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Ville-mosquée historique de Bagerhat

Brève description

Au cœur des faubourgs de Bagerhat, au confluent du Gange et du Brahmapoutre, la ville ancienne, autrefois appelée Khalifatabad, fut fondée au XVe siècle par le général turc Ulugh Khan Jahan. Cette cité, dont les infrastructures attestent d’une grande maîtrise technique, regroupe un nombre exceptionnel de mosquées et de monuments anciens islamiques, dont beaucoup sont construits en brique.

Ville-mosquée historique de Bagerhat © UNESCO

Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

La Ville-mosquée historique de Bagerhat est un témoignage important de ville médiévale située dans la partie sud-ouest de l’actuel district de Bagerhat, au sud-ouest du Bangladesh, au confluent du Gange et du Brahmapoutre. La ville ancienne, qui s’appelait autrefois Khalifatabad, s’étend le long de la rive sud de la rivière Bhairab et était prospère au XVe siècle avant J-C.

Cette ville splendide qui couvrait 50 km2 contient quelques-uns des bâtiments les plus significatifs des débuts du développement de l’architecture musulmane au Bengale, dont 360 mosquées, bâtiments publics, mausolées, ponts, routes, réservoirs à eau et autres constructions publiques en briques.

Cette ancienne cité, édifiée en l’espace de quelques années puis envahie par la jungle après la mort de son fondateur en 1459, est frappante à plusieurs titres : par la densité des monuments religieux islamiques témoignant de la piété de Khan Jahan, comme l’atteste l’inscription gravée sur sa tombe ; par l’absence de fortifications qui facilite les possibilités de retraite dans les marécages impénétrables des Sundarbans ; enfin par la qualité des infrastructures – adduction et évacuation de l’eau, citernes et réservoirs, routes et ponts – qui révèle une parfaite maîtrise de la planification urbaine et une volonté d’organisation spatiale.

Les monuments, qui ont été en partie dégagés de la végétation, se répartissent en deux zones principales, distantes de 6,5km : à l’ouest, autour de la mosquée de Shait-Gumbad et à l’est, autour du mausolée de Khan Jahan. Plus de 50 monuments ont été recensés : dans le premier groupe, les mosquées de Singar, Bibi Begni et Clumakkola ; dans le second, les mosquées de Reza Khoda, Zindavir et Ranvijoypur.

 

Critère (iv) : La Ville-mosquée historique de Bagerhat représente les vestiges d’une ville médiévale musulmane à la périphérie nord des Sundarbans. Elle comprend certains bâtiments parmi les plus significatifs des débuts du développement de l’architecture musulmane au Bengale. Shait-Gumbad, l’une des plus grandes mosquées, donne un aperçu représentatif du plan des mosquées traditionnelles et est le seul exemple du genre dans tout le Bengale. Autre monument important, la tombe de Khan Jahan, est un exemple extraordinaire de cette catégorie d’architecture, ainsi que de langage calligraphique.

Ce site est représentatif d’un style architectural unique en son genre – appelé le Khan-e-Jahan (XVe siècle après J-C), dont il est le seul exemple connu dans l’histoire de l’architecture.

 

Intégrité

Le pittoresque du site d’origine et le cadre naturel de cette dense concentration de monuments religieux et laïcs sont intacts, de même que sa conception et sa forme médiévales. Le bien, la Ville-mosquée historique de Bagerhat, inclut et préserve tous les éléments pertinents, c’est-à-dire non seulement les mosquées, mais aussi les résidences, les routes, les anciens bassins, les tombes, le chillakhana (ancien cimetière). Les éléments de la ville sont donc encore préservés à ce jour.

Les gestionnaires du site exercent un contrôle étroit sur les activités non autorisées des communautés ainsi que sur l’extrême salinité du sol et de l’atmosphère, qui peuvent constituer une menace pour l’intégrité physique des éléments. Des interventions se sont notamment avérées nécessaires pour préserver la mosquée de Shaitgumbad.

 

Authenticité

L’utilisation des matériaux d’origine (chaux et mortier) a été respectée lors des interventions de conservation et de restauration, afin de préserver l’authenticité des monuments. Malgré cela, certains éléments d’origine tels que les piliers en pierre à l’intérieur des mosquées, les fenêtres réticulées, les frontons, la partie supérieure des corniches ont disparu lors d’interventions précédentes.

De nombreuses structures religieuses et laïques encore en activité contribuent à l’harmonie sociale et communautaire en conservant les caractéristiques d’origine et les pratiques traditionnelles.

 

Eléments requis en matière de protection et de gestion

Le bien est géré dans le cadre de la Lois sur les Antiquités de 1968 (amendée en 1976). De plus, le Département de l’archéologie  protège le bien dans le cadre de la Loi sur le contrôle de l’exportation des Antiquités (1947), des Règles pour la préservation des antiquités immobilières (1976), du Manuel de conservation (1923) et du Code des travaux archéologiques (1938).

Le Département de l’archéologie assure que les activités inadéquates qui  peuvent affecter  la valeur universelle exceptionnelle du bien – bâtiments, infrastructures -   ne soit réalisée sur le bien ou à proximité de celui-ci et que personne ne transforme ni ne dégrade les monuments appartenant au bien.

Le Gouvernement du Bangladesh a travaillé à la mise en œuvre des recommandations établies par le Plan directeur élaboré par l’UNESCO en 1973/74 - 1977/78 pour la conservation et la présentation de la Ville-mosquée historique de Bagerhat. Malgré les efforts financiers consentis pour traiter le problème de conservation lié à la salinité, celui-ci n’a pu être complètement résolu et la dégradation s’est poursuivie. Il conviendra d’effectuer un suivi de la mise en œuvre du plan de gestion, et notamment de ses dispositions concernant la conservation, afin d’évaluer les résultats obtenus et de fournir de nouveaux plans d’action adaptés à l’évolution des conditions.

La question de la conservation du paysage historique, de la zone tampon, et du bien reste à étudier. Un certain nombre de questions ont été identifiées récemment et vont donner lieu à une nouvelle initiative intitulée « Projet de développement des infrastructures touristiques d’Asie du Sud » (volet du Bangladesh), qui sera mise en œuvre prochainement. La préservation et la protection sur le long terme de la valeur universelle exceptionnelle exigent de prendre en compte les défis posés par la gestion durable de ces problèmes ainsi que la conservation du bien. 

Description longue

La ville historique de Khalifatabad est un remarquable exemple de complexe architectural témoignant d'un stade important de l'histoire humaine. Située dans les faubourgs de Bagerhat, au point de rencontre du Gange et du Brahmapoutre, elle a été fondée au XVe siècle par le général turc Ulugh Khan Jahan. Cette capitale locale d'une extension de 50 km2 située le long de la Bhairab comporte 360 mosquées, des bâtiments publics, des mausolées, des ponts, des routes, des réservoirs d'eau, ainsi que d'autres monuments publics, tous construits en brique. La mosquée de Shait Gumbad et le mausolée de Khan Jahan en constituent deux exemples particulièrement significatifs.

Cette ancienne cité, créée en quelques années, et envahie par la jungle après la mort de son fondateur en 1459, présente aujourd'hui une physionomie frappante, pour différentes raisons : le nombre considérable de monuments religieux islamiques, qui témoigne de la piété de Khan Jahan, que souligne l'inscription portée sur sa tombe ; l'absence de fortifications, qui s'explique par les possibilités de retraite qu'offraient les marécages impénétrables des Sundarbans ; la qualité des infrastructures - approvisionnement et évacuation de l'eau, citernes et réservoirs, routes et ponts -, qui trahissent une parfaite maîtrise de la planification urbaine, et une volonté précise d'organiser l'espace.

Ces monuments, qui ont partiellement été dégagés de la végétation, se répartissent aujourd'hui en deux zones distinctes : à l'ouest, autour de la mosquée de Shait Gumbad ; à l'est, autour du mausolée de Khan Jahan.

Plus de 50 monuments ont été recensés. Parmi eux, la mosquée de Shait Gumbad, connue pour sa vaste salle de prière, et divisée en sept nefs longitudinales ; les mosquées de Singar, de Bibi Begni et de Chunakkola ; celles de Reza Khoda, de Zindavir et de Ranvijoypour. Tous ces monuments sont menacés par la salinité extrême du sol et de l'atmosphère, particulièrement dommageable pour leurs élévations en brique.

Source : UNESCO/CLT/WHC