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Minaret et vestiges archéologiques de Djam

Minaret and Archaeological Remains of Jam

The 65m-tall Minaret of Jam is a graceful, soaring structure, dating back to the 12th century. Covered in elaborate brickwork with a blue tile inscription at the top, it is noteworthy for the quality of its architecture and decoration, which represent the culmination of an architectural and artistic tradition in this region. Its impact is heightened by its dramatic setting, a deep river valley between towering mountains in the heart of the Ghur province.

Minaret et vestiges archéologiques de Djam

Haut de 65m, le minaret de Djam est une construction gracieuse et élancée datant du XIIe siècle. Recouvert d’une décoration complexe en briques et portant une inscription de tuiles bleues au sommet, il est remarquable par la qualité de son architecture et de ses motifs décoratifs, qui représentent l’apogée d’une tradition artistique propre à cette région. Son impact est renforcé par un environnement spectaculaire : une vallée profonde qui s’ouvre entre d’imposantes montagnes au cœur de la province du Ghor.

مئذنة جام وبقاياها الاثرية

إن مئذنة جام بناء رشيق وممشوق؛ يبلغ ارتفاعها 65 متراً وتُرقى إلى القرن الثاني عشر. تغطيها زينة معقّدة التركيب من القرميد وتعلو قمتها كتابات بالقرميد الأزرق. تتميّز المئذنة بنوعية هندستها المعمارية ورسومها التزيينية التي تمثل قمّة التقاليد الفنية الخاصة بالمنطقة. ويزداد أثرها أهمية بفضل المحيط المذهل الذي تقع فيه، لأنها في وادٍِ عميق مفتوح بين جبال شاهقة وسط إقليم غور.

source: UNESCO/ERI

查姆回教寺院尖塔和考古遗址

65米高的查姆尖塔庄严肃穆,高耸入云,其历史可追溯到公元12世纪。塔外砌烧制精巧的砖石, 顶部饰有蓝色釉面的琉璃瓦铭刻建筑工艺高超,装饰精美,代表了该地区建筑和艺术的最高水平。尖塔地处古尔省(Ghur province)心脏位置,依山傍水,从狭窄河谷中拔地而起,其独特的地理环境又为之平添了几分魅力。

source: UNESCO/ERI

Минарет и археологические объекты в Джеме

65-метровый минарет Джема – грациозное и как бы парящее в воздухе сооружение, построенное в XII в. Имеющий тщательно отделанную кирпичную поверхность с надписями по голубой плитке на завершении, минарет примечателен качеством своей архитектуры и отделки, представляющих кульминацию архитектурно-художественной традиции этого региона. Впечатление от минарета усиливается благодаря его нахождению в выразительном окружении, в глубокой речной долине, обрамленной высокими горами в самом сердце провинции Гур.

source: UNESCO/ERI

Minarete y vestigios arqueológicos de Jam

Con sus 65 metros de altura, el minarete de Jam es una construcción esbelta y llena de gracia que data del siglo XII. Se distingue por la compleja decoración con ladrillo de sus paredes, rematada en la cúspide por una franja de cerámica azul con una inscripción. La calidad de su arquitectura y ornamentación es una muestra del apogeo de la tradición artística de la región. La belleza del sitio se ve realzada por su entorno espectacular: un profundo valle de imponentes laderas montañosas, situado en el centro de la provincia de Ghor.

source: UNESCO/ERI

ジャムのミナレットと考古遺跡群

source: NFUAJ

Minaret en archeologische overblijfselen van Jam

De 65-meter hoge Minaret van Jam dateert uit de 12e eeuw. De sierlijke, de-lucht-in-rijzende toren wordt bedekt door kunstig metselwerk en bovenin staat een inscriptie van blauwe tegels. De minaret is noemenswaardig vanwege de kwaliteit van zowel de architectuur van de toren als de erop aangebrachte decoraties. Hierdoor vormt de Minaret van Jam een hoogtepunt van architecturale en artistieke traditie in deze regio. De toren bevindt zich in een diepliggende riviervallei, omringd door de hoge bergen van de provincie Ghor. De toren lijkt hierdoor nog meer omhoog te rijzen en ook de geïsoleerde positie van de minaret wordt hierdoor benadrukt.

Source : unesco.nl

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Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

À une altitude de 1 900 m au-dessus du niveau de la mer et éloigné de toute ville importante, le Minaret de Djam se dresse dans une vallée escarpée, au point de confluence de la rivière Hari-rud et de la rivière Djam, à environ 215 km à l'est d'Herat. Haut de 65 mètres, il présente une base octogonale de 9 m de diamètre et ses quatre fûts cylindriques superposés qui s'effilent progressivement sont construits en briques cuites. Le Minaret est entièrement revêtu d'un décor géométrique en relief rehaussé d'une inscription coufique en tuile turquoise. Érigé en 1194 par le grand sultan ghoride Ghiyas-od-din (1153-1203), son emplacement marque probablement le site de l'ancienne ville de Firuzkoh, dont on pense qu'elle était la capitale d'été de la dynastie ghoride. Non loin de là subsiste un groupe de blocs de pierre portant des inscriptions en hébreu des XIe et XIIe siècles, provenant de la colline de Kushkak, et les vestiges de forteresses et de tours de l'agglomération ghoride, au bord de la rivière Hari, à l'est du monument.

Le Minaret de Djam est l'un des quelques monuments les mieux préservés qui témoigne de la créativité artistique et de la maîtrise exceptionnelles du génie structurel de l'époque. Son architecture et son ornementation sont remarquables non seulement du point de vue de l'histoire de l'art, à travers la fusion d'éléments de réalisations antérieures dans la région qui s'est opérée de façon extraordinaire, mais aussi de la forte influence exercée sur l'architecture de la région. Cette construction gracieuse et élancée est éminemment représentative de l'architecture et de l'ornementation de la période islamique en Asie centrale et a joué un rôle significatif dans leur diffusion jusqu'en Inde, comme l'illustre le Qutb Minar à Delhi, commencé en 1202 et achevé au début du XIVe siècle.

Critère (ii) : L'architecture et la décoration innovatrices du Minaret de Djam ont joué un rôle significatif dans le développement des arts et de l'architecture du sous-continent indien et au-delà.

Critère (iii) : Le minaret de Djam et ses vestiges archéologiques associés constituent un témoignage exceptionnel de la puissance et de la qualité de la civilisation ghoride qui domina cette région aux XIIe et XIIIe siècles.

Critère (iv) : Le minaret de Djam est un exemple exceptionnel de l'architecture et de l'ornementation islamiques dans la région et joua un rôle pour leur diffusion.

Intégrité

Depuis la construction du minaret il y a environ huit cents ans, il n'y a pas eu de reconstruction ni de gros travaux de restauration sur le site. Les vestiges archéologiques ont été visités et documentés en 1957 lors de leur première découverte par les archéologues. Les visites de contrôle et les études ultérieures ont uniquement donné lieu à de simples mesures de précaution afin de stabiliser la base de l'édifice. Ainsi, les attributs qui montrent la valeur universelle exceptionnelle du site, en particulier du Minaret, des autres formes architecturales et de leur place dans le paysage, restent intacts à l'intérieur des limites du bien et au-delà.

Authenticité

L'authenticité de l'ensemble du Minaret de Djam et des vestiges alentour n'a jamais été remise en cause. Le Minaret a toujours été reconnu par les experts comme un véritable chef-d'œuvre architectural et ornemental et comme un chef-d'œuvre artistique par les esthètes. Ses inscriptions coufiques monumentales attestent des origines lointaines et non moins glorieuses de ses constructeurs tout en évoquant sa date de construction lointaine (1194). Il n'y a jamais eu de reconstruction ni de gros travaux de restauration effectués sur le site.

Eléments requis en matière de protection et de gestion

Le cadre juridique et institutionnel nécessaire à la bonne gestion du Minaret et des vestiges archéologiques (70 ha avec une zone tampon de 600 ha) est réglementé par le Service des Monuments historiques au nom du Ministère de l'Information et de la Culture de la République islamique d'Afghanistan. La loi spécifique en vertu de laquelle le monument et son paysage sont protégés est la loi sur la protection des biens culturels et historiques (Ministère de la Justice, 21 mai 2004) qui est en vigueur et constitue la base des ressources techniques et financières.

Le bien sera retiré de la Liste du patrimoine mondial en péril quand son état de conservation souhaité sera obtenu conformément à la décision 31 COM 7A.20. Cela exige le développement accru des capacités du personnel du Ministère afghan de la Culture et de l'Information chargé de la préservation du bien ; l'identification précise du bien du patrimoine mondial dont les limites et les zones tampons doivent être clairement définies ; l'assurance de la stabilité et de la conservation à long terme du Minaret ; l'assurance de la sécurité du site ; et enfin la mise au point et l'application d'un système de gestion global assorti d'une politique de conservation à long terme.

Des propositions en faveur de la protection du Minaret et de ses environs font actuellement l'objet d'une discussion scientifique. Il s'agirait de surveiller l'érosion des berges qui jouxtent le Minaret, surveiller toute évolution dans le degré d'inclinaison du monument, ainsi que toute autre dégradation du tissu historique en général, et atténuer les préjudices observés en appliquant les programmes de stabilisation et les mesures de conservation qui conviennent le cas échéant. Des mesures de protection et de surveillance du site archéologique élargi sont à l'étude et un programme de recherche et de sensibilisation de l'opinion publique a été approuvé et sera probablement mis en application à long terme.

Description longue

L'architecture et le décor de ce minaret sont remarquables du point de vue de l'histoire de l'art. Ils représentent la fusion de tendances artistiques attestées auparavant dans la région sous la forme d'un tout exceptionnellement homogène, qui était ainsi appelé à exercer une influence importante sur l'architecture de cette zone. Ce remarquable exemple d'architecture et de décor islamiques joua un rôle important dans leur diffusion. déjà dit supra

À une altitude de 1 900 m au-dessus du niveau de la mer, et éloigné de toute ville importante, le minaret s'élève dans une vallée accidentée au cœur de la province du Ghor. C'est un édifice gracieux, élancé, remontant au XIIe  siècle, dont on pense qu'il a été construit pour commémorer une importante victoire des sultans de la dynastie ghoride. Une inscription permet de le dater, plus précisément, de 1194. Djam était probablement la résidence d'été des empereurs ghorides ; c'est sans doute le site de l'ancienne ville de Firuzkuh, capitale de leur dynastie.

Le minaret est l'un des monuments les mieux conservés. Il témoigne de la créativité artistique et de la maîtrise des questions techniques exceptionnelle atteinte au cours de cette période. Construit sur la rive sud de la Hari, à l'intersection de deux vallées encaissées, il présente une base octogonale dont le diamètre est de 9 m ; haut de 65 m, il est formé de quatre fûts cylindriques qui s'effilent progressivement. L'extérieur est entièrement revêtu d'un décor géométrique en relief appliqué directement sur l'appareil de briques cuites liées au mortier de chaux. Le premier cylindre est le plus décoré : il se divise en huit panneaux verticaux, correspondant aux huit côtés de la base. Chacun d'entre eux présente un étroit bandeau inscrit formant une ligne continue.

Un groupe de blocs de pierre portant des inscriptions en hébreu, provenant de la colline de Kushkak, entre le minaret et le village de Djam, appartenait probablement à un cimetière juif installé dans cette zone ; on les date des XIe -XIIe siècles. Les restes de forteresses et de tours de l'agglomération ghoride se trouvent sur la rive opposée de la Hari, au nord du minaret, au sommet de la colline. Les vestiges de fortifications conservés à l'est du minaret invitent à penser que celui-ci n'était pas entouré par un centre habité, mais par un camp militaire.

Depuis sa construction, le minaret n'a fait l'objet d'aucune reconstruction ou restauration importante, à l'exception de la consolidation réalisée autour de sa base. Les vestiges archéologiques ont été visités et documentés au cours du XXe  siècle, mais les seules fouilles effectuées à ce jour ont été des fouilles clandestines, réalisées sans aucun contrôle.

 

Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique

Le minaret de Jam marque probablement le site de l’ancienne ville de Firuzkoh, la capitale de la dynastie ghoride qui régna sur l’Afghanistan et certaines régions de l’Inde du Nord, de Chaghcharan au golfe Persique, aux XIIe et XIIIe siècles. Une inscription donne la date de construction de 1194, une autre indique le nom d’un puissant empereur ghoride, le Sultan Ghiyas ud-Din (1157-1202). Il est probable que le minaret a été édifié pour commémorer sa victoire à Delhi en 1192 sur l’empire Ghaznavide, d’où le nom parfois utilisé de tour de la Victoire.

Le site de Jam est considéré comme ayant été celui de la résidence d’été des empereurs ghorides. Il semble que la mosquée à laquelle était rattaché le minaret était de taille modeste, hors de proportion avec les dimensions du minaret, contrairement aux règles de base de l’architecture islamique. Après le décès de Ghiyas ud-Din, son frère Muiz ud-Din lui succéda. L’empire ghouride fut l’objet d’intenses pressions de la part de ses voisins, les Kharizm, au sud de la mer d’Aral, et abandonna progressivement des territoires. La dynastie ne survécue qu’au prix d’une retraite dans les territoires montagneux de Bamiyan, jusqu’à la capture et la mise à mort de son dernier roi régnant en 1215. La ville de Firuzkoh fut détruite par le Mongol Ogödei en 1222.

Source : évaluation des Organisations consultatives