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Anjar

Anjar

The city of Anjar was founded by Caliph Walid I at the beginning of the 8th century. The ruins reveal a very regular layout, reminiscent of the palace-cities of ancient times, and are a unique testimony to city planning under the Umayyads.

Anjar

Les ruines d'Anjar, ville fondée par le calife Walid Ier au début du VIIIe siècle, révèlent une organisation très rigoureuse de l'espace semblable à celle des villes-palais de l'Antiquité. Elles constituent un témoignage unique sur l'urbanisme des Omeyyades.

عنجر

 تعكس آثار عنجر، هذه المدينة التي بناها الخليفة وليد الأول في أوائل القرن الثامن، تنظيمًا دقيقًا للمكان الذي يشبه المدن القصور القديمة. كما أنّها تُعتبَر الشاهد الوحيد على مدنية الأمويين.  

source: UNESCO/ERI

安杰尔

安杰尔是由卡利夫·瓦利德一世于8世纪初设计建立的城市。其废墟表明,其整体布局井井有条,使人联想起古代的宫殿,如今,安贾尔成为倭马亚城市规划设计的唯一见证。

source: UNESCO/ERI

Древний город Анджар

Город Анджар был основан халифом Валидом I в начале VIII в. Его руины свидетельствуют о регулярной планировке и напоминают о городах-дворцах древних времен. Это уникальный образец градостроительства при правлении династии Омейядов.

source: UNESCO/ERI

Anjar

Las ruinas de Anjar, ciudad fundada por el califa Walid I a principios del siglo VIII, muestran una ordenación rigurosa del espacio que se asemeja a la de las ciudades-palacio de la Antigüedad. Los vestigios de Anjar constituyen un testimonio único del urbanismo de los Omeyas.

source: UNESCO/ERI

アンジャル

source: NFUAJ

Anjar

De stad Anjar werd aan het begin van de 8e eeuw gesticht door kalief Al-Walid I. De ruïnes tonen een zeer regelmatig ontwerp, dat doet denken aan de paleissteden uit de oudheid. Het zijn unieke getuigen van stadsplanning onder de Omajjaden. Anjar is een voorbeeld van een binnenlands commercieel centrum, op het kruispunt van twee belangrijke routes: de ene loopt van Beiroet naar Damascus en de andere steekt de Bekaa over en loopt van Homs naar Tiberiade. De oude stad werd pas aan het eind van de jaren '40 van de 20ste eeuw ontdekt door archeologen. De opgravingen toonden een versterkte stad, omringd door muren en geflankeerd door veertig torens.

Source : unesco.nl

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© UNESCO / Véronique Dauge
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Fondée à l'époque omeyyade sous le califat de Walid Ibn Abd Al-Malak (705-715), la cité d'Anjar offre un témoignage unique sur la civilisation omeyyade. Anjar est l'exemple d'un centre de commerce situé à l'intérieur des terres, à l'intersection de deux routes importantes : celle menant de Beyrouth à Damas et la route traversant toute la Bekaa et menant d'Homs à Tibériade. Le site de cette ancienne cité n'a été découvert par les archéologues qu'à la fin des années 1940. Les fouilles ont révélé une ville forte enserrée dans une muraille flanquée de quarante tours, une enceinte rectangulaire de 385 x 350 m. Commandés par des portes, bordés de portiques, un grand axe Nord-sud et un petit axe est-ouest, superposés aux collecteurs principaux ou se déversent les égouts, divisent l'espace en quatre quadrants égaux. Bâtiments publics et privés sont répartis en fonction d'une planification rigoureuse : le grand palais du calife et la mosquée dans le quartier sud-est occupent la partie la plus élevée du site, tandis que les petits palais (harems) et les bains sont situés dans le quartier nord-est pour faciliter le fonctionnement et l'évacuation des eaux usées. Les fonctions secondaires et l'habitat sont repartis dans les secteurs nord-ouest et sud-ouest. Les ruines sont dominées par les vestiges spectaculaires d'un tétrapyle monumental, ainsi que par les murs et les colonnades du palais omeyyade, conservés sur trois niveaux. Ces structures intègrent des éléments décoratifs ou architectoniques de l'époque romaine, mais se signalent également par la qualité plastique exceptionnelle des éléments du décor contemporains de la construction.

Anjar est restée inachevée et n'eut qu'une brève existence. En 744, le calife Ibrahim, fils de Walid, fut défait et dès lors la ville partiellement détruite fut abandonnée. Les vestiges de la cité d'Anjar constituent ainsi un exemple unique de l'urbanisme du VIIIe siècle. Construite au début de l'ère islamique, elle reflète cette transition d'une culture protobyzantine vers le développement d'un art islamique propre et ceci à travers l'évolution des techniques de construction et des éléments architectoniques et ornementaux visibles dans les différents monuments.

Critère (iii) : Fondée à l'époque omeyyade sous le califat de Walid Ibn Abd Al-Malak au début du VIIIe siècle, les vestiges fouillés de la cité d'Anjar, qui fut très tôt abandonnée, offrent un témoignage éminent et parfaitement bien daté sur la civilisation omeyyade.

Critère (iv) : Ensemble architectural possédant toutes les caractéristiques propres à la civilisation omeyyade, la cité d'Anjar constitue un exemple exceptionnel de l'urbanisme du califat omeyyade du VIIIe siècle. L'évolution de certains styles protobyzantins vers une architecture islamique proprement dite est apparente dans les techniques de construction ainsi que dans les éléments architectoniques et ornementaux utilisés.

Intégrité (2009) 

La muraille d'enceinte d'Anjar enserre tous les attributs de l'urbanisme et les monuments qui caractérisent la cité omeyyade. Quelques attributs subsistent à l'extérieur de l'enceinte, comme un caravansérail, et ces derniers doivent être protégés par une zone tampon qui protège également l'intégrité visuelle du cadre de la vallée de la Bekaa et limite le développement de l'établissement moderne.

Authenticité (2009)

Malgré les interventions majeures de restaurations et de reconstructions, les monuments divers qui constituent la cité omeyyade d'Anjar montrent bien leurs fonctions et leurs relations, et le plan d'ensemble de la ville peut facilement être perçu. Il est nécessaire de faire connaître plus largement les résultats des fouilles afin de renforcer la compréhension des attributs.

Besoins en matière de protection et de gestion (2009)

La Direction Générale des Antiquités est en charge de la gestion du bien. La protection des vestiges archéologiques est assurée par un entretien régulier (désherbage et consolidation des structures). Un plan de gestion est à l'étude. Un projet d'expropriation de parcelles voisines du site archéologique est en cours pour contrer le développement urbain, ce qui permettra au site de bénéficier d'une zone de protection en double ceinture : la première "non aedificandi" suivie d'un espace où le pourcentage d'exploitation sera très minime afin de conserver la beauté du paysage environnant.

Description longue

La cité d'Anjar est non seulement une remarquable réalisation, bien datée, de l'urbanisme omeyyade, mais aussi un exemple historique unique de ville commerciale de l'intérieur. Les ruines de la Beqaa, situées non loin des routes qui relient Homs et Baalbek à Tiberias, et le mont Liban à Damas ont été découvertes à la faveur de fouilles archéologiques menées à partir de 1949.

Le site a été occupé au cours d'une longue période, comme l'attestent les éléments d'édifices grecs, romains ou paléochrétiens fréquemment réemployés dans ses murs. La ville d'Anjar (Ain al-Jarr), fondée au début du VIIIe siècle par le calife Walid Ier (705-715), tire son nom du terme arabe Ayn al-Jaar (« l'eau du rocher »), qui fait allusion aux torrents qui s'écoulent des montagnes voisines.

Cette surprenante création urbaine, qui ne fut jamais terminée, n'a connu qu'une brève existence : en 744, les partisans du calife Ibrahim, le fils de Walid, furent vaincus en dehors des murs d'Anjar par Marwan ben Mohammed, qui devint le dernier calife omeyyade. Anjar, partiellement détruite, fut alors abandonnée. Comme Abu al-Fida après lui, Guillaume de Tyr n'y vit que des ruines portant encore la trace des nombreux combats qui s'y étaient déroulés au XIIe siècle. La ville ne connut que vingt à trente ans d'existence avant sa conquête par les Abassides : à son apogée, elle comptait plus de 600 boutiques, des bains de style romain, deux palais et une mosquée.

Les fouilles ont révélé qu'il s'agissait d'une ville fortifiée entourée d'une muraille comptant 40 tours, sur laquelle une inscription de 741 paraît être demeurée à son emplacement d'origine. L'enceinte rectangulaire (385 x 350 m) est précisément orientée. Les murs, de 2 m d'épaisseur, sont construits intérieurement en argile et en cailloutis avec un parement externe de grands blocs et un parement interne formé d'assises de blocs plus petits. À l'intérieur, sur chacun des côtés, trois escaliers donnaient accès au chemin de ronde que parcouraient les soldats qui protégeaient la ville.

Dominés par des portes flanquées par des portiques, un important axe nord/sud (cardo maximus) et un axe secondaire est/ouest (decumanus maximus), sous lesquels courent les principaux égouts de la ville, divisent celle-ci en quatre quadrants de mêmes dimensions. Les édifices publics et privés se conforment à une planification rigoureuse : le palais principal et la mosquée dans le quadrant sud-est ; le palais secondaire et les bains dans les quadrants nord-est et nord-ouest ; le quadrant sud-ouest, habité de manière très dense, est sillonné par un réseau de rues établies selon un plan orthogonal.

L'organisation de l'espace urbain, remarquablement planifié, rappelle davantage une résidence royale (dont le palais-ville de Dioclétien à Split demeure le meilleur exemple) que les camps militaires romains et les villes coloniales. Les ruines sont dominées par les vestiges spectaculaires d'un tétrapyle monumental, au croisement des deux principaux axes, ainsi que par les murs et les colonnades du palais omeyyade, dont trois niveaux sont conservés. Ces différentes structures incorporent des sculptures d'époque romaine, mais sont également dignes d'attention pour le caractère remarquablement plastique des éléments du décor remontant à l'époque de leur construction.

Les bains omeyyades témoignent davantage de l'influence des traditions architecturales d'autres cultures. Ils présentent la succession classique des bains romains : le vestiaire où les usagers se déshabillaient avant le bain et se reposaient après, et trois salles respectivement froide, tiède et chaude. La taille du vestiaire indique que le bain était plus qu'une source de bien-être physique : un centre d'interaction sociale.

Une ville comportant 600 boutiques et cherchant à assurer ainsi sa sécurité devait être très peuplée. Les archéologues y ont donc recherché les vestiges d'une grande zone résidentielle, qu'ils ont mise au jour juste derrière le tétrastyle, au sud-ouest.                                                                                          

Source : UNESCO/CLT/WHC