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Temple du Soleil à Konârak

Brève description

Au bord du golfe du Bengale, dans le prolongement des rayons du soleil levant, le temple de Konarak est une représentation monumentale du char du dieu-soleil Surya, aux vingt-quatre roues abondamment sculptées de motifs symboliques, et de son attelage de six chevaux. Construit au XIIIe siècle, c'est l'un des plus célèbres sanctuaires brahmaniques de l'Inde.

© OUR PLACE The World Heritage Collection

Description longue

Le temple de Konarak est un important témoignage du royaume d'Orissa (XIIIe siècle). Il se rattache directement et matériellement aux croyances brahmaniques, et documente de manière exceptionnelle l'histoire de la diffusion du culte du dieu solaire Surya, originaire du Cachemire où il naquit au VIIIe siècle, avant d'atteindre plus tard les rives de l'Inde orientale.

Le temple brahmanique de Kimarak (également appelé Konark ou Konarka), sur la côte orientale de l'Inde, au sud du delta du Mahanadi, est l'un des plus célèbres sanctuaires brahmaniques d'Asie. Konarak tire son nom de Konarka, la divinité principale du temple du Soleil. Le terme vient de la combinaison de deux mots, kona (le coin) et arka (le soleil), et signifie donc le « soleil du coin ». Konarak fut l'un des plus anciens centres du culte solaire en Inde. Construit vers 1250, sous le règne du roi Narasingha Deva (1238-1264), il marque l'apogée d'une série de fondations consacrées au dieu-soleil Surya ; tout le temple a été conçu comme le char du dieu Soleil, avec ses rayons et ses sculptures élaborées.

Le temple du Soleil actuel a probablement été construit par le roi Narashimhadev Ier (1238-1264), de la dynastie des Ganga, pour célébrer sa victoire sur les musulmans. Le temple fut abandonné au début du XVIIe siècle après avoir été déconsacré par décision de l'empereur moghol Jahangir. La légende veut que le temple ait été construit par Samba, le fils de Krishna : Samba aurait été soigné de la lèpre dont il avait souffert pendant douze ans par Surya, en l'honneur duquel il construisit le temple.

Le temple, construit en pierre, se détache sur l'horizon au bord d'une côte sableuse, notamment lorsque le soleil levant émerge des eaux du golfe du Bengale : il a en effet été soigneusement orienté de manière que les premiers rayons du soleil frappent directement son entrée principale. Son architecture évoque une représentation monumentale du char de Surya tiré par sept chevaux (dont six, encore conservés aujourd'hui, sont placés de part et d'autre de l'escalier menant au sanctuaire).

Sur les côtés nord et sud, 24 roues de près de 3 m de diamètre, magnifiquement sculptées de motifs symboliques se rapportant au cycle des saisons et des mois, complètent la structure illusionniste du temple-char. Entre les roues, la plinthe du temple est entièrement décorée de motifs en relief (lions fantastiques, musiciens et danseurs, groupes érotiques). Comme beaucoup de temples indiens, Konarak comporte plusieurs secteurs, soigneusement organisés en unités spatiales. Le vimana (sanctuaire principal) était surmonté par une haute tour dotée d'un shikhara qui a été rasé au XIXe siècle ; à l'est, le jahamogana (salle des audiences) domine aujourd'hui les ruines de sa masse pyramidale.

Plus à l'est, le natmandir (salle de danse), qui a perdu son toit, s'élève sur une haute plate-forme. Différentes annexes sont encore visibles dans l'enceinte qui est fermée par un mur de plan rectangulaire, jalonné de portes et de tours.

Les Purana, ainsi que d'autres textes religieux, indiquent l'existence d'un temple solaire à Konarak bien avant le temple actuel. Konarak était autrefois un port actif de la ville de Kalinga, et entretenait des relations commerciales maritimes avec les pays de l'Asie du Sud-Est.

Source : UNESCO/CLT/WHC