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La ville de pierre de Zanzibar

Stone Town of Zanzibar

The Stone Town of Zanzibar is a fine example of the Swahili coastal trading towns of East Africa. It retains its urban fabric and townscape virtually intact and contains many fine buildings that reflect its particular culture, which has brought together and homogenized disparate elements of the cultures of Africa, the Arab region, India, and Europe over more than a millennium.

La ville de pierre de Zanzibar

La Ville de pierre de Zanzibar est un magnifique exemple des villes marchandes côtières swahilies d'Afrique de l'Est. Elle a conservé un tissu et un paysage urbains quasiment intacts, et beaucoup de bâtiments superbes qui reflètent sa culture particulière, fusion d'éléments disparates des cultures africaines, arabes, indiennes et européennes sur plus d'un millénaire.

مدينة زنجبار الحجرية

تشكل مدينة زنجبار الحجرية نموذجاً رائعاً من المدن التجارية الساحلية السواحيلية في افريقيا الشرقية. وقد حافظت على نسيج ومنظر مدني لا يزالان على حالهما وعلى أبنية رائعة تروي ثقافتها المميزة القائمة على مزيج عناصر متفاوتة من الثقافة الافريقية والعربية والهندية والأوروبية امتد على أكثر من ألف سنة.

source: UNESCO/ERI

桑给巴尔石头城

在东非斯瓦希里沿岸的贸易城镇中,桑给巴尔石头镇是一个典型代表。它的城市结构和景观至今未变,包括许多反映它独特文化的精美建筑。这些建筑已有了上千年的历史,它们被建造在一起,从而使非洲、阿拉伯、印度、欧洲这些风格迥异的文化因素融为一体。

source: UNESCO/ERI

«Каменный город» в Занзибаре

«Каменный город» в Занзибаре – это прекрасный пример прибрежного торгового города народа суахили в Восточной Африке. Он сохранил свою городскую застройку и облик в почти нетронутом виде и имеет много прекрасных зданий, отражающих особенности этой цивилизации, которая в течение более чем тысячелетия вбирала в себя и объединяла элементы культур Африки, Арабского региона, Индии и Европы.

source: UNESCO/ERI

Ciudad de piedra de Zanzíbar

La ciudad de piedra de Zanzíbar es un magnífico ejemplo de las ciudades comerciales swahilíes del litoral del África Oriental. Ha conservado su tejido y paisaje urbanos prácticamente intactos, así como muchos edificios soberbios que ponen de manifiesto la peculiar cultura de la región, en la que se han fundido y homogeneizado a lo largo de más de un milenio elementos muy diversos de las civilizaciones de África, Arabia, la India y Europa.

source: UNESCO/ERI

ザンジバル島のストーン・タウン
ザンジバルのストーン・タウンは東アフリカのスワヒリ族の海岸交易都市の様子をよく表している。都市構造や都市の景観は実際、人に荒らされておらず、その独特な文化を反映しており、1,000年以上に及ぶアフリカ、アラビア、インド、そしてヨーロッパの文化の異なる要素がまじわり、調和している。

source: NFUAJ

Stenen stad Zanzibar

De Stenen stad Zanzibar is een mooi voorbeeld van een Swahili-handelsstad. De heersende islamitische dynastie en aanwezige buitenlandse kooplieden werden erg welvarend en verrijkten de stenen stad met paleizen en fraaie herenhuizen. Deze hadden een verscheidenheid van stijlen en tradities, maar werden samengevoegd en gehomogeniseerd tot de karakteristieke Swahili-architectuur. In de 19e eeuw werd deze Swahili-traditie overweldigd door nieuwe stijlen, onder andere de Minaret Moskee dateert uit deze periode. Zanzibar is van grote symbolische betekenis voor de bestrijding van de slavernij. Het was een van de belangrijkste slavenhandelhavens in Oost-Afrika, maar ook de basis van waaruit tegenstanders, zoals David Livingstone, hun campagne voerden.

Source : unesco.nl

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Ville de pierre de Zanzibar - Ancien dispensaire Ishnashri © UNESCO
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Située sur un promontoire qui se détache de la côte occidentale de l’île d’Unguja dans l’océan Indien, la ville de pierre de Zanzibar est un remarquable exemple de ville commerçante swahilie. Ce type de ville, qui s’est développé sur le littoral oriental africain, a pris de l’ampleur sous les influences arabes, indiennes et européennes mais a conservé ses éléments indigènes pour former une unité culturelle urbaine unique à cette région.

La ville de pierre de Zanzibar a gardé quasiment intact son tissu et son paysage urbains et contient de nombreux édifices superbes qui rendent compte de sa culture singulière, réunissant et homogénéisant des éléments disparates des cultures africaine, arabe, indienne et européenne sur plus d’un millénaire.

Les constructions de la ville de pierre, principalement réalisées en blocs extraits du massif de corail et en bois de palétuvier, liés à l’aide d’un épais mortier de chaux puis enduits de plâtre et de chaux, illustrent la complexe fusion des influences swahilies, indiennes, arabes et européennes dans les traditions de construction et dans l’urbanisme. Les maisons de deux étages avec de longues pièces étroites disposées autour d’une cour ouverte, auxquelles on accède via un étroit couloir, se distinguent extérieurement par les doubles portes magnifiquement sculptées dites de ‘Zanzibar’ et certaines par de grandes vérandas et des intérieurs richement décorés. Elles jouxtent les modestes maisons swahilies de plain-pied et les échoppes indiennes à la façade étroite qui longent les rues des « bazars », construites autour d’un espace commercial appelé « duka ».

Les principaux édifices datent des XVIIIe et XIXe siècles et incluent entre autres monuments l’ancien Fort, construit sur le site d’une ancienne église portugaise ; la maison des Merveilles, un vaste palais à usage cérémoniel construit par le sultan Barghash ; l’ancien dispensaire ; la cathédrale catholique romaine de Saint-Joseph ; la cathédrale anglicane de l’église du Christ qui rend hommage à l’œuvre de David Livingston en faveur de l’abolition du commerce des esclaves et qui est érigée sur le site du dernier marché aux esclaves ; la résidence du négrier Tippu Tip ; la mosquée de Malindi Bamnara ; le Jamat Khan construit pour la secte des Ismaïliens ; le cimetière royal ; les bains Hamamni et autres bains perses. Avec les rues étroites et sinueuses, les grandes demeures qui font face à la mer et les espaces ouverts, ces édifices forment un habitat urbain exceptionnel témoignant de la longue activité de négoce entre les côtes africaines et asiatiques. La ville de pierre se distingue également pour avoir été le site où il a été mis fin à la traite des esclaves.

Critère (ii): La ville de pierre de Zanzibar est une exceptionnelle manifestation matérielle de fusion et d’harmonisation culturelle.

Critère (iii)Pendant plusieurs siècles, une intense activité commerciale maritime a relié l’Asie et l’Afrique, ce qu’illustrent de façon exceptionnelle l’architecture et la structure urbaine de la ville de pierre.

Critère (vi)Zanzibar est d’une grande importance symbolique dans l’histoire de l’abolition de l’esclavage : en effet, important port d’Afrique de l’Est pour la traite des Noirs, il fut aussi un des sites où ses opposants, dont David Livingstone, y furent singulièrement actifs.

 Intégrité 

Les divers bâtiments de la ville de pierre illustrent, à travers leur structure, leurs matériaux et leurs techniques de construction, l’échange et l’influence des différentes cultures du pourtour de l’océan Indien. La valeur universelle exceptionnelle du bien réside dans la nature de l’assemblage des immeubles (groupes) et des constructions, dans l’agencement de la ville notamment la relation des édifices avec les espaces ouverts, les rues, les routes et les jardins, dans la nature même du littoral vu depuis la mer, et dans la nature de l’accès à la mer depuis la terre. Ceux-ci sont toujours intacts mais les constructions sont vulnérables à la détérioration et l’aspect visuel depuis la mer est vulnérable à un développement inapproprié. Des travaux inhérents au projet d’aménagement du port de Malindi, incluant la perte de deux entrepôts historiques, et la construction de nouvelles installations portuaires, de conception et de dimensions inappropriées, sans approbation préalable, ont créé un précédent sur la manière dont un développement non intégré, et l’inspiration moderne légitime des Zanzibarais, si elle n’est pas bien pensée ni articulée, pourraient être une menace pour l’intégrité du bien.

 Les limites du bien coïncident avec les limites de la zone de conservation urbaine incluant la zone portuaire au nord, bordée de plages dans l’axe nord-ouest et sud-ouest, d’espaces ouverts à l’est et de la partie la plus ancienne de Darajani Street. La zone tampon couvre la partie historique de Ng’ambo qui inclut une partie des constructions modernistes de Michenzani et la route principale de Mlandege.

 Authenticité

L’ensemble de la ville conserve largement son tissu et son paysage urbains historiques. Les édifices, leurs utilisations et la disposition des rues rendent encore compte de l’échange des valeurs humaines sur le pourtour de l’océan Indien. Les matériaux et les compétences de construction utilisés dans la ville sont toujours largement utilisés sur l’archipel du Zanzibar et la zone côtière swahilie. Les artisans locaux possèdent aussi bien les techniques de construction traditionnelle que les compétences requises pour produire des matériaux de construction de qualité, à savoir sable-latérite, chaux et coraux. Les matériaux et techniques de construction traditionnels sont toujours employés dans une grande mesure, bien qu’il y ait une concurrence accrue de la part de matériaux, conceptions et techniques modernes. Le fait que la plupart des édifices de la ville historique continuent d’être utilisés comme des espaces résidentiels et commerciaux fait que la ville demeure un important centre administratif et économique de l’archipel. Pourtant, l’authenticité de la ville de pierre dans son environnement demeure vulnérable face à des projets d’aménagement de dimension inappropriée au sein du bien et de sa zone tampon.

 Eléments requis en matière de protection et de gestion  

Les biens culturels de l’archipel de Zanzibar sont protégés en vertu de la ‘loi sur les monuments anciens’ de 1948. Ce cadre juridique protège les monuments et sites ayant fait l’objet d’une publication au Journal Officiel. La responsabilité en matière de suivi et de gestion de ces monuments relève de la compétence du Département des musées et des antiquités. La loi sur les principes d’urbanisme et d’aménagement du territoire de 1955 contient également une clause visant à protéger les maisons historiquement importantes. La ville de pierre est protégée comme zone de conservation depuis 1985, en vertu de loi susmentionnée de 1955. Enfin, valeurs, limites et caractéristiques sont également protégées par la Loi de conservation et de développement de la ville de pierre de 1994 et le plan directeur associé qui précise les mesures à prendre et les stratégies à suivre pour sauvegarder, conserver et développer les valeurs de la ville de pierre. Parallèlement à ces cadres légaux, l’Autorité de conservation et de développement de la ville de pierre (STCDA), qui a été créée en 1985, est pleinement habilitée à coordonner et superviser le plan directeur de 1994. De nombreuses constructions de la ville de pierre sont également protégées par d’autres institutions, au nombre desquelles le Département du logement et des établissements humains et la Commission Waqf. Un plan de gestion pour le bien a été préparé par la STCDA en consultation avec l’ensemble des parties prenantes en 2007, avec la vision énoncée de : « protéger et mettre en valeur le patrimoine culturel de la ville de pierre dans l’optique qu’il soit bien préservé comme établissement humain durable, favorable à sa diversité culturelle et maintenant ses valeurs universelles exceptionnelles ».

 La ville de pierre n’est pas seulement une ville historique vivante, elle est aussi un centre commercial et socio-culturel de l’archipel de Zanzibar. De fait, le bien est soumis à la pression du développement, se manifestant à travers des problèmes de circulation, des modifications de l’affectation des sols, de même qu’un manque et un coût élevé de l’hébergement au sein de la ville de pierre. Depuis 1990, le développement touristique joue un rôle important dans les pressions liées au développement qui pèsent sur la ville. Toutefois, l’absence de politiques claires en matière de promotion du patrimoine et de tourisme culturel et l’absence de stratégie sur la manière de s’adapter au développement du tourisme et de revitaliser les espaces publics pourraient se traduire en un développement anarchique susceptible de menacer sa valeur universelle exceptionnelle.

 Le système de gestion défini dans le plan de gestion (2007), élaboré selon une approche consultative globale sous la supervision de la STCDA, entendait atténuer ces pressions. Néanmoins, il est urgent de prévoir des approches de conservation et de développement intégrées et durables afin d’élaborer des stratégies de gestion durables et pratiques pour veiller à ce que la cohérence générale de la ville et son aménagement urbain hautement caractéristique, son architecture et ses modes et matériaux de construction traditionnels soient maintenus.

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