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Le jardin persan

Brève description

Le site comprend neuf jardins dans diverses régions d'Iran. Ils témoignent de la diversité des jardins paysagers persans qui ont évolué et se sont adaptés aux différentes conditions climatiques, tout en restant fidèles aux principes du concept original qui remonte aux temps de Cyrus le Grand, au VIe siècle av. J.-C. Toujours divisé en quatre secteurs et accordant à l'eau un rôle central (tant pour l'irrigation que pour l'esthétique), le jardin persan a été conçu pour symboliser l'Eden et les quatre éléments zoroastriens : le ciel, la terre, l'eau et les végétaux. Ces jardins datent de périodes différentes depuis le VIe siècle av. J.-C. et ils comportent aussi des bâtiments, pavillons et murs, ainsi que des systèmes d'irrigation sophistiqués. Ils ont influencé l'art du jardin paysager jusqu'en Inde et en Espagne.

Le jardin persan

Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Le jardin persan regroupe neuf jardins, choisis dans diverses régions d'Iran, qui représentent de façon matérielle les diverses formes que ce type de jardin paysager a pris au fil des siècles et dans des conditions climatiques différentes. Ils reflètent la flexibilité du Chahar Bagh, ou principe originel, du jardin persan, qui s'est perpétué immuablement sur plus de deux millénaires depuis sa première expression aboutie rencontrée dans le jardin de l'ensemble palatial de Cyrus le Grand, à Pasargades. Éléments naturels et artificiels se fondent dans le jardin persan pour créer une réussite artistique unique reflétant les idéaux des concepts artistiques, philosophiques, symboliques et religieux. Le jardin persan matérialise le concept d'Éden ou de paradis sur terre.

Le dessin parfait du jardin persan, ainsi que sa capacité à répondre à des conditions climatiques extrêmes, est le résultat original d'une application inspirée et intelligente du savoir de différents domaines de connaissance, notamment la gestion et l'ingénierie de l'eau, l'architecture, la botanique et l'agriculture. La notion de jardin persan imprègne la vie iranienne et ses expressions artistiques : on trouve des références au jardin dans la littérature, la poésie, la musique, la calligraphie et la fabrication de tapis. Ceux-ci ont influencé en retour la disposition des jardins. Les attributs porteurs de la valeur universelle exceptionnelle sont la disposition du jardin, exprimée par l'adaptation spécifique du Chahar Bagh dans chaque composant et articulée dans les kharts ou parterres de plantes/fleurs, les systèmes d'approvisionnement, de gestion et de circulation de l'eau de la source au jardin, avec tous les éléments technologiques et décoratifs qui permettent l'utilisation de l'eau pour satisfaire à des exigences fonctionnelles et esthétiques, l'organisation des arbres et des plantes dans le jardin, qui contribue à sa caractérisation et à son microclimat particulier, les éléments architecturaux, y compris les édifices mais pas seulement, qui incluent l'utilisation du terrain et de la végétation pour créer des environnements artificiels uniques, l'association des autres formes artistiques qui, dans un échange mutuel, ont été influencées par le jardin persan et qui ont en retour contribué à l'apparition de certains traits visuels et effets sonores dans les jardins.

Critère (i) : Le jardin persan représente un chef-d'œuvre du génie créateur humain. Le dessin du jardin persan, fondé sur l'angle droit et les proportions géométriques, est souvent divisé en quatre sections connues sous le nom de Chahar Bagh (Quatre Jardins). La création du jardin persan a été rendue possible par des solutions d'ingénierie innovantes et intelligentes et par un système de gestion de l'eau sophistiqué, mais aussi par le choix approprié de la flore et de sa localisation dans l'organisation du jardin. D'ailleurs, le jardin persan a été associé avec l'idée du paradis sur terre, offrant un contraste saisissant avec son environnement désertique.

Critère (ii) : Le jardin persan témoigne d'un échange d'influences considérable, puisqu'il a été la principale référence du développement de la conception de jardins en Asie occidentale, dans les pays arabes et même en Europe. C'est la géométrie et la symétrie de l'architecture, ainsi que le complexe système de gestion de l'eau, qui semblent avoir influencé la conception de tous ces jardins. Le mot paradis est entré dans les langues d'Europe depuis la racine persane « Pardis », nom désignant un beau jardin enclos derrière des murs.

Critère (iii) : Le jardin persan apporte un témoignage exceptionnel, et même unique, sur les traditions culturelles qui ont évolué en Iran et au Moyen-Orient pendant environ deux millénaires et demi. Tout au long de son évolution, le jardin persan a joué un rôle dans divers aspects culturels et sociaux de la société, devenant un élément central des résidences privées, des palais et des édifices publics, ainsi que des ensembles associés à des institutions bénévoles ou religieuses, tels que tombes, parcs, jardins palatiaux, Meidans, etc.

Critère (iv) : Le jardin persan est un exemple exceptionnel d'un type de jardin paysager réalisé en utilisant des éléments naturels et humains et en intégrant des réalisations significatives de la culture persane dans une expression physique et symbolique-artistique en harmonie avec la nature. Le jardin persan est d'ailleurs devenu un prototype pour l'organisation géométrique des jardins qui s'est diffusée dans le monde entier.

Critère (vi) : Le jardin persan est directement associé à des développements culturels d'une valeur universelle exceptionnelle, notamment des œuvres littéraires et poétiques, par exemple de Sa'di, Hafez et Ferdowsi. Le jardin persan est aussi la principale source d'inspiration pour le dessin de tapis et de textiles persans, la peinture de miniatures, la musique, les ornementations architecturales, etc. Dans l'Avesta, l'ancien livre sacré des zoroastriens, le jardin persan et ses plantes sacrées sont loués comme l'un des quatre des éléments naturels (la terre, le ciel, l'eau et les plantes). Le Chahar Bagh est un reflet de la perception mythique de la nature et de l'ordre cosmique aux yeux des anciens peuples iraniens.

Intégrité

Le jardin persan comprend un nombre suffisant de jardins de toutes les régions d'Iran, et chaque jardin contient suffisamment d'éléments pour exprimer la valeur universelle exceptionnelle de la série. Les jardins sont eux-mêmes en bon état et bien entretenus.

Authenticité

Le jardin persan, à travers ses composants, s'est développé parallèlement à l'évolution de la société persane tout en respectant toujours son modèle géométrique originel, le Chahar Bagh. Pasargades et Bagh-e Abas Abad peuvent être lus comme des paysages fossiles, tandis que les sept autres jardins conservent leur rôle actif dans leur contexte physique et social.

Mesures de protection et de gestion

Chaque jardin est inscrit sur la Liste du patrimoine national et donc protégé conformément à la législation iranienne. Les dispositions de protection établies pour les jardins et leurs zones tampons, définies selon la loi iranienne en vigueur, sont également reprises dans les plans directeurs, ratifiés par le Conseil supérieur d'architecture et d'urbanisme, où siège aussi le directeur de l'Organisation iranienne du patrimoine culturel, de l'artisanat et du tourisme (ICHHTO).

L'existence de la Base nationale de l'ICHHTO pour le jardin persan assure que l'ensemble de la série soit soumis à un cadre de gestion unique, dans un souci de coordination et d'harmonisation des stratégies et des objectifs. Le plan de gestion comprend des objectifs communs à tous les jardins de la série, et un programme de renforcement de la présentation et de la promotion en direction du public a été mis au point.