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Couvent du Christ à Tomar

Convent of Christ in Tomar

Originally designed as a monument symbolizing the Reconquest, the Convent of the Knights Templar of Tomar (transferred in 1344 to the Knights of the Order of Christ) came to symbolize just the opposite during the Manueline period – the opening up of Portugal to other civilizations.

La description est disponible sous licence CC-BY-SA IGO 3.0

Couvent du Christ à Tomar

Conçu à l'origine pour célébrer la Reconquête, le couvent des Templiers de Tomar, devenu en 1344 le siège de l'ordre des Chevaliers du Christ, se transforma à l'époque manuéline en un symbole inverse, celui de l'ouverture du Portugal à d'autres civilisations.

La description est disponible sous licence CC-BY-SA IGO 3.0

دير السيد المسيح في تومار

بعد أن تم بناؤه أساساً للاحتفال بحروب الاسترداد، تحوّل دير الرهبان في تومار الذي اصبح عام 1344 مقراً لجماعة فرسان المسيح الى رمز معاكس يجسّد انفتاح البرتغال على سائر الحضارات في عصر الملك مانويل.

source: UNESCO/ERI
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托马尔的克赖斯特女修道院

这座托马尔圣堂武士修道院(后于1344年成为十字军救护团骑士修女院),最初是为了象征骑士的征服行程而修建的,但后来,这个修道院在曼奴埃尔王朝统治时代却被赋予了相反的象征意义,即葡萄牙开始对其他文明开放的象征。

source: UNESCO/ERI
La description est disponible sous licence CC-BY-SA IGO 3.0

Монастырь Христа в городе Томар

Первоначально задуманный как памятник, символизирующий реконкисту, этот монастырь рыцарей-тамплиеров (перешедший в 1344 г. к рыцарям Ордена Христа) стал играть совсем иную роль в мануэлинский период – роль символа открытости Португалии для других народов мира.

source: UNESCO/ERI
La description est disponible sous licence CC-BY-SA IGO 3.0

Convento de Cristo en Tomar

Monumento simbólico de exaltación de la Reconquista, el convento de la Orden del Temple en Tomar fue transferido en 1344 a la Orden de los Caballeros de Cristo. En la época manuelina llegó a simbolizar, en cambio, la apertura de Portugal a otras civilizaciones.

source: UNESCO/ERI
La description est disponible sous licence CC-BY-SA IGO 3.0

トマールのキリスト教修道院

source: NFUAJ

Klooster van Christus in Tomar

Het klooster van de Tempeliers van Tomar werd oorspronkelijk ontworpen als monument dat de Herovering symboliseert. In de tweede helft van de 12e eeuw werden de Tempeliers naar Portugal gehaald waar ze een groot aandeel hadden in de Herovering. Hun eerste en belangrijkste fort was Tomar. Het klooster werd in 1344 overgedragen aan de Ridders van de orde van Christus. Tijdens de Manuelijnse periode kreeg het een andere symbolische betekenis: de openstelling van Portugal voor andere beschavingen. Tomar werd in de loop der tijd verfraaid en is nu een van de meest prestigieuze monumenten van Portugal.

Source : unesco.nl

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Couvent du Christ à Tomar (Portugal) © Fiona Starr
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Le paysage urbain de Tomar, situé au centre du Portugal, est dominé à l'ouest par le vaste complexe monumental du Couvent du Christ, qui se dresse au sommet d'une colline et représente une caractéristique majeure de l'identité de la ville, dont l'unité a été préservée. Le couvent est entouré par les murs du château de Tomar. Fondé en 1160 par Gualdim Pais, grand maître des Templiers, il appartenait à l'Ordre du Temple.

Construit sur une période de cinq siècles, le Couvent du Christ témoigne d’une architecture combinant les styles roman, gothique, manuélin, Renaissance, maniériste et des éléments baroques. La pièce maîtresse du couvent est sa rotonde du XIIe siècle, l'Oratoire des Templiers, influencé par la Rotonde du Saint-Sépulcre à Jérusalem. Elle fut construite par le premier grand maître des Templiers, Gualdim Pais, et est bâtie sur un plan polygonal à 16 pans, comprenant un chœur octogonal avec déambulatoire : c’est une de ces « rotondes » typiques de l'architecture des Templiers, dont il subsiste quelques exemples en Europe. En 1356, le couvent devint la maison de l'Ordre du Christ du Portugal et la décoration de la rotonde reflète la richesse de l'Ordre. Les peintures et les fresques, du XVIe siècle principalement, qui représentent des scènes bibliques, ainsi que la statuaire dorée sous la coupole byzantine, ont été soigneusement restaurées. Lors de sa construction, l'église manuéline fut reliée à la rotonde par une arcade.

Au nord et à l'est se trouvent la sacristie, le cloître du cimetière et le cloître des ablutions, l'infirmerie, la salle des Chevaliers et la pharmacie. Des cloîtres ont été ajoutés à différentes époques : celui du cimetière, construit au nord-est de la rotonde vers 1430 par l’Infant Don Henrique, déploie des arcs en tiers-point d’un gothique sobre et élégant.

L’empreinte manuéline fut, comme partout, décisive et saisissante : c’est sous le roi Manuel que Diego de Arruda fut chargé d'exécuter l’énorme chœur de plan carré avec une tribune surélevée au-dessus de la salle du chapitre. Ces deux étages se signalent, dans l’élévation extérieure, par deux baies célèbres, une fenêtre et un oculus combinant influences gothique et mauresque, offrant ainsi l'expression la plus accomplie du style décoratif manuélin.

Les grands changements intervenus au cours du règne du roi D. João III (1521-1557) avaient pour objectif d’exprimer la puissance de l'Ordre avec de riches décorations manuélines. D’autres cloîtres et de nouveaux bâtiments monastiques furent construits sous João III par João de Castilho qui, à Tomar comme à Belém, n’était pas insensible à l'influence italienne. Le travail s’est poursuivi au cours de la seconde moitié du XVIe siècle dans le cloître des Philippes, cloître principal modifié par Diego de Torralva. Les façades sont rythmées par une ordonnance de serliennes ou de baies palladiennes, sur deux niveaux superposés d’ordres toscan et corinthien.

Conçu à l’origine pour célébrer la reconquista, le couvent des Templiers de Tomar (transféré en 1344 à l’Ordre du Christ) se transforma à l’époque manuéline en un symbole inverse, celui de l'ouverture du Portugal à d'autres civilisations.

Critère (i) : L'église primitive des Templiers et les constructions de la Renaissance représentent un chef-d'œuvre du génie créateur humain.

Critère (vi) : Le Couvent du Christ à Tomar, conçu à l'origine comme un monument symbolique de la Reconquête, devint, dès l’époque manuéline, un symbole inverse : celui de l'ouverture du Portugal aux civilisations extérieures.

Intégrité

On trouve dans les limites du bien tous les éléments nécessaires pour exprimer la valeur universelle exceptionnelle du Couvent du Christ, notamment l'architecture et la décoration des périodes successives.

Authenticité

Le couvent conserve son authenticité en gardant ses plans et matériaux d’origine, son rôle social et sa relation avec le milieu urbain. Les projets de restauration ont respecté strictement les matériaux et les techniques d’origine. Un plan d'intervention rigoureux met l'accent sur la conservation et la restauration de la rotonde. Le complexe n'a pas subi de modifications majeures. Le couvent est actuellement une attraction culturelle, touristique et dévotionnelle. La réunion annuelle de l'Ordre du Temple se tient toujours dans le couvent au cours de la première quinzaine de mars, précédée d’une cérémonie religieuse. En outre, le couvent est ouvert au public et des offices ont encore lieu dans l’église.

Éléments requis en matière de protection et de gestion

Le Couvent du Christ a été classé monument national par décret, publié au Journal officiel n° 14 le 17 Janvier 1907.

Afin d'assurer l'application de la loi qui établit les fondements de la politique et de l’ensemble des règles de protection et de valorisation du patrimoine culturel (loi n° 107 du 8 septembre 2001), le décret n° 140 du 15 juin 2009 a instauré un cadre juridique pour les études, projets, rapports, travaux ou interventions sur les biens culturels classés. Il a établi, en règle générale, la nécessité d’évaluer systématiquement en amont les travaux susceptibles d'affecter l'intégrité du site, de les surveiller et d’en estimer la portée, afin d'éviter tout risque de défiguration, de dégradation, de perte de caractéristiques physiques ou d'authenticité. Cela est assuré au moyen d’une planification adéquate et rigoureuse et d’un personnel qualifié, maîtrisant toutes les techniques, méthodes et ressources à utiliser pour l'exécution de travaux sur les biens culturels.

De même, en vertu du décret n° 309 du 23 octobre 2009, les zones tampons sont considérées comme des zones de protection spéciale, qui bénéficient des restrictions nécessaires à la protection et à la valorisation des biens culturels.

L’objectif premier de la gestion est de préserver l'authenticité et l'intégrité de l'ensemble du complexe monumental dans le cadre d'un plan de travail impliquant la communauté locale. Elle tient compte également des recommandations de l’UNESCO dans le rapport sur l’état de conservation de 1990, à savoir les réparations de la toiture pour éviter le ruissellement de l’eau sur les façades.

Toutes les interventions mises en œuvre ou prévues respectent la législation en vigueur, ainsi que des critères scientifiques et techniques stricts. Une attention particulière est accordée au traitement et à la réhabilitation des abords du monument, les travaux étant assurés par des organisations locales associant la municipalité et la communauté locale.

Il y a une reconversion contrôlée de certaines zones du couvent à des fins culturelles, éducatives, scientifiques et sociales.

La gestion de ce complexe est assurée par les services décentralisés de la Direction générale du patrimoine culturel (DGPC), le département de l'administration centrale chargé du patrimoine culturel. Les mesures de conservation, de sauvegarde et de mise en valeur sont assurées par la DGPC qui est chargée de l'élaboration et de la mise en œuvre d'un programme annuel qui vise à assurer l'avenir du monument.