jump to the content

Région des lacs Willandra

Brève description

On trouve dans cette région les restes fossilisés d’une série de lacs et de formations dunaires du pléistocène, ainsi que la preuve archéologique d’une occupation humaine il y a de cela 60 000 à 45 000 ans. C’est un jalon unique dans l’histoire de l’évolution humaine sur le continent australien. On a découvert également dans la région plusieurs fossiles de marsupiaux géants bien conservés.

Région des lacs Willandra © DSEWPaC

Description longue

On trouve dans cette région les vestiges fossilisés d'une série de lacs et de formations dunaires du pléistocène, ainsi que les témoignages archéologiques d'une occupation humaine vieille de 45 000 à 60 000 ans. C'est un jalon unique dans l'histoire de l'évolution humaine sur le continent australien. On y a également découvert plusieurs fossiles de marsupiaux géants bien conservés.

La région des lacs Willandra est avant tout un site géologique, avec une faune et une flore d'un intérêt remarquable sur le plan archéologique : c'est probablement le meilleur site pour documenter le lien entre l'extinction des marsupiaux géants et l'apparition de prédateurs humains. L'environnement géologique australien, avec ses reliefs topographiques bas et son régime à basse énergie, est unique par la longévité du paysage qu'il a conservé. Le site inclut la totalité du lac et du système de rivières du lac Mulurulu, le dernier à être resté en eau, jusqu'aux lacs Prungle, asséchés depuis plus de 15 000 ans. Cette région est unique au monde.

Les lacs Willandra offrent des conditions idéales pour illustrer les événements survenus au cours du pléistocène (époque au cours de laquelle l'évolution de l'homme aboutit à sa forme actuelle), en montrant de quelle manière les zones non glaciaires ont réagi aux changements climatiques majeurs entre les périodes de glaciation. Lorsque le Willandra Billabong se fut tari, cessant ainsi d'alimenter les lacs, ceux-ci s'asséchèrent progressivement depuis les lacs Prungle au sud jusqu'au lac Mulurulu au nord, au cours d'une période de plusieurs milliers d'années ; en s'évaporant, chacun d'entre eux forma un système indépendant en traversant toute une série de transformations, de l'eau douce à l'eau salée, puis au lit asséché.

Aussi longtemps que le lac conserva son eau, des dunes se formèrent le long de sa rive orientale. C'est ce système de dunes transversales en demi-lunes, connues sous le nom de « lunettes », qui conserve le témoignage du passé hydrogéologique et de l'environnement géochimique. Les lacs d'eau douce concentraient les sables de quartz pur sur leurs plages orientales, mais avec l'augmentation de la salinité qui accompagna leur dessèchement progressif, de petites mottes d'argile se détachèrent du fond du lac sous l'action des vents, formant ainsi ces lunettes d'argile caractéristiques. Ces dunes d'argile sont rares dans le monde, et les exemples fossiles bien conservés des lacs Willandra constituent donc un bien géologique important ; les lunettes d'argile de 30 m de hauteur du lac Chibnalwood sont parmi les plus importantes du monde.

La région des lacs Willandra est un remarquable exemple de site permettant de restituer la vie économique de l'Homo sapiens, qui a su s'adapter aux ressources locales, et d'appréhender l'interaction passionnante entre la culture humaine et un environnement naturel changeant. Le paysage fossile est resté en grande partie intact depuis la fin du dernier âge glaciaire du pléistocène.

Les découvertes archéologiques faites dans cette zone sont de la plus grande importance. On signalera notamment un site de crémation vieux de 26 000 ans (c'est le plus ancien connu au monde), une tombe couverte d'ocre vieille de 30 000 ans, des restes de marsupiaux géants extrêmement bien conservés, ainsi que des meules remontant à 18 000 ans, utilisées pour écraser l'herbe sauvage dont on tirait de la farine, à une époque correspondant à celle des plus anciennes économies utilisant cette technologie. On y trouve aussi des restes de foyers, dont certains sont vieux de 30 000 ans.

La région offre aussi le témoignage du point le plus extrême de dispersion atteint par l'Homo sapiens, au cours de la dernière glaciation, et du plus ancien système économique de dépendance de l'homme de l'eau douce connu au monde. Ce modèle était encore en vigueur auprès des Aborigènes, voici à peine un siècle, sur la rivière Darling.

Source : UNESCO/CLT/WHC