jump to the content

Parc national de Kakadu

Kakadu National Park

This unique archaeological and ethnological reserve, located in the Northern Territory, has been inhabited continuously for more than 40,000 years. The cave paintings, rock carvings and archaeological sites record the skills and way of life of the region’s inhabitants, from the hunter-gatherers of prehistoric times to the Aboriginal people still living there. It is a unique example of a complex of ecosystems, including tidal flats, floodplains, lowlands and plateaux, and provides a habitat for a wide range of rare or endemic species of plants and animals.

Parc national de Kakadu

Le parc constitue une réserve archéologique et ethnologique unique au monde car les terres sur lesquelles il s’étend ont été habitées en permanence depuis 40 000 ans. Des vestiges provenant des chasseurs et des pêcheurs du néolithique jusqu’aux aborigènes qui l’habitent encore au XXe siècle, il présente une histoire des techniques et des comportements illustrée par des peintures et des pictogrammes. C’est le meilleur exemple d’un ensemble d’écosystèmes, depuis les laisses intertidales jusqu’aux plateaux, en passant par les plaines inondées et les basses terres, habitats d’un grand nombre d’espèces rares ou endémiques de la flore et de la faune.

منتزه كاكادو الوطني

يشكّل المنتزه هذا محمية أثرية وإثنولوجية فريدة من نوعها في العالم لأن الأراضي التي يمتد عليها لطالما كانت مسكونة منذ 40000 عام. ويعرض المنتزه، بالآثار الباقية من صيادي الطيور والأسماك والتي تعود إلى العصر الحجري الحديث مروراً بالسكان الأصليين الذين بقوا يقطنونه حتى القرن العشرين، قصة تقنيات وسلوكيات انكبّ عليها الرسامون واختصاصيو الرسوم التصويرية. إنه أفضل مثال على مجموعة الأنظمة البيئية الممتدة من أراضي المد والجزر إلى السفوح مروراً بالسهول الفائضة والأراضي الواطئة وهي مساكن عدد كبير من الأجناس النادرة أو المستوطنة من النبات والحيوان.

source: UNESCO/ERI

卡卡杜国家公园

这是独一无二的考古和人种保护区,位于澳大利亚北领地州,四万多年以来,一直有人类在此居住。这里的石洞壁画、石刻以及考古遗址完整记录了该地区人民的生活技能和生活方式,包括从史前狩猎采集者到如今仍在此生息的土著居民。这里还是各种生态系统共存的一个特例,包括潮坪、漫滩、低地和高原,为当地大量的珍稀动植物提供了栖息之地。

source: UNESCO/ERI

Национальный парк Какаду

Этот район Северной Территории Австралии, где ныне располагается уникальный археологический и этнографический резерват, был заселен более 40 тыс. лет назад. Археологические находки и наскальные рисунки иллюстрируют жизнедеятельность коренных жителей: от доисторического сообщества охотников-собирателей до аборигенов, живущих здесь в наше время. Парк включает уникальное сочетание природных комплексов (включая водно-болотные угодья, заливаемые во время морских приливов, холмистые равнины и плато), которые служат местообитанием для множества редких и эндемических видов растений и животных.

source: UNESCO/ERI

Parque Nacional de Kakadu

Ubicado en el territorio norte de Australia, este parque es una reserva arqueológica y etnológica única en el mundo, porque su territorio ha sido habitado por el hombre durante más de 40.000 años sin interrupción. Las pinturas y pictogramas hallados en este sitio ilustran la historia de las técnicas y del género de vida de sus sucesivas poblaciones, desde los cazadores-recolectores del Neolítico hasta los aborígenes que aún lo pueblan actualmente. Además, el parque es también un ejemplo único en su género por el conjunto de ecosistemas –costas bajas arenosas, mesetas, planicies inundadas y tierras bajas– que son el hábitat de un gran número de especies endémicas de plantas y animales.

source: UNESCO/ERI

カカドゥ国立公園

source: NFUAJ

Nationaal Park Kakadu

Het Noordelijk Territorium van Australië wordt al meer dan 40.000 jaar continu bewoond. De grotschilderingen, rotstekeningen en archeologische vindplaatsen laten de vaardigheden en de manier van leven zien van de bewoners in de regio's van het park. Van de jagers-verzamelaars uit de prehistorie tot de Aboriginals die er vandaag de dag nog steeds wonen. Het Nationaal park Kakadu is een uniek voorbeeld van een stelsel van verschillende ecosystemen bestaand uit wadden, uiterwaarden, laaglanden en plateaus. Het park is daarnaast de habitat voor een groot aantal zeldzame of inheemse plant- en diersoorten.

Source : unesco.nl

  • Anglais
  • Français
  • Arabe
  • Chinois
  • Russe
  • Espagnol
  • Japonais
  • Néerlandais
Parc national de Kakadu © Silvan Rehfeld
Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Le Parc national de Kakadu est un paysage culturel vivant aux valeurs naturelles et culturelles exceptionnelles. Kakadu est habité par les aborigènes depuis plus de 50.000 ans, et de nombreux grands sites d’art rupestre du parc remontent à des milliers d'années. L'art rupestre de Kakadu ouvre des perspectives sur la civilisation humaine antérieure aux jours précédents la dernière époque glaciaire. Les peintures détaillées révèlent un aperçu des pratiques de chasse et de cueillette, de la structure sociale et des cérémonies rituelles des sociétés autochtones du Pléistocène jusqu'à nos jours.

Kakadu est le plus grand parc national d’Australie et l’un des plus grands des régions tropicales du monde;  la plus grande variété d'écosystèmes du continent australien y est conservée, dont de vastes étendues de savanes boisées, des forêts ouvertes, des plaines inondées, des mangroves, des vasières intertidales, des zones côtières et des forêts de mousson. Le parc abrite également une grande diversité de flore et c’est l'une des régions les moins touchées de la partie nord du continent australien. Ses paysages spectaculaires sont d’une saisissante beauté, avec des  escarpements de 330 mètres de hauteur et s'étendant sur une ligne déchiquetée et ininterrompue sur des centaines de kilomètres.

La tradition de chasseurs-cueilleurs dont témoigne l'art rupestre et le patrimoine archéologique est une tradition anthropologique vivante qui se perpétue  jusqu’à aujourd’hui, ce qui est rare pour les sociétés de chasseurs-cueilleurs à travers le monde. Des comparaisons en Australie et dans le reste du monde indiquent que le grand nombre et la diversité des caractéristiques des sites anthropologiques, artistiques et archéologiques (dont beaucoup comprennent les trois types de sites), et la qualité de leur conservation est exceptionnelle.

De nombreux sites artistiques et archéologiques du parc datent de milliers d’années et démontrent une permanence de la tradition de chasseurs-cueilleurs depuis le pléistocène jusqu'à aujourd’hui. Bien que ces sites présentent une grande diversité, à la fois dans l'espace et dans le temps, l'image prédominante qui s’en dégage est également celle d'un développement culturel continu.

Critère (i) : Les sites d'art rupestre de Kakadu représentent une réalisation artistique unique en raison de la large combinaison de styles utilisés, du nombre et de la densité des sites ainsi que de la représentation sensible et détaillée d'un large éventail de figures humaines et  d’espèces animales identifiables, y compris des animaux depuis longtemps disparus.

Critère (vi) : L'art rupestre et les vestiges archéologiques constituent une source exceptionnelle de renseignements sur les activités sociales et rituelles associées à la tradition de cueilleurs-chasseurs des peuples aborigènes du pléistocène à nos jours.

Critère (vii) : Le Parc national de Kakadu présente un remarquable contraste entre les zones humides reconnues internationalement dans le cadre de la Convention de Ramsar et les escarpements rocheux aux affleurements spectaculaires. Les vastes zones humides au nord du parc s'étendent sur des dizaines de kilomètres et offrent un habitat à des millions d'oiseaux d’eau. Les escarpements présentent des falaises verticales et en gradins qui s’élèvent jusqu’à 330 mètres de hauteur et s'étendent sur une ligne déchiquetée et ininterrompue sur des centaines de kilomètres. Les zones de plateau derrière les escarpements sont inaccessibles par véhicule et contiennent de grandes zones sans infrastructures humaines et où l’accès du public est limité. La vue depuis le plateau est à couper le souffle.

Critère (ix) : Le bien comprend des éléments significatifs de quatre grands systèmes fluviaux de l'Australie tropicale. Les anciens escarpements de Kakadu et les pierres du pays couvrent plus de deux milliards d’années d'histoire géologique, tandis que les plaines inondées sont de récents et dynamiques environnements, façonnés par les modifications des niveaux de la mer et les grandes inondations de chaque saison des pluies. Ces plaines illustrent les effets écologiques et géomorphologiques qui ont accompagné le changement climatique de l’Holocène et l'élévation du niveau de la mer.

La région de Kakadu a été relativement peu affectée par la colonisation européenne, en comparaison avec la plupart du continent australien. Avec sa vaste végétation naturelle relativement inchangée et la composition de sa faune intacte, en grande partie,, le parc offre une occasion unique d'étudier les processus d'évolution à grande échelle dans un paysage relativement intact.

Les communautés autochtones de Kakadu et leur myriade de sites d’art rupestre et archéologiques constituent un exemple exceptionnel d'interaction de l'humanité avec son environnement naturel.

Critère (x) : Le parc est unique en ce qu’il protège la quasi-totalité du bassin versant d'un grand fleuve tropical et qu’il comprend l'une des gammes les plus larges d’habitats et le plus grand nombre d'espèces documentées d’aucune zone tropicale comparable du nord de l’Australie. L’étendue de Kakadu, la diversité de ses habitats et l'impact limité de la colonisation européenne ont eu pour conséquence la protection et la conservation de nombreuses espèces et habitats importants.

Le bien protège un nombre extraordinaire d'espèces végétales et animales dont plus d'un tiers des espèces d'oiseaux d'Australie, un quart des mammifères terrestres d'Australie et un nombre exceptionnellement élevé d’espèces de reptiles, de grenouilles et de poissons. D’énormes concentrations d'oiseaux aquatiques utilisent saisonnièrement les vastes plaines côtières inondées du parc.

Intégrité

Le bien comporte tous les éléments naturels et culturels constitutifs de la valeur universelle exceptionnelle. Le régime de cogestion mis en place avec les propriétaires autochtones de Kakadu, comprend la prise en compte du pâturage et le développement d'une politique de brûlage et de gestion contrôlée, des activités importantes de suivi et de recherche et un programme important d'éducation des visiteurs, et est essentiel au maintien de l'intégrité du bien. Les sites d'art rupestre et les sites archéologiques ne sont pas menacés.

Les conditions naturelles du bien sont en bon état, mais les pressions provenant de l’utilisation des terres adjacentes, des espèces envahissantes et du tourisme appellent une attention constante. D’anciennes dégradations des sols, dues à une exploitation minière à petite échelle et à un sur-stockage, qui se sont produites dans la zone incluse dans le bien en 1992, ont fait l’objet de mesures de restauration.

Comme c'est le cas pour de nombreuses aires protégées, les frontières rectilignes de Kakadu sont artificielles. Elles proviennent d’une longue histoire de décisions administratives sur l’utilisation des terres, prises par le gouvernement du Territoire du Nord et  la Réserve aborigène de la Terre d’Arnhem. Bien que le bassin versant du South Alligator soit tout entier contenu dans le parc, les sources d’autres rivières sont situées à l’extérieur. Les frontières sont appropriées, mais dans un monde idéal les critères écologiques/hydrologiques permettraient une configuration différente et comprendraient également le bassin versant de l’East Alligator dans la Terre d'Arnhem, ce qui s’ajouterait aux valeurs et à l'intégrité de Kakadu. La péninsule de Cobourg présente aussi d'importantes valeurs naturelles tout comme certaines des zones humides côtières situées à l'ouest du parc.

On trouve des intérêts miniers adjacents au bien, et les aspects à long terme de l'élimination des déchets et de la restauration éventuelle nécessitent une attention et un contrôle continu. Outre la mine d'uranium de Ranger, qui est enclavée, une autre concession minière enclavée concerne Jabiluka qui est située à proximité d'une importante plaine inondée à l'intérieur du parc. Une troisième zone, à Koongarra, a été incorporée au bien en 2011, à la demande de l'État partie et des propriétaires traditionnels.

Authenticité

De vastes zones de Kakadu sont pratiquement inaccessibles aux personnes autres que les propriétaires aborigènes traditionnels et les gestionnaires du parc national, aborigènes ou non. Les sites culturels ne sont donc soumis qu’à peu d’interférences. La communauté aborigène a développé, en coopération avec les gestionnaires du parc, un ensemble de mesures destinées à gérer les menaces éventuelles résultant des intempéries et/ou tout dommage aux sites anthropologiques, d’art rupestre et archéologiques.

Eléments requis en matière de protection et de gestion

Le site est bien protégé par la loi et cogéré avec les propriétaires aborigènes traditionnels, ce qui est un aspect essentiel du système de gestion. Le directeur des parcs nationaux exerce ses fonctions et ses pouvoirs en vertu de la Loi sur la conservation de la biodiversité de 1999 (la Loi) et conformément au plan de gestion du parc et aux décisions pertinentes du Conseil de gestion du parc national de Kakadu. Une majorité des membres du Conseil représente les propriétaires traditionnels du parc. Ces dispositions permettent au parc de bénéficier d'une protection juridique efficace, d’un cadre de planification sain et d’assurer que les  problèmes de gestion sont traités.

La Loi protège tous les biens du patrimoine mondial en Australie ; c’est l'instrument légal pour la mise en œuvre des obligations de l'Australie en vertu de la Convention du patrimoine mondial. Elle vise à protéger les valeurs des biens du patrimoine mondial, y compris des impacts provenant de l'extérieur du bien. Selon la Loi, toute action qui a, aura ou est susceptible d'avoir un impact significatif sur les valeurs d’un bien du patrimoine mondial, doit être soumise au ministre responsable pour étude. Des sanctions sont prévues au cas où une action de ce type serait engagée sans  approbation préalable, et la Loi a été invoquée au cours de procès concernant la protection des valeurs de biens du patrimoine mondial. Une fois un lieu patrimonial listé, la Loi prévoit l'élaboration de plans de gestion qui doivent définir les aspects patrimoniaux importants du lieu et la façon dont les valeurs du site seront gérées. En 2007, Kakadu a été inscrit sur la Liste du patrimoine national, en reconnaissance de son importance pour le patrimoine national en vertu de la Loi.

La qualité de la gestion et de la protection du parc est largement reconnue. Les problèmes clés pour la gestion qui ont été identifiés sont les suivants:

Tourisme - augmentation significative du nombre de visiteurs à la suite de son inscription au patrimoine mondial. Les visiteurs sont invités à profiter du parc sans nuire à ses valeurs naturelles et culturelles;

Exploitation minière - gestion des sites miniers d'uranium à petite échelle abandonnés et suivi de la concession minière existante de Ranger. Un programme de réhabilitation a été mené à bien afin de réduire les risques physiques et radiologiques des anciens sites miniers. Les futurs effets potentiels sur le parc de l'exploitation minière actuelle d'uranium nécessiteront une surveillance continue;

Les sites culturels – travaux de conservation des sites d'art rupestre face aux dégradations naturelles et chimiques dues à l'âge et aux dommages causés par l'eau, la végétation, les nids de guêpes en boue, les termites, les animaux sauvages et les êtres humains ;

Flore introduite - gestion continue afin de contrôler et de prévenir la propagation des mauvaises herbes introduites (en particulier Mimosa pigra et Salvinia molesta); Faune introduite – éradication du buffle d'eau asiatique et restauration des écosystèmes affectés.

Depuis l’inscription en 1991, des menaces supplémentaires aux valeurs du patrimoine mondial se sont fait jour, notamment :

Changement climatique - infiltrations d'eau salée dans les écosystèmes d'eau douce, changements des saisons et des régimes d'incendie et risque accru de propagation de la faune et la flore exotiques. Les gestionnaires du parc mettent en œuvre une stratégie de changement climatique pour le parc qui recommande une série de mesures d'adaptation, d'atténuation et de communication pour gérer les conséquences attendues du changement climatique ;

Déclin de petits mammifères dans le nord Australie - les causes du déclin sont peu claires, mais les premières théories suggèrent comme causes probables les régimes de gestion des incendies, les chats sauvages et le développement d’une maladie ;

Crapauds de canne - colonisation rapide par les crapauds de canne. Des programmes de surveillance sont en place pour déterminer la répartition des crapauds de canne et les impacts sur la faune indigène dans les différents habitats du parc. Il n'y a pas de méthode connue pour gérer les populations de crapauds de canne sur de grandes surfaces, mais le gouvernement australien a entrepris des recherches sur les options potentielles d'adaptation et de contrôle.

Description longue

Le parc constitue une réserve archéologique et ethnologique unique au monde, car les terres sur lesquelles il s'étend ont été habitées en permanence depuis plus de 40 000 ans. Les peintures rupestres, les incisions dans la roche et les sites archéologiques témoignent des techniques et du mode de vie des habitants de cette région, depuis les chasseurs-cueilleurs de l'époque préhistorique jusqu'aux Aborigènes qui y vivent encore aujourd'hui. C'est le meilleur exemple d'ensemble d'écosystèmes, depuis les laisses intertidales jusqu'aux plateaux, en passant par les plaines inondées et les basses terres, qui abritent un grand nombre d'espèces rares ou endémiques de végétaux ou d'animaux.

Il comporte quatre parties principales : le plateau d'Arnhem et son groupe de falaises ; les collines et les retenues d'eau du Sud ; la zone de Koolpinyah ; les plaines côtières irriguées. L'extrémité occidentale du plateau d'Arnhem présente des falaises dont la hauteur est comprise entre 30 et 330 m, sur une longueur de l'ordre de 500 km. En plus de ces quatre zones principales, plus de 500 km2 d'aires intertidales et d'estuaire, ainsi que deux îles, se trouvent à l'intérieur du parc. Le climat de mousson tropicale, avec ses saisons humide et sèche bien marquées, est le principal facteur de détermination du système hydrologique de surface, de la végétation et, avec le passage du temps, de la physionomie tout entière de la région du parc.

La végétation peut être répartie en 13 catégories principales, dont 7 sont dominées par une espèce différente d'eucalyptus. On trouve également la mangrove, la samphire, les basses terres de la forêt pluviale, le marécage d'écorce de papier, la plaine à inondation saisonnière et la forêt pluviale de grès. La flore offre une immense variété d'espèces, conservée à l'état le plus naturel pour le nord de l'Australie, avec 46 espèces différentes de plantes considérées comme rares ou menacées, dont 9 n'existent qu'à l'intérieur du parc.

En raison de la diversité de paysage, depuis les habitats marins et côtiers (qui abritent de nombreuses colonies de tortues et de dugongs) jusqu'aux falaises de grès arides, le Kakadu est l'un des plus riches parcs naturels du monde entier. D'immenses rassemblements (2,5 millions) d'oiseaux aquatiques font une halte saisonnière dans les plaines inondées du parc, qui abrite également une grande variété d'invertébrés, dont 55 espèces différentes de termites et 200 de fourmis (soit 10 % de leur nombre total au niveau mondial), ainsi qu'un large éventail de petits mammifères. Il contient également le plus important site de reproduction au monde du crocodile marin et de la torture à nez de cochon, qui sont tous deux des reptiles menacés d'extinction.

Tous ces principaux paysages sont incorporés dans le parc, qui présente ainsi un remarquable exemple des changements, aussi bien anciens que récents, qui ont affecté le continent australien. Le parc contient aussi de nombreux exemples d'espèces résiduelles, et d'espèces qui témoignent des différentes périodes de l'évolution biologique qui ont affecté la faune australienne. Il offre ainsi une occasion précieuse d'étudier le processus d'évolution sur une large échelle, à l'intérieur d'un paysage préservé.

Par rapport au reste du continent, cette zone a été très peu affectée par l'arrivée des Européens. Sa végétation naturelle demeure donc luxuriante et relativement préservée, tandis que sa faune s'est conservée, pour une bonne part, intacte. Le parc est occupé par 300 Aborigènes environ, y compris ses propriétaires traditionnels, et les Aborigènes rattachés par des liens sociaux et traditionnels à cette zone. Il renferme de nombreux sites aborigènes, sacrés et artistiques.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Description historique

Le parc national de Kakadu est du plus grand intérêt en tant que très grande réserve ethnologique et archéologique. Les premiers vestiges d'occupation humaine en Australie, datant de 40.000 ans environ, y ont été identifiés. Sur d'autres sites, les fouilles ont fait connaitre des ensembles d'outillage lithique qui comptent parmi les plus anciens du monde en ce qui concerne les haches en pierre polie; en fin, en relation avec les sites de peintures rupestres, des ateliers de préparation de pigments remontant au moins a 18.000 ans ont pu être étudiés.  

Ce sont, bien entendu, les peintures rupestres aborigènes du Kakadu qui ont constitué l'argument décisif pour l'inscription de ce bien culturel sur la Liste du Patrimoine mondial en 1981, au titre des Critères i, iii et iv.  

Ces peintures, exécutées a l'air libre sur des parois rocheuses, couvrent une très longue séquence chronologique, puisque les plus anciennes remontent à 20.000 ans environ et que les plus récentes sont d'époque contemporaine.  

Pour l'historien, elles constituent un fonds documentaire d'une importance primordiale, et une source unique. Elles nous renseignent en effet sur les ressources vivrières, les industries de la chasse et de la pèche, l'organisation sociale et les cérémonies rituelles des populations aborigènes qui se sont succédé sur Ie site de Kakadu. Elles portent témoignage d'espèces disparues, comme Ie loup de Tasmanie, et permettent de suivre, jusque dans des détails d'équipement ou de costume, les modifications apportées a la vie traditionnelle par les contacts qui s'établirent avec les pécheurs Macassans dès Ie 16ème siècle, puis avec les Européens.  

Pour l'historien de l'art, l'ensemble des peintures et pictogrammes du Kakadu est unique dans la mesure où il combine des styles figuratifs et non-figuratifs multiples, en discordance de phase apparente avec les ensembles repères à ce jour en Afrique Australe et au Sahara. Une esthétique particulière aux représentations animales et humaines du pays d'Arnhem a pu d'ail1eurs influer sur des recherches graphiques apparues postérieurement a 1930.  

Pour l'ethnologue, Ie Kakadu offre un champ d'exploration et d'observation privilégie, car les aborigènes qui continuent d'habiter ce site contribuent à maintenir l'équilibre de l'écosystème et assurent, par des techniques traditionnelles, la conservation adéquate des peintures rupestres les plus récentes. La fonction sociale - Sinon rituelle - de celles-ci se trouve préservée dans une certaine mesure.

Source : évaluation des Organisations consultatives