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Fasil Ghebi

Brève description

Résidence de l'empereur éthiopien Fasilidès et de ses successeurs aux XVIe et XVIIe siècles, la ville fortifiée de Fasil Ghebbi regroupe à l'intérieur d'une enceinte de 900 m palais, églises, monastères, bâtiments publics et privés d'un style très particulier, marqué d'influences indiennes et arabes, et métamorphosé par l'esthétique baroque transmise au Gondar par les missionnaires jésuites.

© UNESCO

Description longue

Le site classé sur la Liste du patrimoine mondial est un important témoignage de la civilisation éthiopienne moderne sur le plateau nord de Tana. Le style caractéristique de la période de Gondar, qui était appelé à marquer durablement l'architecture éthiopienne, est apparu au XVIIe siècle dans cette capitale.

Flanqué de deux torrents de montagne, à une altitude de plus de 2 300 m, Gondar a été fondé par l'empereur Fasilidès qui, lassé des migrations auxquelles son peuple devait se livrer depuis la plus haute antiquité, y installa sa capitale en 1636, rôle qu'elle conserva jusqu'en 1864. La ville est célèbre pour ses nombreux châteaux médiévaux et pour le plan et le décor de ses églises. Nul ne sait exactement pourquoi Fasilidès choisit ce site. Selon certaines légendes, un archange lui annonça que la capitale de l'Éthiopie serait édifiée sur un lieu commençant par la lettre G. Cette légende suscita une série de villes aux XVIe et XVIIe siècles : Guzara, Gorgora, et enfin Gondar. D'autres assurent que la ville fut construite à un endroit choisi par Dieu qui le désigna à Fasilidès, lors d'une partie de chasse, en le lançant à la poursuite d'un buffle.

Le château principal, qui se trouve aujourd'hui sur une terrasse herbeuse entourée par la forteresse plus récente, a été construit autour de 1640, à l'initiative de Fasilidès. Avec ses hautes tours et ses remparts, il ressemble à un monument de l'Europe médiévale transposé en Éthiopie. En plus de ce château, Fasilidès aurait fait construire de nombreux autres bâtiments, dont le plus ancien est peut-être l'Enqulal Gemb, ou château de l'Œuf, qui tire son nom de la forme de sa coupole.

Au nord-ouest de la Qaha, au-delà des confins de la ville, se trouve une autre construction parfois associée à Fasilidès, un complexe balnéaire. L'édifice est une structure fortifiée à deux étages qui occupe l'extrémité d'une pièce d'eau rectangulaire alimentée par un canal qui la relie à la rivière voisine. Le pavillon balnéaire proprement dit se trouve sur une jetée reposant sur des arches, et comporte différentes salles accessibles par un pont de pierre dont une partie pouvait être relevée en cas de danger. L'empereur, qui s'intéressait de près à l'architecture, fit également construire sept églises, et de nombreux ponts.

Le petits-fils de Fasilidès, Iyasu le Grand, fut particulièrement actif sur ce site. Son château était alors considéré comme plus somptueux que le palais de Salomon. Ses murs étaient décorés d'ivoire, de miroirs et de peintures figurant des palmiers, tandis que son plafond était doré à la feuille, et rehaussé de pierres précieuses. La réalisation la plus pérenne d'Iyasu fut l'église de Debra Berhan Selassié (la Lumière de la Trinité), qui est entourée par un haut mur sur un terrain surélevé au nord-ouest de la ville, et demeure en fonction de nos jours. Cette structure simple, en chaume, rectangulaire à l'extérieur, est merveilleusement décorée de scènes religieuses à l'intérieur. Le mur nord est dominé par une peinture de la Trinité au-dessus de la Crucifixion ; le thème du mur sud est la Vierge Marie, celui du mur est la vie de Jésus. Le mur ouest représente des saints importants, avec saint Georges figuré en rouge et or, sur un fringant cheval blanc.

Peu de temps après avoir terminé ce chantier remarquablement impressionnant, Iyasu sombra dans une dépression profonde lors de la mort de sa concubine favorite. Il abandonna les affaires de l'État et son fils, Tekla Haimanot, s'autoproclama empereur et tua son père, avant d'être lui-même assassiné ; son successeur fut également forcé d'abdiquer, et le souverain suivant mourut empoisonné. Cette série noire prit fin avec l'empereur Bakaffa, qui nous a laissé deux beaux châteaux : l'un lui est directement attribué, tandis que l'autre serait dû à son épouse, l'impératrice Mentewab.

Le successeur de Bakaffa, Iyasu II, est considéré par la plupart des historiens comme le dernier des empereurs de Gondar à avoir exercé pleinement le pouvoir. Au cours de son règne, il entreprit la construction de toute une série de nouveaux édifices à l'extérieur du principal complexe palatial. Ce monarque développa aussi un nouveau secteur de la ville, sur les collines situées au nord-ouest, dans la zone connue sous le nom de Kweskwam (la maison de la Vierge Marie).

Source : UNESCO/CLT/WHC