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Sites de l’évolution humaine du mont Carmel : les grottes de Nahal Me’arot / Wadi el-Mughara

Brève description

Situé sur le versant occidental du mont Carmel, ce bien comprend les grottes de Taboun, Jamal, el-Wad et Skhul. Quatre-vingt-dix années de recherche archéologique ont mis à jour une séquence culturelle, d’une durée sans équivalent, offrant des archives sur les origines  humaines en Asie du sud-ouest. Ce bien de 54 ha contient des gisements culturels représentant au moins 500000 ans d’évolution humaine, seul complexe connu contenant tout à la fois des restes d’hommes de Néandertal et des premiers humains anatomiquement modernes dans un même ensemble culturel du Paléolithique moyen, le Moustérien. Des témoignages des pratiques funéraires natoufiennes et des premières manifestations de l’architecture en pierre illustrent la transition d’un mode de vie de type chasseur-cueilleur vers l’agriculture et l’élevage. A ce titre les grottes sont devenues un site essentiel du cadre chrono-stratigraphique de l’évolution humaine en général et de la préhistoire du Levant en particulier.

© Albatross Aerial Photography LTD

Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Les quatre grottes du mont Carmel (Tabun, Jamal, el-Wad et Skhul) et leurs terrasses sont regroupées les unes à côté des autres le long du côté sud de la vallée de Nahal Me’arot/Wadi el-Mughara. L’abrupte vallée s’ouvrant sur la plaine côtière du côté ouest de la chaîne montagneuse du Carmel offre l’environnement visuel d’un habitat préhistorique.

Situé dans l’un des récifs fossilisés les mieux préservés de la région méditerranéenne, le site abrite des gisements culturels représentant un demi-million d’années d’évolution humaine depuis le Paléolithique inférieur jusqu’à ce jour. Il est reconnu comme offrant un cadre chronologique définitif à une période essentielle du développement humain.

Les découvertes archéologiques témoignent de la présence d’humains modernes, de la pratique d’enterrements, des premières manifestations de l’architecture en pierre et de la transition de la chasse et de la cueillette vers l’agriculture. Les attributs de la valeur universelle exceptionnelle incluent les quatre grottes, les terrasses, les gisements non fouillés et les artefacts exhumés et les fragments de squelettes ; le paysage de Nahal Me’arot/ Wadi el-Mughara représentant l’environnement historique des grottes, les fouilles de la terrasse d’el-Wad, et les vestiges des maisons en pierre et des puits contenant des témoignages du hameau natoufien.

Critère (iii) : Le site des grottes de Nahal Me'arot/ Wadi el-Mughara présente l’une des plus longues séquences culturelles préhistoriques au monde. Depuis l’ensemble acheuléen, remontant au moins à 500 000 ans BP, en passant par la culture moustérienne de 250 000-45 000 ans BP, jusqu’à la culture natoufienne de 15 000-11 500 ans BP et au-delà, il témoigne d’au moins un demi-million d’années d’évolution de l’humanité. Le site démontre de manière significative l'existence unique à la fois des Néandertaliens et des premiers humains anatomiquement modernes (EAMH) au sein du même cadre culturel du Paléolithique moyen, le Moustérien. À ce titre, il est devenu un site essentiel du cadre chrono-stratigraphique de l’évolution humaine en général, et de la préhistoire du Levant en particulier. Les recherches dans les grottes de Nahal Me’arot/ Wadi el-Mughara se poursuivent depuis 1928 et continuent de promouvoir le dialogue scientifique interdisciplinaire. Le potentiel pour des fouilles et des recherches archéologiques sur le site est à ce jour loin d’être épuisé.

Critère (v) : Les grottes de Nahal Me’arot/ Wadi el-Mughara constituent un site central de la culture natoufienne dans sa zone principale méditerranéenne. Cette importante culture régionale de l’Épipaléolithique tardif représente la transition du mode de vie paléolithique au mode de vie néolithique, de communautés nomades vers des communautés sédentaires complexes, témoin de la dernière société de chasseurs-cueilleurs et des diverses adaptations qu’elle subit à la veille du développement de l’agriculture.

Intégrité

Le site de Nahal Me’arot/Wadi el-Mughara inclut tous les éléments nécessaires pour exprimer les valeurs du bien, comprenant les grottes et l’habitat visuel. Les grottes sont intactes, en bon état et ne souffrent pas de négligence, hormis dans le cas de la grotte de Skhul, partiellement défigurée par des graffitis. L’habitat visuel défini comme les grottes, la terrasse où se trouvent les grottes et la zone visible depuis celles-ci est intact, sauf en contrebas de la grotte de Skhul, où des eucalyptus poussent le long du lit de la rivière autour de la station de pompage.

Authenticité

Plus de 90 ans de fouilles archéologiques ont établi l’authenticité du site de Nahal Me’arot/Wadi el-Mughara en tant qu’archives cruciales sur les origines humaines, biologiques, comportementales et culturelles. Les grottes, les terrasses et les structures fouillées, ainsi que les objets et restes humains mis au jour, expriment de façon fidèle et crédible les valeurs du bien. L’authenticité de l’habitat pâtit de la présence des eucalyptus, qui sont des éléments étrangers, et de la station de pompage.

Éléments requis en matière de protection et de gestion

Une protection juridique est fournie au plus haut niveau national possible en Israël. Les grottes et leur environnement ont été déclarés réserve naturelle nationale en 1971. Le bien est protégé par la loi sur les parcs nationaux, les réserves naturelles, les sites et les sites mémoriaux de 1998 administrés par l’Autorité de la nature et des parcs d’Israël (INPA), la loi sur les antiquités (1978) et la loi sur les autorités des antiquités (1989). Les activités de recherche ou les fouilles au sein du bien nécessitent des permis de l’INPA et de l’Autorité des antiquités d’Israël (IAA). L’INPA et l’IAA partagent la responsabilité de la gestion des ressources archéologiques soutenant la valeur universelle exceptionnelle du bien. Un accord entre l’Autorité des antiquités et l’INPA (2005) définit le protocole effectif nécessaire pour faciliter la coopération, la conservation et la gestion des antiquités dans les réserves naturelles et les parcs nationaux d’Israël.

Un comité directeur de parties prenantes a été mis sur pied pour superviser la proposition d’inscription et servira d’instance dirigeante intégrant la gestion locale, régionale et nationale du site. Le comité directeur inclut des représentants de l’INPA, de l’IAA, des archéologues de l’université de Haïfa, de l’Autorité du drainage du Carmel, du kibboutz Ein HaCarmel et du moshav Geva Carmel (qui loue les terrains agricoles désignés en tant que zone tampon B), de la Société pour la protection de la nature en Israël, de la Société pour la préservation des sites du patrimoine d’Israël, de l’Organisation touristique Carmelim et du Conseil régional de Hof HaCarmel. Un programme de conservation et de gestion du site décrivant toutes les procédures de gestion du site a été élaboré en 2003 et sert actuellement de base à la gestion quotidienne du site.