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Temple du Soleil à Konârak

Sun Temple, Konârak

On the shores of the Bay of Bengal, bathed in the rays of the rising sun, the temple at Konarak is a monumental representation of the sun god Surya's chariot; its 24 wheels are decorated with symbolic designs and it is led by a team of six horses. Built in the 13th century, it is one of India's most famous Brahman sanctuaries.

Temple du Soleil à Konârak

Au bord du golfe du Bengale, dans le prolongement des rayons du soleil levant, le temple de Konarak est une représentation monumentale du char du dieu-soleil Surya, aux vingt-quatre roues abondamment sculptées de motifs symboliques, et de son attelage de six chevaux. Construit au XIIIe siècle, c'est l'un des plus célèbres sanctuaires brahmaniques de l'Inde.

معبد الشمس في كوناراك

يشكّل معبد كوناراك الواقع على تخوم خليج البنغال في امتداد أشعة الشمس البازغة عرضاً تذكارياً لعربة إلهة الشمس ثريا بعجلاتها الأربعة والعشرين المنحوتة بوفرة بزخارف رمزية وبربطها ستة أحصنة. إنّ هذا المعبد الذي شُيّد في القرن الثالث عشر هو من أشهر المعابد البرهمانية في الهند.

source: UNESCO/ERI

科纳拉克太阳神庙

科纳拉克太阳神庙位于孟加拉湾沿岸,沐浴着冉冉升起的太阳。神庙依照太阳神苏利耶驾驶战车的样子建造。24个车轮饰有字符图案,6匹马拉着战车。这座神庙建于13世纪,是印度最著名的婆罗门庙宇之一。

source: UNESCO/ERI

Храм Солнца в Конараке

Освещаемый лучами восходящего солнца храм в Конараке на берегу Бенгальского залива – это монументальное воплощение колесницы бога Солнца – Сурьи, увлекаемой упряжкой из шести лошадей. Ее 24 колеса украшены символическими изображениями. Этот храм, воздвигнутый в XIII в., является одним из наиболее известных брахманских святилищ в Индии.

source: UNESCO/ERI

Templo del Sol en Konârak

Situado a orillas del golfo de Bengala y bañado por los rayos del sol naciente, el Templo del Sol es una representación monumental del carro del dios sol, Surya, con sus veinticuatro ruedas esculpidas con un sinfín motivos simbólicos y su tiro de seis caballos. Construido en el siglo XIII, este templo es uno de los más celebres santuarios brahmánicos de la India.

source: UNESCO/ERI

コナーラクの太陽神寺院

source: NFUAJ

Zonnetempel van Konârak

Langs de kustlijn van de Golf van Bengalen – badend in het licht van de rijzende zon – staat de tempel van Konârak. Het is een monumentale vertegenwoordiging van de triomfwagen van de zonnegod Surya. De 24 wielen van de wagen zijn versierd met symbolische ontwerpen en de kar wordt getrokken door zes paarden. Het is één van India’s meest beroemde brahmaanse heiligdommen en werd gebouwd in de 13e eeuw. Konârak is een bijzondere getuigenis van het 13e-eeuwse koninkrijk van Orissa. Het is direct en materieel verbonden aan het brahmaanse geloof en vormt een onschatbare link in de geschiedenis van de verspreiding van de Surya beweging.

Source : unesco.nl

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Temple du Soleil à Konârak © OUR PLACE
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Le Temple du Soleil de Konârak, situé sur la côte orientale du sous-continent indien, est l’un des exemples exceptionnels de l’architecture et de l’art des temples, comme en témoignent sa conception, sa taille et ses proportions, ainsi que la sublime force narrative de ses ornements sculptés. C’est un témoignage extraordinaire du royaume d’Orissa (XIIIe siècle) et un exemple monumental de personnification de la divinité qui documente de manière exceptionnelle l’histoire de la diffusion du culte de Surya,le dieu-soleil. En ce sens, il est directement et matériellement lié au brahmanisme et aux systèmes de croyance tantriques.

Le Temple du Soleil marque l’apogée de l’architecture de Kalingan : tous les éléments qui le définissent atteignent leur forme la plus aboutie et la plus parfaite. Chef-d’œuvre du génie créateur de par sa conception et sa réalisation, il est une présentation monumentale du char du dieu-soleil, doté de douze paires de roues et tiré par sept chevaux, qui évoque sa course à travers les cieux. Il est orné de descriptions iconographiques sophistiquées et raffinées de la vie et des activités de l’époque. Côté nord et côté sud se trouvent 24 roues sculptées d’environ 3 m de diamètre chacune, ainsi que des motifs symboliques illustrant le cycle des saisons et des mois qui complètent la structure du temple-char. Entre les roues, le soubassement du temple est entièrement décoré de sculptures en relief représentant des lions fantastiques, des musiciens, des danseurs et des scènes érotiques. Comme de nombreux temples indiens, le Temple du Soleil comprend plusieurs unités spatiales distinctes et bien organisées. Le vimana (sanctuaire principal) était surmonté d’une haute tour couronnée d’un shikhara (chaperon) qui a été rasée au XIXe siècle. À l’est, le jahamogana (salle d’audience) domine les ruines de sa masse pyramidale. Encore plus à l’est, le natmandir (salle de danse), aujourd’hui dépourvu de toit, s’élève sur une haute plate-forme. On trouve diverses structures secondaires à l’intérieur de l’enceinte rectangulaire, percée de portes et ponctuée de tours.

Par sa forme, le Temple du Soleil est un témoignage exceptionnel du royaume hindou d’Orissa (XIIIe siècle), sous le règne de Narasimha Deva Ier (1238-1264). Sa taille, son raffinement et sa conception illustrent la force et la stabilité de l’empire Ganga ainsi que les systèmes de valeur du contexte historique. Ses sculptures narratives extrêmement esthétiques et visuellement impressionnantes nous apportent aujourd’hui un éclairage inestimable sur la vie religieuse, politique, sociale et laïque des gens de l’époque.

Le Temple du Soleil est directement associé à l’idée et à la croyance en la personnification du dieu-soleil dont les Vedas et les textes classiques donnent une vague idée. Le Soleil est personnifié en tant qu’être divin possédant une histoire, des ancêtres, une famille, des femmes et une descendance. En tant que tel, il joue un rôle très important dans les mythes et légendes de la création. Il est en outre associé à toutes les légendes qui entourent sa création artistique – la plus évocatrice étant sa construction qui a pris plus de douze ans et a mobilisé 1 200 artisans – et aux récits concernant le profond dévouement de son maître bâtisseur, Bisu Moharana, rejoint plus tard par son fils (né pendant cette période). La situation et le nom de Konârak sont des témoignages importants de tous ces liens et sa réalisation architecturale est associée aux traditions vivantes du brahmanisme et des pratiques tantriques.

Critère (i) : Réalisation artistique unique, le temple a suscité les belles légendes qui, partout, s’attachent aux chef-œuvres absolus : sa construction a mobilisé 1 200 ouvriers pendant 12 ans. L’architecte, Bisu Moharana, ayant quitté son village natal pour se consacrer à son œuvre, un fils lui serait né en son absence. Ce fils se rendit à son tour sur le chantier et, après avoir construit la coupole du temple que son père n’arrivait pas à achever, s’immola en se jetant dans le vide.

Critère (iii) : Konârak est un témoignage exceptionnel du royaume d’Orissa (XIIIe siècle).

Critère (vi) : Directement et matériellement lié aux croyances des brahmanes, Konârak est un jalon inestimable dans l’histoire de la diffusion du culte de Surya qui, apparu au Cachemire au VIIIe siècle, a fini par atteindre les rivages de l’Inde orientale.

Intégrité

Les limites du bien englobent les caractéristiques attestant la valeur universelle exceptionnelle du Temple du Soleil de Konârak. À l’intérieur du territoire inscrit et protégé du bien, les structures et sculptures encore présentes, ainsi que les vestiges détachés conservés in-situ, témoignent des qualités intrinsèques de la forme architecturale, de la conception et des sculptures en relief. De plus, la zone protégée englobe tous les secteurs pouvant receler des vestiges archéologiques non explorés susceptibles de faire mieux comprendre la valeur universelle exceptionnelle du bien.

Les menaces identifiées et potentielles pour l’intégrité du bien sont notamment la pression du développement : modernisation et croissance urbaine empiétant sur l’environnement du monument ; la pression environnementale : déforestation due aux cyclones et aux activités humaines, brises de mer et vents de sable, mouvements de véhicules et poussée microbiologique ; la pression du tourisme : augmentation de 40 % du nombre de touristes ; les catastrophes naturelles : inondations et cyclones ; l’accroissement démographique local. L’extension des limites du site et de la zone tampon autour du bien par le rachat de terres a été recommandée pour une meilleure gestion du site. Des inquiétudes concernant l’intégrité structurale des éléments du site ont été exprimées dans le passé, notamment à propos de l’impact des moussons et de l’érosion des sols associée. De plus l’érosion par l’air marin des clameaux métalliques qui supportent la structure a causé quelques dommages dans le passé.

Authenticité

L’authenticité de la forme et de la conception du Temple du Soleil a été préservée grâce aux édifices conservés, à leur position au sein de l’ensemble, aux structures et au lien intégral entre la sculpture et l’architecture. Les diverses caractéristiques du Temple du Soleil, notamment ses structures, ses sculptures, ses ornements et ses représentations narratives ont été préservées dans leur forme et leur matériau d’origine. Le cadre et l’emplacement ont conservé leur forme d’origine, près des rivages du golfe du Bengale. En conservant toutes ces caractéristiques, le Temple du Soleil de Konârak évoque la force spirituelle et le sentiment puissant associés au monument, lesquels se manifeste aujourd’hui à travers les pratiques culturelles vivantes liées au bien, notamment la fête de Chandrabhanga.

Eléments requis en matière de protection et de gestion

Le Temple du Soleil de Konârak est protégé dans le cadre du National Framework of India en vertu de la loi de 1958 relative aux monuments anciens et aux sites et vestiges archéologiques (AMASR) et son Règlement de 1959. Les autres actes législatifs de protection applicables sont notamment la loi relative à la forêt, la loi relative au développement de Konârak et la loi locale relative aux monuments inscrits (notified Council Area Act). En vertu de la loi relative aux AMASR, une zone de 100 mètres et une autre de 200 mètres autour du bien ont été définies où toutes les activités de développement ou autres activités similaires susceptibles d’avoir des effets délétères sur la valeur universelle exceptionnelle du bien sont respectivement réglementées et interdites. Tous les programmes de conservation sont entrepris par l’Archaeological Survey of India par l’intermédiaire de ses représentants nationaux, régionaux et locaux. Il existe cinq plans liés à la gestion : sécurité, environnement, plan directeur, développement respectueux de l’environnement et tourisme. Des fonds du patrimoine mondial ont été reçus pour faire une étude sur la stabilité des structures.

Pour préserver durablement la valeur universelle exceptionnelle du bien, il faudra poursuivre la conservation des structures et des matériaux de l’édifice principal, le Jagamohana, et de ses sculptures ; développer l’intégration fonctionnelle des autorités locales et centrales ; prendre en compte le cadre paysager général dans la zone réglementée pour tout projet de développement ; lutter contre les menaces avérées liées à la pression du développement, de l’environnement et du tourisme, aux catastrophes naturelles et à la croissance démographique locale.

Description longue

Le temple de Konarak est un important témoignage du royaume d'Orissa (XIIIe siècle). Il se rattache directement et matériellement aux croyances brahmaniques, et documente de manière exceptionnelle l'histoire de la diffusion du culte du dieu solaire Surya, originaire du Cachemire où il naquit au VIIIe siècle, avant d'atteindre plus tard les rives de l'Inde orientale.

Le temple brahmanique de Kimarak (également appelé Konark ou Konarka), sur la côte orientale de l'Inde, au sud du delta du Mahanadi, est l'un des plus célèbres sanctuaires brahmaniques d'Asie. Konarak tire son nom de Konarka, la divinité principale du temple du Soleil. Le terme vient de la combinaison de deux mots, kona (le coin) et arka (le soleil), et signifie donc le « soleil du coin ». Konarak fut l'un des plus anciens centres du culte solaire en Inde. Construit vers 1250, sous le règne du roi Narasingha Deva (1238-1264), il marque l'apogée d'une série de fondations consacrées au dieu-soleil Surya ; tout le temple a été conçu comme le char du dieu Soleil, avec ses rayons et ses sculptures élaborées.

Le temple du Soleil actuel a probablement été construit par le roi Narashimhadev Ier (1238-1264), de la dynastie des Ganga, pour célébrer sa victoire sur les musulmans. Le temple fut abandonné au début du XVIIe siècle après avoir été déconsacré par décision de l'empereur moghol Jahangir. La légende veut que le temple ait été construit par Samba, le fils de Krishna : Samba aurait été soigné de la lèpre dont il avait souffert pendant douze ans par Surya, en l'honneur duquel il construisit le temple.

Le temple, construit en pierre, se détache sur l'horizon au bord d'une côte sableuse, notamment lorsque le soleil levant émerge des eaux du golfe du Bengale : il a en effet été soigneusement orienté de manière que les premiers rayons du soleil frappent directement son entrée principale. Son architecture évoque une représentation monumentale du char de Surya tiré par sept chevaux (dont six, encore conservés aujourd'hui, sont placés de part et d'autre de l'escalier menant au sanctuaire).

Sur les côtés nord et sud, 24 roues de près de 3 m de diamètre, magnifiquement sculptées de motifs symboliques se rapportant au cycle des saisons et des mois, complètent la structure illusionniste du temple-char. Entre les roues, la plinthe du temple est entièrement décorée de motifs en relief (lions fantastiques, musiciens et danseurs, groupes érotiques). Comme beaucoup de temples indiens, Konarak comporte plusieurs secteurs, soigneusement organisés en unités spatiales. Le vimana (sanctuaire principal) était surmonté par une haute tour dotée d'un shikhara qui a été rasé au XIXe siècle ; à l'est, le jahamogana (salle des audiences) domine aujourd'hui les ruines de sa masse pyramidale.

Plus à l'est, le natmandir (salle de danse), qui a perdu son toit, s'élève sur une haute plate-forme. Différentes annexes sont encore visibles dans l'enceinte qui est fermée par un mur de plan rectangulaire, jalonné de portes et de tours.

Les Purana, ainsi que d'autres textes religieux, indiquent l'existence d'un temple solaire à Konarak bien avant le temple actuel. Konarak était autrefois un port actif de la ville de Kalinga, et entretenait des relations commerciales maritimes avec les pays de l'Asie du Sud-Est.

Source : UNESCO/CLT/WHC