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Île de Gorée

Island of Gorée

The island of Gorée lies off the coast of Senegal, opposite Dakar. From the 15th to the 19th century, it was the largest slave-trading centre on the African coast. Ruled in succession by the Portuguese, Dutch, English and French, its architecture is characterized by the contrast between the grim slave-quarters and the elegant houses of the slave traders. Today it continues to serve as a reminder of human exploitation and as a sanctuary for reconciliation.

Île de Gorée

Au large des côtes du Sénégal, en face de Dakar, Gorée a été du XVe au XIXe siècle le plus grand centre de commerce d'esclaves de la côte africaine. Tour à tour sous domination portugaise, néerlandaise, anglaise et française, son architecture est caractérisée par le contraste entre les sombres quartiers des esclaves et les élégantes maisons des marchands d'esclaves. L'île de Gorée reste encore aujourd'hui un symbole de l'exploitation humaine et un sanctuaire pour la réconciliation.

جزيرة غوري

تمتد جزيرة غوري على عرض ساحل السنغال مقابل داكار، وقد شكلت من القرن الخامس عشر ولغاية القرن التاسع عشر المركز التجاري الأكبر لتجارة العبيد في الساحل الافريقي. وقد خضعت على التوالي لسيطرة البرتغال وهولندا وانكلترا وفرنسا، ما جعل هندستها تتميز بالتناقض بين أحياء العبيد المظلمة ومنازل تجار الرقيق الأنيقة. ولا تزال جزيرة غوري تجسّد حتى اليوم رمزاً للاستغلال البشري وموطناً للمصالحة.

source: UNESCO/ERI

戈雷岛

戈雷岛位于塞内加尔海岸不远处,与达喀尔隔海相望。从15世纪到19世纪,戈雷岛一直都是非洲海岸最大的奴隶贸易中心,历史上这里曾先后被葡萄牙人、荷兰人、英国人和法国人占领过。在戈雷岛上,既能看到奴隶住的简陋屋子,也能找到奴隶贸易商居住的优雅庭院,两类建筑物形成鲜明对比。今天的戈雷岛,依然能使人们记起那段人剥削人的历史,这里同时也是人们消除历史积怨、求得和解的神圣殿堂。

source: UNESCO/ERI

Остров Горе

Остров Горе расположен вблизи берега Сенегала, напротив Дакара. В XV-XIX вв. он был крупнейшим центром работорговли на африканском побережье, находясь под властью сменявших друг друга португальцев, голландцев, англичан и французов. Для его архитектуры характерен контраст между мрачными кварталами для рабов и элегантными домами работорговцев. Сегодня остров продолжает служить напоминанием об эксплуатации человека и, вместе с тем, - символом примирения.

source: UNESCO/ERI

Isla de Gorea

Situada en las aguas litorales del Senegal, frente a la ciudad de Dakar, la isla de Gorea fue el centro de comercio de esclavos más importante de las costas africanas entre los siglos XV y XIX. Estuvo sucesivamente bajo la dominación de portugueses, holandeses, ingleses y franceses. La adusta arquitectura de los barrios destinados a los esclavos contrasta con la de las elegantes mansiones de los mercaderes que vivían de su tráfico. Hoy en día, Gorea es un lugar de memoria de la explotación del hombre por el hombre y un santuario para la reconciliación.

source: UNESCO/ERI

ゴレ島

source: NFUAJ

Eiland van Gorée

Gorée is een klein eiland van 18 hectare en ligt voor de kust van Senegal tegenover Dakar. Van de 15e tot de 19e eeuw was dit het grootste centrum van de slavenhandel aan de Afrikaanse kust. Op het eiland staat een slavenhuis van waaruit meer dan 20 miljoen slaven zijn verscheept. Gorée is achtereenvolgens geregeerd door de Portugezen, de Nederlanders, de Engelsen en de Fransen. De architectuur kenmerkt zich door het contrast tussen de grimmige slavenwijken en de elegante huizen van de slavenhandelaren. Het eiland is tegenwoordig een symbool voor het uitbuiten van mensen, maar ook een plaats van verzoening met het verleden.

Source : unesco.nl

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Ile de Gorée
Valeur universelle exceptionnelle
Brève synthèse

L’Île de Gorée témoigne d’une expérience humaine sans précédent dans l’histoire des peuples. En effet, cette « île mémoire » est pour la conscience universelle le symbole de la traite négrière avec son cortège de souffrance, de larmes et de mort.

Cette petite île de 28 ha située à 3,5 km au large de Dakar cristallise les douloureuses mémoires de la Traite atlantique. Ce destin singulier, Gorée le doit à sa position géographique d’une extrême centralité entre le Nord et le Sud, et à son excellente position stratégique offrant un abri sûr pour le mouillage des navires, d’où son nom de « Good Rade ». De ce fait, elle a été, depuis le XVe siècle, un enjeu entre diverses nations européennes qui l’ont successivement utilisée comme escale ou comme marché d’esclaves. Premier point d’aboutissement des « homéoducs » qui drainaient les esclaves de l’arrière pays, Gorée a été au cœur des rivalités entre nations européennes pour le contrôle de la traite négrière.

Jusqu’à l’abolition de celle-ci dans les colonies françaises, l’île a été un entrepôt constitué de plus d’une dizaine d’esclaveries. Parmi les éléments tangibles qui témoignent de la valeur universelle de Gorée on retrouve notamment le Castel, plateau rocheux recouvert de fortifications qui domine l’île ; le Relais de l’Espadon, ancienne résidence du gouverneur français ; etc….

L’île de Gorée est aujourd’hui une terre de pèlerinage pour toute la diaspora africaine, un foyer de contact entre l’Occident et l’Afrique et un espace d’échanges et de dialogue des cultures à travers la confrontation des idéaux de réconciliation et de pardon.

Critère (vi) : L’Ile de Gorée apporte un témoignage exceptionnel sur l’une des plus grandes tragédies de l’histoire des sociétés humaines : la traite négrière. Les différentes unités de cette « île mémoire » — forts, bâtisses, rues, places, etc. — racontent, chacune à sa manière, l’histoire de Gorée qui a été du XVe au XIXe siècle le plus grand centre de commerce d’esclaves de la côte africaine.

Intégrité

Le caractère insulaire de Gorée et un arsenal de textes juridiques contribuent à l’intégrité physique du site. L’océan atlantique constitue une zone tampon naturelle de près de 4 km.

Authenticité

Classée site historique par l’administration coloniale dès 1944 avec des mesures de sauvegarde spécifiques, Gorée n’a enregistré depuis aucune construction majeure susceptible de porter atteinte à l’authenticité du site qui est resté presque intact dans ces composantes les plus fortes. Mieux, les réhabilitations et restaurations ont été effectuées, pour l’essentiel, dans le respect des principes de la Convention.

Besoins en matière de protection et de gestion

L’île de Gorée a été classée site historique en 1944 avec des mesures de sauvegarde en 1951 (sous l’époque coloniale). Elle a par la suite été inscrite sur la liste du patrimoine national en 1975 (Arrêté N°012771 du 17 novembre 1975) et sur celle du patrimoine mondial en 1978.

Un Comité de sauvegarde a été créé par arrêté en 1979. Composé de toutes les parties prenantes, ce comité veille au respect de la Convention (conformité des ouvrages de réhabilitation, sécurité du bien, etc.). La nomination d’un gestionnaire du site a fait l’objet d’un arrêté qui est en cours d’adoption..

La réplique du « Mémorial de Gorée » sur le Castel est un exemple éloquent de ce qu’il ne faut pas faire pour la préservation de l’intégrité du site et d’un commun accord avec l’UNESCO, il a été convenu de procéder à la requalification de cet ouvrage.

Description longue
[Uniquement en anglais]

The Island of Gorée is a memorial to the African diaspora. It continues to serve as a reminder of human exploitation and as a sanctuary for reconciliation.

Gorée is a small (18 ha) land mass located off the coast of Senegal, opposite Dakar. From the 15th to the 19th centuries, it was the largest slave-trading centre on the African coast. An estimated 20 million Africans passed through the Island between the mid-1500s and the mid-1800s. Ruled in succession by the Portuguese, Dutch, English and French, its architecture is characterized by the contrast between the grim slave-quarters and the elegant houses of the slave traders.

The House of Slaves was built in 1776 by the Dutch, the last surviving slave house in Gorée; the earliest date back to 1536 and were built by Portuguese, the first Europeans to set foot on the Island in 1444. Cells, each 2.60 m by 2.60 m, were reserved for men and contained up to 15 to 20 people, seated with their backs against the wall, chained around the neck and arms. In the middle of the chain, there was a big iron ball which the slave had to carry between his two hands and two legs. They were released only once a day to satisfy their needs, generally within this house. The hygienic conditions were so revolting that the first pest epidemic which ravaged the island in 1779 originated here.

A small house contained between 150 and 200 slaves, who had to wait for very long periods - up to three months - before being carried away on board ship. Their departure to the Americas also depended on the buyers, and family separation was total. There were special cells where children were stored and in these the mortality rate was obviously the highest in the house.

The young girls were separated from the women because they were more expensive. All the houses situated on the edge of Gorée - even the actual presbytery - were former slave houses. Some slave traders had sexual relations with the young slave girls and when they got pregnant they were released in Gorée or in Saint-Louis. It was thus in the young girls' interest to give themselves to the slave traders in order to gain freedom. It was for these young girls the only way to salvation. The mixed-race girls in Gorée, commonly called 'Signare', a deformation of the Portuguese word senhoras, formed the aristocracy in Gorée, like the Creoles in the French West Indies.

There was a cell where they kept the temporarily unfit, because a man's value was based on his weight: the minimum weight for men was fixed at 60 kg. If they weighed less than this these men were placed in cells to be fattened with locally grown beans, very starchy, known in Senegal as niebe.

This sloping corridor is today known as the gate of 'the trip from which no one returned', because once the slaves left through this gate leading into the sea, it was their farewell to Africa. Just outside this gate, there was a wharf of palm wood, which served as a loading dock, and some of the slaves obviously awaited the loading to try to escape by plunging into the sea. They could not go far as they were either shot by the guards or devoured by the sharks, attracted because the sick and injured were thrown into the sea.

Leaning over the balcony on this staircase, the buyers and the European slave traders were able to observe the slaves and to discuss the muscular value of each, because each African ethnic group had its quoted value and specialization. The upper part of the building served as a residence for European traders.

The conservation of the Island of Gorée has as its objective the rehabilitation of the heritage and socio-economic revitalization. The preservation of the architectural heritage is linked to the protection of the natural environment (coastal areas) and the improvement of the infrastructure (water, sewers, refuse disposal, etc.).

Source : UNESCO/CLT/WHC