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Cité du Vatican

Brève description

Haut lieu du monde chrétien, la Cité du Vatican témoigne d'une grande histoire et d'une prodigieuse aventure spirituelle. Dans les limites de ce minuscule État, on peut admirer une concentration unique de chefs-d'œuvre de l'art. Avec la place circulaire à double colonnade qui la précède, avec les palais et les jardins qui l'entourent, la basilique, élevée sur les lieux du martyre de l'apôtre Pierre, en constitue le centre. C'est le plus grand édifice religieux du monde, fruit des génies conjugués de Bramante, Raphaël, Michel-Ange, Bernin et Maderno.

© Tim Schnarr

Description longue

En tant que site de la tombe de saint Pierre et centre de pèlerinage, le Vatican est directement et matériellement lié à l'histoire du christianisme. Au-delà de cet aspect, c'est une création à la fois idéale et exemplaire de l'art de la Renaissance et du Baroque. Il a exercé une influence considérable sur le développement de l'art à partir du XVIe siècle.

L'État indépendant défini par les accords du Latran le 11 février 1929 étend sa souveraineté territoriale sur une aire totale inférieure à 50 ha, la cité du Vatican. Toutefois, cette petite enclave dans Rome présente une importance inversement proportionnelle à sa taille pour ce qui est du patrimoine de l'humanité. Centre du christianisme depuis Constantin (IVe siècle), siège d'abord occasionnel, puis permanent de la papauté, le Vatican est à la fois un important site archéologique du monde romain, la plus sacrée des villes du monde catholique, et l'une des références culturelles majeures aussi bien pour les chrétiens que pour les autres hommes.

Son passé prestigieux explique le développement d'un ensemble architectural et artistique d'une importance exceptionnelle. Ses églises et ses palais s'ancrent dans une terre imprégnée d'histoire. Sous la basilique Saint-Pierre, reconstruite au XVIe siècle sous la direction de l'un des plus brillants architectes de la Renaissance, sont conservés les vestiges de la première basilique fondée par Constantin, ainsi que ceux du cirque de Caligula et de Néron, et toute une nécropole romaine du Ier siècle apr. J.-C. dans laquelle les tombes chrétiennes voisinent avec les tombes païennes. La première basilique Saint-Pierre était de plan longitudinal divisé en cinq nefs, dotée d'un transept, d'une abside et d'un grand atrium entouré par un quadriportique. L'édifice fut construit en 315 au-dessus de la tombe de saint Pierre. Le secteur de l'abside a fait l'objet d'une rénovation importante confiée par le pape Nicolas V en 1452 à Bernardo Rossellino, qui entraîna, au cours des deux siècles suivants, une modification complète de la physionomie de la basilique. Jules II conçut un projet artistique global de refondation de l'ancienne basilique, de décor des Stanze et de la chapelle Sixtine, et de construction de son propre tombeau. Carlo Maderno construisit finalement la façade monumentale en 1606, et l'église fut consacrée en 1626. Lorenzo Bernini reçut mission, en 1656, de rénover la zone qui se trouvait devant la basilique. Il y construisit deux énormes hémicycles aux portiques doriques reliés à l'église par une place trapézoïdale qui encadre la façade entre deux perspectives incurvées. Ils représentent l'Église embrassant toute la chrétienté.

Le palais du Vatican, construit sur une résidence du pape Symmaque (498-514), restaurée au cours de la période carolingienne et au XIIe siècle, est le produit d'une longue série de campagnes de construction au cours desquelles les papes successifs, à partir du Moyen Âge, rivalisèrent en magnificence. L'édifice de Nicolas III (1272-1280) avait été agrandi principalement par Nicolas V (1447-1455) et Sixte IV (1471-1484) avant les travaux considérables d'Innocent VIII, de Jules II et de Léon X (le Belvédère et la cour du Belvédère, la cour de San Damaso et la loggia de Raphaël).

L'art de la Renaissance et de la période baroque, de Paul III (1534-1549) jusqu'à Alexandre VII (1665-1667), émerge librement au milieu des adjonctions apportées plus tard au palais. Les travaux des XVIIIe (fondation du musée Pio-Clementino par Pie VI), XIXe (musée des antiquités de Pie VII et de Grégoire XVI) et XXe siècles (nouvelle pinacothèque) s'inscrivent dans la tradition du patronage pontifical.

Source : UNESCO/CLT/WHC