que deux baies. La partie supérieure se termine par un fronton au profil curviligne. L'extérieur de l'édifice est revêtu d'un stuc blanc brillant, qui n'est interrompu que par les reliefs en pierre de savon qui soulignent le parapet de l'escalier, les angles des tours, les consoles saillantes qui séparent la partie principale de la façade de la corniche, les reliefs du portail et la corniche elle-même. Ces motifs sont reproduits, un peu plus simplement, en correspondance des chapelles.
Tandis que l'extérieur représente le style baroque brésilien, l'intérieur se réfère à la culture italienne par son décor de style rococo luxuriant qui couvre les murs et les plafonds ; ce style a aussi manifestement inspiré les reliefs de l'autel, les statues et les peintures qui couvrent les murs de la nef et la tribune principale.
Le parvis, dont l'aménagement commença en 1770, est décoré de douze statues de prophètes sculptées par l'Aleijadinho entre 1800 et 1805 ; les Passos, sept stations de la Croix abritées par de petites chapelles, réalisées entre 1796 et 1800, sont du même artiste. L'art chrétien atteint un apogée incontestable en Amérique latine avec ces groupes polychromes dont la présentation scénographique renforce le caractère pathétique. Comme on l'a souligné à de multiples reprises, la sculpture baroque prend une dimension esthétique tout à fait inconnue en Europe avec l'Aleijadinho, qui était un sang-mêlé né à Vila Rica.
Source : UNESCO/CLT/WHC
Statistiques
Découvrez les photos de OUR PLACE the World Heritage Collection
