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Parc national de Kakadu

Brève description

Le parc constitue une réserve archéologique et ethnologique unique au monde car les terres sur lesquelles il s’étend ont été habitées en permanence depuis 40 000 ans. Des vestiges provenant des chasseurs et des pêcheurs du néolithique jusqu’aux aborigènes qui l’habitent encore au XXe siècle, il présente une histoire des techniques et des comportements illustrée par des peintures et des pictogrammes. C’est le meilleur exemple d’un ensemble d’écosystèmes, depuis les laisses intertidales jusqu’aux plateaux, en passant par les plaines inondées et les basses terres, habitats d’un grand nombre d’espèces rares ou endémiques de la flore et de la faune.

Parc national de Kakadu © Silvan Rehfeld

Description longue

Le parc constitue une réserve archéologique et ethnologique unique au monde, car les terres sur lesquelles il s'étend ont été habitées en permanence depuis plus de 40 000 ans. Les peintures rupestres, les incisions dans la roche et les sites archéologiques témoignent des techniques et du mode de vie des habitants de cette région, depuis les chasseurs-cueilleurs de l'époque préhistorique jusqu'aux Aborigènes qui y vivent encore aujourd'hui. C'est le meilleur exemple d'ensemble d'écosystèmes, depuis les laisses intertidales jusqu'aux plateaux, en passant par les plaines inondées et les basses terres, qui abritent un grand nombre d'espèces rares ou endémiques de végétaux ou d'animaux.

Il comporte quatre parties principales : le plateau d'Arnhem et son groupe de falaises ; les collines et les retenues d'eau du Sud ; la zone de Koolpinyah ; les plaines côtières irriguées. L'extrémité occidentale du plateau d'Arnhem présente des falaises dont la hauteur est comprise entre 30 et 330 m, sur une longueur de l'ordre de 500 km. En plus de ces quatre zones principales, plus de 500 km2 d'aires intertidales et d'estuaire, ainsi que deux îles, se trouvent à l'intérieur du parc. Le climat de mousson tropicale, avec ses saisons humide et sèche bien marquées, est le principal facteur de détermination du système hydrologique de surface, de la végétation et, avec le passage du temps, de la physionomie tout entière de la région du parc.

La végétation peut être répartie en 13 catégories principales, dont 7 sont dominées par une espèce différente d'eucalyptus. On trouve également la mangrove, la samphire, les basses terres de la forêt pluviale, le marécage d'écorce de papier, la plaine à inondation saisonnière et la forêt pluviale de grès. La flore offre une immense variété d'espèces, conservée à l'état le plus naturel pour le nord de l'Australie, avec 46 espèces différentes de plantes considérées comme rares ou menacées, dont 9 n'existent qu'à l'intérieur du parc.

En raison de la diversité de paysage, depuis les habitats marins et côtiers (qui abritent de nombreuses colonies de tortues et de dugongs) jusqu'aux falaises de grès arides, le Kakadu est l'un des plus riches parcs naturels du monde entier. D'immenses rassemblements (2,5 millions) d'oiseaux aquatiques font une halte saisonnière dans les plaines inondées du parc, qui abrite également une grande variété d'invertébrés, dont 55 espèces différentes de termites et 200 de fourmis (soit 10 % de leur nombre total au niveau mondial), ainsi qu'un large éventail de petits mammifères. Il contient également le plus important site de reproduction au monde du crocodile marin et de la torture à nez de cochon, qui sont tous deux des reptiles menacés d'extinction.

Tous ces principaux paysages sont incorporés dans le parc, qui présente ainsi un remarquable exemple des changements, aussi bien anciens que récents, qui ont affecté le continent australien. Le parc contient aussi de nombreux exemples d'espèces résiduelles, et d'espèces qui témoignent des différentes périodes de l'évolution biologique qui ont affecté la faune australienne. Il offre ainsi une occasion précieuse d'étudier le processus d'évolution sur une large échelle, à l'intérieur d'un paysage préservé.

Par rapport au reste du continent, cette zone a été très peu affectée par l'arrivée des Européens. Sa végétation naturelle demeure donc luxuriante et relativement préservée, tandis que sa faune s'est conservée, pour une bonne part, intacte. Le parc est occupé par 300 Aborigènes environ, y compris ses propriétaires traditionnels, et les Aborigènes rattachés par des liens sociaux et traditionnels à cette zone. Il renferme de nombreux sites aborigènes, sacrés et artistiques.

Source : UNESCO/CLT/WHC

Description historique

Le parc national de Kakadu est du plus grand intérêt en tant que très grande réserve ethnologique et archéologique. Les premiers vestiges d'occupation humaine en Australie, datant de 40.000 ans environ, y ont été identifiés. Sur d'autres sites, les fouilles ont fait connaitre des ensembles d'outillage lithique qui comptent parmi les plus anciens du monde en ce qui concerne les haches en pierre polie; en fin, en relation avec les sites de peintures rupestres, des ateliers de préparation de pigments remontant au moins a 18.000 ans ont pu être étudiés.  

Ce sont, bien entendu, les peintures rupestres aborigènes du Kakadu qui ont constitué l'argument décisif pour l'inscription de ce bien culturel sur la Liste du Patrimoine mondial en 1981, au titre des Critères i, iii et iv.  

Ces peintures, exécutées a l'air libre sur des parois rocheuses, couvrent une très longue séquence chronologique, puisque les plus anciennes remontent à 20.000 ans environ et que les plus récentes sont d'époque contemporaine.  

Pour l'historien, elles constituent un fonds documentaire d'une importance primordiale, et une source unique. Elles nous renseignent en effet sur les ressources vivrières, les industries de la chasse et de la pèche, l'organisation sociale et les cérémonies rituelles des populations aborigènes qui se sont succédé sur Ie site de Kakadu. Elles portent témoignage d'espèces disparues, comme Ie loup de Tasmanie, et permettent de suivre, jusque dans des détails d'équipement ou de costume, les modifications apportées a la vie traditionnelle par les contacts qui s'établirent avec les pécheurs Macassans dès Ie 16ème siècle, puis avec les Européens.  

Pour l'historien de l'art, l'ensemble des peintures et pictogrammes du Kakadu est unique dans la mesure où il combine des styles figuratifs et non-figuratifs multiples, en discordance de phase apparente avec les ensembles repères à ce jour en Afrique Australe et au Sahara. Une esthétique particulière aux représentations animales et humaines du pays d'Arnhem a pu d'ail1eurs influer sur des recherches graphiques apparues postérieurement a 1930.  

Pour l'ethnologue, Ie Kakadu offre un champ d'exploration et d'observation privilégie, car les aborigènes qui continuent d'habiter ce site contribuent à maintenir l'équilibre de l'écosystème et assurent, par des techniques traditionnelles, la conservation adéquate des peintures rupestres les plus récentes. La fonction sociale - Sinon rituelle - de celles-ci se trouve préservée dans une certaine mesure.

Source : évaluation des Organisations consultatives