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Paysage culturel Budj Bim

Budj Bim Cultural Landscape

The Budj Bim Cultural Landscape, located in the traditional Country of the Gunditjmara Aboriginal people in south-eastern Australia, consists of three serial components containing one of the world’s most extensive and oldest aquaculture systems. The Budj Bim lava flows provide the basis for the complex system of channels, weirs and dams developed by the Gunditjmara in order to trap, store and harvest kooyang (short-finned eel – Anguilla australis). The highly productive aquaculture system provided an economic and social base for Gunditjmara society for six millennia. The Budj Bim Cultural Landscape is the result of a creational process narrated by the Gunditjmara as a deep time story, referring to the idea that they have always lived there. From an archaeological perspective, deep time represents a period of at least 32,000 years. The ongoing dynamic relationship of Gunditjmara and their land is nowadays carried by knowledge systems retained through oral transmission and continuity of cultural practice.

La description est disponible sous licence CC-BY-SA IGO 3.0

Paysage culturel Budj Bim
Le paysage culturel Budj Bim situé dans le pays traditionnel du peuple aborigène Gunditjmara dans le sud-est de l’Australie se compose de trois éléments constitutifs, qui forment l’un des plus vastes et des plus anciens systèmes aquacoles au monde. Les coulées de lave du Budj Bim servent de base à un système complexe de canaux, de barrages et de digues mis au point par les Gunditjmara pour capturer, stocker et récolter le kooyang (anguille à ailerons courts – Anguilla australis). Ce système d’aquaculture extrêmement productif a servi de base économique et sociale à la société Gunditjmara pendant six millénaires. Le paysage culturel Budj Bim résulte d’un processus de création que relatent les Gunditjmara comme une histoire de temps profond, qui renvoie à l’idée qu’ils ont toujours vécu là. D’un point de vue archéologique, le temps profond désigne une période d’au moins 32 000 ans. La relation dynamique que les Gunditjmara continuent d’entretenir avec leur territoire est soutenue aujourd’hui par des systèmes de connaissances, conservés grâce à la transmission orale et à la pérennité des pratiques culturelles.

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لمنظر الثقافي في بودج بيم
يشمل المشهد الثقافي، الواقع في منطقة شعوب الغونديجمارا الأصليين جنوب غرب البلاد، بركان بودج بيم وبحيرة تاي راك (كونداه)، إلى جانب منطقة كورتونيتج التي تتميّز بأراضيها الرطبة، ومنطقة تيريندارا في الجنوب، والتي تتميز بعدد من التلال الصخرية والمستنقعات الكبيرة. وقد مكّنت تدفقات الحمم البركانية في بركان بودج بيم، التي تربط بين هذه العناصر الثلاثة، شعوب الغونديجمارا من إنشاء واحدة من أكبر وأقدم شبكات تربية الأحياء المائية في العالم. وتساعد بفضل القنوات والسدود والحواجز المائية، على احتواء مياه الفيضانات، وإنشاء أحواض لاصطياد حيوانات الأنقليس الجنوبي وتخزينها وجمعها، وقد شكل هذا النشاط للسكان قاعدة اقتصادية واجتماعية لستة آلاف عام.

source: UNESCO/ERI
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布吉必姆文化景观

该遗产地位于澳大利亚西南部土著民族贡第杰马若人的生活区,包括布吉必姆火山、康达湖、湿地及沼泽地众多的Kurtonitj地区和南部由石灰岩山脊和大型湿地组成的Tyrendarra地区。连接以上3地的由布吉必姆岩浆流形成的水系让贡第杰马若人建成了世界上最大、最古老的水产养殖网络之一。各水道、水坝和堤坝可用于容纳洪水、建立蓄水池和捕捉及饲养澳洲鳗鲡,这种鱼类的养殖是当地人民6千年来重要的经济和社会生活的基础。

source: UNESCO/ERI
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Культурный ландшафт Будж Бим
Культурный ландшафт Будж Бим расположен в регионе коренного народа Гундитжмара на юго-востоке страны. Этот объект включает вулкан Будж Бим, Тэ-Рак (Озеро Конда), водно-болотные угодья Куртонитжа и Тайрендарру – область на юге со скалистыми хребтами и обширными болотами. Потоки лавы Будж Бим, соединяющие эти три элемента, позволили народу Гундитжмара создать одну из крупнейших и старейших в мире сетей аквакультуры. Эта сложная система, состоящая из каналов, плотин и дамб, используется для сдерживания паводковых вод и создания рыбохозяйственного бассейна с целью отлова и разведения австралийского речного угря (Anguilla australis), который служил ключевым элементом социально-экономического развития региона в течение шести тысячелетий.

source: UNESCO/ERI
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Paisaje cultural de Budj Bim
Situado al sudoeste del país, en la región de la nación aborigen gunditjmara, este sitio comprende tres elementos: el volcán Budj Bim; el Tae Rak (lago Condah), con las ciénagas de zonas húmedas de Kurtonitj; y el paisaje de crestas rocosas y grandes pantanos de Tyrendarra, en la parte meridional. Aprovechando las corrientes de lava del Budj Bim que unen esos tres elementos, el pueblo gunditjmara creó uno de los sistemas de acuicultura más vastos y antiguos del mundo. Integrado por una red de canales, diques y presas que retienen las aguas de las crecidas y forman embalses, ese sistema permite atrapar, almacenar y recoger la anguila “kuyang” (Anguilla australis). Durante seis milenios esta actividad piscícola ha constituido uno de los pilares socioeconómicos de esta nación aborigen.

source: UNESCO/ERI
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Lac Condah © Gunditj Mirring Traditional Owners Aboriginal Corporation
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Le paysage culturel Budj Bim se trouve dans le pays traditionnel du peuple aborigène Gunditjmara dans le sud-est de l’Australie. Les trois éléments constitutifs du bien contiennent l’un des plus vastes et des plus anciens systèmes aquacoles au monde.  Les coulées de lave du Budj Bim qui relient les trois éléments, servent de base à ce système d’aquaculture complexe mis au point par les Gunditjmara, avec la réalisation de travaux délibérés de réorientation, modification et gestion des voies d’eau et des terres humides.

Les Gunditjmara ont créé, manipulé et modifié ces régimes hydrologiques et ces systèmes écologiques locaux sur une période longue d’au moins 6 600 ans. Ils ont utilisé l’abondante roche volcanique locale pour construire des canaux, des barrages et des digues, mais aussi maîtriser les flux d’eau afin de capturer, stocker et récolter systématiquement le kooyang (anguille à ailerons courts – Anguilla australis) et soutenir l’amélioration d’autres ressources alimentaires.

Ce système d’aquaculture extrêmement productif a servi de base économique et sociale à la société Gunditjmara pendant six millénaires. Cette corrélation du temps profond entre les systèmes culturel et environnemental Gunditjmara est documentée par les connaissances culturelles actuelles des Gunditjmara, leurs pratiques, leur culture matérielle, la recherche scientifique et les documents historiques. Elle se manifeste dans le système d’aquaculture même, tout comme dans les systèmes géologique, hydrologique et écologique interdépendants.

Le paysage culturel Budj Bim résulte d’un processus de création que relatent les Gunditjmara comme une histoire du temps profond. Pour les Gunditjmara, le temps profond évoque l’idée qu’ils ont toujours été là. D’un point de vue archéologique, le temps profond désigne une période d’au moins 32 000 ans au cours de laquelle le peuple aborigène a vécu dans le paysage culturel Budj Bim. La relation dynamique continue des Gunditjmara avec leur territoire est soutenue aujourd’hui par des systèmes de connaissances conservés grâce à la transmission orale et à la pérennité des pratiques culturelles.

Critère (iii) : Le paysage culturel Budj Bim apporte un témoignage exceptionnel sur les traditions culturelles, le savoir, les pratiques et l’ingéniosité des Gunditjmara. Les vastes réseaux et l’ancienneté du système aquacole du paysage culturel Budj Bim, construit et modifié, attestent des activités des Gunditjmara en tant qu’ingénieurs et pêcheurs de kooyang. Les connaissances et les pratiques des Gunditjmara ont perduré et continuent d’être transmises par leurs aînés, tout en étant reconnaissables dans les terres humides du paysage culturel Budj Bim sous la forme de systèmes anciens et élaborés d’installations entourées de murs de pierres, destinées à l’élevage (ou l’aquaculture) du kooyang. Les traditions culturelles des Gunditjmara, y compris le récit, les danses et la vannerie qui y sont associés, continuent d’être entretenues par leur savoir collectif intergénérationnel.

Critère (v) : Le paysage culturel évolutif du paysage culturel Budj Bim offre un éminent exemple représentatif de l’interaction humaine avec l’environnement et un témoignage sur la vie des Gunditjmara.  Le paysage culturel Budj Bim a été créé par les Gunditjmara qui ont exploité à dessein le potentiel productif d’une mosaïque de terres humides sur les coulées de lave du Budj Bim. Ils y sont parvenus grâce à l’aménagement, la modification et l’entretien d’un vaste système d’ingénierie hydrologique permettant de contrôler l’écoulement des eaux afin de capturer, stocker et récolter le kooyang qui les traversent lors de sa migration saisonnière. Les éléments clés de ce système sont les groupes interconnectés de voies d’eau, barrages, digues, étangs et entonnoirs construits et modifiés en combinaison avec les coulées de lave, les flux d’eau, l’écologie et le cycle de vie du kooyang. Le paysage culturel Budj Bim illustre le dynamisme des relations écologiques et culturelles dont témoignent les Gunditjmara dans l’exploitation délibérée et la gestion de l’environnement.

Intégrité

Le paysage culturel Budj Bim comprend des exemples intacts et exceptionnels des plus grands ensembles d’aquaculture Gunditjmara et une sélection représentative des structures plus petites les plus importantes et les mieux préservées, parmi lesquelles figurent celles de Tae Rak (lac Condah), Tyrendarra et Kurtonitj. Chacun de ces lieux comporte tous les éléments matériels du système (canaux, barrages, digues et étangs) qui révèlent le fonctionnement de l’aquaculture Gunditjmara. Le bien comprend également Budj Bim, être ancestral et volcan Gunditjmara, qui est la source de la coulée de lave sur laquelle est construit le système aquacole.

La réintégration de flux d’eau traditionnels à Tae Rak grâce à la construction d’un barrage culturel en 2010, suite à un drainage massif du lac dans les années 1950, a fait revenir et augmenter les flux d’eau dans le système aquacole. Cette restauration, l’environnement difficile, l’usage de la pierre, la végétation relativement intacte et l’absence de développement important dans le paysage culturel Budj Bim montrent que le vaste système d’aquaculture a survécu, qu’il est en bon état et peut être aisément identifié dans le paysage.

Le bien n’est pas exposé à de sérieuses menaces et est d’une taille suffisante pour illustrer les manières dont interagissent et fonctionnent de multiples systèmes – social, spirituel, géologique, hydrologique et écologique. Alors que le bien contient une collection dense et représentative d’attributs qui suffisent à en attester la valeur universelle exceptionnelle, il pourrait avoir un potentiel d’extension future.

Les trois éléments constitutifs du bien sont reliés entre eux pour former un seul et unique paysage à travers l’extension physique du système d’aquaculture (adapté en fonction de la coulée de lave) et à travers les pratiques culturelles des propriétaires traditionnels Gunditjmara et le lien avec le paysage physique. Si de futures recherches et études déterminent des attributs supplémentaires situés dans la coulée de lave mais au-delà des limites du bien, il conviendrait de les inclure au moyen d’une demande de modification des limites.

Authenticité

Le paysage culturel Budj Bim présente un haut degré d’authenticité. Le savoir traditionnel des Gunditjmara est démontré par des millénaires de transmission orale, une continuité des pratiques, et il est étayé par des traditions culturelles Gunditjmara documentées et des preuves archéologiques, environnementales et historiques exceptionnellement bien conservées.

L’authenticité du paysage culturel Budj Bim est évidente de par le lien constant qu’entretiennent les Gunditjmara avec leur paysage et leurs connaissances traditionnelles et historiques du cycle de vie du kooyang. L’authenticité est également incontestable dans les pratiques associées à la capture, au stockage et à la récolte du kooyang, y compris la construction de barrages en pierre et le tressage de paniers en fibre végétale.

Le système d’aquaculture des Gunditjmara conserve la forme et la fonctionnalité qu’il avait au cours des six derniers millénaires en liaison avec les coulées de lave sous-jacentes, le mouvement permanent des flux d’eau et la présence du kooyang. Malgré l’interruption historique pendant une grande partie du XXe siècle, le bien a conservé son authenticité. La récente restitution des droits fonciers aux propriétaires traditionnels Gunditjmara, la remise en place des flux d’eau traditionnels à Tae Rak et le rétablissement de l’usage continu des installations aquacoles ont amélioré l’état du bien.

En 2007, la Cour fédérale australienne a reconnu les droits fonciers autochtones des Gunditjmara pour leur « lien solide et inébranlable avec ce territoire où leurs ancêtres ont pratiqué l’élevage d’anguilles pour l’alimentation et le commerce à l’époque de la colonisation européenne et depuis des millénaires ».

Éléments requis en matière de protection et de gestion

L’ensemble du paysage culturel Budj Bim est détenu et/ou géré par les Aborigènes et est géré conformément aux obligations et aux droits juridiques et coutumiers des propriétaires traditionnels Gunditjmara.

Le bien jouit d’une protection juridique au plus haut niveau national en vertu de la Loi australienne de 1999 sur la protection de l’environnement et la conservation de la biodiversité, et une grande partie du bien (environ 90 % de l’élément constitutif Budj Bim et environ la moitié de l’élément constitutif Tyrendarra) comprend des éléments classés comme sites du patrimoine culturel sur la Liste du patrimoine national australien en 2004. Dans un souci de cohérence, il serait souhaitable d’harmoniser les limites du bien du patrimoine national avec celles du patrimoine mondial. Le bien du patrimoine mondial dans sa totalité pourrait ainsi être considéré pour inscription sur la Liste du patrimoine national.

Une fois inclus dans la Liste du patrimoine mondial, le bien tout entier sera reconnu comme ‘sujet d’importance environnementale nationale’ et protégé par la loi.

Le bien est protégé et géré dans un cadre de gestion adaptative et participative où se chevauchent et s’intègrent des approches législatives et politiques, une gouvernance et des usages coutumiers. Les propriétaires traditionnels Gunditjmara appliquent un savoir coutumier et des approches scientifiques à travers deux régimes de gestion : un mécanisme de coopération avec le Gouvernement de l’État du Victoria pour le Parc national de Budj Bim ; et la propriété autochtone des aires protégées autochtones de Budj Bim et Tyrendarra. Ce classement est soutenu par des programmes de planification locaux. Les comtés de Glenelg et Moyne ont créé une « zone d’utilisation spéciale » sur des parties de l’élément Budj Bim, y compris le Tae Rak. L’objet de la zone d’utilisation spéciale est de veiller à ce que l’aménagement des terres soit cohérent avec la protection et la gestion des valeurs naturelles et des valeurs culturelles aborigènes.

Le système de gestion devra être coordonné par le Comité directeur du patrimoine mondial chargé du paysage culturel Budj Bim qui agit en tant qu’instance de communication et de prise de décision partagée entre les propriétaires traditionnels Gunditjmara (représentés par le Gunditj Mirring Traditional Owners Aboriginal Corporation Registered Aboriginal Party, le Conseil de Budj Bim et la Corporation aborigène de Winda-Mara) et les autorités de l’État responsables du patrimoine et de l’environnement, notamment le Conseil du patrimoine autochtone du Victoria et le Conseil du patrimoine du Victoria, ainsi que l’échelon national.

Le système de gestion du paysage culturel Budj Bim est défini par le plan de gestion Ngootyoong Mara South West, Ngootyoong Gunditj de 2015.

Parmi les dispositions notoires en termes de gestion institutionnelle figure le programme des gardes forestiers de Budj Bim qui est géré par l’intermédiaire de la Corporation aborigène de Winda-Mara, laquelle emploie des gardes à plein temps sous le parrainage des anciens Gunditjmara qui leur apportent leur savoir traditionnel et culturel et leur soutien. Cette modalité de gestion du paysage culturel Budj Bim permet aux propriétaires traditionnels Gunditjmara de guider les approches en matière de gestion sur le terrain dans le respect des traditions et des pratiques culturelles.

L’ensemble du patrimoine culturel des Gunditjmara sur le paysage culturel Budj Bim est protégé par la Loi de l’État du Victoria de 2006 sur le patrimoine autochtone. Le plan directeur de 2014 concernant Budj Bim (tourisme) fixe les conditions requises pour une fréquentation du site et un tourisme durable, ainsi que les possibilités éducatives pour le paysage culturel Budj Bim.
Activités (1)