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Fasil Ghebi

Fasil Ghebbi, Gondar Region

In the 16th and 17th centuries, the fortress-city of Fasil Ghebbi was the residence of the Ethiopian emperor Fasilides and his successors. Surrounded by a 900-m-long wall, the city contains palaces, churches, monasteries and unique public and private buildings marked by Hindu and Arab influences, subsequently transformed by the Baroque style brought to Gondar by the Jesuit missionaries.

Fasil Ghebi

Résidence de l'empereur éthiopien Fasilidès et de ses successeurs aux XVIe et XVIIe siècles, la ville fortifiée de Fasil Ghebbi regroupe à l'intérieur d'une enceinte de 900 m palais, églises, monastères, bâtiments publics et privés d'un style très particulier, marqué d'influences indiennes et arabes, et métamorphosé par l'esthétique baroque transmise au Gondar par les missionnaires jésuites.

فاسيل غيبي

مدينة فاسيل غيبي المحصّنة هي مقرّ الإمبراطور الإثيوبي فاسيليديس وخلفائه في القرنين السادس والسابع عشر وهي تضمّ في حرمٍ من 900 متر القصر والكنائس والأديرة والمباني العامة والخاصة فريدة الطراز التي تحمل بصمات هندية وعربيّة التي تحولت، على يد الإرسالات اليسوعية، في غوندار، إلى فن من روائع الفنون النادرة.

source: UNESCO/ERI

贡德尔地区的法西尔盖比城堡及古建筑

法西尔盖比要塞在16世纪和17世纪曾是埃塞俄比亚皇帝法西利达斯(Fasilides)及其继任者们的住所。该城由900米长的城墙环绕,城内有宫殿、教堂、修道院和独特的公共和私人建筑,明显地反映了印度和阿拉伯风格的影响。后来,耶稣会传教士又把巴洛克风格带到了贡德尔,改变了它原有的风貌。

source: UNESCO/ERI

Крепость Фасил-Гебби, район города Гондэр

В XVI-XVII вв. город-крепость Фасил-Гебби был резиденцией императора Эфиопии Фасилидаса и его преемников. В городе, окруженном 900-метровой стеной, находятся дворцы, церкви, монастыри и уникальные общественные и частные здания, отмеченные индийским и арабским влиянием. Позднее здания были измененны в стиле барокко, привнесенным в Гондэр миссионерами-иезуитами.

source: UNESCO/ERI

Fasil Ghebi - Región de Gondar

La ciudad fortificada de Fasil Ghebi fue la residencia del emperador etíope Fasilides y de sus sucesores en los siglos XVI y XVII. Un recinto amurallado de 900 metros de perímetro alberga palacios, iglesias, monasterios y edificios públicos y privados de estilo muy peculiar, marcado por influencias árabes e indias y metamorfoseado por la estética barroca introducida en la región de Gondar por los misioneros jesuitas.

source: UNESCO/ERI

ファジル・ゲビ、ゴンダール地域

source: NFUAJ

Fasil Ghebbi, Gondar regio

In de 16e en 17e eeuw was de vestingstad Fasil Ghebbi de residentie van de Ethiopische keizer Fasilidas en zijn opvolgers. De stad is omringd door een 900 meter lange muur en bevat paleizen, kerken, kloosters en unieke openbare en particuliere gebouwen, gekenmerkt door hindoeïstische en Arabische invloeden. Deze invloeden zijn vervolgens getransformeerd door de barokstijl die naar Gondar gebracht werd door Jezuïeten. Het belangrijkste kasteel in de stad werd van 1630 tot 1640 gebouwd in opdracht van Fasilidas. Met zijn enorme torens en dreigende kantelenmuren lijkt het op een stukje middeleeuws Europa dat naar Ethiopië verplaatst is.

Source : unesco.nl

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Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Fasil Ghebbi est située dans l’État régional national d’Amhara, dans la zone administrative du Nord Gondar de la République fédérale démocratique d’Éthiopie. Ce bien en série est constitué de huit éléments. À l’intérieur de l’ensemble palatial de Fasil Ghebbi se trouvent le château de l’empereur Fasilidès, le château de l’empereur Iyasu, la bibliothèque et la chancellerie de Tzadich Yohannes, le château de l’empereur David, le palais de Mentuab et la salle des banquets de l’empereur Bekaffa. Les sept autres parties du bien se trouvent dans la ville de Gondar et aux alentours : le Debre Berhan Selassié (monastère et église) ; les bains de Fasilidès ; le Kiddush Yohannes ; Qusquam (monastère et église) ; les thermes ; le Sosinios (également connu sous le nom de Maryam Ghemb) ; le monastère de Gorgora (monastère et église) et le palais de Guzara.

Entre le XIIIe et le XVIIe siècle, les dirigeants éthiopiens ont fréquemment changé l’emplacement de leur camp royal. Le roi Fasil (Fasilidès) s’établit à Gondar et en fit une capitale permanente en 1636. Avant son déclin à la fin du XVIIIe siècle, la cour royale s’était développée à partir d’un camp et était venue s’installer dans une enceinte fortifiée nommée Fasil Ghebbi – constituée de six corps de bâtiments principaux et de constructions annexes – entourée d’une muraille de 900 m percée de douze portes et dotée de trois ponts.

La ville-forteresse fonctionna comme centre du gouvernement éthiopien jusqu’en 1864. Elle abrite une vingtaine de palais, des bâtiments royaux, des églises richement décorées, des monastères et des bâtiments publics et privés uniques, transformés par le style baroque introduit à Gondar par les missionnaires jésuites. Le château principal possède d’énormes tours et des murailles crénelées et menaçantes qui le font ressembler à un château médiéval européen transposé en Éthiopie. Au-delà des limites de la ville, vers le nord-ouest, au bord de la rivière Qaha, on trouve un complexe balnéaire de deux étages associé à l’empereur Fasilidès. L’édifice est une structure crénelée à deux étages qui occupe l’extrémité d’une pièce d’eau rectangulaire alimentée par un canal qui la relie à la rivière voisine. Le pavillon balnéaire proprement dit se trouve sur une jetée reposant sur des arches, et comporte différentes salles accessibles par un pont de pierre dont une partie pouvait être relevée en cas de danger. Les dirigeants suivants, notamment Iyasu le Grand, continuèrent à bâtir, en améliorant les techniques et le style architectural et s’étendirent vers les collines au nord-ouest du centre-ville, dans la région dite de Qusquam.

Fasil Ghebbi et les autres vestiges de la ville de Gondar témoignent d’une remarquable interface entre cultures intérieures et extérieures, avec des éléments associés à l’Église orthodoxe éthiopienne, aux juifs éthiopiens et aux musulmans. Cette relation s’exprime non seulement par l’architecture des sites mais aussi par l’artisanat, la peinture, la littérature et la musique qui ont été florissants aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Après son déclin au XIXe siècle, la ville de Gondar a continué à constituer un important centre de commerce et de transport pour le nord-ouest de l’Éthiopie. Certains des monuments ont conservé leurs fonctions spirituelles initiales et le paysage environnant revêt une importance culturelle significative pour les habitants de l’endroit.

Critère (ii) : Les caractéristiques du style de « la période de Gondar » sont apparues dès le début du XVIIe siècle dans la capitale, Gondar, et ont notablement marqué le développement de l’architecture éthiopienne pendant plus de 200 ans.

Critère (iii) : Fasil Ghebbi, Qusquam et les autres sites apportent un témoignage exceptionnel sur la période moderne de la civilisation éthiopienne dans la région des hauts plateaux au nord du lac Tana, du XVIe au XVIIIe siècle.

Intégrité

Il reste à établir les cartes de tous les éléments de ce bien en série, ainsi qu’à délimiter le bien et ses zones tampons. Toutefois, plusieurs des sites qui le composent, dont Fasil Ghebbi, sont fortifiés et ces murailles constituent des limites naturelles. Ces sites à l’intérieur d’une enceinte conservent tous les attributs importants justifiant la valeur universelle exceptionnelle du bien.

Bien que l’état de délabrement soit assez général, en raison de facteurs naturels et culturels, dont un manque d’entretien et des interventions passées inappropriées, les éléments du bien conservent les conditions nécessaires d’intégrité.

Un programme soutenu de conservation et d’entretien est encore nécessaire pour améliorer l’état général de l’ensemble du bien et empêcher une plus forte érosion de son intégrité. De plus, il reste à mettre en œuvre des moyens permettant de traiter les difficultés actuelles pour trouver un équilibre entre la préservation de la valeur historique du bien et la nécessité d’améliorer les fonctions liturgiques traditionnelles. Il convient également de définir et d’appliquer des mesures réglementaires de gestion des zones tampons pour préserver le cadre des différents éléments constitutifs du bien.

Authenticité

La plupart des monuments ont conservé leur authenticité et sont restés en assez bon état de conservation. Cependant, des interventions de conservation inappropriées, menées entre 1930 et 1936 avec l’utilisation de ciment et de béton armé, ont causé des dommages aux matériaux d’origine et ont eu un impact sur l’authenticité des éléments concernés. Cette tendance s’est partiellement inversée avec les travaux de restauration menés par l’UNESCO dans les années 70, avec le remplacement du ciment et du béton armé par des mélanges de mortier de chaux, comme à l’origine, ainsi que par d’importants programmes de conservation ultérieurs, depuis 1990. Actuellement, les activités de conservation dans le périmètre du bien tentent d’inverser les précédents impacts de façon à maintenir l’authenticité du bien et à se concentrer sur l’utilisation des techniques et matériaux d’origine. Pour empêcher de nouveaux impacts sur l’authenticité des éléments constitutifs du bien, il conviendra de définir et de mettre en œuvre des directives et des interventions pour les monuments historiques, dans le cadre d’un plan d’action soutenu de conservation et d’entretien.

Eléments requis en matière de protection et de gestion

La loi éthiopienne de 1958 (EC) sur « L’administration des antiquités » assure le contexte juridique national pour la protection et la préservation du patrimoine culturel éthiopien. Il n’existe pas de cadre juridique particulier pour protéger Fasil Ghebbi et les autres éléments du bien, à part la législation générale, c’est-à-dire la Proclamation n° 209/2000, proclamation révisée sur « La recherche et la conservation du patrimoine culturel », qui établit aussi l’ARCCH (Authority for Research and Conservation of Cultural Heritage) comme l’institution responsable à cet égard.

L’ARCCH et les Bureaux régional et local pour la Culture, le Tourisme et l’Information sont chargés de la gestion du bien. Les monuments servant aux services religieux sont placés sous la responsabilité directe de l’Église orthodoxe éthiopienne. En conséquence, la gestion relève des trois niveaux : le bien, la région et l’administration centrale, quoique la gestion quotidienne relève du bien au niveau local. L’État régional national d’Amhara est chargé du budget ordinaire concernant les salaires et les dépenses ordinaires. L’ARCCH est responsable du budget d’investissement concernant les travaux d’aménagement tels que ceux de restauration et de préservation. Des sources complémentaires de revenus sont assurées par les droits d’entrée des touristes, qui sont versés au Trésor public et à l’Église orthodoxe éthiopienne.

Malgré ces dispositions, il faudrait disposer d’une structure décisionnelle plus efficace, avec des rôles et des responsabilités clairement définis au niveau national, régional et local. Il faudrait établir des mécanismes pour favoriser l’engagement des parties prenantes dans la définition et la mise en œuvre d’actions concernant la gestion, la conservation, la protection et l’utilisation des éléments constitutifs du bien. La structure révisée doit être totalement soutenue par des dispositions juridiques afin de garantir des ressources financières et humaines adaptées pour son fonctionnement efficace et durable, en prévoyant également des projets de coopération multilatérale et bilatérale.

Le système de gestion doit être clairement présenté dans un plan de gestion adapté pour ce bien en série, avec une définition des politiques générales visant à un développement durable intégré et à un usage adapté du bien. Ce plan de gestion doit être articulé avec d’autres outils de planification – comme le plan directeur de Gondar – pour garantir la conservation des attributs incarnant la valeur universelle exceptionnelle du bien. Il faudra également mettre en œuvre durablement des plans annuels pour traiter les besoins actuels en matière d’inventaire, de recherche archéologique, de conservation, de restauration et d’interprétation.

Description longue

Le site classé sur la Liste du patrimoine mondial est un important témoignage de la civilisation éthiopienne moderne sur le plateau nord de Tana. Le style caractéristique de la période de Gondar, qui était appelé à marquer durablement l'architecture éthiopienne, est apparu au XVIIe siècle dans cette capitale.

Flanqué de deux torrents de montagne, à une altitude de plus de 2 300 m, Gondar a été fondé par l'empereur Fasilidès qui, lassé des migrations auxquelles son peuple devait se livrer depuis la plus haute antiquité, y installa sa capitale en 1636, rôle qu'elle conserva jusqu'en 1864. La ville est célèbre pour ses nombreux châteaux médiévaux et pour le plan et le décor de ses églises. Nul ne sait exactement pourquoi Fasilidès choisit ce site. Selon certaines légendes, un archange lui annonça que la capitale de l'Éthiopie serait édifiée sur un lieu commençant par la lettre G. Cette légende suscita une série de villes aux XVIe et XVIIe siècles : Guzara, Gorgora, et enfin Gondar. D'autres assurent que la ville fut construite à un endroit choisi par Dieu qui le désigna à Fasilidès, lors d'une partie de chasse, en le lançant à la poursuite d'un buffle.

Le château principal, qui se trouve aujourd'hui sur une terrasse herbeuse entourée par la forteresse plus récente, a été construit autour de 1640, à l'initiative de Fasilidès. Avec ses hautes tours et ses remparts, il ressemble à un monument de l'Europe médiévale transposé en Éthiopie. En plus de ce château, Fasilidès aurait fait construire de nombreux autres bâtiments, dont le plus ancien est peut-être l'Enqulal Gemb, ou château de l'Œuf, qui tire son nom de la forme de sa coupole.

Au nord-ouest de la Qaha, au-delà des confins de la ville, se trouve une autre construction parfois associée à Fasilidès, un complexe balnéaire. L'édifice est une structure fortifiée à deux étages qui occupe l'extrémité d'une pièce d'eau rectangulaire alimentée par un canal qui la relie à la rivière voisine. Le pavillon balnéaire proprement dit se trouve sur une jetée reposant sur des arches, et comporte différentes salles accessibles par un pont de pierre dont une partie pouvait être relevée en cas de danger. L'empereur, qui s'intéressait de près à l'architecture, fit également construire sept églises, et de nombreux ponts.

Le petits-fils de Fasilidès, Iyasu le Grand, fut particulièrement actif sur ce site. Son château était alors considéré comme plus somptueux que le palais de Salomon. Ses murs étaient décorés d'ivoire, de miroirs et de peintures figurant des palmiers, tandis que son plafond était doré à la feuille, et rehaussé de pierres précieuses. La réalisation la plus pérenne d'Iyasu fut l'église de Debra Berhan Selassié (la Lumière de la Trinité), qui est entourée par un haut mur sur un terrain surélevé au nord-ouest de la ville, et demeure en fonction de nos jours. Cette structure simple, en chaume, rectangulaire à l'extérieur, est merveilleusement décorée de scènes religieuses à l'intérieur. Le mur nord est dominé par une peinture de la Trinité au-dessus de la Crucifixion ; le thème du mur sud est la Vierge Marie, celui du mur est la vie de Jésus. Le mur ouest représente des saints importants, avec saint Georges figuré en rouge et or, sur un fringant cheval blanc.

Peu de temps après avoir terminé ce chantier remarquablement impressionnant, Iyasu sombra dans une dépression profonde lors de la mort de sa concubine favorite. Il abandonna les affaires de l'État et son fils, Tekla Haimanot, s'autoproclama empereur et tua son père, avant d'être lui-même assassiné ; son successeur fut également forcé d'abdiquer, et le souverain suivant mourut empoisonné. Cette série noire prit fin avec l'empereur Bakaffa, qui nous a laissé deux beaux châteaux : l'un lui est directement attribué, tandis que l'autre serait dû à son épouse, l'impératrice Mentewab.

Le successeur de Bakaffa, Iyasu II, est considéré par la plupart des historiens comme le dernier des empereurs de Gondar à avoir exercé pleinement le pouvoir. Au cours de son règne, il entreprit la construction de toute une série de nouveaux édifices à l'extérieur du principal complexe palatial. Ce monarque développa aussi un nouveau secteur de la ville, sur les collines situées au nord-ouest, dans la zone connue sous le nom de Kweskwam (la maison de la Vierge Marie).

Source : UNESCO/CLT/WHC