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Qusair Amra

Quseir Amra

Built in the early 8th century, this exceptionally well-preserved desert castle was both a fortress with a garrison and a residence of the Umayyad caliphs. The most outstanding features of this small pleasure palace are the reception hall and the hammam, both richly decorated with figurative murals that reflect the secular art of the time.

Qusair Amra

Construit au début du VIIIe siècle, ce château du désert, particulièrement bien conservé, était à la fois une forteresse abritant une garnison et une résidence des califes omeyyades. Doté en particulier d'une salle d'audience et d'un hammam aux riches peintures murales figuratives, ce petit château de plaisance reflète l'art profane de l'époque.

قُصَير عمرة

كان قصر الصحراء هذا، المُشيَّد في بداية القرن الثامن والذي تتمّ المحافظة عليه بشكلٍ خاص، قلعةً تأوي الحرّاس ومحل إقامة الخلفاء الأمويّين. ويعكس قصر المتعة الصغير هذا، المجهّز بقاعةٍ للاجتماعات وبحمّامٍ مليء بالرسوم التصويريّة على الجدران، الفنَّ العلماني الذي كان سائدًا في تلك الفترة.

source: UNESCO/ERI

库塞尔阿姆拉

库塞尔阿姆拉沙漠城堡建于公元8世纪早期,保存非常完好。该城堡既是一个军事要塞,也曾是倭马亚哈里发的住所。这座精美的小宫殿最特别的是它的接待厅和浴室,装潢富丽堂皇,装饰有许多反映那个时代世俗艺术的象征性壁画。

source: UNESCO/ERI

Древняя резиденция халифов Кусейр-Амра

Построенный в начале VIII в., этот исключительно хорошо сохранившийся комплекс строений в пустыне был одновременно крепостью со своим гарнизоном и резиденцией халифов из династии Омейядов. Наиболее ценными в этом прекрасном небольшом дворце являются зал приемов и баня – «хаммам». Оба строения богато украшенны фигурными росписями, представляющими светское искусство того времени.

source: UNESCO/ERI

Quseir Amra

Construido a principios del siglo VIII, este palacio del desierto especialmente bien conservado fue a un tiempo fortaleza dotada de una guarnición y residencia de recreo de los califas omeyas. La sala de audiencias y los baños de vapor (hammam) están decorados con ricas pinturas murales figurativas que ilustran el arte profano de la época.

source: UNESCO/ERI

アムラ城

source: NFUAJ

Quseir Amra

Dit uitzonderlijk goed bewaard gebleven woestijnkasteel werd aan het begin van de 8e eeuw gebouwd. Het was zowel een fort met een garnizoen als de residentie van de Omajjaden kaliefen. De meest opvallende kenmerken van dit kleine paleis zijn de ontvangsthal en de hammam, beide rijkelijk versierd met figuratieve muurschilderingen die de seculiere kunst van die tijd weergeven. De uitgebreide fresco’s van het badhuis en de receptie zijn uniek voor de islamitische architectuur uit de Omajjaden periode. De muurschilderingen tonen invloeden van klassieke heidense thema’s, portretten en jachttaferelen in Byzantijnse stijl, jachttaferelen en afbeeldingen van dieren. Allemaal vergezeld van Griekse en Arabische teksten.

Source : unesco.nl

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Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Construit au début du VIIIe siècle près du Wadi Butm - cours d'eau saisonnier -  cet établissement du désert était à la fois une forteresse avec une garnison et une résidence/château de plaisance des califes omeyyades. Le petit château de plaisance exceptionnellement bien préservé comporte une salle d'audience et un hammam (complexe balnéaire doté d'un vestiaire, de salles de bain tiède et de bain chaud), le tout richement décoré de peintures murales figuratives qui reflètent l'art profane de l'époque.

L'ensemble des fresques du complexe balnéaire et de la salle d'audience sont uniques pour l'architecture islamique de l'époque omeyyade. Les peintures murales qui montrent les influences de thèmes païens classiques, des portraits et des scènes de chasse de style byzantin, des descriptions d'animaux et d'oiseaux, sont accompagnées d'inscriptions en grec et en arabe. La représentation du zodiaque sous la voûte du caldarium (salle du bain chaud) est l'une des plus anciennes représentations connues d'une carte du ciel subsistant sur un dôme.

L'établissement du désert dont fait partie ce château de plaisance est l'un de ceux qui ont été créés dans la zone semi-aride à l'est d'Amman pour favoriser l'interaction avec la région tribale du Wadi Butm. Qusair Amra est à proprement parler un exemple éminent d'un type particulier d'ensemble architectural qui illustre précisément la stratégie administrative du premier califat islamique.

Critère (i) : Les peintures de Qusair Amra constituent une réalisation artistique unique de l'époque omeyyade. L'ensemble des fresques de la salle d'audience et du complexe balnéaire, en créant un lieu de relaxation pour le Prince loin des soucis terrestres, fournit une nouvelle perception de l'art islamique précoce et de sa déviation par rapport aux styles antérieurs, classiques et Byzantins. La dôme du zodiaque, les portraits humains et les descriptions d'animaux et d'oiseaux dans des scènes de chasse ne sont présents que dans les débuts de cette période de l'art islamique.

Critère (iii) : Qusair Amra apporte un témoignage exceptionnel sur la civilisation omeyyade qui est imprégnée d'une culture séculaire préislamique et dont le rigorisme des milieux religieux n'a laissé subsister que peu de traces dans les arts visuels.

Critère (iv) : Avec les vestiges des bâtiments de la forteresse/garnison à plusieurs centaines de mètres au nord et les traces d'ouvrages de collecte d'eau pour l'agriculture, le complexe balnéaire orné de fresques avec sa salle d'audience et le puits adjacent, le réservoir et le système hydraulique d'adduction d'eau, les tuyaux d'écoulement et la fosse d'aisance représentent un exemple éminent d'établissement omeyyade dans le désert.

Compte tenu du fait que les décorations en stuc de la façade frontale monumentale de Qasr el Mschatta ont été transportées au Musée de Berlin et que les ruines de Qasr al Khayr al-Sharqi et Qasr al-Khayr al-Gharbi comportent peu d'éléments décoratifs, Qusair Amra reste, avec Qasr Hisham et ses mosaïques, le mieux conservé des palais et châteaux omeyyades décorés de Jordanie et de Syrie.

Intégrité (2010)

Les éléments les plus remarquables du bien, comprenant le complexe balnéaire et la salle d'audience avec leurs fresques, restent intacts.

Le monument est vulnérable à l'érosion due aux tempêtes de sable du désert et au débordement du cours d'eau saisonnier le long duquel il se trouve. Un projet d'exploitation forestière à l'est et au nord du bien est destiné à réduire l'impact du désert aride et un projet de lutte contre les inondations a entraîné la construction d'une digue de dérivation à l'ouest. Un énorme réservoir moderne a été construit pour récupérer l'eau des inondations et  l'utiliser pour irriguer la zone forestière. Ces mesures ont été couronnées de succès.

La situation et la condition du bâtiment font qu'il est exposé à la pénétration de l'humidité qui, à son tour, affecte l'intégrité des peintures murales, provoquant le dépôt de sels et le détachement de l'enduit au bas du mur. Les peintures murales sont vulnérables à l'humidité saisonnière et à la condensation due au nombre accru de visiteurs.

Les peintures sont aussi vulnérables à cause du vieillissement de certains produits utilisés dans un chantier de restauration datant des années 1970, l'accumulation de nouvelles saletés, graffiti et dépôts provenant des oiseaux et des insectes.

L'entourage du monument, qui constituait jadis un paisible refuge de gazelles et autres animaux sauvages qui venaient s'abreuver autour des mares saisonnières creusées dans le lit du wadi à l'ombre des bosquets de butm (térébinthe) qui ont donné son nom au cours d'eau, est maintenant exposé au bruit et à la pollution de la grande route construite à environ 150 mètres à l'est.

Authenticité (2010)

La Valeur universelle exceptionnelle du bien est exprimée par le complexe balnéaire et la salle d'audience avec leurs peintures murales et les vestiges des sols en mosaïque. Elle s'exprime aussi à travers le contexte de l'édifice qui inclut le puits adjacent, le réservoir et le système d'adduction d'eau, la forteresse/garnison au nord, les vestiges des structures de collecte d'eau pour l'agriculture et le désert environnant avec ses cours d'eau saisonniers.

Ces attributs requièrent une conservation permanente et une gestion attentive des besoins liés à l'essor du tourisme. Les peintures ont fait l'objet de programmes de restauration dans les années 1970 et 1990 et un nouveau programme est envisagé. Le site est maintenant doté d'un centre de visiteurs en bordure nord de la zone tampon et d'une station de pompage de l'eau fonctionnant à l'énergie solaire, installée à 400 mètres au nord-est.

Besoins en matière de protection et de gestion (2010)

Le bien est une aire protégée en vertu de l'article 8 de la Loi sur les Antiquités de 1935 et de la Loi provisoire de 1976.

Actuellement, il n'y a plan de gestion mais il existe une opération de gestion. La gestion du site est assurée par le Ministère du Tourisme et des Antiquités à travers son bureau local à Zarqa. Le personnel de la Direction des Antiquités à Amman, qui comprend un archéologue, un architecte, un contremaître et quatre ouvriers non qualifiés, assure des services réguliers de suivi et des petits travaux de réparation et d'entretien. Le bien est entièrement clôturé et la sécurité est maintenue par quatre gardiens permanents.

La Direction des Antiquités est actuellement en discussion avec les départements concernés en ce qui concerne la surface de terrain envisagée pour l'expansion de la zone de protection du bien sur environ 2 000 dunums (2 millions de mètres carrés).

Une réglementation sera mise en place en coopération avec la municipalité locale et le Ministère de l'agriculture pour contrôler le développement futur et la plantation d'arbres.

Description longue

Le site de Qusair Amra offre un témoignage exceptionnel de la civilisation omeyyade, qui était imprégnée d'une culture profane préislamique dont la composante religieuse austère n'a laissé derrière elle que des traces artistiques insignifiantes. C'est l'exemple architectural le mieux conservé, sinon le plus complet, de tous les palais et châteaux omeyyades de Jordanie et de Syrie.

Construit au début du VIIIe siècle, ce château du désert exceptionnellement conservé était à la fois une forteresse dotée d'une garnison et une résidence des califes omeyaydes. Les parties les plus remarquables de ce petit palais d'agrément sont sa salle de réception et son hammam, tous deux richement décorés de peintures murales qui reflètent l'art séculier de cette époque.

Situé 85 km à l'est d'Amman, non loin de la route caravanière qui traverse Azraq, Kharaneh et Tubah, Qusair Amra est l'une des nombreuses résidences construites par les califes omeyyades dans le désert actuel de Syrie et de Jordanie. Ces châteaux du désert ont eu différentes fonctions. C'étaient des forteresses destinées à loger des troupes, au moins de manière occasionnelle, mais aussi des lieux de détente où les califes pouvaient mener l'existence traditionnelle des nomades bédouins. La forteresse de Qusair Amra, de plan carré, a été détruite : seules ses fondations sont conservées. Mais la petite résidence avec sa salle de réception à trois nefs et son hammam existe encore, avec leurs extraordinaires décors muraux. Ces peintures, découvertes par l'Autrichien Alois Musil en 1898, qui en fit connaître l'existence en 1907, ont été restaurées depuis par une équipe de spécialistes espagnols dirigée par l'archéologue Martin Almagro.

Qusair Amra fut probablement construite sous Walid Ier (705-715) ; cependant, une nouvelle théorie, qui l'attribue au règne de Walid II (743-744), mérite d'être considérée, avant tout en raison de l'architecture remarquable de sa salle de réception, mais aussi de la présence d'un vaste complexe balnéaire. Alimenté par une noria et un aqueduc, ce hammam, qui ressemble aux bains romains, comporte, outre une pièce de service, trois salles principales : le vestiaire (apodyterium), le bain tiède (tepidarium) et le bain chaud (caldarium).

Le caractère exceptionnel du site dérive cependant du cycle de peintures qui couvrent les murs et les voûtes de sa salle de réception et de son hammam. Celles-ci figurent des thèmes historiques (souverains vaincus par le calife omeyyade), des représentations allégoriques (les muses de la Poésie, de la Philosophie et de l'Histoire, avec leurs noms en grec), un zodiaque, des scènes de chasse et des scènes de hammam, ainsi que différents thèmes de fantaisie (des animaux musiciens, un chasseur poursuivi par un lion).

Source : UNESCO/CLT/WHC