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Monastère et site de l'Escurial (Madrid)

Monastery and Site of the Escurial, Madrid

Built at the end of the 16th century on a plan in the form of a grill, the instrument of the martyrdom of St Lawrence, the Escurial Monastery stands in an exceptionally beautiful site in Castile. Its austere architecture, a break with previous styles, had a considerable influence on Spanish architecture for more than half a century. It was the retreat of a mystic king and became, in the last years of Philip II's reign, the centre of the greatest political power of the time.

Monastère et site de l'Escurial (Madrid)

Construit à la fin du XVIe siècle sur un plan reproduisant la forme d'un gril, instrument du martyre de saint Laurent, le monastère de l'Escurial s'élève dans un site de Castille d'une exceptionnelle beauté. Rompant par sa sobriété avec le style qui prévalait alors, son architecture exerça une influence considérable en Espagne pendant près d'un demi-siècle. Retraite d'un roi mystique, l'Escurial fut, pendant les dernières années du règne de Philippe II, le centre du plus grand pouvoir politique d'alors.

دير الإسكوريال وموقعه (مدريد)

شيّد دير الإسكوريال نهاية القرن السادس عشر بناءً على خطة تعكس شكل الأداة المستخدمة لتعذيب القديس لوران والمؤدية إلى استشهاده. ويقوم الإسكوريال في موقع رائع الجمال في محافظة قشتالة. ونظراً لهندسته الرزينة فهو مختلف عن الطراز السائد قبلاً فأثرت هندسته تأثيراً عظيماً في اسبانيا مدّة أكثر من خمسين عاماً. وشكل إسكوريل مقر تقاعد ملك متصوّف وكان في الأيام الأخيرة لحكم فيليب الثاني أعظم مراكز السلطة السياسيّة في تلك الحقبة.

source: UNESCO/ERI

德里埃斯科里亚尔修道院和遗址

埃斯科里亚尔修道院建于公元16世纪末,位于环境优美的卡斯蒂尔。整个修道院的设计采用长方形格子结构,这样的设计是为了纪念殉难的基督教徒圣劳伦斯,因为他当年就是被这样的刑具折磨致死的。这种简朴且与以往截然不同的建筑风格影响了西班牙半个多世纪。这里还曾是一位神秘国王的隐居之所。到菲利普二世统治后期,这里成为当时最强大的政治力量中心。

source: UNESCO/ERI

Архитектурный ансамбль Эскориала

В плане этот монастырь, построенный в конце ХVI в. в исключительно красивом месте Кастилии, напоминает решетку-жаровню, на которой, согласно легенде, принял мученическую смерть Св. Лаврентий. Его суровая архитектура, контрастируя с предыдущими стилями, оказывала значительное влияние на испанскую архитектуру в течение следующей половины столетия. Это было убежище для короля-мистика, а в последние годы правления Филиппа II оно стало местом, откуда осуществлялось политическое руководство значительной частью мира.

source: UNESCO/ERI

Monasterio y sitio de El Escorial en Madrid

Construido a finales del siglo XVI con arreglo a un trazado en forma de parrilla –en memoria del suplicio infligido al mártir San Lorenzo con este instrumento–, el Monasterio de El Escorial se yergue en un paisaje de Castilla de singular belleza. La austeridad de su estilo rompió con las tendencias arquitectónicas imperantes, ejerciendo posteriormente una acusada influencia en la arquitectura española durante más de medio siglo. Lugar de retiro del rey místico Felipe II en un principio, el monasterio fue en los últimos años de su reinado el centro del poder político de este monarca, el más poderoso de su época.

source: UNESCO/ERI

マドリードのエル・エスコリアル修道院とその遺跡

source: NFUAJ

Escoriaal klooster en omgeving, Madrid

Het Escoriaal klooster staat in een uitzonderlijk mooie omgeving in Castilië. Het werd gebouwd aan het eind van de 16e eeuw volgens een plattegrond in de vorm van een rooster, het instrument dat staat voor het martelaarschap van Sint Laurentius. De sobere architectuur van het klooster – een breuk met voorgaande stijlen – had aanzienlijke invloed op de Spaanse architectuur gedurende meer dan een halve eeuw. Het klooster was de plek waar de koning zich terugtrok en werd tijdens de laatste jaren van het bewind van koning Philips II het centrum van de grootste politieke macht in die tijd.

Source : unesco.nl

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Monastère et site de l'Escurial (Madrid) © UNESCO
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Construit à la fin du XVIe siècle, le monastère de l’Escurial s’élève dans un site d’une exceptionnelle beauté au pied de la Sierra de Guadarrama, au nord de Madrid. Retraite d’un roi mystique, Philippe II, l’Escurial fut pendant les dernières années de son règne le centre du plus grand pouvoir politique d’alors.

Philippe II fonda le monastère en 1563 en tant que monument votif et panthéon des monarques espagnols depuis Charles-Quint, empereur du Saint-Empire romain germanique. Le plan du monastère, complexe mais pourtant simple, a été conçu par Juan Bautista de Toledo, disciple espagnol de Michel-Ange pendant les travaux de la Chapelle Sixtine ; le monument a été achevé par Juan de Herrera après la mort de Toledo.

Le site royal comprend le monastère, immense ensemble de pierre entouré de jardins à la française et des jardins des moines, la Maison des Métiers et les Quartiers de la Compagnie qui abritaient les services du palais et du monastère. Au XVIIIe siècle, ont été construites les nouvelles Maisons des Métiers pour compléter la Lonja (l’édifice public en pierre). Par la suite, une petite ville a surgi autour du monastère, véritable modèle du siècle des Lumières qui accueillit la cour et les deux résidences de campagne des fils de Charles III.

À l’intérieur du volume massif du monastère se trouve un ensemble de plusieurs bâtiments : le monastère, l’église, le palais royal, l’école, le séminaire et la bibliothèque royale, brillamment organisés autour de onze cours principales et trois cours de service. Selon certains, le plan du monument reproduirait la forme d’un gril, instrument du martyre de Saint Laurent. Son architecture austère, la sobriété du style dit « herreriano » offrent un vif contraste avec les styles précédents et ont fortement influencé l’architecture espagnole pendant plus d’un demi-siècle. Plusieurs salles bénéficient cependant de la richesse d’une décoration sublime que des écrivains contemporains ont célébrée comme un modèle artistique, la « Huitième Merveille du monde ».

Le Monastère royal et le site de Saint Laurent de l’Escurial forment un ensemble symbolisant l’expression idéologique et artistique qui a inspiré et représenté la monarchie catholique espagnole pendant le Siècle d’or, entre le XVIe et le XVIIe siècle, ainsi que sa permanence jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. 

Critère (i) : Le Monastère et le site de l’Escurial de Madrid représentent un chef-d’œuvre du génie créateur humain où la grande œuvre collective d’importants artistes s’est conformée à la volonté et aux ordres du roi Philippe II.

Critère (ii) : Le Monastère et le site de l’Escurial expriment un important échange de valeurs humaines et symbolisent l’expression idéologique et artistique qui a influencé l’évolution de l’architecture, des arts monumentaux et de la conception paysagère pendant le Siècle d’or espagnol. Cet ensemble architectural est un exemple de palais-couvent avec un plan à la fois urbain et paysager comme en ont édifié les monarchies chrétiennes européennes. Son aménagement final du XVIIIe siècle en fait l’un des exemples les plus représentatifs du Real Sitio – ville de résidence de la cour – établi par la monarchie comme siège et image de son pouvoir.

Critère (vi) : Le Monastère et le site de l’Escurial de Madrid sont directement associés à de très importantes personnalités de l’histoire européenne et mondiale, comme Charles-Quint, empereur du Saint-Empire romain germanique, et tous ses descendants des Maisons d’Autriche et de la Maison de Bourbon qui ont occupé le trône d’Espagne, en particulier Philippe II. Les lieux incarnent de manière exemplaire l’idéologie de la société et la pompe et le cérémonial austères avec lesquels on représentait cette majesté divine et temporelle. 

Intégrité

Le bien inscrit couvre 94 ha. Les monuments d’origine, édifiés sous le règne de Philippe II – bâtiments principaux du monastère et Maison des Métiers – ainsi que ceux construits sous Charles III, au XVIIIe siècle, qui constituèrent la nouvelle ville qui devint le Site royal de Saint Laurent, sont restés parfaitement intacts. L’unité des bâtiments édifiés sous Philippe II reste préservée deux siècles plus tard grâce au talent de l’architecte royal, Juan de Villanueva. Ce monument était en effet un exemple de modèle architectural absolu pour les académiciens du siècle des Lumières.

La transformation de la plupart des pâturages du domaine en bois royaux au XIXe siècle, et le développement de la ville aux XIXe et XXe siècles n’ont pas eu d’effets négatifs sur la conservation du monument ou sur la perception de son image. Le paysage naturel du domaine de la Herrería et le cadre naturel des abords du monument sont placés sous la protection du Patrimoine national. 

Authenticité

L’emplacement géographique et le paysage hétérogène autour du monument ont été maintenus. Les constructions d’origine édifiées sous le règne de Philippe II, ainsi que celles édifiées sous le règne de Charles III, sont conservées en respectant totalement le plan, l’aménagement, l’interaction des espaces ouverts et des volumes fermés, les matériaux et l’esprit de l’ensemble. Le caractère austère du monument contribue en lui-même à maintenir cet esprit vivant.

Le dynamisme fonctionnel du bâtiment principal, conçu pour la coexistence de la vie monastique et de celle de la cour, est perpétué de nos jours par la compatibilité de ses fonctions actuelles : religieuses – les Augustins dirigent le monastère depuis le XIXe siècle ; éducatives – grâce au Collège royal fondé par Alphonse XII en 1875 ; et culturelles – grâce à la recherche culturelle et aux études muséologiques qu’il suscite. 

Éléments requis en matière de protection et de gestion

Le cadre général de protection et de gestion des monuments est essentiellement établi par la loi 23/1982 qui régit le Bureau du Patrimoine national espagnol et qui inclut le palais royal – avec le monastère, la Casita del Príncipe avec son potager et ses terres agricoles, la Casita de Arriba, les Maisons des métiers, et les quartiers de la reine et des infants. Le Bureau est chargé de la protection, de la conservation et de la mise en valeur des biens et droits du Patrimoine national, ainsi que du parrainage du Real Patronato del Monasterio de San Lorenzo de El Escorial.

L’ensemble de bâtiments est toujours administré par le Consejo de Administración del Patrimonio Nacional (Bureau du Patrimoine national espagnol), organisme qui gère l’héritage de la Couronne d’Espagne et qui a sous sa protection les plus importants monuments de la Fondation royale, en maintenant leur unité. Compte tenu de sa mission, le Bureau est responsable de préserver la cohérence entre les divers éléments, en favorisant l’utilisation de matériaux et techniques de construction traditionnels selon les cas. À cette fin, il réalise des projets d’interventions et de conservation sur des biens immobiliers et biens meubles et met aussi en œuvre des plans de protection de la nature. Le Plan de Protección Medioambiental del Bosque de la Herrería (Plan de protection environnementale des bois de La Herrería) sera le principal outil de planification pour la protection des abords naturels immédiats du bien.

Différentes réglementations complémentaires offrent divers niveaux de protection et renforcent la conservation du monument et de ses abords, ces derniers représentant des éléments parmi les plus vulnérables en raison de la menace que représente le développement urbain.

Les différents biens figurent à l’Inventaire du Patrimoine de l’État espagnol en tant que monuments, jardin historique ou ensemble historique selon la catégorie correspondante de chacun des éléments.

Au niveau régional, le Gouvernement de la Communauté autonome de Madrid a classé le Site royal comme Bien d’intérêt culturel (BIC, Bien de Interés Cultural) dans la catégorie « Territoire historique » comme faisant partie de la Cerca Histórica de Felipe II (l’enceinte historique de Philippe II). La Liste régionale d’espèces de faune et de flore menacées protège également les arbres jugés remarquables.

Au niveau local, les éléments du bien sont enregistrés dans les Inventaires de protection relevant des autorités locales.

En termes de planification territoriale, le Plan de Ordenación de Recursos Naturales de la Sierra de Guadarrama (Plan d’Aménagement des Ressources naturelles de la Sierra de Guadarrama) cherche à garantir la conservation du bien en empêchant un développement urbain massif, mené au hasard ou perturbant, et en associant la conservation du patrimoine historique et la préservation de l’environnement.

La protection et la gestion du bien et de ses abords vont se poursuivre grâce à une stratégie globale, intégrée et interdisciplinaire, incluant une méthodologie de la conservation préventive et une protection du sens de l’ensemble architectural conformément aux besoins et à l’évolution de la société.

Description longue
[Uniquement en anglais]

An exemplary votive monument, the retreat of a mystic king, the Escurial was, during the closing years of the reign of Philip II, the paradoxical centre of the greatest political power of that period. This royal monastery dedicated to St Lawrence is a unique artistic achievement. There is nothing in the project, in the form or in the design of this monument, which is not exceptional. Although out of keeping with the national temperament, the Escurial exerted a considerable influence in Spain during almost half a century: the gigantic unfinished cathedral of the Asunción of Valladolid was begun around 1580 by Herrera in the same severe style.

The construction of the monastery and site of the Escurial in Madrid was the realization of an unusual vow by Philip II of Spain in repentance for having shelled the church San Lorenzo in 1577. This explains the gigantic expiatory monastery, the general plan of which reproduces the form of an inverted griddle, the instrument of the martyrdom of Saint Lawrence. The handle is represented by the Royal Palace, which projects on the eastern side, and four angle towers, 55 m high, represent the feet. The college, the convent and the cloister, all quadrangular in plan, are placed on either side of the central court (Patio de los Reyes) which precedes the church; it is constructed of a bluish granite from Guadarrama.

This ensemble was begun in 1563 by Juan Bautista de Toledo and completed in 1584 by Juan de Herrera. The treatment, deliberately austere, offers a vivid contrast to the traditional Spanish architecture of the Renaissance. Within the church, however, the Capilla Mayor was given a decor as rich as it was imposing: the retablo, 30 m high, the work of an Italian team under the orders of Herrera, unites coloured marbles, paintings, gilding and large bronze statues; in the lateral oratories, two renowned groups, modelled and cast in bronze by Pompeo and Leone Leoni, represent, on the side of the Gospel, Charles V with his family, and on the side of the Epistle, Philip II among his family, dressed in their magnificent attire and frozen in prayer.

Beneath the church is the sepulchral vault of the kings of Spain, whose principal crypt (Pantheon of the Kings) is an octagonal chamber faced with pietra dura incorporating ornaments of gilded bronze.

Source : UNESCO/CLT/WHC