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Hatra

Brève description

Grande cité fortifiée sous l'influence de l'Empire parthe et capitale du premier royaume Arabe, Hatra résista deux fois aux Romains, en 116 et en 198, grâce à sa muraille renforcée de tours. Les vestiges de la ville, et en particulier les temples où l'architecture grecque et romaine se combine avec des éléments de décor d'origine orientale, témoignent de la grandeur de sa civilisation.

© Editions Gelbart

Description longue

Hatra offre un excellent exemple de ville fortifiée orientale conçue selon un plan circulaire, comme l'ont été Ctésiphon, Firuzabad ou Zingirli. L'état de conservation parfait de son double rempart, au cœur d'un environnement intact, en fait un exemple privilégié d'ensemble relatif aux civilisations parthe, sassanide et islamique précoce. Le site documente en outre de manière éloquente tout un pan de la civilisation assyro-babylonienne sujette à l'influence des Grecs, des Parthes, des Romains et des Arabes.

Bien qu'il existe peu de textes relatifs aux origines obscures de Hatra, il semble qu'un modeste habitat assyrien soit né sur le site au IIIe siècle av. J.-C., comme forteresse et comptoir commercial. Fondé par les cavaliers nomades de la tribu Khorasan, l'Empire parthe de la dynastie arsacide (247 av. J.-C.-226 av. J.-C.) se revendiqua comme l'héritier de l'Empire achéménide de Cyrus. Au cours du IIe siècle av. J.-C., le site devint une étape importante sur la célèbre Route orientale de la soie : c'était alors une grande cité arabe du niveau de Palmyre en Syrie, Pétra en Jordanie ou Baalbek au Liban. Cette monarchie orientale préoccupa les Romains qui cherchèrent sans succès à la renverser.

Compte tenu de cet arrière-plan historique, le site de la vaste cité de Hatra, dont les vestiges émergent du désert à quelque 110 km de Mossoul, est un véritable symbole des luttes qui opposèrent les Parthes aux Romains pour le partage des dépouilles de l'ancien empire d'Alexandre.

La ville fut assiégée sans succès en 116 par Trajan (qui mourut en Cilicie l'année suivante) ; elle résista plus tard, en 198, à Septime Sévère qui, après avoir conquis Ctésiphon et annexé la Mésopotamie, reçut à Rome le titre de Parthicus Maximus. Différentes constructions et inscriptions semblent indiquer une forme d'occupation romaine ou d'alliance entre Rome et Hatra vers 230 ; les inscriptions orientent vers le règne de Gordien III. Hatra pouvait donc être considérée, à cette époque, comme le point le plus extrême de l'Empire romain. Peu après, la ville fut détruite par Ardashir Ier (226-242), le fondateur de la dynastie sassanide.

Les vestiges visibles aujourd'hui remontent à une période comprise entre le Ier et le IIe siècle apr. J.-C. Les ruines de la ville, et notamment les temples qui mêlent l'architecture hellénistique et romaine à des motifs décoratifs orientaux, attestent la grandeur de cette civilisation. Ses fortifications étaient immenses : les défenses de la ville comportent deux murs séparés par un profond fossé. Le mur externe est une levée de terre, tandis que le mur interne, construit en pierre, comporte quatre portes fortifiées qui correspondent approximativement aux quatre points cardinaux. Au centre de cette ville circulaire de près de 2 km de diamètre se trouve un temenos rectangulaire orienté est/ouest, entouré par un mur de pierre scandé par des tours. Un mur nord/sud le partage en deux espaces inégaux. La fonction de ce temenos - où se trouve la plus importante concentration de temples de la partie occidentale du site - paraît avoir été à la fois religieuse et commerciale : les quatre côtés du rectangle étaient en effet occupés par des boutiques ouvrant sur un portique.

Le centre de Hatra est occupé par le complexe sacré dédié à plusieurs divinités locales, dont le principal était le dieu solaire Shamash. Vers 156, Hatra était gouvernée par des souverains arabes, dont le plus grand fut Nasr, le père des deux premiers rois de Hatra, Lajash et Sanatruq. Ce dernier acheva le temple de Shamash. Le site a livré des sculptures représentant Apollon (appelé Balmarin dans le panthéon de Hatra), Poséidon, Éros, Hermès, Tyché (la déesse tutélaire de Hatra) et Fortuna.

Source : UNESCO/CLT/WHC